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Le Blog des Spiritualités

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Robespierre, la religion naturelle et la République morale : de la liberté des cultes à la fête de l’Être suprême. Où il sera question du Principe créateur et du Grand Architecte de l’Univers.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 26 Janvier 2026, 11:10am

Catégories : #EtreSuprême, #Robespierre, #Histoire, #Révolution

Robespierre, la religion naturelle et la République morale : de la liberté des cultes à la fête de l’Être suprême. Où il sera question du Principe créateur et du Grand Architecte de l’Univers.

Robespierre, la religion naturelle et la République morale : de la liberté des cultes à la fête de l’Être suprême.
Où il sera question du Principe créateur et du Grand Architecte de l’Univers.

Pourquoi consacrer un article entier (et assez long) sur un moment oublié ou en tout cas mal compris de la Révolution française : La Fête de l’Etre Suprême ?

Parce qu’elle symbolise à mes yeux justement un moment essentiel et qui a eu des répercussions importantes dans le monde maçonnique et plus particulièrement au Rite Ecossais Ancien et Accepté et dans ce qui deviendra la Grande Loge de France.

Maximilien Robespierre

Il convient également de revenir sur une personnalité certes clivante pourtant trop souvent méconnue parce que brocardée : Maximilien Robespierre (1758-1794).

Les historiens marxistes (Les deux Albert, Soboul et Mathiez) réactionnaires (de Maistre) et libéraux conservateurs (François Furet) se sont opposés sur la figure de Robespierre.

Aujourd’hui encore Robespierre est récupéré par certains (notamment de la France Insoumise) et répudié par d’autres (Michel Onfray et tous les réactionnaires, conservateurs ainsi que  l’extrême-droite).

Heureusement depuis 30 ans (disons depuis les célébrations du bicentenaire de la Révolution en 1989) une nouvelle génération d’historiens, avec de nouvelles sources et de nouveaux documents, ont réécrit une histoire de Robespierre bien plus conforme à la réalité.

Ne se laissant pas avoir par la vulgate thermidorienne de ceux qui ont fait de Robespierre un bouc émissaire – après-coup et pour se laver eux-mêmes de leurs propres péchés – ils ont remis en perspective l’action de Robespierre, dans le contexte de l’époque.

Non pour en faire un saint (aucun des révolutionnaires n’a été un saint pas plus que les royalistes ou les contrerévolutionnaires traîtres à la Patrie) mais pour le remettre à sa juste place.

Et pour en finir avec les idioties comme quoi Robespierre c’est le Tribunal Révolutionnaire (c’est Danton), c’est la Guerre (c’est les Girondins), c’est la Terreur (invention postérieure de ces crapules de Barrère et Tallien après la chute et qui n’a jamais été mise à l’ordre du jour), c’est la déchristianisation (alors que ce sont les accapareurs des biens de l’église et les girondins) etc…

Ils ont patiemment et preuves à l’appui déconstruit le mythe du monstre Robespierre pour le replacer dans son rôle réel lors des événements révolutionnaires.

Vous trouverez en fin d’article un certain nombre de vidéos que je trouve importantes et juste en dessous une photo des livres qui m’ont servi à écrire cet article et que je vous recommande très vivement (il manque le livre de Marcel Gauchet que je trouve également très bon mais que j’ai malencontreusement prêté).

Voici les livres dont je me suis servi.

Voici les livres dont je me suis servi.

N'ayant jamais été communiste (comme François Furet), ni trotskyste, et n’étant pas aujourd’hui LFIste, je n’ai rien à me faire pardonner et je suis plus tranquille peut-être pour revisiter, avec ces nouvelles connaissances historiques (celles données par Jean-Clément Martin, Hervé Leuwers, Marc Bélissa et beaucoup d’autres que je ne peux citer, y compris Marcel Gauchet qui ne peut être taxé de sympathies à l’extrême-gauche) le parcours et l’œuvre de Robespierre.

Et notamment cette période de la Fête de l’Etre Suprême et de son Culte car comme  le rappelait Henry Guillemin dans une conférence, « en écoutant Robespierre, les gens du peuple entendirent pour la première fois un dirigeant qui leur parlait de Dieu sans vouloir les duper ».

Robespierre c’est « la radicalité de la Vertu » comme le souligne Marcel Gauchet. Cette vertu qui a irrigué jusque dans nos rituels maçonniques, l’union de la vertu et des hommes vertueux ou encore ce que la vertu a uni la mort ne peut le séparer (en latin).

Celui qui voulait imposer la vertu comme façon de faire de la politique c’est bien Robespierre (que ses contemporains appelleraient l’Incorruptible, les autres l’étant bien peu !, Mirabeau étant acheté par le Roi et Danton faisant fortune notamment sur la vente des fournitures aux armées).

La Fête de l'Etre Suprême

La Fête de l'Etre Suprême

La pensée religieuse de Maximilien Robespierre ne peut être comprise ni comme une conversion tardive, ni comme une fantaisie idéologique surgie au crépuscule de la Terreur (si Terreur avec un grand T il y eu jamais...).

Elle constitue au contraire l’un des axes les plus constants, les plus cohérents et les plus structurants de sa réflexion politique.

De l’automne 1793 à la fête de l’Être suprême du 20 prairial an II, Robespierre développe une même intuition fondamentale : la République ne peut survivre sans une morale publique, et cette morale ne peut être durablement fondée sans la reconnaissance d’un principe supérieur.

Ce principe, qu’il nomme successivement Providence, Grand Être, puis Être suprême, n’est jamais pensé comme un dogme confessionnel, mais comme une nécessité anthropologique et politique.

C’est dans le contexte troublé de la déchristianisation (voulue notamment par les girondins) que cette position apparaît avec le plus de netteté.

Vous pourrez trouver en fin de cet article les textes exhaustifs de Robespierre dont je ne cite que quelques passages ici.

Le 1er frimaire an II (21 novembre 1793), devant le club des Jacobins, Robespierre intervient pour dénoncer les dérives d’un anticléricalisme devenu persécuteur.

Sa formule est décisive : « On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe ; ils la diront plus longtemps si on les empêche de la dire. Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe. »

Par cette inversion rhétorique, Robespierre ne défend ni l’Église ni la foi catholique ; il défend la liberté de conscience (et de culte !) contre ce qu’il perçoit déjà comme une nouvelle forme de fanatisme. Il affirme avec force que la contrainte exercée sur les croyances religieuses ne fait que renforcer ce qu’elle prétend détruire.

Mais surtout, il opère un déplacement majeur : le danger principal, selon lui, n’est plus le fanatisme religieux traditionnel, mais ce qu’il appelle le « philosophisme », c’est-à-dire la volonté de transformer l’athéisme en doctrine militante, en orthodoxie agressive.

Robespierre refuse que l’irréligion devienne à son tour une religion politique.

Bien qu'il ne soit pas lui-même franc-maçon (comme le pense à tort Henri Guillemein) il fait sienne la devise selon laquelle le franc-maçon "ne peut-être un athée stupide ni un libertin irréligieux" telle qu'elle est inscrite dans la Constitution des Francs-maçons, rédigée par le pasteur James Anderson et le révérend Jean-Théophile Désaguliers et qu'il applique aux citoyens.

Il assume alors publiquement une position qui lui vaudra incompréhension et caricature : « L’athéisme est aristocratique ; l’idée d’un grand être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire. »

Cette phrase, souvent citée isolément, doit être comprise dans sa profondeur sociale.

Robespierre ne juge pas l’athéisme comme thèse philosophique ; il le juge comme fait politique. Dans une société profondément inégalitaire, l’athéisme militant lui apparaît comme une idéologie de ceux qui n’ont rien à craindre de l’injustice, tandis que l’idée d’un principe supérieur de justice parle spontanément aux opprimés, aux pauvres, aux victimes de l’arbitraire.

L'athéisme désinhibe les puissants, les possédants et les prévaricateurs  et les convainc que leur pouvoir sur les plus faibles est sans limite (pas même celui d'un être suprême prêchant la morale et la vertu au nom d'un principe supérieur).  

Cette analyse est confirmée et solennisée à la Convention nationale, le 15 frimaire an II (5 décembre 1793).

Robespierre y engage explicitement l’Assemblée à protéger la liberté des cultes.

Il met en garde contre les « mesures irréfléchies » qui, sous couvert de philosophie, servent en réalité les ennemis de la Révolution en troublant la paix intérieure et en aliénant les peuples.

Il exige que la force armée ne s’immisce jamais dans les opinions religieuses, sauf pour des raisons strictement policières.

Il appelle enfin les citoyens à renoncer aux querelles métaphysiques pour se consacrer au salut de la patrie.

Beaucoup de francs-maçons vont d'ailleurs à cette période déserter le loges pour servir la Patrie plus "concrètement" en s'engageant activement dans le mouvement révolutionnaire.

Ce discours est fondamental : il prouve que Robespierre n’a jamais voulu abolir la liberté religieuse, mais qu’il entendait empêcher toute instrumentalisation politique des croyances, qu’elles soient religieuses ou irréligieuses.

Voici pour mettre un terme définitif aux balivernes des ignorants sur le Robespierre anti religieux.

Ces deux textes de 1793 constituent le socle doctrinal de ce qui suivra.

Lorsque Robespierre présente, le 18 floréal an II (7 mai 1794), son rapport « sur les rapports des idées religieuses et morales avec les principes républicains », il ne change pas de cap ; il systématise.

Il pose explicitement la question du fondement moral de la République et y répond sans détour :

« L’idée de l’Être suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine. »

La République, selon lui, ne peut être un simple mécanisme juridique ; La République doit être une communauté morale. La loi, sans un ressort intérieur, devient inefficace ou tyrannique. Il faut une colonne vertébrale morale à la République.

Le décret qui suit est révélateur de cette conception. Il reconnaît l’existence de l’Être suprême, mais précise immédiatement que le seul culte digne de lui est la pratique des devoirs de l’homme : haïr la tyrannie, secourir les malheureux, défendre les opprimés, respecter les faibles.

Le culte de l'Etre Suprême ne remplace pas les religions qui seraient abolies, mais les complète.

La religion civile robespierriste est ainsi radicalement éthique. Elle ne comporte ni sacerdoce, ni dogme révélé, ni théologie positive. Elle vise à fonder la vertu publique sur un principe transcendant, sans médiation ecclésiale.

N'est-ce pas quelque chose qui nous parle aujourd'hui ? Relisons attentivement nos rituels maçonniques à cette aune...

Les deux discours du 20 prairial an II (8 juin 1794) viennent donner une forme sensible et symbolique à cette doctrine. Dans le premier, Robespierre s’adresse au peuple réuni et définit l’Être suprême comme l’Auteur de la nature, celui qui a gravé dans le cœur humain le code de la justice et de l’égalité.

Dans le second, prononcé au moment où l’effigie de l’athéisme disparaît dans les flammes, il dénonce l’athéisme comme un « monstre vomi par le génie des rois ». La violence de l’image ne doit pas tromper : Robespierre ne combat pas ici l’incroyance privée, mais ce qu’il perçoit comme une stratégie politique de dissolution morale, symétrique du fanatisme religieux.

 

Jean-Jacques Rousseau

Cette construction intellectuelle s’inscrit explicitement dans la filiation de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).

Maximilien est fou de Jean-Jacques. Il raconte même son entrevue avec lui comme le plus grand moment de sa vie.

En effet  depuis le  20 mai 1777,  Jean-Jacques Rousseau - auparavant en exil en Angleterre - a trouvé refuge au château du marquis de Girardin (1735-1808) à Ermenonville, qui a aménagé sa propriété sur le modèle de La Nouvelle Héloïse et qui met à sa disposition un petit pavillon de quatre pièces. C'est là que le jeune Robespierre (il a 19 ans) vient rendre visite à Rousseau (65 ans) qui a accepté de le recevoir, quelques semaines avant sa mort.

Cela parfois sourire ses amis mais Robespierre est comme un fou quand il raconte partout qu'il a vu Jean-Jacques et qu'il a pu discuter longtemps avec lui !

Le Livre IV du Contrat social fournit la matrice conceptuelle de l’ensemble.

Rousseau y affirme qu’aucune société politique ne peut durer sans un minimum de croyances communes touchant à la justice, à la responsabilité morale et à la sanction ultime du bien et du mal.

 

Le Contrat Social

 

Il propose une religion civile réduite à quelques dogmes simples : l’existence de la Divinité, la vie future, la récompense des justes, le châtiment des méchants, la sainteté du contrat social.

Robespierre reprend cette architecture presque terme à terme, en l’adaptant aux circonstances tragiques de la Révolution en guerre.

Là où Rousseau théorise, Robespierre institue ; là où Rousseau suggère, Robespierre met en scène.

 

Maximilien Robespierre et Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville chez le marquis de Giragin en 1778

 

Certain voudront faire aussi de Robespierre un "pré marxiste" ou un "pré communiste" (ce qui convient bien mieux à Gracchus Babeuf), ce qui est tout bonnement une ânerie.

Loin de vouloir l'accaparement collectif des moyens de production marxiste et communiste, l'idéal de Robespierre est là encore tout à fait rousseauiste (et peut-être un peu naïf et idéaliste). Il veut que chaque personne ait sa maison et son petit lopin de terre à cultiver pour qu'il ne manque jamais de rien, bref la petite propriété individuelle comme horizon social, qui rend les gens honnêtes et vertueux.

On est loin de la propriété collective des moyens de production !

Oui Robespierre est toujours soucieux du bien être du peuple (en cela il est peut-être le premier "populiste") quand le bien-être du peuple et des pauvres était le cadet des soucis de nombre de révolutionnaires qui pensaient d'abord à leur profit et à leur enrichissement personnel comme Danton et beaucoup d'autres comme les girondins.

Robespierre, la religion naturelle et la République morale : de la liberté des cultes à la fête de l’Être suprême. Où il sera question du Principe créateur et du Grand Architecte de l’Univers.

La Fête de l'Etre Suprême 

Cette  Fête de l’Être Suprême, voulue par Robespierre est donc célébrée le 20 prairial an II (8 juin 1794).

Elle constitue l’un des moments les plus solennels et les plus symboliquement chargés de la Révolution française.

Instituée par le décret du 18 floréal an II, elle se déploie selon une scénographie rigoureusement pensée.

 

 

Un premier temps aux Tuileries, marqué par la dénonciation symbolique de l’athéisme (dont la statue est brûlée !) et des passions dissolvantes, puis une procession civique conduisant la Convention et le peuple au Champ-de-Mars, rebaptisé pour l’occasion Champ de la Réunion, où s’élève une montagne artificielle figurant l’élévation morale de l’humanité.

Conçue par Jacques-Louis David, cette fête n’est ni un simple spectacle ni une survivance liturgique, mais l’expression d’une volonté politique et morale : inscrire publiquement la République sous les auspices d’un principe supérieur de justice, affirmer que la liberté révolutionnaire n’est pas négation du sens mais accomplissement de la vertu, et donner au peuple une représentation visible de l’unité entre la nature, la morale et la souveraineté populaire.

Elle réunit plusieurs centaines de milliers de personnes enthousiastes qui reçoivent chacune un épi de blé ! 

De l'Etre Suprême au Grand Architecte de l'Univers

De l'Etre Suprême au Grand Architecte de l'Univers

De l'Etre Suprême au Grand Architecte de l'Univers

C’est à ce point précis que la lecture maçonnique contemporaine devient particulièrement éclairante.

Vue depuis la tradition initiatique du Rite Écossais Ancien et Accepté, telle qu’elle est vécue à la Grande Loge de France, l’Être suprême robespierriste apparaît comme un très proche parent (pour ne pas dire plus..) du Grand Architecte de l’Univers.

Dans les deux cas, il s’agit d’un principe créateur universel, non confessionnel, intelligible par la raison et le cœur, lisible dans l’ordre de la nature et dans la conscience morale.

Ni l’un ni l’autre ne relèvent du Dieu dogmatique des Églises. Tous deux s’inscrivent dans la grande tradition de la religion naturelle, celle qui fait du bien, de la justice et de la vertu les véritables lieux de rencontre avec le principe supérieur.

Nous avons parlé plus haut de la vertu et des hommes vertueux, thèmes liés indiscutablement à Robespierre.

"L'Etre Suprême a créé l’univers pour publier sa puissance ; il a créé les hommes pour s’aider, pour s’aimer mutuellement, et pour arriver au bonheur par la route de la vertu" écrit Robespierre.

Idem pour la devise Virtus Junxit, mors non separabit.

 

Le titre du livre de Pierre Chevallier

 

N'oublions pas que le comte Auguste de Grasse, Marquis de Tilly, fondateur du Suprême Conseil de Charleston en 1802 et fondateur du Suprême Conseil de France en 1804, né le 14 février 1865, est initié le 8 janvier 1783 au sein de la «Loge  Saint Jean d'Ecosse du Contrat Social, également connue sous le titre de Mère Loge écossaise de France à l'Orient de Paris . Les idées de Jean-Jacques Rousseau sont omniprésentes dans les consciences de ces frères.

C'est d'ailleurs dans les locaux et avec "Le Contrat Social" que de Grasse-Tilly revient en 1804.

La proximité est frappante lorsque Robespierre affirme en parlant de l'Etre Suprême que « tout ce qui est bon est son ouvrage, ou c’est lui-même ». Cette identification du principe créateur au bien rejoint profondément l’idée maçonnique selon laquelle le travail sur soi, l’édification morale et la rectification intérieure participent d’un ordre plus vaste, voulu par un principe d’harmonie et d’intelligibilité.

Et puis surtout le Culte de l'Etre Suprême a donné lieu à une tradition, certes oubliée aujourd'hui mais que l'on va retrouver du milieu du 19ème siècle jusqu'au milieu du 20ème siècle, particulièrement au sein de la Franc-Maçonnerie de Rite Ecossais Ancien et Accepté et à la Grande Loge de France : celle du Socialisme spiritualiste ou socialisme utopique directement dérivé de la pensée de Jean-Jacques Rousseau et de l'Etre Suprême de Maximilien Robespierre.

 

 

En voici quelques exemples :

En 1868 lors de la "querelle du Grand Architecte" qui agite Le Rite Ecossais (la Grande Loge Centrale de France et le Suprême Conseil de France), c'est Emile Thirifocq et ses amis qui soutiennent le Souverain Grand Commandeur Adolphe Isaac Crémieux, alors que de nombreux frères (souvent de tendance politique radicale comme Floquet, Brisson ou Mesureur) veulent retirer toute référence au Grand Architecte de l'Univers. Or c'est Emile Thirifocq que l'on retrouve à peine 3 ans plus tard aux avant-postes de la Commune de Paris (1871) et qui demande que les bannières maçonniques soient plantées sur les barricades et que si les versaillais font feu, la Franc-Maçonnerie prenne position en faveur de la Commune. 

Pourquoi en 1889, Oswald Wirth quitte t'il sa loge du Grand Orient de France (au moment où Louis Amiable veut "simplifier" les rituels) pour rejoindre la loge "Travail et Vrais Amis Fidèles" de la Grande Loge Symbolique écossaise et qui rejoindra la Grande Loge de France en 1896, alors que celle-ci n'est composée que d'anciens Communards rouge vifs à peine revenus d'exil après l'amnistie de 1880 ?

Parce que ces frères sont avant tout libertaires attachés à la liberté de conscience et à la liberté religieuse alors qu'ils sont en effet opposés au cléricalisme et au rôle joué par l'église catholique en alliance avec la réaction. Mais il ne jettent pas le bébé avec l'eau du bain.

Durant les années 1880-1900 c'est la figure de Danton qui est mis en avant par les Républicains radicaux conservateurs et libéraux (à l'image de Jules Ferry) et non Robespierre.

Ce sont ces radicaux conservateurs, non seulement anticléricaux mais aussi et surtout anti spiritualistes et anti religieux unis derrière Emile Combes (membre du Grand Orient de France et discrédité après l'Affaire des Fiches) qui veulent faire de la Loi de séparation des églises et de l'Etat une loi de combat anti religieuse.

 

Jean Jaurès le penseur d'exception

Heureusement c'est bien l'action de deux socialistes, Aristide Briand (1862-1932) et Jean Jaurès (1859-1914) qui vont faire que la loi du 9 décembre 1905 soit une loi de liberté (religieuse et de conscience). Eux qui se situaient dans cette droite file des socialistes spiritualistes. 

Lisons ici juste quelques citations de Jaurès (qui était, ne l'oublions jamais, normalien et agrégé de philosophie) sur la façon dont il voulait construire cette loi de séparation  :

- La séparation comme loi de liberté (21 avril 1905) : « La loi que nous faisons n’est pas une loi de persécution, c’est une loi de liberté. »

-  La République n’est pas antireligieuse (21 avril 1905) : « La République n’a pas à combattre les croyances, elle n’a qu’à garantir à tous les citoyens la liberté de croire ou de ne pas croire. »

- La séparation pour pacifier la société (26 avril 1905) : « En séparant les Églises et l’État, nous ne brisons aucune foi, nous brisons un privilège. »  La loi vise non pas la foi personnelle, mais la confusion entre pouvoir spirituel et pouvoir politique.

- La fin du cléricalisme d’État (3 juillet 1905) : « Ce que la Révolution a voulu, ce que la République doit achever, c’est la pleine souveraineté de la conscience humaine. » Il se place là dans la droite ligne de Robespierre.

- Une séparation équilibrée, sans esprit de revanche (21 avril 1905) : « Il ne s’agit pas de savoir si la religion est vraie ou fausse, il s’agit de savoir si l’État doit être religieux. » La République ne tranche pas le vrai et le faux en matière de foi.

- La laïcité comme condition de la paix civile (26 avril 1905) : « La séparation, c’est le régime qui permet à toutes les croyances de coexister sans que l’une d’elles domine l’État. »

- Contre les laïcités de haine (3 juillet 1905) : « La démocratie ne serait pas fidèle à elle-même si elle substituait un dogme officiel à un autre. » Jaurès met en garde contre une laïcité dogmatique, aussi oppressive qu’un cléricalisme d’État, à l'égal de ce qu'écrivait Robespierre.

Vous pouvez constater que toutes ces citations de Jean Jaurès auraient pu être signé et écrites par Maximilien Robespierre tant les écrits des deux hommes sont proches sur le sujet.

Grâce à Aristide Briand et à Jean Jaurès la loi de 1905 a donc bien été une Loi de liberté et non pas d'oppression.

 

Louis Doignon

Nous retrouverons ce courant du socialisme spiritualiste au moment du Convent de 1953 de la Grande Loge de France où le Grand Maître de l'époque, Louis Doignon (par ailleurs socialiste) va faire voter pour le retour du Volume de la Lois Sacrée sur l'autel des serments des Loges de la Grande Loge de France (la Bible avait disparu en 1822).

Pour appuyer ses propos il ne cite que deux penseurs : Victor Hugo et bien sûr Jean Jaurès.

Voici le texte de la citation de Jaurès qu'il donne lors des débats : 

« La Bible ·fait bondir la tête et le cœur des hommes, tressaillir les collines. C'est le livre des sursauts, des images grandioses et tragiques des grandes revendications sociales, des prophéties annonçant l'égalité fraternelle des hommes, amenant la disparition de la guerre entre les peuples, l'apaisement des nations irritées et de la nature elle-même, la réconciliation du lion et de l'agneau paissant au même pâturage, le désarmement des loups apaisés. »

(Extrait du compte-rendu du Convent de 1953 de la Grande Loge de France.

 

Le Volume de la Loi Sacrée

Nous sommes là en plein cœur de notre sujet.

Je vous laisse chercher dans tous nos rituels (de tous les degrés) toutes les références à la religion naturelle telle qu'elle est proposée au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

 

Un exemple parmi 100 : INRI.

INRI signifie selon l’interprétation chrétienne traditionnelle :

« Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum » soit « Jésus de Nazareth, Roi des Juifs ».

Il s’agit de l’inscription placée sur la croix du Christ, le titulus crucis, mentionnée dans l’Évangile selon Jean (Jn 19, 19-22). Le texte est rédigé en latin (dans la tradition occidentale), mais les Évangiles indiquent qu’il était lisible en hébreu, grec et latin, pour être compris de tous.

Mais à un certain moment du Rite il nous est proposé de méditer sur une autre interprétation, plus symbolique, plus en rapport avec la religion naturelle rousseauiste.

A ce moment là INRI peut se traduire par :

« Igne Natura Renovatur Integra » soit « Par le feu, la Nature est intégralement régénérée ».

C’est le passage de l’homme profane à l’initié.

« Homme, qui que tu sois, tu peux concevoir encore de hautes pensées de toi-même ; tu peux lier ta vie passagère à Dieu même et à l’immortalité !  Que la nature reprenne donc tout son éclat, et la sagesse tout son empire ! l’Être-Suprême n’est point anéanti » écrit Robespierre dans son 2ème discours sur la fête de l'Etre Suprême.

Quand je vous disait qu'il y a peu de chemin entre l'Etre Suprême de Robespierre et le Grand Architecte de l'Univers des francs-maçons.

Une différence, toutefois.  Le Grand Architecte de l’Univers, dans la tradition maçonnique, n’est jamais institué par l’État ni imposé aux consciences. Il est un symbole opératif, laissé à l’interprétation de chacun, garant d’un espace initiatique fondé sur la liberté absolue de conscience. Robespierre, en revanche, inscrit l’Être suprême dans une religion civique quasiment officielle. Là où la franc-maçonnerie sépare rigoureusement l’initiation et le politique, Robespierre tente de sauver la République en sacralisant la morale publique. Ce qui d'ailleurs n'était pas si mal vu !

La fête de l’Être suprême n’est ni une farce ni une dérive autoritaire ; elle est une tentative sincère et honnête, historiquement située, de donner à la Révolution Française une âme, c’est-à-dire un principe de sens supérieur à la seule volonté des hommes (qui souvent est bien faible...).

Relue aujourd’hui, à la lumière de Rousseau et de la tradition maçonnique, elle nous renvoie à une question toujours ouverte : comment articuler liberté de conscience, justice sociale et besoin humain de transcendance ?

Une question qui reste toujours d'une brûlante actualité.

Jean-Laurent Turbet

 

Les textes de Robespierre en intégralité

Robespierre parle devant le club des Jacobins

Robespierre parle devant le club des Jacobins

Extrait du Discours de Robespierre devant le club des Jacobins
le 1er Frimaire (21 novembre) 1793 :

 

On a dénoncé des prêtres pour avoir dit la messe ; ils la diront plus longtemps si on les empêche de la dire.

Celui qui veut les empêcher est plus fanatique que celui qui dit la messe.

Après avoir montré que ce n’était point le fanatisme qui aujourd’hui devait être le principal objet des inquiétudes des patriotes, il dénonce le philosophisme, qui veut faire une religion de l’athéisme lui-même, et il renouvelle sa profession de foi religieuse :

On dira peut-être que je suis un esprit étroit, un homme à préjugés ; que sais-je, un fanatique.

J’ai déjà dit que je ne parlais, ni comme un individu, ni comme un philosophe systématique, mais comme un représentant du peuple.

L’athéisme est aristocratique ; l’idée d’un grand être, qui veille sur l’innocence opprimée, et qui punit le crime triomphant, est toute populaire (Vifs applaudissements.)

Le peuple, les malheureux m’applaudissent ; si je trouvais des censeurs, ce serait parmi les riches et parmi les coupables.

J’ai été, dès le collège, un assez mauvais catholique ; je n’ai jamais été ni un ami froid, ni un défenseur infidèle de l’humanité.

Je n’en suis que plus attaché aux idées morales et politiques que je viens de vous exposer : « Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. »

Je parle dans une tribune où l’impudent Guadet osa me faire un crime d’avoir prononcé le mot de providence.

Et dans quel temps ! Lorsque le cœur ulcéré de tous les crimes dont nous étions les témoins et les victimes ; lorsque versant des larmes amères et impuissantes sur la misère du peuple éternellement trahi, éternellement opprimé, je cherchais à m’élever au-dessus de la tourbe impure des conspirateurs dont j’étais environné, en invoquant contre eux la vengeance céleste, au défaut de la foudre populaire. 

Robespierre, la religion naturelle et la République morale : de la liberté des cultes à la fête de l’Être suprême. Où il sera question du Principe créateur et du Grand Architecte de l’Univers.

PREMIER DISCOURS AU PEUPLE RÉUNI
POUR LA FÊTE DE L’ÊTRE SUPRÊME.

8 juin 1794.

(20 prairial an II de la république française.)

Français républicains, il est enfin arrivé ce jour à jamais fortuné que le peuple français consacre à l’Être-Suprême !

Jamais le monde qu’il a créé ne lui offrit un spectacle aussi digne de ses regards. Il a vu régner sur la terre la tyrannie, le crime et l’imposture : il voit dans ce moment une nation entière aux prises avec tous les oppresseurs du genre humain, suspendre le cours de ses travaux héroïques pour élever sa pensée et ses vœux vers le grand Être qui lui donna la mission de les entreprendre et la force de les exécuter !

N’est-ce pas lui dont la main immortelle, en gravant dans le cœur de l’homme le code de la justice et de l’égalité, y traça la sentence de mort des tyrans ? N’est-ce pas lui qui, dès le commencement des temps, décréta la république, et mit à l’ordre du jour, pour tous les siècles et pour tous les peuples, la liberté, la bonne foi et la justice ? Il n’a point créé les rois pour dévorer l’espèce humaine ; il n’a point créé les prêtres pour nous atteler comme de vils animaux au char des rois, et pour donner au monde l’exemple de la bassesse, de l’orgueil, de la perfidie, de l’avarice, de la débauche et du mensonge ; mais il a créé l’univers pour publier sa puissance ; il a créé les hommes pour s’aider, pour s’aimer mutuellement, et pour arriver au bonheur par la route de la vertu.

C’est lui qui plaça dans le sein de l’oppresseur triomphant le remords et l’épouvante, et dans le cœur de l’innocent opprimé le calme et la fierté ; c’est lui qui force l’homme juste à haïr le méchant, et le méchant à respecter l’homme juste ; c’est lui qui orna de pudeur le front de la beauté pour l’embellir encore ; c’est lui qui fait palpiter les entrailles maternelles de tendresse et de joie ; c’est lui qui baigne de larmes délicieuses les yeux du fils pressé contre le sein de sa mère ; c’est lui qui fait taire les passions les plus impérieuses et les plus tendres devant l’amour sublime de la patrie ; c’est lui qui a couvert la nature de charmes, de richesses et de majesté. Tout ce qui est bon est son ouvrage, ou c’est lui-même : le mal appartient à l’homme dépravé qui opprime ou qui laisse opprimer ses semblables.

L’auteur de la nature avait lié tous les mortels par une chaîne immense d’amour et de félicité : périssent les tyrans qui ont osé la briser !

Français républicains, c’est à vous de purifier la terre qu’ils ont souillée, et d’y rappeler la justice qu’ils en ont bannie ! La liberté et la vertu sont sorties ensemble du sein de la Divinité : l’une ne peut séjourner sans l’autre parmi les hommes. Peuple généreux, veux-tu triompher de tous tes ennemis ? Pratique la justice, et rends à la Divinité le seul culte digne d’elle. Peuple, livrons-nous aujourd’hui sous ses auspices aux transports d’une pure allégresse ! Demain, nous combattrons encore les vices et les tyrans ; nous donnerons au monde l’exemple des vertus républicaines, et ce sera l’honorer encore !

Robespierre parle devant la Convention Nationale

Robespierre parle devant la Convention Nationale

SECOND DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA CONVENTION, AU MOMENT OÙ L’ATHÉISME, CONSUMÉ PAR LES FLAMMES, A DISPARU, ET QUE LA SAGESSE APPARAÎT À SA PLACE AUX REGARDS DU PEUPLE.

Il est rentré dans le néant, ce monstre que le génie des rois avait vomi sur la France ! Qu’avec lui disparaissent tous les crimes et tous les malheurs du monde ! Armés tour à tour des poignards du fanatisme et des poisons de l’athéisme, les rois conspirent toujours pour assassiner l’humanité : s’ils ne peuvent plus défigurer la Divinité par la superstition, pour l’associer à leurs forfaits, ils s’efforcent de la bannir de la terre pour y régner seuls avec le crime.

Peuple, ne crains plus leurs complots sacrilèges ; ils ne peuvent pas plus arracher le monde du sein de son auteur que le remords de leurs propres cœurs ! Infortunés, redressez vos fronts abattus ; vous pouvez encore impunément lever les yeux vers le Ciel ! Héros de la patrie, votre généreux dévouement n’est point une brillante folie ; si les satellites de la tyrannie peuvent vous assassiner, il n’est pas enleur pouvoir de vous anéantir tout entiers !

Homme, qui que tu sois, tu peux concevoir encore de hautes pensées de toi-même ; tu peux lier ta vie passagère à Dieu même et à l’immortalité !  Que la nature reprenne donc tout son éclat, et la sagesse tout son empire ! l’Être-Suprême n’est point anéanti.

C’est surtout la sagesse que nos coupables ennemis voulaient chasser de la République : c’est à la sagesse seule qu’il appartient d’affermir la prospérité des empires ; c’est à elle de nous garantir les fruits de notre courage. Associons-la donc à toutes nos entreprises ! Soyons graves et discrets dans nos délibérations, comme des hommes qui stipulent les intérêts du monde ; soyons ardents et opiniâtres dans notre colère, contre les tyrans conjurés, imperturbables dans les dangers, patients dans les travaux, terribles dans les revers modestes et vigilants dans les succès ; soyons généreux envers les bons, compatissants envers les malheureux, inexorables envers les méchants, justes envers tout le monde ; ne comptons point sur une prospérité sans mélange et sur des triomphes sans obstacles, ni sur tout ce qui dépend de la fortune ou de la perversité d’autrui ; ne nous reposons que sur notre constance et sur notre vertu, seuls, mais infaillibles garants de notre indépendance ; écrasons la ligue impie des rois par la grandeur de notre caractère, plus encore que par la force de nos armes. Français, vous combattez les rois ; vous êtes donc dignes d’honorer la Divinité ! Être des êtres, auteur de la nature, l’esclave abruti, le vil suppôt du despotisme, l’aristocrate perfide et cruel t’outragent en t’invoquant, mais les défenseurs de la liberté peuvent s’abandonner avec confiance dans ton sein paternel !

Être des êtres, nous n’avons point à t’adresser d’injustes prières : tu connais les créatures sorties de tes mains ; leurs besoins n’échappent pas plus à tes regards que leurs plus secrètes pensées. La haine de la mauvaise foi et de la tyrannie brûle dans nos cœurs avec l’amour de la justice et de la patrie : notre sang coule pour la cause de l’humanité : voilà notre prière, voilà nos sacrifices, voilà le culte que nous t’offrons !

 

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