Le Vendredi Saint
Jour de la Passion et de la Crucifixion
Article publié pour la 1ère fois le vendredi 18 avril 2026
Modifié depuis
Le Vendredi Saint est l’un des jours les plus sacrés du calendrier chrétien.
Il commémore la Passion du Christ, c’est-à-dire ses souffrances et sa mort sur la Croix, au sommet du Golgotha (le "Mont du Crâne").
Ce jour dramatique est au cœur de la foi chrétienne, car il constitue l’accomplissement du sacrifice rédempteur de Jésus, considéré par les chrétiens comme le Fils de Dieu, l'Agneau immolé pour les péchés du monde.
Les évangiles synoptiques (Matthieu, Marc, Luc) et l’évangile de Jean racontent les derniers instants du Christ avec des détails poignants.
Trahi par Judas, arrêté, humilié, jugé de façon expéditive, flagellé et finalement cloué sur une croix entre deux brigands, Jésus connaît une mort atroce, mais choisie dans l’obéissance à la volonté du Père.
Ce jour noir de la Passion est aussi, paradoxalement, porteur d’une lumière secrète : c’est le mystère du salut à travers la souffrance, un thème majeur dans la théologie chrétienne.
La signification religieuse de la Passion.
La signification religieuse de la Passion du Christ constitue l’un des cœurs les plus profonds et les plus mystérieux de la foi chrétienne. Elle ne peut se comprendre pleinement qu’à la lumière de toute l’histoire du salut, telle qu’elle est déployée dans les Écritures, et en particulier dans les prophéties de l’Ancien Testament.
Parmi celles-ci, le texte du Serviteur souffrant, au chapitre 53 du livre d’Livre d’Isaïe, occupe une place centrale et saisissante. Ce passage, d’une intensité spirituelle exceptionnelle, décrit un personnage innocent, méprisé, rejeté des hommes, qui accepte librement de porter les fautes d’autrui : « Il a été blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ». La tradition chrétienne y a reconnu, dès les origines, une préfiguration du Christ, annonçant de manière prophétique le sens de sa Passion.
Ainsi, la mort de Jésus ne saurait être réduite à un simple événement historique ou à une tragédie humaine.
Elle est comprise, dans la théologie chrétienne, comme un acte profondément volontaire et salvifique : un sacrifice expiatoire, offert par amour. Là où les anciens sacrifices de l’ancienne alliance, répétés sans cesse, visaient à exprimer la repentance et à restaurer symboliquement l’alliance avec Dieu, le sacrifice du Christ apparaît comme unique, parfait et définitif. En lui, selon la foi chrétienne, s’accomplit et se dépasse toute la logique sacrificielle antérieure. Le Christ n’offre pas quelque chose d’extérieur à lui-même : il s’offre lui-même, dans une totale obéissance et un abandon confiant à la volonté du Père.
Ce mystère est au cœur de la compréhension chrétienne du salut. Jésus assume, en sa personne, la condition humaine jusque dans ses conséquences les plus tragiques : la souffrance, l’injustice, l’abandon et la mort.
Mais il le fait en portant, selon l’expression théologique classique, « le péché du monde ». Autrement dit, il prend sur lui la rupture qui sépare l’humanité de Dieu, afin de la réparer de l’intérieur. Sa Passion devient alors un lieu de réconciliation : non pas une simple compensation juridique, mais un acte d’amour radical par lequel Dieu lui-même, en la personne du Fils, vient rejoindre l’homme dans sa détresse pour le relever et lui rouvrir un chemin vers la vie.
Ce sacrifice, unique et universel, marque le passage de l’ancienne alliance à la nouvelle. Là où l’ancienne alliance reposait sur des rites et des prescriptions, la nouvelle alliance, scellée dans le sang du Christ, inaugure une relation renouvelée entre Dieu et l’humanité, fondée sur la grâce et l’amour. Quelle avancée, quelle transformation majeure avec l'Ancienne Loi. La Croix devient ainsi le signe paradoxal de la victoire de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, du pardon sur le péché.
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C’est pourquoi le Vendredi Saint occupe une place si particulière dans le calendrier liturgique chrétien. Ce jour n’est pas seulement le souvenir d’un événement passé ; il est une entrée dans un mystère qui se rend présent à chaque génération.
L’Église y adopte une attitude de dépouillement et de gravité : les autels sont nus, privés de leurs ornements, les cloches se taisent, comme si toute la création retenait son souffle. La liturgie elle-même se fait sobre, presque austère, laissant une large place au silence, à la méditation et à la contemplation de la Croix.
Dans ce silence habité, les fidèles sont invités à contempler le Crucifié, non comme un simple martyr, mais comme le Sauveur qui, par amour, a accepté de traverser la nuit la plus profonde pour ouvrir à l’humanité l’espérance de la résurrection. Le jeûne et le recueillement qui caractérisent ce jour ne sont pas seulement des pratiques ascétiques ; ils expriment une participation intérieure à ce mystère, une manière de s’unir, dans la foi, à celui qui « a porté nos souffrances » et qui, par sa Passion, a transformé à jamais le sens même de la souffrance humaine.
Le Vendredi Saint est ainsi un jour de recueillement, de jeûne et de silence, marqué par des liturgies sobres, où l’autel est dépouillé, les cloches se taisent, et l’Église médite devant la Croix nue.
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INRI : une inscription à déchiffrer.
L’inscription INRI, placée au-dessus de la tête du Christ crucifié, constitue l’un de ces signes apparemment simples dont la profondeur ne cesse de se déployer à mesure qu’on les contemple. Les Évangiles rapportent en effet que Ponce Pilate fit apposer sur la croix un titulus, selon l’usage romain, indiquant le motif de la condamnation. Ce titulus portait ces quatre lettres : INRI, abréviation de Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum, c’est-à-dire « Jésus de Nazareth, roi des Juifs » ou « Jésus le Nazoréen, le roi des Juifs ».Par ce geste, Pilate entendait sans doute marquer une forme d’ironie politique, voire de dérision à l’égard des autorités juives, en affichant comme « roi » celui qui venait d’être livré à la mort la plus infamante.
Mais, comme souvent dans les récits évangéliques, ce qui relève de l’intention humaine la plus ambiguë devient, à un niveau plus profond, porteur d’une vérité qui dépasse celui qui l’énonce. Car, à son insu, Pilate proclamait une réalité que la foi chrétienne reconnaît comme essentielle : le Christ est bien roi.
Non pas un roi terrestre, exerçant un pouvoir de domination ou de contrainte, mais un roi d’un ordre radicalement différent. Sa royauté ne s’inscrit pas dans les catégories politiques ou sociales du monde ; elle se révèle dans l’abaissement, dans le don de soi, dans l’amour poussé jusqu’à l’extrême.
Son trône est une croix, instrument de supplice devenu signe de gloire ; sa couronne est tressée d’épines, symbole paradoxal d’une souveraineté qui passe par la souffrance et le renoncement. Ainsi, l’inscription INRI, voulue comme une dérision, devient une proclamation théologique : celle d’une royauté spirituelle, fondée sur le sacrifice et la vérité.
Cependant, au fil des siècles, ces quatre lettres n’ont cessé d’inspirer des lectures qui dépassent encore le cadre strictement historique ou dogmatique.
Dans certaines traditions symboliques, notamment dans les courants hermétiques et initiatiques, INRI a été relu, interprété, transfiguré. On ne le prononce plus comme un mot, mais on médite chaque lettre comme un signe porteur de sens. Ainsi est née l’interprétation célèbre : Igne Natura Renovatur Integra — « Par le feu, la nature est intégralement renouvelée ». Cette devise, issue du langage de l’alchimie, exprime l’idée centrale de la transformation par le feu, non seulement comme phénomène matériel, mais comme processus spirituel.
Dans cette perspective, la Croix elle-même peut être comprise comme un véritable athanor, ce four alchimique où s’opère la transmutation. L’être ancien, marqué par ses limites, ses passions et ses obscurités, y est consumé pour laisser place à un être nouveau, purifié et régénéré. Le feu dont il est ici question n’est pas destructeur au sens négatif ; il est purificateur, illuminant, transfigurant. Il correspond à cette épreuve intérieure que toute démarche initiatique suppose : traverser la nuit, accepter la dissolution de ce que l’on croyait être, afin d’accéder à une réalité plus haute.
Dans cette lecture, le Christ crucifié devient la figure même de l’Œuvre accomplie, ce que les alchimistes nomment l’Œuvre au Rouge, stade ultime de la réalisation où la matière, parfaitement purifiée, atteint sa plénitude. Il incarne la réussite de la transmutation spirituelle : la mort n’est plus une fin, mais un passage ; la souffrance, un lieu de transformation ; la Croix, un seuil vers la résurrection. Ainsi, INRI, de simple inscription judiciaire, devient un véritable symbole initiatique, un condensé de sens où se rejoignent la théologie, la mystique et l’hermétisme.
Cette richesse symbolique trouve un écho particulier dans certaines traditions initiatiques occidentales, notamment celles qui, à l’image des Chevaliers Rose+Croix, célèbrent durant le temps pascal des cérémonies où se conjuguent mémoire chrétienne et lecture symbolique du mystère pascal. Dans ces démarches, la Passion n’est pas seulement commémorée ; elle est intériorisée comme un processus vivant, une voie de transformation de l’être. INRI devient alors un mot de passage, une clé de lecture, un appel à la régénération intérieure.
Ainsi, derrière ces quatre lettres gravées au sommet d’une croix, se déploie tout un univers de significations. Elles nous invitent à dépasser la lettre pour entrer dans l’esprit, à voir dans l’événement historique le signe d’une réalité intemporelle, et à reconnaître que, parfois, ce qui fut écrit dans l’ironie ou le mépris peut devenir, pour celui qui cherche, une parole de vérité et de lumière.
Dans cette optique, la Croix devient un athanor, le four alchimique dans lequel l’homme ancien meurt pour renaître à une vie nouvelle. Le Christ crucifié symbolise alors l’Œuvre au Rouge, le couronnement de l’alchimie spirituelle : la transmutation de l’être.
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Les femmes et le centurion au pied de la Croix.
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La symbolique de la Croix : au croisement du Ciel et de la Terre.
La Croix est sans conteste le symbole central du christianisme, mais réduire sa signification au seul souvenir d’un instrument de supplice serait en trahir la profondeur. Car la Croix est bien davantage qu’un objet historique : elle est un signe total, une figure à la fois théologique, cosmique et initiatique, qui condense en elle toute une vision du monde et de l’homme. Elle est, au sens le plus élevé, un langage silencieux, une architecture spirituelle où se rencontrent les dimensions visibles et invisibles de l’existence.
D’un point de vue symbolique, la Croix se présente d’abord comme une structure simple, presque évidente : deux axes qui se croisent. Et pourtant, cette simplicité apparente dissimule une richesse infinie. L’axe horizontal déploie la dimension du monde : il représente l’histoire humaine, le temps, les relations entre les êtres, la condition incarnée, la matière et ses limites. C’est l’axe de l’humanité dans ce qu’elle a de plus concret, de plus fragile aussi. L’axe vertical, quant à lui, ouvre vers une autre dimension : celle de la transcendance, de Dieu, du Ciel, de l’Esprit. Il relie ce qui est en bas à ce qui est en haut, ce qui est fini à l’infini, ce qui est terrestre à ce qui est divin.
Or, dans la figure du Christ en croix, ces deux axes ne sont plus simplement juxtaposés : ils sont unifiés. En Jésus-Christ, suspendu entre ciel et terre, s’opère une rencontre décisive. Il devient le point vivant où se rejoignent ces deux dimensions, le médiateur entre l’humain et le divin. Sa présence sur la Croix n’est pas seulement celle d’un condamné : elle est celle d’un pont, d’un passage, d’un lien restauré. Là où la tradition biblique parlait de rupture entre l’homme et Dieu, la Croix devient le lieu de la réconciliation. Elle manifeste que la distance peut être franchie, que la séparation peut être surmontée, que l’amour peut rétablir l’unité perdue.
C’est pourquoi la Croix a souvent été comprise, dans la tradition chrétienne, comme un nouvel arbre de vie. Là où, dans le récit de la Genèse, l’arbre est associé à la chute, la Croix devient l’arbre de la restauration. Elle porte en elle un paradoxe fondamental : instrument de mort, elle devient source de vie ; lieu de souffrance, elle devient lieu de salut. Elle réunit ce qui semblait irréconciliable : la faiblesse et la puissance, l’humiliation et la gloire, la finitude et l’éternité. Elle est, en ce sens, le symbole même de l’union des contraires, de cette coïncidence des opposés que tant de traditions spirituelles ont cherchée à exprimer.
De nombreux mystiques ont médité sur cette dimension centrale de la Croix. Jean de la Croix y voyait le lieu de la nuit intérieure, passage nécessaire vers l’union divine. Maître Eckhart, quant à lui, y discernait le point où l’âme, dépouillée d’elle-même, peut accueillir la naissance de Dieu en elle. Pour ces grandes figures de la mystique, la Croix n’est pas seulement un événement extérieur : elle est une réalité intérieure, un centre où s’opère la transformation de l’être.
Cette idée de centre est essentielle. La Croix peut être comprise comme le centre du monde, non pas au sens géographique, mais au sens symbolique : le point où tout converge, où tout s’équilibre, où tout se transforme. Elle est ce lieu intérieur où l’homme, traversant ses contradictions, peut accéder à une unité plus profonde. En ce sens, elle rejoint des symboles universels que l’on retrouve dans des traditions très anciennes, parfois bien antérieures au christianisme. La croix, sous diverses formes, apparaît comme un archétype fondamental : celui de la rencontre, du passage, de l’équilibre entre des forces opposées.
Cette lecture peut être approfondie encore dans une perspective alchimique. Dans l’alchimie, la Croix peut être associée à la croix des éléments, structure fondamentale de la matière et du cosmos : la terre, l’eau, l’air et le feu. Chacun de ces éléments correspond à une dimension de l’être, à une énergie spécifique, à une qualité particulière. Leur équilibre est la condition de l’harmonie, leur déséquilibre, source de désordre.
Dans cette perspective, le Christ en croix apparaît comme le point d’unification de ces forces. Il est celui qui, en se livrant totalement, opère une forme de transmutation : il dépasse les tensions, traverse les oppositions, et révèle une unité supérieure. La Croix devient alors un véritable instrument de régénération intérieure. Elle symbolise ce processus par lequel l’homme ancien, attaché à ses limites et à son ego, est appelé à mourir pour laisser place à un être renouvelé, plus vaste, plus libre, plus lumineux.
Il n’est pas indifférent de constater que cette symbolique des quatre éléments se retrouve, sous une forme initiatique, dans certains rituels traditionnels, notamment en franc-maçonnerie. Les épreuves de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, que traverse l’apprenti lors de son initiation, évoquent ce passage nécessaire par les différents états de l’être, cette purification progressive qui conduit à une transformation intérieure. La Croix, dans cette perspective, n’est plus seulement un symbole contemplé : elle devient une voie à parcourir, une expérience à vivre.
Ainsi, la Croix apparaît comme un signe total, à la fois historique, spirituel, cosmique et initiatique. Elle est le lieu où se croisent le ciel et la terre, mais aussi le visible et l’invisible, le temps et l’éternité, la mort et la vie. Elle invite chacun, au-delà des dogmes et des formes, à entrer dans ce mystère de l’unité retrouvée, où les oppositions ne sont pas niées, mais transfigurées.
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Conclusion : la Croix, mystère de mort et de vie.
Jean-Laurent Turbet
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Jean 19 ( Traduction Louis Segond)
— Flagellation, condamnation et crucifixion —
1Alors Pilate prit Jésus, et le fit battre de verges.
2 Les soldats tressèrent une couronne d'épines qu'ils posèrent sur sa tête, et ils le revêtirent d'un manteau de pourpre; puis, s'approchant de lui,
3 ils disaient: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des soufflets.
4 Pilate sortit de nouveau, et dit aux Juifs: Voici, je vous l'amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun crime.
5 Jésus sortit donc, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre. Et Pilate leur dit: Voici l'homme.
6 Lorsque les principaux sacrificateurs et les huissiers le virent, ils s'écrièrent: Crucifie! crucifie! Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve point de crime en lui.
7 Les Juifs lui répondirent: Nous avons une loi; et, selon notre loi, il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu.
8 Quand Pilate entendit cette parole, sa frayeur augmenta.
9 Il rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus: D'où es-tu? Mais Jésus ne lui donna point de réponse.
10 Pilate lui dit: Est-ce à moi que tu ne parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier, et que j'ai le pouvoir de te relâcher?
11 Jésus répondit: Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut. C'est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.
12 Dès ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs criaient: Si tu le relâches, tu n'es pas ami de César. Quiconque se fait roi se déclare contre César.
13 Pilate, ayant entendu ces paroles, amena Jésus dehors; et il s'assit sur le tribunal, au lieu appelé le Pavé, et en hébreu Gabbatha.
14 C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi.
15 Mais ils s'écrièrent: Ote, ôte, crucifie-le! Pilate leur dit: Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent: Nous n'avons de roi que César.
16 Alors il le leur livra pour être crucifié. Ils prirent donc Jésus, et l'emmenèrent.
17 Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du crâne, qui se nomme en hébreu Golgotha.
18 C'est là qu'il fut crucifié, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
19 Pilate fit une inscription, qu'il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs.
20 Beaucoup de Juifs lurent cette inscription, parce que le lieu où Jésus fut crucifié était près de la ville: elle était en hébreu, en grec et en latin.
21 Les principaux sacrificateurs des Juifs dirent à Pilate: N'écris pas: Roi des Juifs. Mais écris qu'il a dit: Je suis roi des Juifs.
22 Pilate répondit: Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.
23 Les soldats, après avoir crucifié Jésus, prirent ses vêtements, et ils en firent quatre parts, une part pour chaque soldat. Ils prirent aussi sa tunique, qui était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas. Et ils dirent entre eux:
24 Ne la déchirons pas, mais tirons au sort à qui elle sera. Cela arriva afin que s'accomplît cette parole de l'Écriture: Ils se sont partagé mes vêtements, Et ils ont tiré au sort ma tunique. Voilà ce que firent les soldats.
25 Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.
26 Jésus, voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: Femme, voilà ton fils.
27 Puis il dit au disciple: Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui.
28 Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l'Écriture fût accomplie: J'ai soif.
29 Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixée à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche.
30 Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit.
31 Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, -car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, -les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât.
32 Les soldats vinrent donc, et ils rompirent les jambes au premier, puis à l'autre qui avait été crucifié avec lui.
33 S'étant approchés de Jésus, et le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes;
34 mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il sortit du sang et de l'eau.
35 Celui qui l'a vu en a rendu témoignage, et son témoignage est vrai; et il sait qu'il dit vrai, afin que vous croyiez aussi.
36 Ces choses sont arrivées, afin que l'Écriture fût accomplie: Aucun de ses os ne sera brisé.
37 Et ailleurs l'Écriture dit encore: Ils verront celui qu'ils ont percé.
38 Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus.
39 Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès.
40 Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs.
41 Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis.
42 Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche.
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