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Le Blog des Spiritualités

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Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 9 Août 2025, 13:43pm

Catégories : #Musique, #Pochettes, #PaulMcCartney, #Mort, #Paulisdead, #Chansons, #Pop, #Rumeur, #FakeNews

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

« Paul is dead » 
anatomie d’une rumeur "fake news" pop

 

Comment la rumeur naît (à l’automne 1969) :

Je vous ai parlé dans un article publié hier (8 août 2025) de la prise de la photo de la pochette de l’album Abbey Road des Beatles le 8 août 1969 par le photographe Iain Mcmillan (1938-2006).

L'album Abbey Road sort le 12 septembre 1969 en France, le 26 septembre 1969 au Royaume-Uni, et le 1er octobre aux États-Unis et au Canada. Et ce sera le point de départ de la première vraie grande « fake news » moderne (bien avant les réseaux sociaux, Poutine, Trump et l’IA). Il suffisait alors de radios et de journaux pour qu’une rumeur de cet acabit prenne de l’ampleur !

En voici la genèse !

Le 12 octobre 1969, un auditeur téléphone au DJ Russ Gibb (station WKNR-FM de Detroit) et l’invite à passer « Revolution 9 » , chanson des Beatles (en fait collage musical dû à John Lennon) publiée sur le White Album en 1968, à l’envers : « number nine » y sonnerait comme turn me on, dead man (« allume-moi, homme mort »).

L’antenne s’emballe, d’autres auditeurs ajoutent des « indices ».

Deux jours plus tard, Fred LaBour publie dans The Michigan Daily une recension satirique d’Abbey Road intitulée « McCartney dead; new evidence brought to light », qui compile et invente des « preuves ».

La presse nationale relaie, des émissions spéciales fleurissent, puis Life publie une interview de McCartney (7 novembre 1969) et la fièvre retombe.

Beaucoup cherchent à trouver de nouvelles "preuves" et la rumeur s'emballe.

 

Le scénario « officiel » des partisans de la mort de Paul.

Selon la version devenue canonique chez les croyants de cette thèse, Paul McCartney serait mort le 9 novembre 1966 dans un accident de voiture, et aurait été remplacé par un sosie — souvent nommé William (Billy) Campbell ou Billy Shears (nom "donné" à Ringo Starr dans l'album Sgt Pepper's avant qu'il ne chante "With a little Help from my friends").

L’idée majeure de ses créateurs de fake news : Les Beatles, pour des raisons financières, n’auraient pas pu avouer la mort de Paul (ce qui aurait signifié la mort du groupe) mais ils auraient parsemé leurs disques parus après 1966 (puisque Paul serait mort d’un accident de voiture le 9 novembre 1966) d’indices réservés aux initiés qui attesterait du décès de Paul.

Mais pour cela il faut savoir écouter certaines chansons et bien lire les messages (pour eux évidents) fournis par les pochettes de disques post 1966 à savoir Sgt Pepper (1967), le White Album (1968), Abbey Road (1969) et même Let it be (1970) pourtant paru après la rumeur. Les Beatles, empêchés d’avouer, auraient semé des « clues » dans les pochettes et les chansons.

 

Tout commence donc avec la pochette d'Abbey Road où les Beatles auraient mis les indices les plus évidents de la mort de Paul.

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Abbey Road (1969) : « la procession funèbre »

La lecture la plus célèbre et là d'où est partie la rumeur.

La photo du célèbre passage piéton figurerait un cortège funéraire :

John Lennon en blanc (le prêtre, mais aussi la couleur du deuil en Inde), Ringo Starr en noir (l’endeuillé car le noir est la couleur du deuil en Occident), Paul McCartney pieds nus et hors du pas (le cadavre), George Harrison en jean (l'habit du fossoyeur).

Les trois autres Beatles avancent le pied gauche en avant, McCartney est le seul à avancer du pied droit (alors qu'il est gaucher). 

De plus il tient une cigarette de la main droite alors qu’il est gaucher : un « double » mal briefé ?

Au fond, la Coccinelle blanche affiche la plaque LMW 281F, lue par certains 28IF (Paul aurait eu « 28 ans si … il n'était pas mort... »), et « LMW » deviendrait « Linda McCartney Weeps ».

Des personnes visibles sur la photos sont les témoins de cette supercherie.

Au dos de la pochette, un fendu traverse le mot « Beatles » sur le mur.

Certains découvriront même de nombreux autres "indices" sur la pochette.

Remarques « anti-clues » souvent avancées : Paul avait 27 ans en 1969 (pas 28) ; la plaque est bien LMW 281F ; marcher pieds nus à Londres en été n’est pas surnaturel, surtout que McCartney vient juste d'enlever les sandales qu'il porte sur les 3 premières prises).

McCartney s’en est d’ailleurs gentiment amusé en 1993 avec l’album Paul Is Live (Paul est vivant), qui parodie la scène (la plaque y lit « 51 IS »).

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.
Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) : « l’enterrement »

Après Abbey Road les partisans de la thèse de la mort de Paul vont chercher dans d'autres albums et d'abord dans Sgt Pepper (1967), 1er album sorti après la "mort" de Paul.

Les partisans voient ici la « mise en terre ».

Parmi les indices les plus cités (je ne peux les donner tous) :

Sur la pochette on voit le parterre de fleurs en forme de basse Höfner gaucher (l’instrument de Paul).

On voit aussi un P jaune comme une tombe stylisée avec une fleur dessus.

On voit également une main au-dessus de la tête de Paul, geste lu comme une « bénédiction des morts », en tout cas un signalement particulier fait à Paul.

Le « truc du miroir » sur le tambour : en plaçant un miroir au centre des mots LONELY HEARTS, on obtiendrait I ONE IX HE DIE (11-9 he die), interprété comme la date 11/9/66 qui serait la date officielle de la mort de Paul. C’est l’une des « fake news» les plus relayés.

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Sur la photo le brassard de l’uniforme bleu de Paul, on lirait O.P.D. (traduit par les auteurs de la fake news par Officially Pronounced Dead).

Alors que des chercheurs sérieux ont montré qu’il s’agissait d’un écusson O.P.P. (Ontario Provincial Police) offert au Beatle au Canada — le sigle déformé par l’angle de la photo ou plus certainement Ontario Police Department (O.P.D) comme on le trouve sur le site de ce département (https://www.ontarioca.gov/government/police).

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Et puis surtout sur le verso de la pochette de l'album Sgt Pepper's (où pour la première fois sur un disque de pop music sont inscrites les paroles de chansons) si George, John et Ringo sont face caméra, Paul est de dos.

Un nouveau signe de la mort de Paul.

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Magical Mystery Tour (1967) : le « walrus » et l’œillet noir

Cet album serait justement l'idée de Paul.

Pourquoi faire un voyage magique et mystérieux s'il n'y avait justement pas quelque chose de mystérieux à découvrir ?

Sur la couverture de l'album John porte le costume de morse (walrus).

Une rumeur persistante a fait du walrus un symbole de mort (Scandinavie, Eskimos, etc.).

Cette affirmation jamais vraiment fondée mais répétée dès 1969, a été durablement associée au mythe.

Surtout que dans la chanson « Glass Onion » (du White Album 1968), John Lennon s’y amuse des exégètes (« here’s another clue for you all ») et lâche la clef de "l'énigme" en chantant  « the walrus was Paul », ligne que les partisans brandissent comme aveu codé !

Dans le livret qui accompagnait l’édition UK, des fans jurent voir un crâne (illusion d’optique) sur une photo prise en grand angle, et un panneau derrière Paul où l’on lit « I WAS ». D’autres ont affirmé que le mot Beatles renversé donnait un numéro de morgue — une légende dans la légende.​​​​​​

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.
Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Dans le clip (à l'époque on disait Scopitone) de la chanson "Your Mother Should Know" Paul est en smoking blanc avec un œillet noir quand les autres ont un œillet rouge ; il a expliqué plus tard que la production avait manqué de fleurs rouges.

Mais beaucoup on voulu voir le rouge comme signe de vie chez les 3 autres (le rouge est la couleur du sang) et le noir comme la couleur de la mort pour Paul.

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

Sur le White Album (The Beatles) 1968 :

The Beatles (dit White Album) contient, selon les partisans, des portraits où Paul porterait une barbe sombre et des lunettes sur contact-sheet, signe d’un autre visage (Faul) ; et quantité de « messages » en sillon.

 

Le White Album lui-même est minimaliste — une pochette entièrement blanche avec seulement le nom embossé, ce qui laisse peu de matière visuelle directe. Mais dans les photos du poster intérieur et des portraits inclus :

On note des clichés où Paul a une barbe sombre et un regard différent, alimentant l’idée d’un « nouveau visage ».

Sur certaines prises, on perçoit des expressions jugées « tristes » ou « distantes », interprétées comme celles d’un remplaçant.

Quelques fans affirment que le collage intérieur contient des formes ou ombres évoquant des crânes ou des cercueils (pareidolie visuelle).

 

« Revolution 9 »

Message inversé : le fameux number nine répété par une voix masculine (John?), lorsqu’il est passé à l’envers, donnerait « Turn me on, dead man » (« Allume-moi, homme mort »).

Les bruits de voiture, de sirènes et de flammes perçus dans la pièce sont interprétés comme une reconstitution de l’accident supposé de McCartney en 1966.

« I’m So Tired »

À la toute fin de la chanson, Lennon marmonne quelques mots indistincts.

En inversant la bande, certains entendent : « Paul is dead man, miss him, miss him, miss him » (« Paul est mort, il me manque… » répété trois fois).

Lennon dira plus tard qu’il s’agissait de simples phrases sans lien avec Paul, mais le « clue » a été largement relayé à la radio en 1969.

 « Glass Onion »

Lennon chante : « Here’s another clue for you all… the walrus was Paul » (« Voici un autre indice pour vous tous… le morse était Paul »).

Comme nous l'avons précédemment certains  lisent ceci comme un aveu : dans leur mythologie, le walrus est un symbole funèbre. Lennon a expliqué que c’était une blague destinée à se moquer des « chasseurs d’indices ».

Autres chansons évoquées

« Don’t Pass Me By » (écrite par Ringo) contient la phrase : « You were in a car crash and you lost your hair » (« Tu as eu un accident de voiture et tu as perdu tes cheveux »). Rapprochée de l’accident mortel supposé et des rumeurs de mutilation.

« Yer Blues » contient : « Yes I’m lonely… wanna die », interprété comme un écho au thème de la mort.

« Happiness Is a Warm Gun » : certains y voient une allusion morbide (tir, sang chaud, etc.).

Paul is dead. L'une des premières fake news pop.

CONCLUSION

Je vous laisse chercher (et trouver) par vous même plein de nouveaux indices cachés par les Beatles dans les paroles des chansons, dans les photos ou des les pochettes des albums. Je n'ai pas tout recensé ici !

Le 7novembre 1969, Life publie un entretien avec Paul McCartney (qui clame qu'il n'est pas mort et même bien vivant !), ce qui contribue à éteindre la rumeur.

Mais au fond, est-on bien sûr de ne pas écouter Billy Shears ou Willaim Campbell depuis ce tragique accident de voiture du 9 novembre 1966 ?

Car la meilleure preuve de l'existence d'un "nouveau" McCartney à partir de 1966 n'est-elle pas que ce nouveau McCartney, encore plus génial que l'original, va révolutionner la musique à partir de cette date. Que se soit par son talent musical (harmonies, jeu de basse) ou par la direction qu'il donne au groupe.

Sgt Pepper et Abbey Road sont en très grande partie l'œuvre de McCartney qui va prendre le lead sur John Lennon au sein du groupe à partir de 1966 avec des titres majeurs comme Hey Jude ou Let it Be. 

Et puis, John Lennon en 1971, dans l'album Imagine, ne nous livre-t-il pas des réponses dans sa chanson "How do you sleep". "The only thing you done was Yesterday"... "And since you're gone it's juste another day..." Car évidemment Yesterday c'était le "vrai" Paul, mais pas les chansons qui ont suivi !

Je vous laisse à vos réflexions en vous livrant quelques éléments pour vous faire votre opinion.

Je sais que je suis allé plusieurs fois "Paul" McCarney au cours de ces 40 dernières années. Et j'avoue que ce n'est pas mal quand même pour un remplaçant !

"And in the end, the love you take, is equal to the love you made".

Jean-Laurent Turbet 

 

 

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