Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Blog des Spiritualités

Le Blog des Spiritualités

Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses...


Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 7 Janvier 2026, 16:30pm

Catégories : #Tarot, #MoyenAge, #FrancMaçonnerie, #Symbolisme, #Gaïta

Le livre et le jeu de tarot de Wirth (exemplaires personnels)

Le livre et le jeu de tarot de Wirth (exemplaires personnels)

Le Tarot des imagiers du Moyen Âge, d’Oswald Wirth (1927)

Je souhaite vous parler aujourd’hui d’un livre qui m’a toujours passionné depuis que je l’ai lu : le « Tarot des imagiers du Moyen Âge » d’Oswald Wirth.

Je vous ai mis en lien à la fin de cet article l’ouvrage que vous pouvez télécharger gratuitement sur le site de Gallica ainsi que les arcanes de son jeu de tarot que vous pouvez également télécharger gratuitement.

Il existe de nombreuses versions du livre de Wirth que vous trouverez dans toutes les bonnes librairies ainsi que des exemplaires de son jeu de Tarot.

Le « Tarot des imagiers du Moyen Âge »  est publié en 1927 aux éditions du Symbolisme (du nom de la revue qui a créé en 1912) et imprimé par Émile Nourry,

Ce livre constitue rien de moins que l’aboutissement intellectuel, symbolique et spirituel de plus de quarante années de recherches menées par Oswald Wirth.

Il ne saurait être réduit à un simple traité de cartomancie, ni même à une étude iconographique : il s’agit d’un véritable livre d’initiation, conçu comme une somme doctrinale où convergent l’hermétisme médiéval, la kabbale chrétienne, l’alchimie spirituelle et la tradition maçonnique, notamment bien sûr pour ceux qui travaillent au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Wirth s’inscrit ici dans une lignée précise : celle de l’occultisme français de la fin du XIXe siècle, profondément marqué par l’œuvre d’Éliphas Lévi, mais aussi par l’ambition de restituer une orthodoxie initiatique débarrassée des dérives spirites, magiques ou sensationnalistes.

 Le Tarot, tel qu’il le comprend, n’est ni un jeu divinatoire profane ni une curiosité folklorique, mais un monument symbolique anonyme, issu du génie collectif du Moyen Âge, comparable — par sa profondeur — aux cathédrales gothiques ou aux rituels fondamentaux de la Franc-Maçonnerie.

L’ambition du présent article est triple :

- Situer l’ouvrage dans la trajectoire intellectuelle et spirituelle d’Oswald Wirth.

- Éclairer le rôle décisif de Stanislas de Guaita dans l’élaboration du Tarot ésotérique moderne.

- Proposer une lecture du Tarot des imagiers du Moyen Âge, en mettant en valeur ses dimensions symboliques, initiatiques et maçonniques.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Oswald Wirth (1860–1943) :
une vie consacrée au symbolisme initiatique

Oswald Wirth (5 août 1860 à Brienz, Suisse - 9 mars 1943 à Mouterre-sur-Blourde, France) naît en 1860 en Suisse, dans un contexte culturel marqué par le protestantisme, le rationalisme et l’essor des sciences modernes.

Le père d’Oswald (Joseph Paul Edouard) est républicain et républicain de combat. En 1848, ii a participé activement à la tentative avortée d’instaurer la « République Sociale » dont rêvaient les Barbès et les Blanqui.

Conne il était d’usage à l’époque, le jeune Oswald reçoit éducation et instruction dans des institutions religieuses, d’abord chez les protestants, à l’école communale puis chez les bénédictins d’un collège catholique, le tout soutenu par l’admirable éducation civique suisse.

Le jeune Wirth témoigne d’un esprit assez peu discipliné, mais très curieux, très actif, et d’imagination alerte. Il est très attiré par tout ce qui concerne la philosophie, l’histoire, les langues, la religion. Il montre également une aptitude remarquable pour le dessin, pour ne pas dire un don certain, tenant en cela de son père qui était dessinateur d’art, et avec lequel il travaillera un certain temps.

A l’âge de 19 ans, sa famille lui ayant trouvé une place en Angleterre, il exerce à Londres la profession de comptable teneur de livres.

Les grandes distractions dominicales consistent principalement dans l’audition attentive des prédicateurs de l’Armée du Salut.

Toujours à l’affut de tout ce qui concerne les sciences occultes, il tombe par hasard sur des livres maçonniques de JP MAZAROZ, Maître-Menuisier de son état, auteur très prolifique dans le genre socialiste-déiste de l’époque. 

Tous ces ouvrages sont écrits en partant d’un « maçonnisme » tel que WIRTH devait l’exprimer plus tard. Ceux qui ont eu le plus d’influence sur la pensée en formation de WIRTH ont été « Le socialisme-maçonnique », « La Franc-Maçonnerie », « Les Sept Lumières Maçonniques », et également « La Science Magnétique ».

Oswald With

Ces lectures marquent profondément son esprit. WIRTH est passionné partout ce qui touche à l’occultisme, à l’hermétisme, à l’alchimie, & l’astrologie. Il a l’appétit du merveilleux. Et l’époque est envoutante, car jamais l’influence des forces occultes n’a été plus grande, malgré les progrès techniques scientifiques. L’irrationnel est roi.

Beaucoup d’occultistes sont également voyants, magnétiseurs, guérisseurs. Wirth le sera !

Ils font fureur dans les cercles littéraires ou philosophiques. Ils ont pour amis des hommes comme Maurice Barrès.

Oswald Wirth vient à Paris : Il dévore littéralement tout ce qui s’imprime ou s’est imprimé sur l’occultisme, assiste à toutes les conférences, mû par sa grande curiosité d’esprit, par sa volonté d’acquérir une maîtrise en ces domaines.

A vingt ans l’époque du service militaire approche rapidement. Après un court séjour à Briens  le voilà à Châlons-sur-Marne où , un lundi, le 13 Novembre 1882, il est incorporé au 106ème Régiment d’infanterie.

C'est dans cette ville qu'il devient Franc-Maçon pendant son service militaire.

Le Franc-Maçon reçu au Grand Orient de France (1884 - 1889)

Il est reçu apprenti franc-maçon le samedi 26 janvier 1884. Il est Compagnon le 21 février 1885 et Maître quatre mois plus tard, le 27 juin 1885.

Avec un peu de surprise et beaucoup d’amusement il reconnait sur les colonnes l’un des Officier de son Régiment...

Au cours des Tenues, l’audition des débats lui permet, grâce à sa perspicacité déjà vive, de prendre la mesure de la plupart des Frères, et il remarque l’un d’eux, qui L’intéresse tout particulièrement : c’est un vieux Maçon, ancien cuisinier, autodidacte, aux trois-quarts sorcier, féru d’occultisme. Ils deviennent amis.

Wirth apprend de lui beaucoup de choses qu’il n’avait jamais soupçonnées jusque-là !

Mais il faut reconnaître qu’en matière d’occultisme primitif et de sorcellerie appliquée, la Province d’alors est imbattable.

Oswald Wirth devient alors « officiellement » Magnétiseur, guérisseur. Il en fait sa profession durant des années.

Et dès les élections de la même année, il accède au plateau de Secrétaire, l’un des plus enrichissants pour un jeune maçon....

En 1885 le GODF, sous l’impulsion de Louis Amiable, demande à ses loges quelles réformes il faut faire pour les rituels (c'est à dire les simplifier et les moderniser) :  Oswald Wirth est pour le maintien des vieux rituels.

Le rapport de la « BIENFAISANCE CHALONNAISE », qui est un rapport « WIRTH », est envoyé à Paris. Il est clairement pour le maintien des anciens rituels. Cette conviction, WIRTH, qui n’a que deux années de Maçonnerie, l’a acquise grâce à sa pénétration d’esprit, grâce à son intuition.

WIRTH a déjà en lui sa vision propre de l’essence et du rôle de la Maçonnerie. Il n’en déviera plus, et ce choix s’approfondira tout au long de ses soixante années de sacerdoce maçonnique.

Son temps de service militaire étant accompli, WIRTH revient à Paris.

Diplôme de docteur en Kabbale signé Stanislas de Guaita, Papus et  F-Ch Barlet !

Diplôme de docteur en Kabbale signé Stanislas de Guaita, Papus et F-Ch Barlet !

L'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix : 

C'est là qu'il va faire « la rencontre de sa vie » : Invité par l'un de ses amis qui lui a vanté ses talents de guérisseur et de magnétiseur, Stanislas de Guaïta (1861 - 1897) invite Oswald Wirth chez lui.

Le vendredi 31 mars 1886 - Vendredi Saint - 7 heures du soir Oswald Wirth se rend au domicile de Stanislas de Guaita au 24, rue Pigalle.

Guaïta est alors - à seulement 24 ans ! - l'un des grands ésotéristes de Paris. Oswald Wirth dira plus tard tout devoir à Stanislas de Guaïta, qui fut son Maître.

Oswald Wirth écrit dans la préface du Tarot des imagiers du Moyen-âge : « (…) l'entrée en relation avec Stanislas de Guaïta devint pour moi un événement capital. Il fit de moi son ami, son secrétaire, et son collaborateur. Sa bibliothèque fut à ma disposition, et, bénéficiant de sa conversation, j'eus en lui un professeur de Qabbale, de haute métaphysique, autant que de langue française. Guaïta prit la peine de me former le style, de me dégrossir littérairement (…) je lui dois d'écrire lisiblement. »

Lorsque Stanislas de Guaïta va créer en 1888 l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix, Oswald Wirth en sera un membre très actif. Il en est même le secrétaire général, comme il est le secrétaire particulier de Stanislas de Guaïta. Celui-ci meurt dans des circonstances pas totalement élucidées à 36 ans en 1897.


Pour Oswald Wirth, Stanislas de Guaïta restera à jamais son maître. F-Ch Barlet (Albert Faucheux) va lui succéder à la présidence de l' OKR+C avant d'être lui-même remplacé rapidement par Papus (1865 - 1916, Dr Gérard Encausse dit). Oswald Wirth sera également membre de l'Ordre Martiniste créé par Papus en 1891.

Après la mort prématurée de Guaita en 1897, Wirth se considérera toute sa vie comme son « secrétaire spirituel ». Le Tarot des imagiers du Moyen Âge est explicitement dédié à sa mémoire et peut être lu comme l’accomplissement posthume de leur œuvre commune.

C'est après avoir connu Stanislas de Guaïta et avoir créé l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix qu'Oswald Wirth va changer d'obédience et quitter le Grand Orient de France. Le GODF simplifie à outrance les rituels, s'éloigne totalement du symbolisme, de l'initiation et encore plus de l'ésotérisme. Il ne fait plus que de la politique.

Papus dédie à Stanislas de Guaita son Traité élémentaire de Sciences Occultes

Wirth s'affilie à la loge « Les Philanthropes réunis » du GODF mais cela ne lui convient pas plus que sa loge d'origine de Châlons-sur-Marne. 

Il visite plusieurs loges appartenant à la Grande Loge Symbolique Ecossaise (obédience maçonnique aujourd'hui disparue mais qui a existé de 1880 à 1896).

Après quelques essais à la Loge « Les Philanthropes réunis »,  Oswald Wirth vient en visiteur à la Loge n° 5, dont le titre distinctif, qui résulte de la fusion antérieure de deux Loges, est « TRAVAIL, ET LES VRAIS AMIS FIDELES » qui se réunit les deuxième et quatrièmes mardis à huit heures du soir au 5, rue Payenne, dans le 3ème arrondissement (où se trouve aujourd’hui la chapelle de l’Humanité conçue d'après les plans du philosophe français Auguste Comte, qui avait imaginé la construction de temples positivistes dans le cadre de sa religion de l'Humanité).

Sa première visite a lieu le mardi 22 mai 1888, et il reviendra régulièrement en visiteur le 26 Juin, le 24 juillet, le 23 octobre, le 27 novembre, et ainsi de suite jusqu’à son affiliation officielle le 26 Mars 1889.

La Loge « Travail et les Vrais Amis Fidèles » - donc Oswald Wirth - rejoindra la Grande Loge de France (créée par le décret du SCDF du 7 novembre 1894), en 1896.

Oswald Wirth ne quittera plus jamais la Grande Loge de France où il exercera des responsabilités.

Il aura la possibilité de mettre en œuvre ses idées, à la faire fructifier. Elles sont, très certainement, largement partagée par les frères de la Grande Loge de France aujourd'hui qui cherchent le vrai sens de l’Initiation.

Sa trilogie — Le Livre de l’Apprenti, Le Livre du Compagnon et Le Livre du Maître — demeure aujourd’hui encore une référence incontournable.

Il va créer la Revue « Le Symbolisme » en 1912. Il va être de ceux qui vont travailler sur une réforme des rituels de la Grande Loge de France en 1921 à la demande du Grand Maître Bernard Wellhoff. Toujours en 1921 il créer et (re) écrit les rituels des loges de Perfection à la demande du Grand Commandeur René Raymond.

Il est coopté membre actif du Suprême Conseil de France en 1927 en même temps qu'Albert Lantoine qui sera con grand ami et complice tout au long de ces années.

Sous l’impulsion de Stanislas de Guaita qu’Oswald Wirth entreprend la restitution graphique des vingt-deux Arcanes majeurs du Tarot, qu’il publiera en 1889 sous le titre Les 22 Arcanes du Tarot kabbalistique.

Il le convainc que le Tarot constitue une clé universelle du symbolisme initiatique.

Il l’oriente vers la Kabbale, les philosophes hermétiques de la Renaissance (Marsile Ficin), les alchimistes médiévaux et la symbolique des bâtisseurs. Il lui confie sa bibliothèque, corrige son style, affine sa méthode et, surtout, lui transmet une exigence : ne jamais innover arbitrairement, mais restituer.

Oswald Wirth écrit : « Je crus entrer en communion méditative avec le passé, tout en vivant dans le souvenir constamment évocateur de Stanislas de Guaita. Je me persuade que le maître, pour qui s’est soulevé le voile du mystère, n’abandonne pas son compagnon de travail en peine de discerner la vérité. Comme beaucoup d’autres théories, celle des Supérieurs Inconnus est vraie, à la condition d’être comprise. Nos initiateurs réels ne se révèlent pas à nos sens et restent aussi muets que les compositions symboliques du Tarot ; mais ils guettent nos efforts de déchiffrement, et dès que nous avons trouvé la première lettre, ils nous soufflent mystérieusement la seconde, afin de nous mettre sur la voie de la troisième. Guaita m’a certainement aidé, car ma pensée appelle la sienne, si bien qu’il s’établit entre nous un courant de télépathie spirituelle dont je ne saurais douter. Les relations d’esprit à esprit sont dans la nature des choses et n’ont rien de commun avec la nécromancie classique ou modernisée sous forme de spiritisme ».

Ce n’est qu’en 1927 qu’Oswald Wirth publiera le livre explicatif de son jeu de Tarot. Livre qui est présenté aujourd’hui.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

 Le Tarot comme livre initiatique.

Pour Wirth, le Tarot est un livre muet qui ne parle qu’à ceux qui savent le faire parler. Il ne transmet pas un savoir discursif, mais une connaissance par l’image, analogue à celle que délivrent les vitraux des cathédrales.

Les vingt-deux Arcanes constituent un alphabet de l’imagination. Leur organisation obéit à une structure rigoureuse :

Deux séries de onze arcanes, opposant activité et passivité.

Un axe central articulé autour des arcanes VI (L’Amoureux) et XVII (L’Étoile).

Quatre groupes de cinq arcanes, correspondant aux phases de l’initiation.

Wirth distingue ainsi deux voies initiatiques :

- La voie sèche, masculine, rationnelle, fondée sur la volonté et la conscience.

- La voie humide, féminine, mystique, fondée sur la réceptivité et l’illumination.

Cette dialectique rappelle explicitement les colonnes Jakin et Boaz du Temple, les principes soufre et mercure de l’alchimie, et les deux pôles fondamentaux de l’initiation maçonnique.

Lecture symbolique et maçonnique des Arcanes.

Chaque Arcane est conçu comme une fonction de la conscience en devenir. Le Bateleur représente le moi opératif, principe de toute initiative. La Papesse et l’Impératrice figurent les deux formes de connaissance inductive, métaphysique et naturelle. L’Empereur et le Pape incarnent l’ordre, la loi et la transmission doctrinale.

Dans leur transposition pratique, ces principes deviennent Justice, Ermite, Roue de Fortune et Force. L’ensemble décrit un itinéraire initiatique analogue à celui des degrés maçonniques : apprentissage, intériorisation, maîtrise.

Les Arcanes dits « sombres » — Mort, Diable, Maison Dieu — ne sont nullement négatifs. Ils correspondent aux épreuves, aux dissolutions nécessaires, aux ruptures initiatiques sans lesquelles aucune renaissance n’est possible. La Mort est transmutation, la Maison Dieu est destruction des illusions, le Jugement est réveil spirituel.

 

Le Tarot des imagiers du Moyen Âge –
Résumé analytique et lecture de l’ouvrage d’Oswald Wirth
 

Le Tarot des imagiers du Moyen Âge n’est pas un livre que l’on peut résumer en quelques pages sans en trahir l’esprit. C’est pourquoi je vous ai mis le lien en fin d’article pour que vous puissiez le lire dans son intégralité.

Oswald Wirth conçoit son ouvrage comme un instrument d’initiation intellectuelle, destiné à transformer le lecteur plutôt qu’à l’informer. Il s’agit moins d’un traité systématique que d’un cheminement progressif, où l’exposé historique, la méthode symbolique et l’interprétation des Arcanes s’entrelacent constamment.

Le résumé qui suit se veut fidèle, développé et analytique. Il respecte l’architecture interne de l’ouvrage et restitue la richesse doctrinale, symbolique et initiatique de chaque partie, sans réduire le propos à une simple paraphrase.

Le Tarot comme livre muet et science de l’image.

Dès l’Avant-propos, Wirth pose une thèse fondamentale : le Tarot appartient à la catégorie des livres muets. À l’instar des hiéroglyphes, des vitraux ou des sculptures médiévales, il ne parle pas par des mots, mais par des images condensatrices de pensée.

Wirth développe une critique sévère du verbalisme moderne. Selon lui, l’excès de raisonnement discursif a appauvri la faculté imaginative, pourtant indispensable à toute connaissance métaphysique. Les civilisations traditionnelles savaient penser par images ; le Moyen Âge, en particulier, a porté cet art à un degré exceptionnel de maturité.

Le Tarot s’inscrit dans cette tradition : il constitue un alphabet de l’imagination, composé de vingt-deux figures correspondant aux vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque. Chaque Arcane est à la fois une idée, une fonction psychique, une étape initiatique, et un principe cosmique.

Wirth insiste sur un point essentiel : le Tarot ne livre jamais une doctrine toute faite. Il suggère, il provoque, il met en mouvement l’intelligence symbolique. Celui qui cherche des réponses immédiates n’y trouvera qu’un amusement stérile.

La valeur initiatique du Tarot.

Wirth affirme que la question de l’âge du Tarot est secondaire. Ce qui importe, c’est sa valeur initiatique intrinsèque.

Il cite longuement Éliphas Lévi, pour qui le Tarot est une « machine philosophique », capable de prévenir les égarements de l’esprit tout en respectant sa liberté.

Le Tarot est à la fois un résumé des sciences traditionnelles, un support de méditation, et un instrument d’initiation progressive.

Il ne s’adresse pas à la croyance, mais à l’intelligence symbolique.

La structure générale du Tarot.

La disposition circulaire

Wirth insiste sur la nécessité de disposer les vingt-deux Arcanes en cercle. Cette forme exprime l’éternel retour, la cyclicité initiatique et le passage du commencement à la fin, du zéro à l’unité retrouvée.

Le Fou (0) n’est ni le premier ni le dernier : il est hors-série, symbole de l’Infini indéterminé.

Les deux moitiés du Tarot

Le cercle se divise en deux séries de onze Arcanes, opposées mais complémentaires.

La première série est active, consciente, volontaire. La seconde est passive, réceptive, mystique.

Wirth y reconnaît les deux grandes voies de l’initiation, la voie sèche, masculine, rationnelle, la voie humide, féminine, intuitive.

Cette bipolarité correspond aux colonnes du Temple (B et J), aux principes alchimiques du Soufre et du Mercure, et aux deux modalités fondamentales de la réalisation spirituelle.

L’axe du Tarot et les groupes d’Arcanes

Les Arcanes VI (L’Amoureux) et XVII (L’Étoile) constituent l’axe du Tarot.

L’Amoureux marque le passage de la théorie à la pratique dans la voie active.

L’Étoile introduit la phase d’illumination progressive dans la voie passive.

Autour de cet axe s’organisent quatre groupes de cinq Arcanes, correspondant aux étapes initiatiques.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Analyse rapide des groupes d’Arcanes

1. Premier groupe : la connaissance théorique (Arcanes I à V)

Le Bateleur représente le moi conscient, point de départ de toute initiative.

La Papesse incarne la connaissance intuitive et métaphysique.

L’Impératrice symbolise la science inductive de la nature.

L’Empereur représente la science déductive, mathématique et organisatrice.

Le Pape incarne la synthèse doctrinale, la tradition transmise et la fonction initiatique.

Deuxième groupe : l’application pratique (VII à XI)

Le Chariot figure l’action maîtrisée et l’autorité morale.

La Justice traduit l’ordre mathématique dans le domaine éthique.

L’Ermite représente la recherche prudente et progressive.

La Roue de Fortune exprime l’intelligence des cycles et des opportunités.

La Force symbolise la maîtrise intérieure et l’unité réalisée.

Troisième groupe : les épreuves et dissolutions (XII à XVI)

Le Pendu exprime le renversement des valeurs profanes.

La Mort représente la transformation nécessaire.

La Tempérance figure l’harmonisation subtile.

Le Diable incarne les puissances instinctives à dominer.

La Maison-Dieu symbolise l’effondrement des constructions illusoires.

Quatrième groupe : l’illumination et l’accomplissement (XVII à XXI + 0)

L’Étoile annonce l’espérance initiatique.

La Lune correspond aux épreuves de l’imaginaire.

Le Soleil représente la clarté retrouvée.

Le Jugement symbolise l’éveil spirituel.

Le Monde figure l’accomplissement total.

Le Fou clôt et dépasse le cycle.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Lecture arcane par arcane selon Oswald Wirth

Ce qui suit constitue le cœur doctrinal du Tarot des imagiers du Moyen Âge.

Wirth n’y propose pas une simple exégèse descriptive, mais une lecture initiatique progressive, où chaque Arcane est une fonction de la conscience et une étape du Grand Œuvre intérieur.

Mais que l'on se comprenne bien. Le commentaire sur chaque arcane est extrêmement synthétique.
A chaque arcane correspond une lettre de l'alphabet hébraïque, une symbolique des couleurs et des objets représentés etc..

Pour une analyse fine il faut lire le livre (et concocter votre propre interprétation personnelle !)

Les citations sont tirées de l’édition de 1927.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane I – Le Bateleur

Le Bateleur est le point de départ absolu. Il représente l’initiale avant toute initiation, le moi opératif en puissance.

Wirth écrit : « Le Bateleur est l’homme qui commence, celui qui dispose de tout, sans encore rien savoir employer. »

Le Bateleur représente le pouvoir spirituel et la capacité d'acquérir des connaissances.

Le chapeau du Bateleur est simple, sans couronne ni plumet, symbolisant l'acquisition du pouvoir spirituel par l'exercice.

Le Bateleur doit s'instruire et se discipliner pour atteindre son plein potentiel.

Sur le plan maçonnique, il correspond à l’Apprenti entrant dans le Temple, placé entre les colonnes, détenteur d’outils dont il ignore encore l’usage spirituel.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Bateleur et le grade d’Apprenti

Le Bateleur correspond exactement à l’Apprenti entrant en Loge :

Il est debout, il dispose d’outils qu’il ne maîtrise pas encore, sa table est instable, comme sa conscience.

Wirth dépasse Éliphas Lévi, qui voyait surtout dans le Bateleur le Mage opérateur, en soulignant son inachèvement initiatique. Contrairement à Papus, qui l’associe trop rapidement à l’adepte, Wirth insiste : « Le Bateleur n’est pas encore initié : il est initiable. »

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane II – La Papesse

Figure centrale et souvent mal comprise, la Papesse symbolise la science intérieure, silencieuse et réservée. Wirth insiste :

Wirth écrit : « La Papesse ne révèle rien : elle suggère. Elle garde le secret de la Loi écrite derrière le voile. »

Elle correspond à la connaissance ésotérique transmise sous le sceau du silence, analogue à la Parole perdue voilée.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Papesse et le silence de l’Apprenti.

La Papesse correspond au silence imposé à l’Apprenti. Elle garde la Loi voilée, comme la Parole perdue.

Lévi identifie la Papesse à Isis ; Papus en fait une prêtresse magique.

 Wirth corrige ces dérives en y voyant la connaissance non formulée, strictement initiatique :

« Le secret initiatique ne se révèle pas : il se mérite. »

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane III – L’Impératrice

L’Impératrice est l’intelligence créatrice appliquée au monde manifesté. Elle représente la science inductive, la compréhension des lois naturelles.

« L’Impératrice pense la nature vivante, non pour la dominer, mais pour l’engendrer. »

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

L’Impératrice et la naissance de l’intelligence symbolique.

L’Impératrice annonce le passage progressif vers le Compagnonnage : elle représente l’intelligence qui commence à engendrer du sens.

Wirth reproche à Papus de réduire l’Impératrice à une force cosmique abstraite ; il y voit au contraire une pédagogie de la nature, conforme à l’apprentissage compagnonnique.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane IV – L’Empereur

L’Empereur est l’ordre, la structure, la loi. Il correspond à la maîtrise des formes et à la stabilité.

Wirth écrit : « L’Empereur est le constructeur du monde visible. »

Dans une lecture maçonnique, il annonce le Compagnon maîtrisant la géométrie et la règle.

L'Empereur et son Symbolisme

L'Empereur incarne l'ordre, la coordination et la solidité, représentant l'autorité et la mise en œuvre des engagements.

L'Empereur est un symbole de rigueur et de méthodologie.

Le rouge de son costume évoque le feu stimulant, tandis que le vert symbolise la vitalité.

La tulipe à ses pieds représente la vie et la croissance.

Il est comparé à Hercule, un héros qui accomplit des travaux pour atteindre la sagesse initiatique.

L'Empereur est l'ouvrier qui exécute le plan du Grand Architecte de l'Univers.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

L’Empereur et la maîtrise des formes

L’Empereur correspond à la rigueur géométrique du Compagnon.

Il maîtrise l’espace, la mesure et la loi.

Chez Eliphas Lévi, l’Empereur est parfois trop théurgique ; Wirth le ramène à la construction intérieure, analogue au travail de la pierre.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane V – Le Pape

Le Pape incarne la fonction initiatique par excellence.

Wirth écrit : « Le Pape n’invente rien : il transmet. »

Le Pape et son Rôle Spirituel :

Le Pape représente l'autorité spirituelle, conciliant les croyances et les doutes des fidèles.

Il est décrit comme un personnage indulgent, capable de comprendre les faiblesses humaines.

Le Pape dogmatise et fixe les croyances, s'adressant à deux types de fidèles.

Il doit équilibrer la tradition et l'innovation dans l'enseignement religieux.

Sa tiare symbolise son autorité, tandis que son sceptre représente son pouvoir spirituel.

Le Pape est lié à la connaissance et à la lumière divine, éclairant l'Église.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Pape et la fonction du Vénérable Maître

Le Pape incarne la transmission régulière de la Tradition.

Il est l’équivalent symbolique du Vénérable Maître, dépositaire de la Tradition.

Le Vénérable Maître est celui qui donne l'initiation au profane en Loge.

Papus, peut-être trop influencé par l’occultisme opératif, en fait un hiérophante magique, alors que Wirth insiste : « Le Pape n’opère pas : il transmet. »

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane VI – L’Amoureux

Arcane de l’épreuve morale, il marque le choix fondamental.

Wirth écrit : « Toute initiation commence par un sacrifice. »

L'Amoureux et le Choix Moral :

L'Amoureux symbolise le dilemme entre la vertu et le vice, représentant le choix moral de l'individu.

Il est confronté à deux femmes, représentant la Vertu et la Mollesse.

Son costume rouge et vert symbolise l'énergie et la vitalité.

Cupidon, au-dessus de lui, incarne le désir et l'aspiration. Le bandeau sur ses yeux signifie que l'amour est aveugle ! 

L'Amoureux doit choisir entre l'action vertueuse et la recherche de plaisirs immédiats.

Ce choix est essentiel pour réaliser le Grand Œuvre humanitaire.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

L’Amoureux et l’épreuve du choix

L’Amoureux correspond à l’épreuve morale préalable à toute élévation. Il annonce la mort symbolique future du Maître.

Il fait avec ses bras un signe qui n'est pas inconnu d'un certain degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane VII – Le Chariot

Le Chariot représente l’initié en action.

Wirth écrit : « Il triomphe parce qu’il sait concilier les contraires. »

Le Chariot et le Progrès :

Le Chariot représente le triomphe et la maîtrise des forces opposées dans la quête du progrès.

Le maître du Chariot incarne l'âme intellectuelle, en mouvement vers un but.

Le véhicule symbolise le corps subtil de l'âme, reliant le spirituel au matériel.

Les roues du Chariot évoquent l'énergie vitale et le mouvement.

Le Sphinx, au-dessus, représente l'équilibre et la stabilité.

Le Chariot est un symbole de direction et de gouvernement harmonieux.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Chariot et la marche en avant initiatique.

Le Chariot représente l’initié qui avance entre les contraires, comme le Maître entre la vie et la mort.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane VIII – La Justice

La Justice est l’équilibre rigoureux, la rectitude.

Wirth écrit : « La justice est la mathématique morale. »

La Justice et l'Équilibre :

La Justice incarne l'ordre et l'équilibre, essentielle pour la vie et l'organisation.

Elle coordonne les actions et les sentiments, assurant la loi et l'équité.

Thémis, représentée avec une balance et un glaive, symbolise la rigueur de la loi.

La Justice est liée à la nature et à la vitalité, équilibrant les forces opposées.

Elle est essentielle pour appliquer les principes énoncés par l'Empereur.

La Justice est un principe fondamental pour maintenir l'harmonie dans l'univers.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Justice et l’équilibre du Maître

La Justice correspond à la rectitude intérieure exigée du Maître, capable de juger sans passion.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane IX – L’Ermite

Figure du chercheur solitaire.

Wirth écrit : « L’Ermite éclaire sans éblouir. »

L'Ermite et la Sagesse Intérieure :

L'Ermite représente la recherche de la vérité et la sagesse acquise par l'expérience.

Il avance prudemment, éclairé par sa lanterne, symbole de connaissance.

Son manteau sombre indique l'austérité et l'isolement nécessaires à la réflexion.

L'Ermite ne s'adresse qu'à ceux qui cherchent la vérité, évitant les frivolités.

Il travaille dans l'invisible pour préparer l'avenir, agissant comme un agent transformateur.

Sa mission est de tisser les énergies créatrices pour le devenir.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

L’Ermite et la solitude du Maître.

L’Ermite figure la retraite intérieure du Maître après l’épreuve.

Ce n’est certainement pas pour rien que Wirth s’est lui-même dessiné en Ermite dans son jeu de Tarot.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane X – La Roue de Fortune

Elle enseigne la loi des cycles.

Wirth écrit : « Qui comprend la roue n’est plus son jouet. »

La Roue de Fortune et le Destin :

La Roue de Fortune symbolise le cycle de la vie, le changement et le destin.

Elle représente le mouvement perpétuel de la vie, avec des hauts et des bas.

Les personnages sur la roue symbolisent les forces opposées de la vie.

La manivelle qui fait tourner la roue évoque le temps et le changement.

Le Sphinx au sommet représente l'équilibre et la stabilité face aux fluctuations.

La Roue est un symbole de la destinée, influençant les événements de la vie.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Roue de Fortune et l’acceptation du cycle

La Roue enseigne l’impermanence, essentielle à la compréhension de la mort d’Hiram.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XI – La Force

La Force est la domination de soi.

Wirth écrit : « La véritable force est intérieure. »

La Force et la Maîtrise des Énergies :

La Force incarne la puissance douce et maîtrisée, capable de dominer les passions.

Elle est représentée par une femme qui dompte un lion, symbolisant la maîtrise intérieure.

La Force ne repose pas sur la brutalité, mais sur la douceur et la subtilité.

Elle enseigne que les énergies indisciplinées peuvent être transformées en forces constructives.

La maîtrise de soi est essentielle pour réaliser le Grand Œuvre.

La Force est un symbole de l'harmonie entre les énergies opposées.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Force et la maîtrise de soi

La Force est la domination de l’instinct, condition de la véritable maîtrise.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XII – Le Pendu

Le Pendu renverse les valeurs profanes.

Wirth écrit : « Il faut mourir au monde pour renaître à l’esprit. »

Le Pendu et l'Initiation Passive :

Le Pendu symbolise l'initiation passive, où l'individu renonce à son ego pour se soumettre aux influences extérieures.

L'Initiation masculine se termine avec l'arcane XI, tandis que l'arcane XII introduit l'initiation féminine.

Le Pendu est en position d'abandon, représentant un renoncement à l'ego et une ouverture à des influences spirituelles.

La figure du Pendu rappelle le sacrifice héroïque et l'oubli de soi pour le bien d'autrui.

Les deux arbres symbolisent les aspirations spirituelles et matérielles.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Pendu et la mort initiatique.

Le Pendu correspond directement à la mort symbolique du Maître.

Là où Eliphas Lévi reste allusif et Papus dramatise, Wirth écrit : « Le renversement est la condition de la renaissance. »

 

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XIII – La Mort

Arcane de transmutation.

Wirth écrit : « Rien ne naît sans mourir. »

La Mort et la Transformation :

La Mort est perçue comme un processus de transformation plutôt que de destruction, permettant la renaissance à une vie supérieure.

L'arcane XIII ne porte pas de nom, symbolisant l'absence de peur face à la Mort.

La Mort libère les énergies pour de nouvelles combinaisons vitales, rajeunissant ainsi la vie.

Le profane doit mourir à son état d'imperfection pour progresser initiatiquement.

La Mort est une libératrice, permettant l'ascension spirituelle.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Mort et la putréfaction alchimique :

La Mort correspond à la phase de dissolution, essentielle au relèvement.

C’est le moment clé que l’on trouve dans le Cabinet de Réflexion.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XIV – La Tempérance

Elle harmonise les opposés.

Wirth écrit : « La sagesse est mesure. »

La Tempérance et l'Équilibre :

La Tempérance représente l'équilibre et la circulation de la vie universelle, favorisant la régénération et la guérison.

L'arcane XIV montre le fluide vital versé d'une urne d'argent dans une urne d'or.

La Tempérance est associée à la médecine mystique et à la guérison par l'amour et la compassion.

Le Génie de la Tempérance est androgyne, symbolisant l'union des polarités.

La pureté d'âme est essentielle pour pratiquer la haute médecine des Initiés.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Tempérance et la recomposition de l’être.

Elle annonce la renaissance progressive.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XV – Le Diable

Le Diable représente les puissances instinctives.

Wirth écrit : « Le Diable n’enchaîne que ceux qui consentent. »

Le Diable et l'Égoïsme :

Le Diable incarne l'égoïsme et la révolte contre l'ordre universel, représentant les instincts et les passions humaines.

Le Diable est le Prince du Monde matériel, favorisant la différenciation et l'individualisation.

Sur ses bras il est écrit Solve et coagula qui est une formule ou une devise alchimique latine qui signifie « Dissous et Coagule ». C’est l’idée que quelque chose doit être désintégré avant d’être reformé.

En tant que Lucifer (porteur de Lumière) c'est un ange déchu, d'où les ailes.

Et puis il ressemble au Baphomet des Templiers.

Il est associé à des forces occultes et à la magie, mais doit être traité avec respect.

L'adepte doit dominer ses instincts pour éviter de tomber sous le joug des péchés capitaux.

Le Diable est nécessaire pour la vie matérielle, mais l'individu doit s'en affranchir progressivement.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Diable et les épreuves de la maîtrise

Le Diable est la confrontation avec les forces inférieures.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XVI – La Maison-Dieu Le feu du Ciel 

Effondrement des illusions.

Wirth écrit : « Ce qui n’est pas fondé sur le vrai doit s’écrouler. »

La Maison-Dieu et la Chute :

La Maison-Dieu symbolise la chute de l'esprit dans la matière et les conséquences de l'orgueil humain.

L'arcane XVI représente une tour foudroyée, illustrant la présomption et l'échec des ambitions.

Les personnages tombent, symbolisant la perte de l'esprit immortel face à la matérialité.

La tour est construite de briques vivantes, représentant la société humaine et l'individualité.

La Maison-Dieu met en garde contre les excès et les ambitions démesurées.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Maison-Dieu et la destruction de l’ego

Elle correspond à l’effondrement des certitudes profanes.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XVII – Les Étoiles

L’Étoile est l’espérance initiatique.

Wirth écrit : « La lumière revient après la nuit. »

Les Étoiles et la Vie Universelle :

Les Étoiles symbolisent la connexion entre l'individu et la vie universelle, offrant guidance et espoir.

L'arcane XVII montre une figure déversant de l'eau vivifiante, représentant la fertilité et la régénération.

Les Étoiles rappellent que chaque individu a un but et un programme de vie.

La vie est douce et belle, mais nécessite l'accomplissement de notre tâche personnelle.

Les dieux veillent sur nous, nous guidant vers notre destinée.

Influence des Étoiles et de Vénus

Vénus, représentée comme l'étoile du matin, symbolise la lumière et l'illumination spirituelle.

Les étoiles de l'arcane XVII, au nombre de huit, évoquent l'harmonie entre les influences célestes et la personnalité humaine.

L'arcane XVII marque une transition vers une compréhension plus profonde de soi et de l'univers.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

L’Étoile et l’espérance du relèvement

L’Étoile annonce la lumière après la mort.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XVIII – La Lune

Épreuves de l’imaginaire.

Wirth écrit : « Tout ce qui brille n’est pas lumière. »

La Lune et de l'Imagination :

La Lune représente l'illusion et les apparences, incitant à la réflexion sur la réalité.

Elle est associée à des concepts de dualité et de confusion, mais aussi à la créativité.

L'imagination, bien que puissante, peut mener à des erreurs si elle n'est pas tempérée par la raison.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

La Lune et les illusions post initiatiques.

Elle met en garde contre les fausses lumières.

La lune est visible à l'Orient du Temple Maçonnique.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XIX – Le Soleil

Clarté retrouvée.

Wirth écrit : « Le Soleil est la vérité devenue évidente. »

Il symbolise la Vérité dans toute sa splendeur.

Il réchauffe les âmes et les cœurs.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Soleil et la fraternité retrouvée

Le Soleil correspond à la reconnaissance mutuelle des Maîtres.

Le soleil est visible à l'Orient du Temple maçonnique.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XX – Le Jugement

Éveil spirituel.

Wirth écrit : « L’homme nouveau se reconnaît à sa vibration. »

Éveil Spirituel et Jugement :

Le jugement est un processus de discernement entre le matériel et le spirituel.

Il symbolise la résurrection de l'esprit et la réintégration dans une compréhension plus élevée.

L'arcane XX souligne l'importance de la tradition et de l'héritage spirituel dans le cheminement initiatique.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Jugement et l’appel à la Parole retrouvée

Il correspond au relèvement d’Hiram.

Et il interpelle aussi à d'autres degrés du REAA.

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane XXI – Le Monde

Accomplissement.

Wirth écrit : « L’initié est devenu un centre. »

Synthèse et Réintégration dans le Monde :

Le Monde représente l'harmonie et l'unité de toutes choses manifestées.

Il évoque le mouvement perpétuel et la danse de la vie, où tout est interconnecté.

La compréhension de cette unité est essentielle pour atteindre la connaissance et la sagesse spirituelle.

Nous retrouvons les 4 évangélistes représentés traditionnellement par leurs animaux respectifs.

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Le Monde et l’accomplissement initiatique.

Le Monde est l’initié réintégré.

 

Lire le Tarot des imagiers du Moyen Âge d'Oswald Wirth

Arcane 0 – Le Fou

Le Fou transcende le cycle.

Wirth écrit : « Il est libre parce qu’il ne s’attache plus. »

L’arcane et sa correspondance au sein du Rite Ecossais Ancien et Accepté :

Arcane 0 – Le Fou et la liberté parfaite

Le Fou dépasse même la maîtrise : il incarne l’homme libéré.

L’Initié ayant fait tout le chemin et qui repart à zéro.

 

Conclusion : le Tarot comme cathédrale de papier.

Le Tarot des imagiers du Moyen Âge apparaît, à près d’un siècle de distance, comme l’un des plus grands traités de symbolisme jamais écrits.

Oswald Wirth y réalise une synthèse rare, alliant érudition, rigueur méthodologique et profondeur spirituelle.

À l’image des cathédrales gothiques, le Tarot n’est pas l’œuvre d’un individu, mais l’expression d’une tradition vivante. Il ne se comprend ni par la divination superficielle, ni par l’analyse rationaliste, mais par la méditation patiente et l’initiation intérieure.

Pour le franc-maçon - et surtout pour le franc-maçon de Rite Ecossais Ancien et Accepté -, l’ouvrage de Wirth constitue une clé incomparable pour comprendre la symbolique des grades, la dynamique de l’initiation et le sens profond de la quête de la Parole perdue.

Pour le chercheur spirituel, il demeure une invitation exigeante à penser par symboles — et à retrouver, au-delà des mots, la sagesse silencieuse des imagiers du Moyen Âge.

Précipitez vous pour lire ce livre !

Jean-Laurent Turbet

 

Le « Blog des Spiritualités »est un site d'information libre et indépendant traitant de spiritualités, de symbolisme, d'ésotérisme, d'occultisme, d'hermétisme, d'Initiation, de religion, de franc-maçonnerie, de mouvements spirituels, etc...

Chaque contributeur ou contributrice, écrit en son nom personnel. Il ou elle signe ses articles.

Chaque signataire d'article est responsable de l'article qu'il rédige.

Sauf mention contraire explicite, chaque contributeur n'écrit ni au nom d'une association, ni d'un parti politique, ni d'une obédience maçonnique, ni d'une loge maçonnique, ni d'un mouvement spirituel... Mais bien en son nom personnel.

Les propos des signataires d'articles n'engagent qu'eux.
et non pas l'une ou l'autre des associations dont ils sont éventuellement membres.

La liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

La Rédaction du Blog des Spiritualités

Pour tout contact : Redaction@jlturbet.net

Commenter cet article

Archives

Articles récents