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Le Blog des Spiritualités

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Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses...


René Guénon et son cordon de haut grade en 1908. Guénon franc-maçon : des éléments réels et vérifiés.

Publié par Théodore Vézelay sur 27 Octobre 2021, 08:16am

Catégories : #FrancMaçonnerie, #RenéGuénon, #Guénon, #GLDF, #REAA, #Initiation, #Thebah, #LaGrandeTriade, #Spiritualité, #Papus

Nous voyons sur cette photo devenue célèbre  René Guénon au Congrès et Convent de la Maçonnerie spiritualiste qui s'est tenu les 7 et 9 juin 1908 à Paris, avec pour but d'introduire en France une Maçonnerie Initiatique, en l'occurrence la Maçonnerie Egyptienne par le Rite Ancien et Primitif (de Memphis-Misraïm), dont la patente sera donnée à Papus par John Yarker (qui est par ailleurs représentant de Papus et de l'Ordre Martiniste en Angleterre). 

René Guénon est le premier, au second rang en partant de la gauche. Il porte un sautoir maçonnique de haut grade; à sa gauche, Amélie Gédalge (1865-1931) du Droit Humain et à la gauche de celle-ci, Marie Martin (née Irma Eugénie Marie Lainé, 1848-1914), l’épouse du Dr Georges Martin, le fondateur du Droit Humain avec Maria Deraismes. À l’autre extrémité du second rang, en noir, Victor Blanchard (1877-1953).

Au premier rang, en partant de la gauche : Albert Jounet (1863-1923), Theodor Reuss (Peregrinus) (1879-1923), Dr Gérard Encausse (Papus ; 1865-1916) et Charles Détré (Téder) (1855-1918).

Debout, l’orateur est Georges Descormier (Phaneg) (1866-1945) et à sa gauche se trouve le Dr Fernand Rozier (1839-1922).

Lors de ce Convent, le 9 juin, Téder, 33e, 90e, 95e, Inspecteur Général du Martinisme en Angleterre, etc., déclara : « Je vous présente à tous, le salut fraternel et l’assurance de la sympathie profonde de notre Président d’honneur, l’Ill∴ F∴ John Yarker, Grand Maître Général du Rite Ancien et Primitif pour l’Angleterre et l’Irlande, dont j’ai l’honneur d’être, pour aujourd'hui, le substitut en France. Seul, le grand âge de notre vénérable ami, qui fut le camarade et le compagnon d'armes de l’Ill∴ F∴ Garibaldi et de l’Ill∴ F∴ Mazzini, l’a empêché de venir prendre part aux trav∴ du Convent, mais il m’a chargé de vous dire qu’il était de cœur parmi vous... » (Le Monde illustré, juin 1908). Cette photo avait été retrouvée par Robert Amadou.

C'est lors de ce Convent de 1908 qu'a lieu la "rupture" entre René Guénon et Papus, lorsque celui-ci affirme que l’une des deux vérités fondamentales de ce qu’il appelle le « spiritualisme » était la « réincarnation ».

René Guénon (qui avait seulement 21 ans !) quitte alors ostensiblement l’estrade de ce Convent dont il aurait dû par ailleurs assurer le secrétariat. On ne l'y reverra plus !

Mais reste l'énigme du Cordon porté par Guénon ces jours là !

René Guénon et la Franc-Maçonnerie en général.

René Guénon a été initié franc-maçon dans la Loge Humanidad N° 240 avec patente du Rite National Espagnol, mais en fait pratiquant le Rite Ecossais Ancien et Accepté (avant de passer au Rite de Memphis-Misraïm), loge fondée par Papus dont Téder était alors le Vénérable Maître.

Il est admis au grade d’apprenti le 25 novembre 1907, Compagnon le 13 mars 1908, Maître le 10 avril 1908.

Il est aussi reçu dans la Chapitre INRI du Rite Primitif et Originel de Swedenborg où il reçoit le cordon de Kadosh en 1908 par Theodor Reuss (1855 – 1923), que l'on reconnaît également sur la photo de 1908.

Il se pourrait que ce soit ce cordon que l'on voit sur la photo, bien que normalement le cordon de Kadosh soit noir (car c'est peut-être un effet d'optique qu'il paraisse blanc alors que normalement il est noir), au Rite Ecossais Ancien et Accepté comme au Rite de Memphis Misraïm.

Il y a deux autres hypothèses à considérer (merci Patrice M) : que ce soit un cordon du du 90e degré du Rite de Memphis Misraïm ou du 66e. Ces deux sautoirs sont peu décorés et pourraient donc correspondre à celui de la photo. L'un comme l'autre sont possibles : le 66e notamment car c'est le degré de "Grand Conservateur du Rite", lié à l’Église Gnostique dont Guénon faisait partie.

En effet, en 1909 Guénon est fait évêque Palingénius d’Alexandrie de l’Eglise Gnostique fondée par Jules Doinel.

Chacun pourra donc faire sienne une hypothèse : cordon de Kadosh (30e de gré du REAA), du 90e ou du 66e de MM ?

Après la "rupture" de juin 1908 dont nous venons de parler, René Guénon fonde ensuite l’Ordre du Temple Rénové (en essayant de débaucher quelques frères de la Loge Humanidad ce qui le brouille un temps avec Papus).

René Guénon et la Grande Loge de France en particulier.

1) René Guénon à la loge Thébah :

Avec l’aide d'Oswald Wirth (1860-1943)  il demande d’être régularisé à la Grande Loge de France. Il est tout d'abord refusé deux fois, une fois par la loge  « Travail et les Vrais amis fidèle » (la propre loge de Wirth), une fois dans la loge « Les Cœurs Unis Indivisibles » N°197.

C'est la loge Thébah qui  de la Grande Loge de France qui va recevoir René Guénon en 1912. 

Philippe Langlet a magistralement démontré dans un article du N° 187-188 de la revue Renaissance Traditionnelle intitulé « Du nouveau sur les aventures du jeune René Guénon à la Grande Loge de France », (p. 183), que Guénon n'a pas été « initié » à Thébah, mais régularisé.

En effet, le Conseil Fédéral (présidé par Gustave Mesureur) a bien reconnu la validité des titres maçonniques présentés par Guénon et par là même la validité de l'initiation en 1908 de René Guénon par la loge Humanidad, du Grand Rite Espagnol puis des Rites Unis de Memphis et de Misraïm, refondé en France par Papus en 1908 (la maçonnerie de Papus était donc bien reconnue comme régulière par la GLDF).

La Grande Loge de France remettra son nouveau diplôme de Maître (au REAA) à René Guénon en décembre 1912.

C'est par une planche du 20 mars 1912,  lue dans la loge Thebah que le Conseil Fédéral de la GLDF annonce que le frère Guénon doit être régularisé et non initié. 

Le frère Guénon est présent à plusieurs tenues en 1912. Son diplôme de Maître lui est délivré lors de la séance du 4 avril 1912.

Il fait une conférence le 7 novembre 1912. Il est présent le 6 mars 1913.

Une batterie de deuil est tirée lors de la tenue du 19 février 1914 en mémoire de son père qui vient de décédé. On ne trouve plus de trace de Guénon en loge après cette date.

Il n’a ni démissionné ni a été exclu de la loge Thebah. Il « disparaît » et ne reprend aucune activité maçonnique après la Première Guerre Mondiale, en 1918. Mais Guénon a continué toute sa vie à s’intéresser de près à la Maçonnerie, à ses rites et à ses symboles, et à la Grande Loge de France en particulier.

L'un des fondateurs de la loge maçonnique Thébah de la Grande loge de France en 1901, et son premier Vénérable Maître est Pierre Deullin, martiniste, beau-frère de Papus est par ailleurs membre du Mouvement Cosmique créé par Max Théon et F-Ch Barlet.

Mais Guénon n'apprit ni ne retint dans son œuvre que peu de choses du Mouvement Cosmique inculqué à Thébah, sauf peut-être la notion essentielle de « tradition primordiale » qu'il rencontra également dans le rite de Memphis-Misraïm.

2) René Guénon et la loge « La Grande Triade » (1947) :

La loge « La Grande Triade » est créée à la Grande Loge de France en 1947 à l’initiative du Comte Mordvinoff, un russe exilé à Paris. Elle emprunte son titre distinctif à un ouvrage de René Guénon paru l’année précédente.

Elle compte à l’origine onze membres qui avaient trouvé dans les écrits de Guénon les raisons d’espérer une renaissance de la Maçonnerie.

On y trouve le Grand Orateur de la Grande Loge de France et artiste peintre Ivan Cerf (qui sera le premier Vénérable Maître), le futur Grand Maître Antonio Coën, plusieurs Grands Officiers et Conseillers fédéraux,  ainsi que le Grand Maître Michel Dumesnil de Gramont, tous membres éminents de la Grande Loge qui avaient été convaincus par Mordvinoff de l’intérêt de l’entreprise.

Seul le Comte cependant pouvait être alors considéré comme un vrai connaisseur de l’œuvre guénonienne.

Trois postulants – futurs initiés donc – devaient bientôt les rejoindre : Marcel Maugy qui publiera plusieurs livres et articles sous le nom de Denys Roman, Marcel Clavelle (alias Jean Reyor) dont la position et les relations avec Guénon seront déterminantes et Roger Maridort qui était devenu musulman depuis peu. Par principe il avait été convenu qu’à l’avenir ne seraient admis dans la Loge que de vrais connaisseurs de l’œuvre guénonienne.

René Guénon, séduit par la perspective que ses idées refondatrices d’une Maçonnerie opérative puissent enfin trouver une application, encourage vivement le projet. Par l’entremise de Clavelle notamment, il suivra en détail les modalités de mise en œuvre et tentera d’insuffler les grandes lignes directrices de cette loge dont on a dit qu’elle fut un peu « son enfant particulièrement aimé ».
 

Conclusion :

René Guénon n'a jamais été membre du Suprême Conseil de France et n'a jamais pratiqué les hauts grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté en son sein comme il est dit ou écrit parfois. C'est justement le port par Guénon en 1908 d'un cordon de haut grade qui a pu créer une confusion.

Tout ceci a été développé et mis en perspective par Jean-Laurent Turbet, de la loge « Albert Lantoine » N°1582, lors de sa conférence intitulée « Esotéristes, symbolistes, occultistes de la fin du 19ème siècle et du 20ème siècle et leurs liens avec la Franc-Maçonnerie et général et avec la Grande Loge de France en particulier», donnée au sein de la loge d’études et de Recherche « Jean-Scot Erigène » N°1000 le samedi 10 avril 2021, conférence qui a servi de principal support pour mon article.

J'espère que vous en savez plus maintenant sur le cordon de René Guénon et son appartenance à la Franc-Maçonnerie en général et à la Grande Loge de France en particulier !

Théodore Vézelay

 

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La Rédaction du Blog des Spiritualités

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Y
Un très grand merci mon TCF Jean-Laurent pour ce remarquable article.
Avec toute ma fraternelle affection.
Yonnel
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