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Le Blog des Spiritualités

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 « Projet de loi confortant le respect des principes de la République ». Le protestantisme alerte et conteste

Publié par Jean Nauxe sur 26 Mars 2021, 08:30am

Catégories : #Protestantisme, #Loi, #PrincipesdelaRépublique, #Protestation, #Chrétiens, #Liberté, #Séparation

Le protestantisme français reste mobilisé concernant le sujet du  « Projet de loi confortant le respect des principes de la République ».

A l’issue du débat à l’Assemblée nationale, la Fédération protestante de France (FPF) se réjouit d’avoir été entendue sur quelques points ce dont elle sait gré aux parlementaires.

Toutefois, le projet de loi tel que proposé présente toujours les mêmes défauts que la FPF dénonce encore aujourd’hui :

- un ensemble, encore augmenté, de nouvelles contraintes, sans aucun rapport avec la lutte contre le terrorisme,

- un contrôle accru de l’Etat sur toutes les associations,

- l’accroissement spécifique des contraintes à l’encontre des associations cultuelles et à objet cultuel,

- une immixtion dans l’autonomie interne des cultes,

- un contrôle quasi-général des fonds provenant de l’étranger,

- des sanctions accrues pour les responsables des associations.

Le protestantisme français réaffirme donc sa vive inquiétude concernant ce projet de loi. Il entend poursuivre activement son plaidoyer.

Vous trouverez ci-dessous et pièces jointes :

- Le premier volet du dossier (afin que vous puissiez comparer, déposer ou publier les deux, c’est pourquoi ils ne sont pas de la même couleur)

- Le deuxième volet du plaidoyer.

Lisez ces deux textes ils sont vraiment très intéressants.

Vous trouverez également ci-dessous in extenso la tribune commune aux chrétiens de France publiée à la Une du Figaro du 10 mars 2021.

Petite remarque toute personnelle. Ce que l'on peut comprendre de ce texte : L'Etat veut la Séparation (c'est bien) des églises et de l'Etat, mais ne peut s'empêcher de s'immiscer toujours plus dans les affaires internes des cultes. Alors séparation ou pas séparation ? Et puis surtout, si l'Etat a un problème particulier avec l'Islam de France, ou avec une partie (même une infime partie) de l'Islam en France, et bien qu'il règle ses problèmes sans embêter ceux qui respectent depuis toujours - c'est à dire les protestants - la laïcité, la République et ses lois ainsi que ses représentants.

Le protestantisme français n'a pas à être un "dommage collatéral" des problèmes de l'Etat avec une religion particulière qui ne le concerne pas. 

Jean Nauxe

FPF : Le plaidoyer 1er volet

FPF : Le plaidoyer 2ème Volet

Tribune commune aux chrétiens publiée le 10 mars 2021 dans le Figaro

A propos du projet de la loi confortant les principes de la République, texte commun de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France et de la Métropole orthodoxe de France (Patriarcat oecuménique)

La République et les cultes : un équilibre, résultat de l’histoire

La République est l’ambition et la promesse de faire vivre ensemble à égalité de droits et de devoirs des hommes et des femmes indépendamment de leurs appartenances familiales, ethniques, culturelles, religieuses. Cette ambition a rejoint bien des aspirations portées par les chrétiens de la Réforme ; elle a inquiété un bon nombre de chrétiens catholiques ; elle a requis et permis l’intégration des chrétiens orthodoxes. Tous nous avons appris à vivre en elle et à nous y trouver bien.
La loi du 9 décembre 1905 séparant les Églises et l’État a été reçue par les croyants de manières diverses. Certains, y voyant la reconnaissance de leur liberté religieuse, surtout chez les protestants, y ont été tout de suite favorables et ont contribué à la faire advenir. Beaucoup de catholiques l’ont vu arriver comme une machine de guerre contre l’Église. Ce n’était pas sans raison, les promoteurs de la loi voulant de manière affirmée détacher la population française de ce qu’ils ressentaient comme le contrôle social de l’Église catholique. Mais, en mettant fin au Concordat, cette loi a dégagé l’État de la nécessité d’organiser les cultes et de trouver en eux des éléments de sa structuration. Elle a, du même coup, libéré les Églises des multiples contraintes de l’État qui voulait à la fois s’appuyer sur elle et la contenir dans son action. Elle s’est révélée particulièrement émancipatrice pour les orthodoxes, souvent historiquement marqués par l’expérience de régimes totalitaires ou théocratiques. En organisant la séparation, en réglant la dévolution des biens et des lieux, elle a été une loi de liberté, la jurisprudence du Conseil d’État imprimant peu à peu une interprétation libérale de la loi. Par cette loi de séparation, les citoyens sont libres de croire ou de ne pas croire et, s’ils croient, de pratiquer leur culte individuellement et en commun dans les seules limites de l’ordre public. La loi de 1901 sur les associations fournit le moyen complémentaire permettant de mener au nom de la foi des oeuvres dans toutes sortes de domaines.

Attachés à l’ambition et à la promesse de la République, inquiets devant ce projet de loi

Responsables orthodoxe, protestant et catholique, nous affirmons notre attachement à l’ambition et à la promesse de la République. A travers les heurs et les malheurs de l’histoire, cette ambition et cette promesse ont permis à notre pays d’unir des hommes et des femmes extraordinairement divers. C’est au nom de cet attachement que nous exprimons aujourd’hui publiquement notre inquiétude devant le projet de loi « confortant les principes de la République ». Certes, la loi de 1905 a été retouchée plusieurs fois, mais jamais elle ne l’avait été avec cette ampleur et, surtout, jamais elle n’avait été si modifiée que son esprit en soit transformé. D’une loi qui énonce les conditions de la liberté et laisse cette liberté s’exercer, on fait une loi de contraintes et de contrôles multipliés : contrôle systématique par le préfet tous les cinq ans de la qualité cultuelle, contrôle redoublé des activités et des propos tenus au-delà de celui qui s’exerce dans les autres secteurs de la vie associative, contrôle des financements venus de l’étranger et des ressources des associations cultuelles, redoublement de l’engagement républicain de quiconque voudra mener une activité avec l’aide de subventions publiques.

Lutter contre les « séparatismes », respecter la logique de la loi de séparation

Les justifications de ce projet de loi s’entendent. Il y a effectivement en France des menées que l’on peut à bon droit qualifier de « séparatistes » : des actions conduites de manière délibérée pour amener la population d’un quartier à s’extraire du cadre républicain, à renoncer à participer à un ensemble politique et social dans lequel les appartenances diverses n’interfèrent pas dans les relations de chacun avec tous, en revendiquant au contraire de constituer des groupes qui profiteront même du cadre républicain pour mieux s’en dispenser. Les moyens d’action peuvent être la violence, ils sont plus souvent la contrainte sociale, l’intimidation, la prédication menaçante. Il est du devoir de l’État de protéger les habitants de notre pays de ces manoeuvres et de promouvoir la haute ambition de la République. Nous saluons sans réserve les dispositions du projet de loi permettant de lutter plus directement contre les mariages forcés, les mutilations sexuelles des jeunes filles, l’inégalité de l’héritage, les discours de haine, les discriminations multiformes. Dans une société désormais traversée par les réseaux sociaux, il est indispensable de donner à ceux-ci un cadre, de fixer des règles, sous peine de voir s’exprimer des haines, des mépris, des colères que l’on espérait être désormais maîtrisées. Mais à quoi sert-il de compliquer la vie des associations cultuelles prévues par la loi de 1905 ? Pense-t-on sérieusement que ceux et celles qui veulent vivre à part dans la République en en contestant les fondements vont rejoindre un statut officiel, soumis perpétuellement au regard des préfets ? Comment espérer que de telles dispositions donnent à nos concitoyens musulmans confiance dans la volonté de la République de leur permettre de vivre leur foi avec liberté et sens des responsabilités et de pratiquer leur religion dans les seules contraintes du respect de l’ordre public ?

 

Par sa logique interne, quoi qu’il en soit des intentions, ce projet de loi risque de porter atteinte aux libertés fondamentales que sont la liberté de culte, d’association, d’enseignement et même à la liberté d’opinion malmenée déjà par une police de la pensée qui s’installe de plus en plus dans l’espace commun. Tournant le dos à la séparation, l’État en vient à s’immiscer dans la qualification de ce qui est cultuel et dans son fonctionnement. Les pouvoirs publics disposent déjà des moyens de poursuivre, de dissoudre, de fermer ; ils n’ont pas besoin pour ce faire d’en revenir finalement à un contrôle de type concordataire.

Tenir la promesse républicaine

La loi de 1905 a en effet prévu des limites, des contrôles et des peines. On peut réaffirmer les premières, mettre en oeuvre les seconds, adapter les dernières. Le cadre général de la loi dans notre pays fournit aux pouvoirs publics bien des moyens de réagir aux propos de haine, aux menées subversives, à l’influence des États étrangers qui chercheraient à poursuivre leur politique dans les frontières de notre pays. Que ces lois soient appliquées dans leur lettre et dans leur esprit, nous nous en réjouirons. Mais nous avons assez confiance dans l’ambition républicaine qui promet liberté, égalité et fraternité à chacun pour espérer qu’elle peut attirer bien des esprits et des coeurs. C’est cette attractivité-là, d’une ambition qui est une promesse faite à tous, qu’il faudrait approfondir toujours.
Le projet de loi poursuit son parcours législatif. Nous espérons que les raisons de notre inquiétude devant ce texte seront comprises, tant des parlementaires que du pouvoir exécutif, de sorte que le débat parlementaire en dialogue avec le Gouvernement permette d’élaborer un texte respectueux des libertés de tous les citoyens français.

Signé : 

+ Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France
Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France
Métropolite Emmanuel Adamakis, Patriarcat œcuménique en France.

 

Attention ! Cet article, comme tous les articles du "Blog des Spiritualités", (http://www.jlturbet.net/) - est écrit en mon nom personnel ou sous la responsabilité des différents contributeurs si je ne suis pas le signataire de l'article.

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Je ne parle ni au nom d'une association, ni d'un parti, ni d'une loge, ni d'une obédience maçonnique.

Mes propos n'engagent que moi
et non pas l'une ou l'autre de ces associations.

Je ne suis en aucune façon habilité à écrire au nom d'une association, d'un parti, d'une loge, d'une obédience maçonniqueTout ceci pour que cela soit bien clair, qu'il n'y ait aucune ambiguïté de quelque nature que ce soit.

Quelles que soient mes responsabilités - ou non -  présentes ou futures dans une organisation, les propos tenus dans cet article comme dans tous les articles de ce Blog, sont exclusivement des opinions personnelles qui n'engagent que moi.

Je rappelle simplement que la liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

« Jurez-vous, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre Ordre, en ce qu’ils vous commanderont de conforme et non contraire à nos lois ? » (Extrait du Serment prêté par chaque franc-maçon lors de son initiation).

Jean-Laurent Turbet

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