Albert Lantoine : une lettre au pape pour désarmer les haines.
ne lettre pour aujourd’hui.
Lecture de la Lettre au Souverain Pontife, publiée en 1937 aux Éditions du Symbolisme, avec une préface d’Oswald Wirth.
A l’occasion de la vite en France du Pape Léon XIV en France, il m’a semblé bon de rappeler l’initiative (et le livre) d’Albert Lantoine qui proposait au Pape, en 1937, l’union des forces spirituelles de vie contre les forces matérialistes de mort.
Un texte d’une brûlante actualité…
En 1937, alors que l’Europe s’enfonce dans la violence des totalitarismes, Albert Lantoine (1869-1949) adresse au pape Pie XI (né Achille Ratti 1857 – 1939) une lettre publique dont la proposition paraît presque impossible : mettre fin à l’hostilité entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie sans demander à l’une ou à l’autre d’abandonner ses convictions.
Oswald Wirth (1860-1943), qui en signe la préface, mesure la difficulté de l’entreprise et lui apporte son soutien. Tous deux savent qu’une telle démarche exposera Lantoine aux soupçons de ses frères autant qu’à ceux des catholiques ; c’est précisément parce qu’ils prennent ces résistances au sérieux que leur livre mérite encore d’être lu.
La Lettre au Souverain Pontife n’est pas un texte consensuel, et l’on se tromperait en n’y voyant qu’une aimable invitation au dialogue. Lantoine y attaque les calomnies antimaçonniques, critique les compromissions politiques de l’Église, puis se tourne avec une égale sévérité vers sa propre institution, à laquelle il reproche de laisser les passions profanes pénétrer dans les temples. Il écrit en historien, en polémiste et en franc-maçon du Rite écossais Ancien et Accepté, avec les convictions et les préjugés de son temps, mais aussi avec une intuition dont l’actualité saisit le lecteur : lorsque les forces de persécution progressent, ceux qui défendent la vie de l’esprit ont-ils encore le loisir de s’épuiser dans leurs anciennes qurelles ?
Oswald Wirth : commencer par accepter la critique
La préface d’Oswald Wirth donne d’emblée au livre une portée maçonnique. Lantoine, écrit-il, travaille « toujours muni du compas et de l’équerre » : le premier le maintiendrait dans le domaine des faits, tandis que la seconde lui prescrirait l’équité envers amis et adversaires. Wirth ne demande donc pas aux frères de soutenir le livre par solidarité ; il leur demande de le lire avec la disponibilité intérieure qu’ils revendiquent lorsqu’ils travaillent à leur propre perfectionnement.
Il rappelle, à cet effet, un avertissement adressé au cours de l’initiation : « Si tu crains d’être éclairé sur tes défauts, ta place n’est pas parmi nous ! » La phrase vaut programme de lecture. Si Albert Lantoine montre les défauts de certains francs-maçons, le lecteur maçon ne peut écarter ses remarques au seul motif qu’elles seraient désagréables ; s’il met en cause des attitudes catholiques, le lecteur croyant doit pouvoir en examiner la justesse sans imaginer aussitôt une attaque contre sa foi.
Oswald Wirth souhaite que les catholiques distinguent « les Francs-Maçons instruits, fidèles à leur idéal, et les autres », comme il attend du libre penseur qu’il ne confonde pas le croyant animé d’un idéal spirituel avec le fanatique. Il formule alors la question centrale de sa préface : « N’est-il pas grand temps de nous rendre justice réciproquement ? » Cette justice ne consiste pas à approuver l’autre ; elle consiste à refuser de le juger à partir des caricatures qui arrangent notre propre camp.
Le préfacier va plus loin, car il ne dissimule pas les défaillances de la franc-maçonnerie qu’il connaît. Il déplore les membres qui « se démènent en profanes » et l’influence d’un recrutement qu’il juge trop intensif. Puis il oppose, dans une formule restée frappante, « celle qui fait du bruit et celle qui se recueille ». Il serait injuste de réduire toute activité publique maçonnique à du bruit, mais l’avertissement demeure : une institution initiatique s’éloigne d’elle-même si l’agitation extérieure l’emporte sur le travail intérieur.
Wirth conclut sa préface en espérant un apaisement entre des hommes qui poursuivent, selon ses mots, « une tâche différente, parallèle plutôt qu’opposée ». Il n’annonce aucune fusion des doctrines. Il invite à se demander si des voies spirituelles divergentes doivent nécessairement produire des ennemis.
« Je suis franc-maçon. Du Rite Ecossais »
La lettre de Lantoine s’ouvre avec une netteté remarquable : « Je suis franc-maçon. Du Rite Ecossais. Je précise ce détail important. C’est comme franc-maçon que je vous écris, et en mon nom seul. La Puissance à laquelle j’appartiens n’inflige pas de devoir officiel à ses serviteurs, mettant au contraire son honneur à respecter leur liberté de pensée. Ce n’est donc pas - j’insiste encore sur ce point - en qualité de membre du Suprême Conseil de France que je vous adresse cette lettre, mais sous ma personnelle responsabilité ».
Sa démarche ne relève donc pas d’une négociation officielle : c’est la parole libre d’un homme qui engage sa réputation, sans prétendre engager son institution.
Une réflexion d’Ernest Renan (1823-1892) lui sert de point de départ. Lantoine regrette que des hommes partageant « le goût de la vie spirituelle » soient séparés par leurs credo. Il ne prétend pourtant pas que cette séparation puisse disparaître. Après avoir constaté la profondeur du désaccord, il demande s’il ne serait pas bon, « devant le péril commun qui nous menace », de « mettre une sourdine à l’expression de notre dissentiment » (Lettre, p. 18). La nuance est décisive : il ne demande ni le silence des consciences, ni l’effacement des convictions, mais l’abandon d’une hostilité devenue une habitude.
Albert Lantoine décrit sans indulgence le résultat de deux siècles de combats : « nos deux camps n’ont cessé, par-dessus leurs barricades, d’échanger des coups et crachats » (p. 20). L’expression est rude, à l’image du livre. À ses yeux, les affrontements ont fini par rendre l’Église et la franc-maçonnerie méconnaissables aux yeux de ceux qu’elles auraient dû élever ou consoler. Comment deux institutions qui prétendent servir la fraternité, chacune selon ses principes, ont-elles pu devenir pour certains des emblèmes de l’intransigeance ?
Il ne réserve pas la faute à un seul camp. Après avoir évoqué les préjugés catholiques envers les francs-maçons et reconnu la part prise par ces derniers dans leur propre mauvaise réputation, il s’exclame : « Maxima culpa ! Saint Père et nostra culpa. » Cette répartition des responsabilités ne signifie pas que tous les actes se valent ; elle empêche chaque institution de faire de la faute adverse une dispense d’examiner la sienne.
La tolérance maçonnique à l’épreuve des actes
L’une des forces du livre est qu’Albert Lantoine se refuse à présenter les francs-maçons comme les représentants toujours irréprochables de la tolérance (moi non plus !). Il concède que nombre d’entre eux ont « par leur attitude perverti l’enseignement de leur Livre des Constitutions » (p. 48).
La critique porte notamment sur le recrutement de candidats attirés par les opinions politiques de certaines loges plus que par leur démarche initiatique, ainsi que sur la tentation de faire de l’Ordre un acteur des rivalités de parti. Cette réflexion doit évidemment nous inspirer tous aujourd’hui.
Cette inquiétude revient avec insistance dans les dernières parties de la lettre. Lantoine estime que la franc-maçonnerie s’est parfois moins préoccupée « des qualités ou des connaissances » de ses membres que « de leurs opinions en matière de politique ou de religion » (p. 195).
Il s’indigne du mot même de « propagande » lorsqu’il s’applique à une institution qui devrait former des consciences plutôt que chercher à grossir ses rangs. On peut discuter son idéal d’une sélection intellectuelle exigeante et certaines solutions qu’il envisage ; on ne peut manquer la question qu’il pose : que devient la promesse initiatique lorsque l’appartenance remplace le travail initiatique ?
C’est dans cette perspective qu’il rappelle le sens du dépôt des métaux. Au jour de l’initiation, explique-t-il, retirer au néophyte « argent et bijoux » signifie qu’il doit « déposer [ses] passions au seuil du domaine de l’Esprit » (p. 192-193). Le symbole perd toute portée si les passions reviennent aussitôt dans le temple sous les formes de l’ambition, de la lutte partisane ou du désir de dominer. Albert Lantoine apostrophe donc directement la franc-maçonnerie : « Ferme ta porte au tumulte de l’Agora » (p. 199). Il ne lui demande pas d’ignorer la souffrance du monde ; il lui demande de ne pas confondre son travail propre avec les réflexes des factions.
Ce passage intéressera particulièrement ceux qui voient dans la franc-maçonnerie une voie d’approfondissement spirituel. Albert Lantoine rappelle que la liberté de pensée n’est pas l’absence d’exigence, et que la tolérance ne se mesure pas seulement aux déclarations de principe. Elle se vérifie dans la manière de choisir ses membres, d’écouter une objection, de traiter un adversaire et de résister, au sein même de la loge, à la fascination du pouvoir.
Foi et connaissance : la possibilité d’un respect
Lantoine n’assimile jamais purement et simplement l’Église à la franc-maçonnerie. Il expose au contraire ce qui les distingue : l’une situe la vie spirituelle dans la relation à Dieu, l’autre, telle qu’il la comprend, dans la raison et la conscience de l’homme. Mais il refuse d’en déduire que la sincérité ou l’élévation appartiendrait exclusivement à l’une des deux.
« Il est une région supérieure où la Connaissance et la Foi peuvent non pas se rencontrer mais se tolérer », écrit-il (p. 168). La formule mérite qu’on s’y arrête, car elle est plus rigoureuse qu’un discours affirmant trop vite que toutes les traditions diraient la même chose. Lantoine maintient la différence ; il cherche la possibilité d’un respect capable de traverser cette différence.
Il dit de la Franc-Maçonnerie : « Elle discipline les esprits comme l’Église discipline les âmes. » (page 161).
Il écrit encore : « La Franc-Maçonnerie poursuit l’exaltation de l’Homme ; l’Eglise, l’exaltation de Dieu. Rivalité ? Non. Conjonction, malgré tout ! » (p. 44-45). On pourra objecter que cette opposition simplifie autant la foi chrétienne que les diverses conceptions maçonniques du Grand Architecte de l’Univers. Elle révèle cependant l’effort du livre : chercher ce que des démarches distinctes peuvent défendre ensemble, sans demander à leurs membres de trahir ce qui les constitue.
Lantoine établit ainsi un rapprochement entre l’accueil du néophyte et les paroles de Jésus à Nicodème sur la nécessité de naître de nouveau. Là encore, il ne faut pas effacer les différences entre naissance spirituelle chrétienne et initiation maçonnique. Leur rapprochement suggère néanmoins que les deux traditions savent, chacune à sa manière, qu’une vie humaine ne se réduit ni à l’intérêt matériel, ni à la répétition de ses habitudes, ni à la soumission aux passions collectives.
Le véritable péril aperçu en 1937
L’appel de Lantoine prend toute sa portée lorsqu’il désigne ce qui le presse. En 1937, il voit dans le bolchevisme stalinien, le fascisme mussolinien et le nazisme hitlérien des forces qui menacent la liberté de penser et la vie spirituelle. Un passage conserve une force particulière : évoquant l’Allemagne hitlérienne, il relève que certains ont applaudi lorsque les francs-maçons furent frappés et les Juifs exclus, sans comprendre que les prêtres pourraient à leur tour être visés. « Un attentat contre la pensée, c’est déjà un viol de la conscience », conclut-il (p. 169).
Ces mots disent pourquoi l’union qu’il appelle de ses vœux n’est pas un arrangement entre institutions menacées. Albert Lantoine pressent qu’une persécution tolérée parce qu’elle touche d’abord les autres prépare la suivante. On peut défendre sa propre liberté religieuse et laisser opprimer ceux dont on ne partage pas la foi ; on aura alors fragilisé le principe même qui permet à chacun de croire, de penser et de chercher sans contrainte.
Sa conclusion emprunte notamment à Jean-Baptiste Clavel (1800-1852) l’espoir que christianisme et franc-maçonnerie puissent « se prêter un mutuel concours pour le bonheur de l’humanité » (p. 213). Une telle formule n’abolit pas les divergences, et Albert Lantoine sait qu’elle paraîtra suspecte. Il estime néanmoins que l’avenir demande davantage que la répétition des condamnations anciennes.
Relire le texte aujourd'hui
Un article de lecture serait incomplet s’il transformait Albert Lantoine en prophète infaillible. Certaines pages attribuent trop commodément les violences religieuses aux seuls pouvoirs temporels, comme si les autorités spirituelles pouvaient toujours être dégagées de leurs propres responsabilités. Son hostilité au bolchevisme l’amène aussi à écrire sur l’égalité, les classes populaires et les révoltes sociales des passages qui pourraient heurter certains lecteurs contemporains. Il faut les lire, les discuter et refuser de les escamoter sous prétexte que la proposition centrale du livre nous paraît généreuse.
C’est précisément cette lecture libre qu’Oswald Wirth appelle dans sa préface. Accueillir l’invitation de Lantoine ne suppose pas d’épouser tous ses jugements ; cela suppose de prendre au sérieux son exigence de cohérence. Comment dénoncer la violence de l’adversaire sans examiner celles auxquelles on s’est soi-même habitué ? Comment défendre la spiritualité sans faire de ce mot une parure destinée à masquer des ambitions profanes ? Ces questions demeurent plus fécondes qu’un éloge sans réserve.
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Qui écrirait aujourd’hui une nouvelle lettre au souverain pontife ?
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Près de quatre-vingt-dix ans plus tard, la question finale de Lantoine revient avec une urgence terrible. L’Ukraine continue de subir la guerre déclenchée par la Russie de Vladimir Poutine et les attaques contre les civils et leurs infrastructures. À Gaza, la vie de la population demeure soumise aux meurtres de masse, aux conséquences dévastatrices de la guerre entreprise après l’affreux et terrible pogrom perpétré par la Hamas le 7 octobre 2023 ; en Cisjordanie, les violences de colons, protégés par l’armée israélienne, les morts et les déplacements de Palestiniens sont documentés par les organismes humanitaires des Nations unies. Il faut condamner sans ambiguïté les crimes commis contre des civils, à commencer par ceux du Hamas, et pouvoir dénoncer avec la même netteté les politiques et les violences imputables aux dirigeants israéliens d’extrême droite, sans attribuer leurs actes au peuple juif ou au judaïsme.
Au Soudan, les civils paient le prix de la guerre menée par les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, tandis que les Nations unies décrivent une crise humanitaire d’une ampleur immense et documentent de graves crimes contre les populations. En Chine, les Ouïghours et d’autres minorités demeurent exposés à de graves violations de leurs droits, des experts de l’ONU ayant encore exprimé en 2026 leur inquiétude devant des allégations persistantes de travail forcé. En Iran, la répression du pouvoir frappe celles et ceux qui réclament la liberté ; en Corée du Nord, le régime de Kim Jong-un maintient une population sous un contrôle extrême. Le pouvoir de Xi Jinping en Chine, celui de Poutine en Russie et la théocratie iranienne montrent, sous des formes différentes, combien un État peut chercher à soumettre les consciences. Sans parler de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de nombreux autres états.
Devant ce tableau, parler d’une union des « forces spirituelles de vie » ne saurait vouloir dire que tous les croyants seraient du côté de la vie et tous les incroyants du côté de la mort. Albert Lantoine lui-même nous invite à une pensée plus exigeante : il existe des croyants complices de l’oppression, comme il existe des hommes et des femmes sans religion qui défendent au péril de leur vie la dignité d’autrui. Les forces de vie se reconnaissent à leurs actes : elles refusent le massacre des civils, des innocents, la persécution religieuse, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, la torture et la réduction de l’être humain à un instrument de puissance.
Alors, qui devrait écrire aujourd’hui au souverain pontife ? Un franc-maçon, peut-être, reprenant avec honnêteté le geste de Lantoine et adressant au pape Léon XIV une lettre fraternelle, ferme et sans arrière-pensée, d’autant que celui-ci a lui-même placé la paix et le dialogue entre religions au cœur de plusieurs interventions.
Mais cette lettre gagnerait à devenir un appel plus vaste, auquel pourraient se joindre des chrétiens de toutes confessions, des juifs, des musulmans, des bouddhistes, des humanistes croyants ou non croyants, ainsi que tous ceux qui refusent de considérer la mort d’innocents comme un coût acceptable de leurs fidélités politiques.
Cette nouvelle lettre ne demanderait à personne d’oublier ses convictions. Elle demanderait à chacun de les éprouver au contact d’une exigence commune : protéger la vie humaine, défendre la liberté de conscience et refuser que la force fasse office de vérité. Il faudrait qu’elle parle assez clairement pour nommer les responsables des guerres et des persécutions, et assez justement pour ne jamais confondre un gouvernement avec un peuple, un fanatique avec une religion, ou une victime avec ceux qui prétendent agir en son nom.
Albert Lantoine demandait au pape de faire entendre une parole de paix, tout en sachant que les francs-maçons auraient, eux aussi, à maîtriser leur ressentiment. C’est peut-être par là que commencerait la lettre de notre temps : par un engagement réciproque à défendre la liberté de celui avec lequel nous sommes en désaccord. Car si les voix spirituelles, initiatiques et humanistes ne savent pas s’unir pour protéger les vivants, à quoi serviront leurs appels à la lumière ?
Jean-Laurent Turbet
Albert Lantoine, Lettre au Souverain Pontife, préface d’Oswald Wirth, Paris, Éditions du Symbolisme, 1937. Les pages indiquées renvoient à la pagination du livre de 1937.
La Loge Albert Lantoine N°1582 de la Grande Loge de France se réunit tous les 2ème et 4ème lundis de chaque mois à 12h30, temple Franklin Roosevelt, en l'Hôtel de la Grande Loge de France, 8, rue Louis Puteaux Paris 17ème.
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"Lettre au Souverain Pontife", d'Albert Lantoine. - Le Blog des Spiritualités
Je voudrais aujourd'hui vous parler d'un livre qui date de... 1937. La " Lettre au Souverain Pontife " d'Albert LANTOINE. Albert Lantoine (1869-1949) fut membre de la Grande Loge et du Suprême ...
Mon article de 2017
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