4 juillet 1776 : le jour où naquit une idée appelée Liberté
Lorsque les treize colonies donnèrent naissance aux États-Unis d'Amérique.
« Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la Vie, la Liberté et la recherche du Bonheur. »
Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, 4 juillet 1776.
Certaines dates appartiennent à l'histoire d'une nation. D'autres franchissent les frontières de leur pays d'origine pour entrer dans le patrimoine commun de l'humanité. Le 4 juillet 1776 est de celles-là. Ce jour-là, dans la salle de l'ancienne Pennsylvania State House de Philadelphie, aujourd'hui connue sous le nom d'Independence Hall, cinquante-six représentants des treize colonies britanniques d'Amérique du Nord adoptèrent un texte appelé à transformer durablement l'histoire politique du monde : la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique.
Les hommes réunis à Philadelphie ne se contentaient pas de rompre les liens qui unissaient leurs colonies à la Couronne britannique. Ils affirmaient, avec une force jusqu'alors inédite, que le pouvoir politique ne procède ni de la naissance, ni du privilège, ni même d'un droit divin conféré au souverain, mais du consentement libre des gouvernés. Ils proclamaient également que certains droits appartiennent à tout être humain avant même la création de l'État et qu'aucun gouvernement ne peut légitimement les supprimer. En quelques paragraphes seulement étaient ainsi posés les fondements d'une nouvelle conception de la société : la souveraineté populaire, la liberté de conscience, l'égalité devant la loi, le gouvernement représentatif et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Pourtant, il serait profondément erroné d'imaginer que les États-Unis naquirent en une seule journée. Une nation ne surgit jamais soudainement de la signature d'un document, aussi prestigieux soit-il. Elle résulte d'une longue maturation où les idées précèdent les événements, où les convictions religieuses préparent les révolutions politiques, où les réseaux d'hommes devancent les institutions et où les symboles annoncent souvent les réalités historiques. La Déclaration du 4 juillet constitue moins un commencement qu'un accomplissement. Elle représente l'aboutissement de plus d'un siècle et demi d'expériences religieuses, philosophiques, politiques et humaines.
Pour comprendre ce qui se joue véritablement durant cet été 1776, il faut donc remonter bien avant la guerre d'Indépendance. Il faut revenir aux premiers colons qui traversèrent l'Atlantique au XVIIᵉ siècle, aux dissidents religieux qui recherchaient la liberté de conscience, aux penseurs des Lumières qui renouvelèrent la réflexion politique, aux assemblées coloniales où s'apprit progressivement le gouvernement représentatif, aux sociétés savantes où circulaient les idées nouvelles et, naturellement, aux loges maçonniques qui contribuèrent, non pas à organiser secrètement la Révolution comme certaines légendes l'ont parfois prétendu, mais à créer des espaces de dialogue, de confiance et de fraternité entre ceux qui allaient devenir les artisans de la jeune République.
Deux cent cinquante ans plus tard, alors que les États-Unis célèbrent le deux-cent-cinquantenaire de leur indépendance, cette histoire conserve une étonnante actualité. Les interrogations qui animaient les hommes de 1776 demeurent largement les nôtres : d'où vient la légitimité du pouvoir ? Qu'est-ce que la liberté ? Jusqu'où peut s'exercer l'autorité de l'État ? Existe-t-il des droits qui échappent à toute décision politique ? Parce qu'elles touchent aux fondements mêmes de la condition humaine, ces questions dépassent très largement le seul cadre américain. Elles expliquent pourquoi le 4 juillet appartient désormais à l'histoire universelle.
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Des Pères pèlerins à la naissance d'un peuple.
L'histoire des États-Unis ne commence ni par une victoire militaire, ni par la proclamation d'une République, ni même par la rédaction d'une Constitution. Elle plonge ses racines dans une aventure humaine où la recherche de Dieu, le désir de liberté et l'espérance d'une société plus juste se trouvent intimement liés.
Lorsque le Mayflower quitte le port anglais de Plymouth en septembre 1620, les cent deux passagers qui prennent place à son bord ne sont ni des conquérants ni des aventuriers partis chercher fortune. Beaucoup appartiennent à ces communautés protestantes séparatistes que l'histoire retiendra sous le nom de Pères pèlerins (Pilgrim Fathers). Refusant de se soumettre aux prescriptions religieuses imposées par l'Église d'Angleterre, ils ne contestent nullement la foi chrétienne ; ils revendiquent au contraire la liberté de la vivre conformément à leur conscience, sans intervention du pouvoir politique. Dans une Europe encore profondément marquée par les guerres de Religion, une telle aspiration possède une portée considérable.
Après une traversée de plus de deux mois, rendue particulièrement éprouvante par les tempêtes de l'Atlantique Nord, le navire atteint les côtes de la Nouvelle-Angleterre. Avant même de débarquer, les colons prennent une décision appelée à connaître une postérité exceptionnelle. Le 11 novembre 1620, ils rédigent et signent le Mayflower Compact, court texte par lequel ils décident de constituer librement une communauté politique et de se gouverner eux-mêmes selon des règles acceptées en commun.
Bien avant que Jean-Jacques Rousseau (né le 28 juin 1712 à Genève et mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville (France)), philosophe des Lumières et auteur du Contrat social, ne développe sa célèbre théorie de la souveraineté populaire, apparaît déjà cette intuition fondamentale selon laquelle la légitimité politique procède du consentement des gouvernés davantage que de l'autorité absolue d'un souverain. Les historiens américains considèrent souvent le Mayflower Compact comme la première pierre de la tradition constitutionnelle des États-Unis.
Les décennies suivantes confirmeront cette évolution.
Roger Williams (né vers 1603 à Londres (Angleterre) et mort entre le 27 janvier et le 15 mars 1683 à Providence, Rhode Island), pasteur puritain, théologien et fondateur de la colonie de Rhode Island, demeure l'un des premiers grands défenseurs de la liberté de conscience dans l'Amérique coloniale. Contraint de quitter la colonie du Massachusetts en raison de ses convictions religieuses, il fonde en 1636 la ville de Providence puis participe à l'organisation de Rhode Island, territoire où aucune Église ne bénéficie d'un privilège officiel. Il affirme avec une remarquable modernité que le pouvoir civil ne doit jamais exercer de contrainte sur les consciences et que la foi ne peut être authentique que si elle procède d'un libre consentement.
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Quelques décennies plus tard, William Penn (né le 14 octobre 1644 à Londres (Angleterre) et mort le 30 juillet 1718 à Ruscombe, Berkshire (Angleterre)), écrivain, homme politique et membre éminent de la Société religieuse des Amis, plus connue sous le nom de quakers, reçoit du roi Charles II un immense territoire qui prendra bientôt le nom de Pennsylvanie. Animé par un profond idéal de tolérance religieuse, il y fonde une colonie ouverte aux croyants de toutes confessions, où la liberté de culte, l'égalité devant la loi et les relations pacifiques avec les peuples autochtones constituent les principes directeurs de son gouvernement. Son Holy Experiment (« Expérience sainte ») demeure l'une des plus remarquables tentatives de concilier convictions religieuses, liberté politique et respect de la dignité humaine.
À travers les œuvres de Roger Williams et de William Penn se dessine déjà l'une des caractéristiques essentielles de la future civilisation américaine. La liberté n'y est pas conçue contre la religion ; elle apparaît au contraire comme la condition indispensable d'une foi sincère et d'une conscience pleinement responsable.
Dans les différentes colonies britanniques se développe progressivement une culture politique originale. Les habitants administrent leurs affaires locales, élisent leurs représentants, débattent dans des assemblées coloniales et apprennent à considérer que toute autorité politique doit demeurer responsable devant ceux qu'elle gouverne. Bien avant la Révolution américaine, l'Amérique fait ainsi l'apprentissage de la démocratie.
Cette expérience sera bientôt nourrie par les grands courants intellectuels européens. John Locke (né le 29 août 1632 à Wrington, Somerset (Angleterre) et mort le 28 octobre 1704 à High Laver, Essex (Angleterre)), médecin et philosophe anglais, développe dans son Second traité du gouvernement civil une théorie des droits naturels selon laquelle tout être humain possède, avant même l'existence de l'État, un droit à la vie, à la liberté et à la propriété. De son côté, Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu (né le 18 janvier 1689 au château de La Brède, près de Bordeaux (France), et mort le 10 février 1755 à Paris (France)), magistrat, philosophe et membre de l'Académie française, élabore dans De l'esprit des lois une réflexion décisive sur la séparation des pouvoirs, appelée à exercer une influence profonde sur les futurs constituants américains.
C'est dans cette synthèse exceptionnelle entre héritage biblique, traditions politiques anglaises, philosophie des Lumières et pratique quotidienne du gouvernement représentatif qu'allait bientôt émerger celui qui demeure sans doute la figure la plus universellement admirée de l'Amérique du XVIIIᵉ siècle : Benjamin Franklin.
Benjamin Franklin ou l'esprit des Lumières américaines.
S'il est une personnalité qui incarne à elle seule la rencontre entre les Lumières européennes, l'esprit scientifique, la pensée politique moderne et l'idéal maçonnique, c'est sans aucun doute Benjamin Franklin (né le 17 janvier 1706 à Boston, Province de la baie du Massachusetts, et mort le 17 avril 1790 à Philadelphie, Pennsylvanie), imprimeur, écrivain, savant, diplomate, inventeur et l'un des principaux Pères fondateurs des États-Unis d'Amérique. Peu d'hommes auront exercé une influence aussi profonde sur la naissance de la jeune République. À la fois homme de science mondialement reconnu pour ses travaux sur l'électricité, philosophe pratique, journaliste, ambassadeur, négociateur du traité d'alliance avec la France et artisan de l'indépendance américaine, Franklin apparaît comme l'une des figures les plus universelles du XVIIIᵉ siècle.
Il est également l'un des personnages les plus importants de l'histoire de la franc-maçonnerie américaine. Initié vraisemblablement au début de l'année 1731 à la Saint John's Lodge de Philadelphie, où il est élevé au grade de Maître le 24 juin 1731, il devient successivement Second Grand Surveillant, Premier Grand Surveillant puis Grand Maître provincial de Pennsylvanie en 1734. La même année, il imprime la première édition américaine des Constitutions d'Anderson, texte fondateur de la franc-maçonnerie spéculative publié à Londres en 1723, contribuant ainsi de manière décisive à la diffusion de l'Ordre dans les colonies britanniques d'Amérique. Durant toute son existence, Franklin considérera la franc-maçonnerie comme une école de fraternité, de tolérance et de perfectionnement moral, parfaitement en harmonie avec sa propre conception de l'homme et de la société.
L'itinéraire de Franklin résume à lui seul l'esprit des Lumières. Né dans une famille modeste de dix-sept enfants, contraint d'interrompre très tôt ses études, il devient apprenti imprimeur avant de s'établir à Philadelphie où son intelligence exceptionnelle, son goût du travail et son insatiable curiosité lui permettent d'acquérir une immense réputation. Son Almanach du Bonhomme Richard, publié à partir de 1732, fait de lui l'un des auteurs les plus lus des colonies. Derrière les conseils pratiques, les maximes morales et les observations humoristiques se dessine déjà une véritable philosophie de la vie fondée sur la tempérance, l'effort personnel, l'instruction et le sens du bien commun.
Mais Franklin ne se contente jamais d'observer le monde ; il cherche constamment à le comprendre et à l'améliorer. Ses célèbres expériences sur l'électricité, notamment celle du cerf-volant réalisée en 1752, lui valent une renommée scientifique internationale. L'invention du paratonnerre, des lunettes à double foyer, du poêle qui porte son nom ou encore de nombreux perfectionnements techniques témoignent d'une même conviction : le progrès des connaissances doit toujours être mis au service de l'humanité.
Cette confiance dans la raison n'exclut nullement une profonde spiritualité. Déiste, convaincu de l'existence d'un Dieu créateur dont l'univers manifeste l'ordre et l'harmonie, Franklin estime que la véritable religion se mesure moins aux controverses doctrinales qu'à la pratique quotidienne de la vertu. Son célèbre programme des treize vertus — tempérance, silence, ordre, résolution, frugalité, industrie, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté et humilité — constitue moins un exercice moral qu'un véritable chemin de perfection personnelle. Cette démarche n'est pas sans rappeler l'idéal maçonnique qui invite chaque initié à travailler inlassablement au polissage de sa pierre brute afin de contribuer à l'édification d'un Temple spirituel.
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Lorsque les tensions entre les colonies et la Grande-Bretagne deviennent irréversibles, Franklin met son immense prestige au service de la cause américaine. Membre du Second Congrès continental, il participe à la commission chargée de préparer la Déclaration d'indépendance aux côtés de Thomas Jefferson, John Adams, Roger Sherman et Robert R. Livingston. Son influence sur la rédaction du texte est réelle. La tradition rapporte notamment que c'est lui qui suggéra de remplacer l'expression initialement proposée par Jefferson, « sacred and undeniable » (« sacrées et indéniables »), par la formule devenue célèbre « self-evident » (« évidentes par elles-mêmes »), donnant ainsi à la Déclaration une portée philosophique universelle.
Quelques mois plus tard, Franklin est envoyé en France comme représentant diplomatique des jeunes États-Unis. Son intelligence politique, son immense popularité auprès des élites françaises et son habileté de négociateur permettent la conclusion de l'alliance franco-américaine de 1778, sans laquelle la victoire de Yorktown et l'indépendance des États-Unis auraient sans doute été beaucoup plus difficiles à obtenir. Lorsqu'il rentre définitivement à Philadelphie en 1785, il est devenu l'une des personnalités les plus admirées des deux côtés de l'Atlantique.
Jusqu'à la fin de sa vie, Franklin demeurera fidèle à l'idéal qui avait guidé toute son existence : mettre l'intelligence au service de la liberté, la science au service du progrès et la fraternité au service de la paix. Peu de personnages incarnent avec autant d'évidence cette rencontre entre les Lumières, la démocratie naissante et la franc-maçonnerie. C'est pourquoi son influence dépasse très largement l'histoire américaine : elle appartient désormais à l'histoire universelle des idées.
La Déclaration d'indépendance : un texte fondateur pour l'humanité.
Lorsque le Second Congrès continental se réunit à Philadelphie au printemps 1776, les événements se sont considérablement accélérés. Depuis les affrontements de Lexington et de Concord, le 19 avril 1775, puis la bataille de Bunker Hill, le 17 juin suivant, les colonies sont désormais engagées dans une guerre ouverte contre la Grande-Bretagne. Pourtant, malgré les combats, beaucoup de délégués espèrent encore une réconciliation avec la Couronne britannique. L'idée même d'une rupture définitive demeure longtemps minoritaire.
La situation évolue rapidement au cours de l'année 1776. Les colonies prennent progressivement conscience qu'il ne s'agit plus seulement de défendre leurs droits traditionnels de sujets britanniques, mais bien de fonder une nation nouvelle.
C'est dans ce contexte que Richard Henry Lee (né le 20 janvier 1732 dans le comté de Westmoreland, Virginie, et mort le 19 juin 1794 à Chantilly, Virginie), planteur, homme politique et l'une des grandes figures de la Révolution américaine, présente, le 7 juin 1776, devant le Congrès continental, la résolution qui allait changer le cours de l'histoire. Son texte est d'une remarquable simplicité :
« Que ces Colonies-Unies sont, et de droit doivent être, des États libres et indépendants. »
Par cette formule, Richard Henry Lee ne demande pas seulement une déclaration politique ; il propose la naissance juridique d'un nouvel État.
Le Congrès décide alors de confier la rédaction d'une déclaration destinée à justifier cette décision devant le peuple américain et devant les nations étrangères.
Une commission de cinq membres est désignée.
Elle réunit des personnalités dont les talents se complètent admirablement.
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Thomas Jefferson (né le 13 avril 1743 à Shadwell, colonie de Virginie, et mort le 4 juillet 1826 à Monticello, Virginie), juriste, philosophe, planteur, diplomate et futur troisième président des États-Unis, est choisi pour rédiger le projet. Humaniste profondément marqué par les philosophes des Lumières, remarquable écrivain, il possède une plume d'une élégance exceptionnelle. Contrairement à une idée encore largement répandue, Jefferson ne fut pas franc-maçon, même si plusieurs de ses proches collaborateurs appartenaient à l'Ordre et si sa pensée présente parfois certaines affinités avec les idéaux des Lumières maçonniques.
À ses côtés siège John Adams (né le 30 octobre 1735 à Braintree, aujourd'hui Quincy (Massachusetts), et mort le 4 juillet 1826 à Quincy (Massachusetts)), avocat, diplomate, grand défenseur de l'indépendance américaine et futur deuxième président des États-Unis. Là encore, il convient de rappeler qu'Adams ne fut jamais franc-maçon, contrairement à une affirmation souvent reprise sans fondement. Son influence politique, son immense énergie et son talent d'orateur n'en furent pas moins déterminants dans l'adoption de la Déclaration.
La commission comprend également Roger Sherman (né le 19 avril 1721 à Newton (Massachusetts) et mort le 23 juillet 1793 à New Haven (Connecticut)), juriste, homme politique et l'un des rares Pères fondateurs à avoir signé les quatre grands textes fondateurs des États-Unis ; Robert R. Livingston (né le 27 novembre 1746 à New York et mort le 26 février 1813 à Clermont, État de New York), juriste, diplomate et futur chancelier de l'État de New York, qui administrera en 1789 le premier serment présidentiel de George Washington ; enfin Benjamin Franklin, dont l'expérience politique et le prestige international donnent à la commission une autorité considérable.
Le premier projet rédigé par Jefferson est discuté ligne par ligne. Franklin et Adams proposent plusieurs modifications de style. Certaines corrections peuvent paraître mineures ; elles se révéleront pourtant décisives. Selon une tradition solidement établie, c'est Franklin qui suggère de remplacer l'expression « sacred and undeniable truths » (« vérités sacrées et indéniables ») par la formule beaucoup plus universelle « self-evident truths » (« vérités évidentes par elles-mêmes »). Ce changement, en apparence modeste, donne au texte une portée philosophique qui dépasse désormais les appartenances religieuses particulières. Les droits de l'homme ne reposent plus seulement sur une affirmation théologique ; ils sont présentés comme relevant de l'évidence même de la raison.
La Déclaration est finalement adoptée le 4 juillet 1776.
Elle commence par quelques lignes qui demeurent parmi les plus célèbres de toute l'histoire politique moderne :
« Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la Vie, la Liberté et la recherche du Bonheur. »
Cette phrase constitue une véritable révolution intellectuelle.
Elle affirme que les droits fondamentaux ne sont pas accordés par un roi, ni créés par un Parlement. Ils appartiennent naturellement à tout être humain. L'État n'a donc pas pour mission de les distribuer, mais de les reconnaître et de les protéger.
Cette idée, directement inspirée de la philosophie de John Locke, exercera une influence immense sur toute l'histoire politique occidentale.
La Déclaration poursuit ensuite par une longue énumération des griefs adressés au roi George III (né le 4 juin 1738 à Londres (Angleterre) et mort le 29 janvier 1820 au château de Windsor (Angleterre)), souverain du Royaume de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1760 à 1820. Les rédacteurs lui reprochent d'avoir multiplié les atteintes aux libertés coloniales, dissous les assemblées élues, imposé des taxes sans représentation politique, entretenu des armées permanentes en temps de paix et empêché le fonctionnement normal de la justice.
Le texte s'achève par une proclamation solennelle déclarant les colonies « États libres et indépendants », désormais dégagés de toute allégeance envers la Couronne britannique.
Par son souffle, son style et sa portée philosophique, la Déclaration d'indépendance dépasse immédiatement les circonstances qui l'ont vue naître. Elle ne constitue pas seulement l'acte de naissance des États-Unis d'Amérique. Elle devient l'un des grands textes fondateurs de la liberté moderne, appelant les générations futures à mesurer les gouvernements non à leur puissance, mais au respect qu'ils portent à la dignité de la personne humaine.
La guerre d'Indépendance et les francs-maçons américains.
L'adoption de la Déclaration d'indépendance ne marque pas la fin de l'histoire ; elle en constitue véritablement le commencement. Les cinquante-six signataires viennent d'affirmer au monde leur volonté d'être libres, mais cette liberté reste encore à conquérir. Face à eux se dresse la première puissance militaire de l'époque : le Royaume de Grande-Bretagne. L'armée britannique, forte de son expérience, de sa discipline et de sa maîtrise des mers, paraît largement supérieure aux forces encore mal organisées des colonies insurgées. Rien ne permet alors d'affirmer que l'expérience américaine survivra plus de quelques mois.
Pour conduire cette guerre décisive, le Congrès continental confie dès le 15 juin 1775 le commandement de l'armée continentale à George Washington (né le 22 février 1732 à Pope's Creek, comté de Westmoreland, Virginie, et mort le 14 décembre 1799 à Mount Vernon, Virginie), planteur, officier, homme d'État et futur premier président des États-Unis. Sa haute stature morale, son expérience militaire acquise durant la guerre de Sept Ans et son prestige personnel en font rapidement la figure autour de laquelle se rassemble la jeune nation.
Washington est également l'une des grandes figures de la franc-maçonnerie américaine. Il est initié le 4 novembre 1752 à la Fredericksburg Lodge de Virginie, alors placée sous l'autorité de la Grande Loge d'Écosse. Reçu Compagnon le 3 mars 1753, puis élevé au grade de Maître le 4 août 1753, il demeurera toute sa vie profondément attaché aux principes de la fraternité maçonnique. Sans jamais rechercher de hautes fonctions dans l'Ordre, il entretient des relations suivies avec de nombreuses loges américaines et considère la franc-maçonnerie comme une institution favorisant la vertu, la tolérance et le perfectionnement moral. Lors de la pose de la première pierre du Capitole, le 18 septembre 1793, il présidera d'ailleurs la cérémonie revêtu de ses insignes maçonniques, donnant à cet événement une portée symbolique considérable.
Autour de Washington se retrouvent plusieurs personnalités qui appartiennent également à la franc-maçonnerie. Leur engagement ne résulte nullement d'un prétendu complot maçonnique, comme certaines interprétations fantaisistes l'ont parfois affirmé, mais du fait que les loges constituent alors des lieux privilégiés de sociabilité, de confiance mutuelle et de circulation des idées nouvelles. Les historiens s'accordent aujourd'hui pour reconnaître que la franc-maçonnerie américaine n'a pas dirigé la Révolution ; elle a offert un cadre dans lequel des hommes de sensibilités diverses ont appris à dialoguer, à se respecter et à construire des projets communs.
Parmi eux figure Joseph Warren (né le 11 juin 1741 à Roxbury, Massachusetts, et mort le 17 juin 1775 à Charlestown, Massachusetts), médecin, patriote et l'une des premières grandes figures de la Révolution américaine. Initié à la Saint Andrew's Lodge de Boston, il devient rapidement Grand Maître provincial du Massachusetts. Son influence politique est considérable. C'est lui qui organise une grande partie du réseau patriotique de Boston et qui envoie Paul Revere prévenir les milices coloniales de l'arrivée des troupes britanniques dans la nuit du 18 au 19 avril 1775. Refusant les privilèges liés à son rang, Joseph Warren combat comme simple volontaire lors de la bataille de Bunker Hill où il trouve la mort. Son sacrifice en fait l'un des premiers grands martyrs de l'indépendance américaine.
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À ses côtés se distingue Paul Revere (né le 1er janvier 1735 à Boston, Massachusetts, et mort le 10 mai 1818 à Boston, Massachusetts), orfèvre, graveur, industriel et patriote américain. Franc-maçon, initié à la Saint Andrew's Lodge de Boston, dont il deviendra plus tard le Vénérable Maître puis le Grand Maître de la Grande Loge du Massachusetts, il demeure célèbre pour sa chevauchée nocturne du 18 avril 1775, lorsqu'il parcourt les campagnes du Massachusetts afin d'avertir les milices coloniales de l'approche des troupes britanniques. Son rôle dépasse largement cet épisode devenu légendaire : il participe activement à l'organisation du mouvement patriotique et demeure l'une des grandes figures de la franc-maçonnerie américaine naissante.
Il convient cependant de garder toute mesure dans l'interprétation de ces engagements. Tous les patriotes américains ne sont pas francs-maçons ; inversement, plusieurs francs-maçons demeurent fidèles à la Couronne britannique. La guerre d'Indépendance ne saurait donc être réduite à une opposition entre loges ou à une quelconque stratégie maçonnique. Les appartenances politiques, religieuses, économiques et sociales demeurent infiniment plus complexes.
En revanche, il est indéniable que les loges américaines offrent à leurs membres un espace où se cultivent des valeurs qui trouvent naturellement un écho dans les aspirations révolutionnaires : l'égalité entre les frères, la liberté de conscience, le respect de la parole donnée, la recherche du bien commun et la fraternité au-delà des différences sociales. Dans une société encore fortement hiérarchisée, ces principes contribuent à façonner une culture civique nouvelle.
Cette influence apparaît d'autant plus clairement que de nombreux officiers européens venus soutenir la cause américaine fréquentent eux aussi les loges maçonniques. Les réseaux fraternels facilitent parfois les rencontres, favorisent la confiance réciproque et créent des liens durables entre les élites des deux rives de l'Atlantique. Ils ne remplacent jamais les décisions politiques ou militaires, mais ils constituent un cadre humain propice aux échanges d'idées et à la coopération.
La victoire décisive de Yorktown, le 19 octobre 1781, obtenue grâce à l'action conjointe des troupes américaines commandées par Washington et des forces françaises dirigées par le général Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (né le 1er juillet 1725 à Vendôme (France) et mort le 10 mai 1807 à Thoré-la-Rochette (France)), avec le soutien décisif de la flotte de François Joseph Paul, comte de Grasse (né le 13 septembre 1722 au Bar-sur-Loup (France) et mort le 11 janvier 1788 à Paris (France)), marque le tournant définitif du conflit. Deux ans plus tard, le traité de Paris du 3 septembre 1783 reconnaît officiellement l'indépendance des États-Unis.
La jeune République peut désormais entreprendre une autre tâche, peut-être plus difficile encore que la guerre elle-même : construire des institutions capables de faire vivre durablement les principes proclamés le 4 juillet 1776.
La naissance de la République et l'héritage des Lumières.
La victoire militaire ne résout pas tout. Bien au contraire. Une fois l'indépendance acquise, les anciens insurgés doivent relever un défi inédit : transformer une coalition de treize colonies jalouses de leur autonomie en une véritable nation capable d'assurer sa stabilité politique, son développement économique et la protection des libertés qu'elle vient de conquérir.
Les Articles de la Confédération, adoptés en 1781, avaient constitué une première tentative d'organisation des nouveaux États-Unis. Ils répondaient à une préoccupation compréhensible : empêcher qu'un pouvoir central trop fort ne reproduise les abus reprochés à la monarchie britannique. Mais cette organisation se révèle rapidement insuffisante. Le Congrès ne dispose ni du pouvoir de lever directement l'impôt, ni de celui de réglementer efficacement le commerce entre les États, ni même d'imposer ses décisions. La jeune République apparaît fragile, divisée et menacée par ses propres faiblesses.
C'est dans ce contexte que se réunit, du 25 mai au 17 septembre 1787, la Convention de Philadelphie, appelée à rédiger une nouvelle Constitution.
Autour de George Washington, qui préside les débats avec une autorité morale incontestée, se retrouvent plusieurs des plus remarquables esprits politiques de leur génération.
Parmi eux figure James Madison (né le 16 mars 1751 à Port Conway, Virginie, et mort le 28 juin 1836 à Montpelier, Virginie), juriste, philosophe politique et quatrième président des États-Unis. Souvent considéré comme le « Père de la Constitution », Madison joue un rôle déterminant dans l'élaboration du texte constitutionnel. Son exceptionnelle maîtrise des questions institutionnelles lui permet de concevoir un système politique fondé sur l'équilibre des pouvoirs, destiné à empêcher toute concentration excessive de l'autorité. Contrairement à une opinion parfois avancée, son appartenance à la franc-maçonnerie n'est pas démontrée par les sources historiques disponibles.
À ses côtés travaille Alexander Hamilton (né le 11 janvier 1755 ou 1757 à Charlestown, île de Nevis, dans les Antilles britanniques, et mort le 12 juillet 1804 à New York), juriste, économiste, officier de l'armée continentale et futur premier secrétaire au Trésor des États-Unis. Esprit brillant et partisan d'un gouvernement fédéral fort, Hamilton contribue largement à donner à la jeune République les institutions financières qui assureront son développement économique. Là encore, aucune preuve historique certaine ne permet d'affirmer qu'il ait été franc-maçon.
La Constitution adoptée le 17 septembre 1787 constitue l'une des plus remarquables constructions politiques de l'époque moderne. Inspirée à la fois par l'expérience britannique, les traditions coloniales américaines et la philosophie des Lumières, elle organise la séparation des pouvoirs selon les principes développés par Montesquieu : un pouvoir législatif confié au Congrès, un pouvoir exécutif exercé par le Président et un pouvoir judiciaire indépendant incarné par la Cour suprême.
Mais les rédacteurs vont plus loin encore.
Ils inventent un système d'équilibre institutionnel — les célèbres checks and balances — dans lequel chaque pouvoir dispose des moyens nécessaires pour limiter les excès des autres. Aucun homme, aucune assemblée, aucune institution ne peut gouverner seule. La liberté politique résulte précisément de cette limitation réciproque des pouvoirs.
Cette architecture constitutionnelle demeure aujourd'hui encore l'une des plus anciennes constitutions écrites toujours en vigueur dans le monde.
Pourtant, certains observateurs regrettent l'absence d'une garantie explicite des libertés individuelles.
Afin de répondre à ces inquiétudes, le premier Congrès adopte en 1791 les dix premiers amendements à la Constitution, connus sous le nom de Bill of Rights.
Ils consacrent notamment la liberté religieuse, la liberté d'expression, la liberté de la presse, le droit de réunion, le droit de pétition, les garanties judiciaires fondamentales ainsi que plusieurs protections destinées à empêcher toute dérive autoritaire de l'État.
Cette préoccupation constante pour la protection des libertés individuelles s'inscrit directement dans l'héritage philosophique de John Locke, mais également dans la tradition religieuse protestante qui avait profondément marqué les premières colonies américaines. L'idée selon laquelle chaque conscience demeure responsable devant Dieu avant de l'être devant le pouvoir politique irrigue en profondeur toute la culture constitutionnelle américaine.
Plusieurs décennies plus tard, Alexis de Tocqueville (né le 29 juillet 1805 à Paris (France) et mort le 16 avril 1859 à Cannes (France)), magistrat, historien, philosophe politique et membre de l'Académie française, analysera avec une remarquable lucidité cette expérience démocratique dans son chef-d'œuvre De la démocratie en Amérique, publié en deux volumes en 1835 et 1840. Envoyé officiellement aux États-Unis pour étudier le système pénitentiaire américain, Tocqueville comprend rapidement que l'intérêt véritable de son voyage réside ailleurs. Il découvre une société où la démocratie ne constitue pas seulement une forme de gouvernement, mais un état d'esprit profondément enraciné dans les mœurs, les habitudes et les institutions.
Son analyse demeure d'une étonnante modernité. Il montre que la liberté politique ne peut survivre sans une forte vie associative, sans une presse indépendante, sans des institutions locales dynamiques et sans une morale civique largement partagée. Plus encore, il souligne que les Américains ont appris à concilier l'amour de la liberté avec le respect des lois, équilibre toujours fragile mais indispensable à toute démocratie durable.
L'expérience américaine apparaît ainsi comme l'aboutissement d'un long processus historique où se rencontrent les héritages du protestantisme, les traditions du droit anglais, les philosophies des Lumières et l'expérience concrète de l'autonomie coloniale. La Révolution américaine n'a pas créé ces principes ; elle leur a donné une forme politique durable qui allait profondément influencer les générations suivantes.
La franc-maçonnerie et la naissance des États-Unis : entre histoire et légende.
Peu de sujets ont suscité autant de fantasmes que les rapports entre la franc-maçonnerie et la naissance des États-Unis d'Amérique. Depuis plus de deux siècles, certains auteurs ont voulu voir dans les loges maçonniques le véritable gouvernement secret de la Révolution américaine ; d'autres, par réaction, ont cherché à nier toute influence de la franc-maçonnerie sur les événements. L'historien ne peut se satisfaire d'aucune de ces deux interprétations. Comme souvent, la réalité apparaît à la fois plus nuancée et plus passionnante.
La franc-maçonnerie du XVIIIᵉ siècle n'est ni un parti politique, ni une société révolutionnaire, ni une organisation clandestine destinée à conquérir le pouvoir. Les loges constituent avant tout des lieux où des hommes appartenant à des professions, des convictions religieuses et des milieux sociaux très différents apprennent à dialoguer dans un climat de confiance, de respect mutuel et de fraternité. Elles proposent un itinéraire initiatique fondé sur le perfectionnement moral de l'individu, la recherche de la vérité et le service de l'humanité.
Dans l'Amérique coloniale, cette forme originale de sociabilité revêt une importance particulière. Les treize colonies présentent alors des différences considérables. Elles ne possèdent ni les mêmes traditions religieuses, ni les mêmes intérêts économiques, ni les mêmes habitudes politiques. Les loges offrent un espace où ces différences peuvent être dépassées au profit d'une identité plus large, fondée sur des valeurs communes plutôt que sur les appartenances locales.
L'une des figures les plus importantes de cette période est Jean-Théophile Désaguliers (né le 13 mars 1683 à La Rochelle (France) et mort le 29 février 1744 à Londres (Angleterre)), pasteur protestant, physicien, disciple d'Isaac Newton et troisième Grand Maître adjoint de la première Grande Loge de Londres. Réfugié en Angleterre après la révocation de l'édit de Nantes, Désaguliers joue un rôle essentiel dans l'organisation de la franc-maçonnerie spéculative naissante. Son influence intellectuelle est considérable : il contribue à faire de l'Ordre un lieu où peuvent se rencontrer des hommes de convictions religieuses diverses autour de valeurs universelles telles que la tolérance, la raison, la fraternité et la recherche de la vérité. Bien que son action s'exerce essentiellement en Angleterre, son œuvre irrigue rapidement les colonies américaines, où les premières loges adoptent les principes élaborés à Londres.
Quelques années auparavant, James Anderson (né vers 1679 à Aberdeen (Écosse) et mort le 28 mai 1739 à Londres (Angleterre)), pasteur presbytérien écossais et franc-maçon, avait rédigé les célèbres Constitutions d'Anderson, publiées en 1723 sous l'autorité de la Grande Loge de Londres. Ce texte fondateur ne constitue pas un programme politique. Il définit avant tout une méthode initiatique, une éthique de la fraternité et un idéal de concorde entre des hommes que tout pourrait par ailleurs opposer. L'ouvrage connaîtra une diffusion rapide dans les colonies américaines grâce, notamment, à l'édition imprimée par Benjamin Franklin en 1734.
Il n'est donc guère surprenant que l'on retrouve, parmi les principaux acteurs de la Révolution américaine, un nombre significatif de francs-maçons. Cette constatation doit toutefois être immédiatement nuancée. Tous les dirigeants de la Révolution ne sont pas maçons ; inversement, de nombreux francs-maçons demeurent fidèles à la Couronne britannique. La franc-maçonnerie ne prend jamais officiellement parti pour l'indépendance. Elle laisse à chacun de ses membres la responsabilité de ses choix politiques.
L'exemple de George Washington illustre parfaitement cette réalité. Son engagement maçonnique n'explique pas à lui seul son rôle historique ; mais les valeurs cultivées dans les loges — le sens de l'honneur, le respect de la parole donnée, la maîtrise de soi, la fraternité et le service du bien commun — rejoignent profondément l'idéal qu'il cherche à incarner comme chef militaire puis comme premier président de la République.
Il en va de même pour Benjamin Franklin. Chez lui, la franc-maçonnerie ne constitue jamais une activité secondaire. Elle s'inscrit naturellement dans une vision plus vaste de l'humanité, fondée sur la tolérance religieuse, le progrès des connaissances, la liberté de conscience et l'amélioration de la société. L'imprimeur qui diffuse les Constitutions d'Anderson, le savant qui échange avec les académies européennes, le diplomate qui obtient l'alliance française et le franc-maçon qui œuvre au rapprochement des hommes ne sont pas quatre personnages différents : ils expriment les différentes facettes d'une même personnalité.
Cette distinction est essentielle. La franc-maçonnerie n'a pas fait la Révolution américaine ; mais elle a contribué à former plusieurs des hommes qui l'ont conduite. Elle n'a pas élaboré la Déclaration d'indépendance ; mais elle a offert à nombre de ses acteurs un cadre de réflexion où la liberté, la responsabilité individuelle, la fraternité et la recherche du bien commun étaient constamment mises à l'honneur.
C'est précisément cette nuance que l'historien doit aujourd'hui conserver. Entre la théorie du complot et la négation de toute influence maçonnique, il existe une réalité infiniment plus riche : celle d'une institution initiatique qui participa, avec bien d'autres, à la formation morale, intellectuelle et civique de plusieurs des fondateurs de la République américaine.
Comprendre cette réalité, c'est rendre justice à la fois à l'histoire des États-Unis et à celle de la franc-maçonnerie, sans jamais céder aux simplifications ni aux légendes.
Une révolution qui changea le monde.
Les contemporains n'en mesurèrent probablement pas immédiatement toute la portée. Pour beaucoup d'Européens, la guerre d'Indépendance apparaissait d'abord comme une révolte de colonies lointaines contre leur métropole. Quelques années plus tard pourtant, il devenait évident que l'événement dépassait très largement le cadre de l'Amérique du Nord. Avec la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, une nouvelle conception du pouvoir politique venait d'entrer dans l'histoire.
Pour la première fois, un peuple fondait officiellement un État en affirmant que tous les êtres humains possèdent des droits naturels antérieurs à toute autorité politique et que les gouvernements ne tirent leur légitimité que du consentement de ceux qu'ils administrent. Une telle affirmation bouleversait plusieurs siècles de tradition monarchique européenne.
L'influence de cette révolution se fit rapidement sentir en France.
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Lorsque Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac, Haute-Loire (France) et mort le 20 mai 1834 à Paris (France)), officier français, héros des indépendances américaine et française, décide de rejoindre les insurgés américains en 1777, il n'a pas encore vingt ans. Animé par un idéal de liberté plus que par l'ambition personnelle, il s'embarque à ses frais pour l'Amérique où il devient rapidement l'un des plus proches collaborateurs de George Washington.
Franc-maçon, initié dans sa jeunesse — probablement à la loge Contrat Social à Paris selon la tradition la plus généralement admise, même si certains aspects de son parcours maçonnique demeurent discutés par les historiens — La Fayette entretient tout au long de sa vie des relations fraternelles avec de nombreuses loges françaises et américaines. Son engagement maçonnique s'accorde naturellement avec son combat en faveur des libertés publiques et des droits de l'homme.
L'amitié profonde qui unit Washington et La Fayette dépasse bientôt le simple cadre militaire. Le général américain voit dans le jeune aristocrate français un véritable fils adoptif ; La Fayette, quant à lui, considérera toujours Washington comme un père spirituel. Cette relation personnelle symbolise à elle seule l'alliance intellectuelle et politique qui se noue alors entre les deux rives de l'Atlantique.
L'influence américaine ne tarde pas à se faire sentir dans les débats français.
Lorsque l'Assemblée nationale adopte, le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, les rapprochements avec la Déclaration américaine sont nombreux. Les contextes historiques diffèrent profondément, mais une même inspiration irrigue les deux textes : l'existence de droits naturels, l'égalité devant la loi, la souveraineté de la nation et la limitation du pouvoir politique.
Il serait cependant simpliste de considérer la Déclaration française comme une simple imitation de son modèle américain. Les deux textes procèdent d'un dialogue intellectuel permanent entre les philosophes européens et les acteurs de la Révolution américaine. Les idées circulent dans les deux sens. Les Lumières françaises inspirent Jefferson ; l'expérience américaine nourrit à son tour la réflexion politique française.
Au-delà de l'Europe, l'influence du 4 juillet 1776 s'étend progressivement à l'ensemble du continent américain.
Simón Bolívar (né le 24 juillet 1783 à Caracas, Capitainerie générale du Venezuela, et mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta, Grande Colombie, aujourd'hui Colombie), militaire, homme d'État et principal artisan de l'indépendance de plusieurs pays d'Amérique du Sud, voit dans la Révolution américaine la démonstration qu'un peuple peut conquérir sa liberté face à une grande puissance coloniale. Sans chercher à reproduire le modèle américain dans tous ses aspects, il s'en inspire pour nourrir sa propre réflexion sur les institutions républicaines.
Il en va de même pour José de San Martín (né le 25 février 1778 à Yapeyú, vice-royauté du Río de la Plata, aujourd'hui Argentine, et mort le 17 août 1850 à Boulogne-sur-Mer (France)), général et homme d'État argentin, dont l'action conduira à l'indépendance de l'Argentine, du Chili et du Pérou. Franc-maçon, membre de plusieurs loges patriotiques sud-américaines, il appartient à cette génération de libérateurs qui voient dans l'expérience des États-Unis moins un modèle institutionnel qu'un encouragement à l'émancipation des peuples.
L'influence du 4 juillet ne s'arrête pas au XIXᵉ siècle.
Au cœur de la guerre de Sécession, Abraham Lincoln (né le 12 février 1809 près de Hodgenville, Kentucky, et mort le 15 avril 1865 à Washington, District de Columbia), avocat, homme d'État et seizième président des États-Unis, rappelle que la nation américaine est née de l'affirmation selon laquelle « tous les hommes sont créés égaux ». Pour lui, la Déclaration d'indépendance constitue la véritable charte morale de la République, bien au-delà des circonstances historiques de 1776. Il convient de rappeler que Lincoln ne fut pas franc-maçon, contrairement à une croyance encore parfois répandue.
Un siècle plus tard, Martin Luther King Jr. (né le 15 janvier 1929 à Atlanta, Géorgie, et mort le 4 avril 1968 à Memphis, Tennessee), pasteur baptiste et chef du mouvement américain des droits civiques, reprend à son tour les principes de la Déclaration d'indépendance pour dénoncer la ségrégation raciale. Dans son célèbre discours I Have a Dream, prononcé à Washington le 28 août 1963, il compare la Déclaration à une promesse solennelle dont l'Amérique n'aurait pas encore pleinement honoré les engagements envers tous ses citoyens.
Ainsi, de La Fayette à Bolívar, de Lincoln à Martin Luther King, la Déclaration du 4 juillet 1776 n'a cessé d'inspirer des générations d'hommes et de femmes qui voyaient en elle bien davantage qu'un texte fondateur des États-Unis. Elle est devenue un langage universel de la liberté.
C'est précisément cette capacité à dépasser les circonstances de sa naissance qui explique sa remarquable postérité. Peu de textes politiques auront exercé une influence aussi profonde sur l'histoire des idées, des institutions et des peuples. Deux siècles et demi après sa rédaction, la Déclaration d'indépendance demeure l'une des grandes références de la pensée démocratique moderne.
Une déclaration politique ou une profession de foi philosophique ?
Si la Déclaration d'indépendance est devenue l'un des textes fondateurs de la démocratie moderne, c'est parce qu'elle dépasse très largement le simple cadre d'un manifeste politique. Les cinquante-six signataires ne se contentent pas de justifier une rupture avec la Grande-Bretagne ; ils proposent une véritable réflexion sur la nature de l'homme, sur l'origine du pouvoir et sur les fondements mêmes de la société.
Cette dimension apparaît dès les premières lignes du document.
Les rédacteurs ne fondent pas les droits de l'homme sur une décision du Congrès, sur une coutume ancienne ou sur une concession du souverain. Ils affirment que ces droits sont inhérents à la personne humaine parce qu'ils lui sont conférés par son Créateur. La Déclaration ne procède donc pas d'un relativisme politique ; elle repose sur l'idée qu'il existe un ordre moral supérieur auquel les gouvernements eux-mêmes demeurent soumis.
Cette conviction témoigne de la rencontre de plusieurs traditions intellectuelles.
On y retrouve naturellement l'influence des philosophes des Lumières, mais également celle du protestantisme anglais et américain, profondément attaché à la responsabilité individuelle devant Dieu. Dans cet univers culturel, la liberté n'est jamais conçue comme une licence permettant à chacun d'agir selon son bon plaisir ; elle constitue au contraire une responsabilité qui oblige l'homme à répondre de ses actes devant sa conscience, devant ses semblables et devant le Créateur.
Cette articulation entre liberté et responsabilité explique sans doute pourquoi la Révolution américaine diffère profondément de bien d'autres révolutions.
Les insurgés ne cherchent pas à abolir toute tradition ; ils souhaitent retrouver ce qu'ils considèrent comme les droits fondamentaux de tout homme libre. Ils ne prétendent pas reconstruire l'humanité sur des bases entièrement nouvelles ; ils affirment vouloir restaurer un ordre politique conforme à des principes qu'ils estiment éternels.
Cette conception apparaît également dans l'usage même du mot « Créateur » (Creator). Les rédacteurs évitent volontairement toute référence confessionnelle précise. Ils ne parlent ni du Dieu d'une Église particulière ni d'une doctrine théologique déterminée. Ils choisissent une formulation suffisamment universelle pour rassembler des protestants de sensibilités diverses, des anglicans, des presbytériens, des congrégationalistes, des quakers, mais également des déistes comme Benjamin Franklin ou Thomas Jefferson.
Cette recherche d'un langage commun constitue l'une des grandes originalités de la Déclaration. Elle annonce déjà ce que sera, quelques années plus tard, le Premier Amendement de la Constitution des États-Unis garantissant la liberté religieuse et interdisant l'établissement d'une religion officielle.
Il est remarquable de constater que cette vision rejoint, sous certains aspects, l'idéal développé par la franc-maçonnerie spéculative du XVIIIᵉ siècle. Sans imposer aucune croyance particulière à ses membres, celle-ci invite les hommes à reconnaître l'existence d'un principe supérieur — le Grand Architecte de l'Univers — tout en laissant à chacun la liberté de comprendre cette notion selon sa propre tradition spirituelle. Cette démarche ne se confond évidemment pas avec celle des rédacteurs de la Déclaration, mais elle témoigne d'un climat intellectuel commun où la tolérance religieuse, la liberté de conscience et le respect de la dignité humaine occupent une place centrale.
L'historien des religions Mircea Eliade (né le 13 mars 1907 à Bucarest (Roumanie) et mort le 22 avril 1986 à Chicago, Illinois), écrivain, philosophe et l'un des plus grands spécialistes du phénomène religieux au XXᵉ siècle, rappelait que les sociétés humaines ont toujours cherché à inscrire leurs institutions dans un ordre qui les dépasse. Aucune civilisation ne peut durablement vivre de la seule efficacité de ses structures politiques ; elle a besoin d'un horizon de sens qui donne une signification à la vie collective.
Cette observation éclaire d'un jour nouveau la Déclaration d'indépendance. Derrière les principes juridiques qu'elle énonce se dessine une véritable anthropologie. L'homme n'y est jamais considéré comme un simple sujet de droit ou comme un rouage de l'État. Il apparaît comme une personne libre, responsable et porteuse d'une dignité que nul pouvoir ne saurait lui retirer.
Quelques décennies plus tard, Alexis de Tocqueville montrera que cette conception constitue l'une des grandes forces de la démocratie américaine. Selon lui, les institutions ne suffisent jamais à garantir la liberté ; elles doivent être soutenues par des mœurs, des habitudes civiques et des convictions morales qui empêchent la démocratie de sombrer dans l'individualisme ou dans le despotisme de la majorité.
C'est sans doute pourquoi la Déclaration du 4 juillet 1776 demeure aujourd'hui encore d'une étonnante actualité. Elle rappelle que la liberté n'est jamais seulement un droit revendiqué ; elle est également une exigence intérieure. Elle suppose des citoyens capables de gouverner leurs passions avant de prétendre gouverner la cité.
Sous cet angle, le texte adopté à Philadelphie apparaît moins comme un simple acte diplomatique que comme une véritable profession de foi dans les capacités de l'être humain à construire une société fondée sur la justice, la responsabilité et le respect de la personne. C'est précisément cette profondeur philosophique qui explique que, deux cent cinquante ans après sa rédaction, la Déclaration d'indépendance continue de parler bien au-delà des frontières des États-Unis.
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2026 : deux cent cinquante ans d'une aventure humaine
L'année 2026 occupe une place toute particulière dans l'histoire des États-Unis. Deux cent cinquante ans après l'adoption de la Déclaration d'indépendance, la nation américaine célèbre ce que ses citoyens appellent volontiers le Semiquincentennial, c'est-à-dire le deux-cent-cinquantenaire de la naissance de leur République. Peu d'États modernes peuvent ainsi commémorer un quart de millénaire d'existence en demeurant fidèles au même texte constitutionnel fondamental et aux mêmes institutions politiques.
Partout à travers le pays, cette année anniversaire donne lieu à de nombreuses manifestations : cérémonies officielles, colloques universitaires, expositions, publications, restaurations de monuments historiques, reconstitutions des grands épisodes de la guerre d'Indépendance, concerts, programmes pédagogiques et rencontres destinées à rappeler aux nouvelles générations les circonstances dans lesquelles naquit la première démocratie moderne issue des Lumières.
Cependant, cette commémoration ne saurait être réduite à une simple célébration patriotique. Les historiens américains eux-mêmes insistent sur la nécessité de faire de cet anniversaire un moment de réflexion autant que de mémoire.
Car deux cent cinquante années d'histoire ont profondément transformé les États-Unis.
La jeune fédération de treize colonies est devenue une puissance continentale, puis une puissance mondiale. Elle a connu l'expansion vers l'Ouest, la guerre de Sécession, l'abolition de l'esclavage, l'industrialisation, deux guerres mondiales, la conquête spatiale, les combats pour les droits civiques, les profondes mutations économiques et technologiques, mais aussi les crises politiques, les tensions sociales et les interrogations qui traversent aujourd'hui toutes les grandes démocraties.
Cette histoire rappelle une évidence que les fondateurs eux-mêmes connaissaient parfaitement : aucune nation n'est achevée. Une République ne vit jamais uniquement de son passé ; elle doit sans cesse renouveler le pacte qui unit ses citoyens autour de valeurs communes.
À cet égard, le deux-cent-cinquantenaire de l'indépendance américaine dépasse largement les frontières des États-Unis.
Pour les Européens, et plus particulièrement pour les Français, cet anniversaire possède une résonance particulière. Depuis plus de deux siècles, les histoires de la France et des États-Unis dialoguent constamment. Les noms de Benjamin Franklin, de George Washington, de La Fayette, de Rochambeau, de Jefferson ou encore de Tocqueville témoignent de cette circulation permanente des idées, des hommes et des expériences politiques entre les deux rives de l'Atlantique.
L'héritage de 1776 appartient donc également à l'histoire intellectuelle de l'Europe.
Les principes affirmés dans la Déclaration d'indépendance inspirèrent directement ou indirectement de nombreux textes fondateurs, à commencer par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ils nourrirent également les grands mouvements d'émancipation des XIXᵉ et XXᵉ siècles, en Amérique latine comme ailleurs dans le monde.
Il convient toutefois de porter sur cet héritage un regard lucide.
Les auteurs de la Déclaration proclament que « tous les hommes sont créés égaux » alors même que l'esclavage demeure solidement implanté dans plusieurs colonies. Les peuples autochtones restent largement exclus de cette promesse universelle. Les femmes demeurent privées de droits politiques. Ces contradictions, bien réelles, ne diminuent pas la portée du texte ; elles rappellent au contraire qu'un idéal politique précède souvent sa pleine réalisation historique.
C'est précisément parce que ces principes avaient été proclamés qu'ils purent ensuite servir de référence à ceux qui réclameraient leur application.
Lorsque Abraham Lincoln invoque la Déclaration d'indépendance au cœur de la guerre de Sécession, lorsqu'au XXᵉ siècle Martin Luther King rappelle que les promesses de 1776 doivent enfin bénéficier à tous les citoyens américains, ils ne trahissent pas les fondateurs ; ils prolongent au contraire leur œuvre en cherchant à rendre effectifs les principes qu'ils avaient énoncés.
Ainsi, le deux-cent-cinquantenaire de 2026 ne célèbre pas seulement la naissance d'une nation.
Il rappelle que la liberté demeure toujours une conquête fragile.
Qu'elle exige des institutions solides, mais aussi des citoyens responsables.
Qu'elle ne saurait être réduite à un simple héritage transmis mécaniquement de génération en génération.
Elle constitue une tâche toujours recommencée.
Au fond, ce quart de millénaire invite chacun d'entre nous à relire la Déclaration d'indépendance non comme un document figé dans le passé, mais comme un texte toujours vivant.
Les circonstances historiques ont changé.
Les équilibres géopolitiques se sont transformés.
Les sociétés contemporaines affrontent de nouveaux défis.
Pourtant, la question fondamentale demeure exactement la même qu'en 1776 :
Comment construire une société où la liberté de chacun s'accorde avec le bien commun ?
C'est peut-être parce qu'elle continue, deux cent cinquante ans plus tard, à poser cette question essentielle que la Déclaration d'indépendance conserve aujourd'hui une étonnante jeunesse.
Deux cent cinquante ans après que Benjamin Franklin, George Washington, Thomas Jefferson, John Adams et leurs compagnons eurent ouvert un chemin nouveau, le véritable héritage du 4 juillet ne réside peut-être pas seulement dans la puissance d'une nation, mais dans la permanence d'une interrogation adressée à toutes les générations : que faisons-nous, aujourd'hui, de la liberté que d'autres ont rêvée avant nous ?
2026 : deux cent cinquante ans d'une aventure humaine.
L'année 2026 occupe une place toute particulière dans l'histoire des États-Unis. Deux cent cinquante ans après l'adoption de la Déclaration d'indépendance, la nation américaine célèbre ce que ses citoyens appellent volontiers le Semiquincentennial, c'est-à-dire le deux-cent-cinquantenaire de la naissance de leur République. Peu d'États modernes peuvent ainsi commémorer un quart de millénaire d'existence en demeurant fidèles au même texte constitutionnel fondamental et aux mêmes institutions politiques.
Partout à travers le pays, cette année anniversaire donne lieu à de nombreuses manifestations : cérémonies officielles, colloques universitaires, expositions, publications, restaurations de monuments historiques, reconstitutions des grands épisodes de la guerre d'Indépendance, concerts, programmes pédagogiques et rencontres destinées à rappeler aux nouvelles générations les circonstances dans lesquelles naquit la première démocratie moderne issue des Lumières.
Cependant, cette commémoration ne saurait être réduite à une simple célébration patriotique. Les historiens américains eux-mêmes insistent sur la nécessité de faire de cet anniversaire un moment de réflexion autant que de mémoire.
Car deux cent cinquante années d'histoire ont profondément transformé les États-Unis.
La jeune fédération de treize colonies est devenue une puissance continentale, puis une puissance mondiale. Elle a connu l'expansion vers l'Ouest, la guerre de Sécession, l'abolition de l'esclavage, l'industrialisation, deux guerres mondiales, la conquête spatiale, les combats pour les droits civiques, les profondes mutations économiques et technologiques, mais aussi les crises politiques, les tensions sociales et les interrogations qui traversent aujourd'hui toutes les grandes démocraties.
Cette histoire rappelle une évidence que les fondateurs eux-mêmes connaissaient parfaitement : aucune nation n'est achevée. Une République ne vit jamais uniquement de son passé ; elle doit sans cesse renouveler le pacte qui unit ses citoyens autour de valeurs communes.
À cet égard, le deux-cent-cinquantenaire de l'indépendance américaine dépasse largement les frontières des États-Unis.
Pour les Européens, et plus particulièrement pour les Français, cet anniversaire possède une résonance particulière. Depuis plus de deux siècles, les histoires de la France et des États-Unis dialoguent constamment. Les noms de Benjamin Franklin, de George Washington, de La Fayette, de Rochambeau, de Jefferson ou encore de Tocqueville témoignent de cette circulation permanente des idées, des hommes et des expériences politiques entre les deux rives de l'Atlantique.
L'héritage de 1776 appartient donc également à l'histoire intellectuelle de l'Europe.
Les principes affirmés dans la Déclaration d'indépendance inspirèrent directement ou indirectement de nombreux textes fondateurs, à commencer par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Ils nourrirent également les grands mouvements d'émancipation des XIXᵉ et XXᵉ siècles, en Amérique latine comme ailleurs dans le monde.
Il convient toutefois de porter sur cet héritage un regard lucide.
Les auteurs de la Déclaration proclament que « tous les hommes sont créés égaux » alors même que l'esclavage demeure solidement implanté dans plusieurs colonies. Les peuples autochtones restent largement exclus de cette promesse universelle. Les femmes demeurent privées de droits politiques. Ces contradictions, bien réelles, ne diminuent pas la portée du texte ; elles rappellent au contraire qu'un idéal politique précède souvent sa pleine réalisation historique.
C'est précisément parce que ces principes avaient été proclamés qu'ils purent ensuite servir de référence à ceux qui réclameraient leur application.
Lorsque Abraham Lincoln invoque la Déclaration d'indépendance au cœur de la guerre de Sécession, lorsqu'au XXᵉ siècle Martin Luther King rappelle que les promesses de 1776 doivent enfin bénéficier à tous les citoyens américains, ils ne trahissent pas les fondateurs ; ils prolongent au contraire leur œuvre en cherchant à rendre effectifs les principes qu'ils avaient énoncés.
Ainsi, le deux-cent-cinquantenaire de 2026 ne célèbre pas seulement la naissance d'une nation.
Il rappelle que la liberté demeure toujours une conquête fragile. Qu'elle exige des institutions solides, mais aussi des citoyens responsables. Qu'elle ne saurait être réduite à un simple héritage transmis mécaniquement de génération en génération.
Elle constitue une tâche toujours recommencée.
Au fond, ce quart de millénaire invite chacun d'entre nous à relire la Déclaration d'indépendance non comme un document figé dans le passé, mais comme un texte toujours vivant.
Les circonstances historiques ont changé. Les équilibres géopolitiques se sont transformés. Les sociétés contemporaines affrontent de nouveaux défis.
Pourtant, la question fondamentale demeure exactement la même qu'en 1776 :
Comment construire une société où la liberté de chacun s'accorde avec le bien commun ?
C'est peut-être parce qu'elle continue, deux cent cinquante ans plus tard, à poser cette question essentielle que la Déclaration d'indépendance conserve aujourd'hui une étonnante jeunesse.
Deux cent cinquante ans après que Benjamin Franklin, George Washington, Thomas Jefferson, John Adams et leurs compagnons eurent ouvert un chemin nouveau, le véritable héritage du 4 juillet ne réside peut-être pas seulement dans la puissance d'une nation, mais dans la permanence d'une interrogation adressée à toutes les générations : que faisons-nous, aujourd'hui, de la liberté que d'autres ont rêvée avant nous ?
Conclusion : une nation, une espérance, une responsabilité.
Lorsque les cinquante-six délégués du Congrès continental adoptèrent, le 4 juillet 1776, la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique, nul ne pouvait imaginer avec certitude quel serait le destin de leur entreprise. Rien ne garantissait alors que les colonies insurgées parviendraient à vaincre la première puissance militaire du monde, à préserver leur unité malgré leurs profondes différences ou encore à construire des institutions suffisamment solides pour traverser les siècles. Les hommes qui signèrent ce texte historique n'agissaient donc pas avec la certitude du succès, mais avec la conviction qu'il existe des principes pour lesquels il vaut la peine d'engager son existence tout entière, d'accepter les épreuves de la guerre et, si les circonstances l'exigent, de consentir au sacrifice suprême.
Deux siècles et demi plus tard, l'histoire a naturellement dissipé bien des illusions tout en confirmant une grande partie de leurs espérances. Les États-Unis ont connu des heures de gloire, des crises profondes, des guerres civiles, des conquêtes, des succès scientifiques, des périodes de prospérité comme des moments de doute. Ils ont parfois incarné les idéaux proclamés en 1776 avec une force admirable ; ils s'en sont parfois éloignés, révélant les contradictions inhérentes à toute œuvre humaine. Mais précisément parce que la Déclaration d'indépendance ne constitue pas seulement un document juridique mais également une exigence morale, elle a constamment permis aux générations successives de mesurer la distance qui sépare les principes proclamés de leur réalisation concrète, offrant ainsi à chaque époque les raisons d'espérer autant que les moyens de se remettre en question.
L'histoire des États-Unis nous enseigne ainsi qu'une nation ne se définit jamais uniquement par son territoire, par sa puissance économique ou par ses institutions. Elle se construit d'abord autour d'une certaine idée de l'homme et de la société, autour de valeurs suffisamment fortes pour traverser les crises sans perdre leur pouvoir d'inspiration. C'est sans doute là que réside la véritable originalité du 4 juillet 1776 : avoir rappelé que la légitimité du pouvoir repose d'abord sur le respect de la dignité humaine, que la liberté n'est jamais une faveur accordée par les gouvernants mais un droit qui appartient à chaque personne, et que toute autorité politique ne trouve sa justification que dans le service du bien commun.
Cette intuition fondamentale dépasse aujourd'hui très largement l'histoire des seuls États-Unis. Elle appartient désormais au patrimoine intellectuel de l'humanité tout entière, aux côtés de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, de la Convention européenne des droits de l'homme ou encore de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, parce qu'elle rappelle inlassablement que les sociétés les plus durables sont celles qui placent la personne humaine au centre de leurs institutions plutôt que de subordonner l'individu aux intérêts passagers du pouvoir.
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Pour le lecteur du Blog des Spiritualités, la commémoration du deux-cent-cinquantenaire de l'indépendance américaine invite enfin à une réflexion qui dépasse le seul domaine de l'histoire politique. Toute démarche initiatique enseigne, en effet, que la véritable liberté ne consiste pas seulement à se libérer d'une domination extérieure, mais qu'elle suppose également un travail intérieur par lequel l'être humain apprend progressivement à gouverner ses passions, à exercer son discernement, à assumer ses responsabilités et à orienter son existence vers ce qu'il reconnaît comme le vrai, le juste et le bon. Sous cet angle, la Déclaration d'indépendance apparaît moins comme l'acte de naissance d'une nation que comme l'affirmation d'un idéal universel selon lequel aucune société ne peut durablement demeurer libre si les femmes et les hommes qui la composent ne poursuivent pas eux-mêmes un incessant travail de perfectionnement moral, intellectuel et spirituel.
Deux cent cinquante ans après la naissance des États-Unis d'Amérique, le véritable héritage du 4 juillet 1776 ne réside donc peut-être pas uniquement dans l'existence de l'une des plus anciennes démocraties constitutionnelles du monde, mais dans cette conviction toujours actuelle selon laquelle la liberté n'est jamais un acquis définitivement garanti par les institutions, qu'elle demeure une conquête exigeante de chaque génération et qu'elle ne conserve toute sa fécondité qu'à la condition d'être constamment éclairée par la responsabilité, par la justice et par cette fraternité sans laquelle aucune civilisation ne peut durablement prétendre servir la dignité de l'homme.
Jean-Laurent Turbet
Texte de la Déclaration d’Indépendance :
« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l'ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l'opinion de l'humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation.
Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. Telle a été la patience de ces Colonies, et telle est aujourd'hui la nécessité qui les force à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L'histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est l'histoire d'une série d'injustices et d'usurpations répétées, qui toutes avaient pour but direct l'établissement d'une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits au monde impartial : Il a refusé sa sanction aux lois les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public. Il a défendu à ses gouverneurs de consentir à des lois d'une importance immédiate et urgente, à moins que leur mise en vigueur ne fût suspendue jusqu'à l'obtention de sa sanction, et des lois ainsi suspendues, il a absolument négligé d'y donner attention.
Il a refusé de sanctionner d'autres lois pour l'organisation de grands districts, à moins que le peuple de ces districts n'abandonnât le droit d'être représenté dans la législature, droit inestimable pour un peuple, qui n'est redoutable qu'aux tyrans.
Il a convoqué des Assemblées législatives dans des lieux inusités, incommodes et éloignés des dépôts de leurs registres publics, dans la seule vue d'obtenir d'elles, par la fatigue, leur adhésion à ses mesures. À diverses reprises, il a dissous des Chambres de représentants parce qu'elles s'opposaient avec une mâle fermeté à ses empiétements sur les droits du peuple. Après ces dissolutions, il a refusé pendant longtemps de faire élire d'autres Chambres de représentants, et le pouvoir législatif, qui n'est pas susceptible d'anéantissement, est ainsi retourné au peuple tout entier pour être exercé par lui, l'État restant, dans l'intervalle, exposé à tous les dangers d'invasions du dehors et de convulsions au-dedans.
Il a cherché à mettre obstacle à l'accroissement de la population de ces États. Dans ce but, il a mis empêchement à l'exécution des lois pour la naturalisation des étrangers ; il a refusé d'en rendre d'autres pour encourager leur émigration dans ces contrées, et il a élevé les conditions pour les nouvelles acquisitions de terres. Il a entravé l'administration de la justice en refusant sa sanction à des lois pour l'établissement de pouvoirs judiciaires. Il a rendu les juges dépendants de sa seule volonté, pour la durée de leurs offices et pour le taux et le paiement de leurs appointements.
Il a créé une multitude d'emplois et envoyé dans ce pays des essaims de nouveaux employés pour vexer notre peuple et dévorer sa substance. Il a entretenu parmi nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures. Il a affecté de rendre le pouvoir militaire indépendant de l'autorité civile et même supérieur à elle. Il s'est coalisé avec d'autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à nos Constitutions et non reconnue par nos lois, en donnant sa sanction à des actes de prétendue législation ayant pour objet : de mettre en quartier parmi nous de gros corps de troupes armées ; de les protéger par une procédure illusoire contre le châtiment des meurtres qu'ils auraient commis sur la personne des habitants de ces provinces ; de détruire notre commerce avec toutes les parties du monde ; de nous imposer des taxes sans notre consentement ; de nous priver dans plusieurs cas du bénéfice de la procédure par jurés ; de nous transporter au-delà des mers pour être jugés à raison de prétendus délits ; d'abolir dans une province voisine le système libéral des lois anglaises, d'y établir un gouvernement arbitraire et de reculer ses limites, afin de faire à la fois de cette province un exemple et un instrument propre à introduire le même gouvernement absolu dans ces Colonies ; de retirer nos chartes, d'abolir nos lois les plus précieuses et d'altérer dans leur essence les formes de nos gouvernements ; de suspendre nos propres législatures et de se déclarer lui-même investi du pouvoir de faire des lois obligatoires pour nous dans tous les cas quelconques.
Il a abdiqué le gouvernement de notre pays, en nous déclarant hors de sa protection et en nous faisant la guerre. Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et massacré nos concitoyens. En ce moment même, il transporte de grandes armées de mercenaires étrangers pour accomplir l'œuvre de mort, de désolation et de tyrannie qui a été commencée avec des circonstances de cruauté et de perfidie dont on aurait peine à trouver des exemples dans les siècles les plus barbares, et qui sont tout à fait indignes du chef d'une nation civilisée. Il a excité parmi nous l'insurrection domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer, sans distinction d'âge, de sexe ni de condition. Dans tout le cours de ces oppressions, nous avons demandé justice dans les termes les plus humbles ; nos pétitions répétées n'ont reçu pour réponse que des injustices répétées. Un prince dont le caractère est ainsi marqué par les actions qui peuvent signaler un tyran est impropre à gouverner un peuple libre.
Nous n'avons pas non plus manqué d'égards envers nos frères de la Grande-Bretagne. Nous les avons de temps en temps avertis des tentatives faites par leur législature pour étendre sur nous une injuste juridiction. Nous leur avons rappelé les circonstances de notre émigration et de notre établissement dans ces contrées. Nous avons fait appel à leur justice et à leur magnanimité naturelle, et nous les avons conjurés, au nom des liens d'une commune origine, de désavouer ces usurpations qui devaient inévitablement interrompre notre liaison et nos bons rapports. Eux aussi ont été sourds à la voix de la raison et de la consanguinité. Nous devons donc nous rendre à la nécessité qui commande notre séparation et les regarder, de même que le reste de l'humanité, comme des ennemis dans la guerre et des amis dans la paix.
En conséquence, nous, les représentants des États-Unis d'Amérique, assemblés en Congrès général, prenant à témoin le Juge suprême de l'univers de la droiture de nos intentions, publions et déclarons solennellement au nom et par l'autorité du bon peuple de ces Colonies, que ces Colonies unies sont et ont le droit d'être des États libres et indépendants ; qu'elles sont dégagées de toute obéissance envers la Couronne de la Grande-Bretagne ; que tout lien politique entre elles et l'État de la Grande-Bretagne est et doit être entièrement dissous ; que, comme les États libres et indépendants, elles ont pleine autorité de faire la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, de réglementer le commerce et de faire tous autres actes ou choses que les États indépendants ont droit de faire ; et pleins d'une ferme confiance dans la protection de la divine Providence, nous engageons mutuellement au soutien de cette Déclaration, nos vies, nos fortunes et notre bien le plus sacré, l'honneur."
Le document définitif, écrit sur du parchemin, est approuvé et signé le 4 juillet par 56 délégués réunis à l'Independence Hall.
Ces 56 députés sont : Président du Congrès 1 John Hancock (Massachusetts); New Hampshire - 2 Josiah Bartlett, 3 William Whipple, 4 Matthew Thornton, Massachusetts - 5 Samuel Adams, 6 John Adams, 7 Robert Treat Paine, 8 Elbridge Gerry, Rhode Island - , 9 Stephen Hopkins, 10 William Ellery Connecticut - 11 Roger Sherman, 12 Samuel Huntington, 13 William Williams, 14 Oliver Wolcott, New York - 15 William Floyd, 16 Philipp Livingston, 17 Francis Lewis, 18 Lewis Morris, New Jersey - 19 Richard Stockton, 20 John Witherspoon, 21 Francis Hopkinson, 22 John Hart, 23 Abraham Clark, Pennsylvanie - 24 Robert Morris, 25 Benjamin Rush, 26 Benjamin Franklin, 27 John Morton, 28 George Clymer, 29 James Smith, 30 George Taylor, 31 James Wilson, 32 George Ross, Delaware - 33 Caesar Rodney, 34 George Read, 35 Thomas McKean, Maryland - 36 Samuel Chase, 37 William Paca, 38 Thomas Stone, 39 Charles Carroll de Carrollton, Virginie - 40 George Wythe, 41 Richard Henry Lee, 42 Thomas Jefferson, 43 Benjamin Harrison V, 44 Thomas Nelson junior, 45 Francis Lightfoot Lee, 46 Carter Braxton, Caroline du Nord - 47 William Hooper, 48 Joseph Hewes, 49 John Penn, Caroline du Sud - 50 Edward Rutledge, 51 Thomas Heyward Jr, 52 Thomas Lynch Jr, 53 Arthur Middleton, Géorgie - 54 Button Gwinnett, 55 Lyman Hall, 56 George Walton.
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Le 4 juillet. Jour de l'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique. - Le Blog des Spiritualités
Nos amis américains célèbrent aujourd'hui le 247ème anniversaire de leur déclaration d'Indépendance. Un petit clin d'œil donc le jour de leur fête nationale. Point ici de soucoupes volantes...
Article original de 2009
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Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.
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La Rédaction du Blog des Spiritualités.
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