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Le Blog des Spiritualités

Le Blog des Spiritualités

Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses...


Charles Riandey, les juifs, les autres et... lui

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 7 Mai 2021, 07:30am

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #FrancMaçonnerie, #GLDF, #GLNF, #Riandey, #SCDF, #SCPLF, #REAA, #WW2

J'étais en train d'écrire un article sur François Collaveri (à paraître prochainement sur le Blog des Spiritualités) lorsque j'ai été amené à (re) lire le livre "Confession d'un Grand Commandeur de la Franc-Maçonnerie" de Charles Riandey (1892-1976).

Il s'agit d'un livre posthume, écrit en 1966 mais publié en 1989, donc bien après sa mort, par son thuriféraire idolâtre - Raoul L Mattei - dont j'ai également les ouvrages dans ma bibliothèque. Mattéi est bien le seul admirateur de Riandey !

Je ne me rappelais plus à quel point la lecture de Riandey est pénible ! Je comprends mieux pourquoi il n'a rien publié et pourquoi il n'est pas lu. C'est tout bonnement insupportable.

Le personnage est insupportable. Ce qu'il écrit est - sur le fond - une suite de poncifs sans intérêt. Ce type est tellement désagréable que l'on a envie de le contredire même s'il dit qu'il fait froid en hiver.

Il fait l'apologie de la maçonnerie traditionnelle et spiritualiste : Bien. Nous sommes d'accord. Mais il le fait avec une telle morgue, une telle suffisance, un tel mépris et un tel manque de fond que... l'on a honte d'être "d'accord" avec lui ! Sommes-nous d'ailleurs d'accord? J'en doute.

Il fait - de très loin - référence à de vrais rénovateurs de la Spiritualité et de la Tradition en Franc-Maçonnerie - Oswald With et Albert Lantoine (qui sont mes vrais maîtres) - mais en fait il en est à 10 000 lieux . Qu'il se réclame d'eux les abaisse. Et nous fait honte.

Mais tout d'abord en deux mots sur Charles Riandey pour celles et ceux qui (heureusement) ne le connaissent pas :

Né en 1892 (et mort en 1976), Charles Riandey, est initié à la Grande Loge de France à 25 ans en 1917, membre du Suprême Conseil de France en 1930, Grand Secrétaire de La Grande Loge de France en 1924, Grand Chevalier du Suprême Conseil de France puis Souverain Grand Commandeur en 1961,
nous a laissé ses mémoires, le livre dont je vous parle.

Ecoutons Riandey : 

"Un jour, au cours d’un échange d’idées sur divers mouvements de la pensée, il (son futur parrain - présentateur) me demanda si j’avais quelque lumière sur la Franc-Maçonnerie. Je ne savais rien, et je le lui dis, sinon que dans le milieu social auquel appartenait ma famille on professait plutôt de l’aversion pour la Franc-Maçonnerie que l’on considérait comme une entreprise diabolique". 

Tout Riandey est dans cette première phrase : Il est issu d'un milieu catholique ultra conservateur qu'il ne reniera jamais. Autre caractéristique de Riandey : Il veut se faire passer pour ce qu'il n'est pas. Lorsqu'il écrit "le milieu social auquel appartenait ma famille on professait plutôt de l’aversion pour la Franc-Maçonnerie" il laisse accroire qu'il fait partie de la (haute?) bourgeoisie parisienne alors que son père est... quincailler dans le 10ème arrondissement de Paris ! (Et je n'ai rien contre les quincaillers)!

Bref, autre caractéristique de Riandey, tout au long de son livre comme tout au long de sa vie : c'est un menteur, par action ou par omission. Nous le verrons plus tard en de multiples occasions.

Continuons de lire Riandey : Ma candidature fut posée par mon parrain à la Loge « Union et Bienfaisance », qui avait été créée en 1866 dans le Sud de Paris et dont mon parrain était le secrétaire. C'était en 1917. Je relevais tout juste moi-même des suites d’un sérieux accident de guerre (on ne saura jamais lequel... accident, pas "blessure") qui m’avait valu d’être réformé".

Il avance vite en ces temps où les frères sont relativement peu nombreux à la Grande Loge de France (Janvier 1919 : 6.318 membres, janvier 1920 : 7.849 membres, janvier 1921, 7.540 membres, janvier 1922, 8.104 membres et aout 1922 : 9.239 membres).

Il est Compagnon en 1918, maître en 1919. Vénérable Maître et député de la loge en le 15 novembre 1922. Grand Secrétaire Général de la Grande Loge de France de 1924 à 1927 puis de 1928 à 1931. 

Il fonde une loge "La Tradition Ecossaise" qui ne dure que deux ans, puis "Les Apprentis", avec Marcel Cauwel. Aucune de ces deux loges n'a survécu.

Riandey est initié au 4e degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1920 à la Loge de Perfection « La Perfection Ecossaise ». présidée alors par Jacques Maréchal, futur Souverain Grand Commandeur. Il est 14ème degré en 1921, 18ème degré, Rose-Croix en 1922 et en 1924 30ème degré, Chevalier Grand Elu Kadosch, à l’Aréopage "Lutétia", au Camp de Paris. En 1929 il est 33ème degré. Donc 12 ans entre apprenti et 33ème. Pas mal du tout.

Mais, pour Charles Riandey, un seul homme surnage sur ce marigot fétide constitué des frères de la Grande Loge de France, des Conseillers Fédéraux, des membres du Suprême Conseil et des Souverains Grands Commandeurs qu'ils l'ont précédé et qui le suivront : C'est évidemment Charles Riandey lui-même, l'Imperator.

"J’assistai, par conséquent, aux convents de 1922, 1923 et 1924. La fréquentation de ces convents fut loin de rehausser dans mon esprit l’idée que je me faisais de la Franc-Maçonnerie. (...) je constatai que le plus grand nombre de députés des Loges étaient ignorants des principes fondamentaux de l’institution, que les discussions étaient passionnées, désordonnées et qu’elles ressemblaient à des séances de la Chambre des députés, les sujets en discussion étant presque toujours abordés sous l’angle politique quand ils n’étaient pas purement politiques ou sociaux".

Il y a va à longueur de pages de ses commentaires peu amènes et des qualificatifs qu'il emploie qui vont de la simple diatribe jusqu'à l'injure ou l'insulte. Riandey, du haut de l'Olympe où siège sa majesté, est un grand insulteur. Vous trouverez au fil des pages quelques mots très fraternels : "ivrogne", "bon à rien", "nul", "traître", "incapable", "faignant"...

"Je n’entreprends donc pas de plaider la cause de Charles Riandey, car il en est nul besoin, mais de servir celle de la Vérité, ainsi qu’il l’a souhaité", écrit le pauvre Mattei dans sa préface.  Ah ça oui, à travers les lignes, souvent en filigrane, mais très souvent explicitement aussi, on la voit la vérité (avec un petit v) de Riandey et elle n'est pas belle à voir.

Nous voyons à chaque page avec quel mépris, arrogance, vanité, prétention il parle de ses frères de la Grande Loge ou du Suprême Conseil de France.

Charles Riandey

Deux exemples au hasard parmi des dizaines d'autres  : Maurice Monier, Grand Maître de la Grande Loge de France et Jacques Maréchal, futur Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil.

Par exemple lorsqu'il parle de Maurice Monier : "En 1924, le Grand Maître de la Grande Loge de France était Maurice Monier. C’était un homme du Nord (de Douai), de taille moyenne, assez gros, au cheveu rare, sauf une couronne rousse, et avec une belle barbe également rousse. Intelligent, fin, passablement cultivé, il était, de plus, roublard". Ou "Le Grand Maître Maurice Monier qui était, malgré ses incontestables qualités, un grand paresseux...", ou "J’ose dire, toute modestie bannie, qu’au terme de la première année de mes fonctions de Grand Secrétaire Général, je m’étais placé en situation de gouverner effectivement la Grande Loge de France, d’autant plus facilement que, comme je l’ai dit, le Grand Maître Maurice Monier limitait, par sa paresse, sa propre autorité" ou "il donnait généralement pour excuse les souffrances que lui occasionnait une soi-disant sciatique qui se prolongeait outre mesure. Je savais ce qu’il en était et je savais aussi où le trouver. Bien qu’il habitât en célibataire un appartement dans l’immeuble de la rue des Dames, qui est juste au bout de la rue Puteaux, il était rarement chez lui. (...) je me rendis où j’étais certain de le voir, à la brasserie dont je viens de parler. Je l’y trouvai, en effet, ce soir-là comme d’autres, attablé seul derrière une pile de soucoupes. Homme du Nord, il buvait beaucoup de bière, ce qui n’était pas fait pour réduire son embonpoint. Il vidait chaque fois six ou sept demis de bière dans une sorte de béatitude extatique".

Par exemple lorsque il parle de Jacques Maréchal, futur Grand Commandeur :

Il parle d'une séance du Suprême Conseil "en présence d’un certain relâchement qui s’y faisait sentir, et auquel Jacques Maréchal n’était pas étranger" ou "En fait de manœuvres, j’appris plus tard que Jacques Maréchal s’y adonnait avec un certain plaisir malsain" ou encore "René Raymond n’aimait pas Jacques Maréchal, Lieutenant Grand Commandeur. Il n’avait pas de contact avec lui. Ainsi, la charge de Jacques Maréchal se réduisait à presque rien, Il disait lui même n’être qu’un soliveau. De son côté, il détestait René Raymond". Ou " Il pensait que Maréchal, s’il devenait Grand Commandeur réduirait à néant l’œuvre qu’à la suite de son père René Raymond avait poursuivie pour assurer au Suprême Conseil de France, le deuxième en ancienneté dans le monde, le prestige qui devait être le sien parmi tous les Suprêmes Conseils". 

Il est clair que pour Charles Riandey un seul homme est capable d'assurer le prestige du Suprême Conseil de France dans le monde : Charles Riandey lui-même.

« Maréchal avait un fils, Georges, véritable nullité, aussi bien dans la vie qu’en Maçonnerie, qu’il voyait avec des yeux attendris, qu’il chérissait avec une absence totale de clairvoyance et dont il s’était mis dans la tête de faire son successeur comme Grand Commandeur.

Mais Georges Maréchal était tellement nul qu’il n’eût jamais accédé au 18e degré si son père n’avait fait créer un chapitre« Viennet », uniquement composé d’amis personnels, pour obtenir de ceux-ci qu’ils admettent Georges au 18e degré. Il alla jusqu’à le faire élire Président de ce chapitre, lui dictant d’instant en instant ce qu’il devait faire en cette qualité, lui écrivant les allocutions qu’il devait prononcer. Cependant, Georges Maréchal n’eût pas été élevé au 30e degré si sa candidature avait été posée à l’aréopage « Lutétia ». Jacques Maréchal, Grand Commandeur, conçut l’idée de renouveler au niveau du 30e degré, le haut fait qu’il avait commis au 18e. Il voulut faire créer un nouvel aréopage, encore composé de ses amis, et de quelques-uns qui ambitionnaient des grades ou des postes et qui comptaient sur Maréchal pour être satisfaits, pour faire admettre Georges au 30e degré.

Bittard résista tant qu’il put. Mais à la fin, Maréchal se fâcha et intima à Bittard l’ordre de faire le nécessaire. Ainsi fut créé l’aréopage « Paris » dont la présidence fut confiée à Gallié, avocat en retraite, tournant au gâtisme, ne connaissant à peu près rien de la Maçonnerie, et ne sachant parler que du temps où il avait été délégué au Bureau international du travail auprès d’Albert Thomas, à Genève, à l’époque de la Société des Nations, c’est-à-dire dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale.

Le jour même de l’installation de l’aréopage « Paris », Georges Maréchal y fut élevé au 30e degré, avec deux ou trois autres de son acabit nommés pour qu’il ne fût pas seul et pour que l’opération ne parût pas avoir été réalisée dans le seul but de promouvoir Georges.

Sous la conduite de Gallié, cet aréopage ne pouvait que végéter misérablement. Tous les efforts de Jacques Maréchal qui tentèrent de nourrir cet atelier en recrues de meilleure qualité échouèrent ».

Comme vous le voyez, Riandey ne manie bien que la médisance. Car, je le crois profondément Riandey est avant tout un aigri. Aigri car il n'a pas eu la carrière qu'il pensait devoir avoir. Il se voyait - compte-tenu de ses brillantes capacités (sic) - au minimum Préfet, voire Sénateur ou Ministre... Il n'en fut évidemment rien.

Sauf que, lorsqu'on le lit, il ne doit rien à personne et tout le monde doit tout à Charles Riandey. Evidemment...

Fonctionnaire ou, comme il se définit lui-même dans ses mémoires, « demi-haut fonctionnaire » autodidacte il occupe les fonctions de secrétaire général de la Mairie du 12ème arrondissement de Paris.

Lisons le : " "J’étais depuis le début de 1937, Secrétaire général du 12e arrondissement de Paris. J’y restai jusqu’au 4 novembre 1941. Je narrai, dans une note, comment et pourquoi je quittai ces fonctions pour passer cinq semaines seulement à la Direction de l’architecture et de l’urbanisme de la préfecture de la Seine  avant d’être nommé, le 15 décembre 1941, Secrétaire général du 18e arrondissement. En janvier 1942, j’habitais encore à la mairie du 12e. J’attendais que fût libéré l’appartement qui devait être le mien à la mairie du 18e. Du 15 décembre 1941 au milieu de mars 1942, j’ai donc fait chaque jour, aller et retour, le trajet entre les deux mairies."

Nous verrons que - pour un spiritualiste il s'occupe toujours très bien - en ce qui le concerne - des choses matérielles.

Alors que la plupart des fonctionnaires francs-maçons (et surtout des responsables et dignitaires comme lui) sont purement et simplement limogés de la fonction publique après les lois de Vichy de juillet 1940 sur les sociétés secrètes et la publication de la loi du 11 août 1941, bizarrement Riandey est simplement rétrogradé.

Mieux, il est nommé aux mêmes fonctions de secrétaire général à la mairie du 18ème arrondissement de Paris le 15 décembre 1941 grâce à Mgr Beaussart, évêque auxiliaire de Paris, et au provincial des jésuites qui sont intervenus en sa faveur.

Quelques jours plus tard, une perquisition a lieu à son domicile. « L'inspecteur me remit... l'ordre de me présenter en personne au square Rapp, huit jours plus tard, porteur d'un résumé de mon activité maçonnique », écrit-il.

Bizarrement encore il est reçu personnellement par le directeur du Service des Associations Dissoutes, l'inspecteur de police français S. Moerschel. Riandey il lui remet le résumé daté du 29 janvier 1942 dans lequel on peut lire: « J'ai combattu avec beaucoup d'autres au prix de pénibles épreuves, l'envahissement de la maçonnerie par les juifs. » Je le reproduis ci-dessous.

Car - avant de reprendre la "carrière" de Riandey, voyons sa vraie obsession : sa lutte contre l'envahissement des juifs dans la Franc-Maçonnerie.

Voyons tout d'abord une anecdote que raconte Riandey et qui date de 1929 - 1930.

Résumons : Un frère de la Grande Loge de France, dénommé Bernard, avait été mis en garde contre l'antisémitisme de Riandey par une autre frère (quelques frères s'étaient tout de même rendu-compte de l'aversion que Riandey avait à l'égard des juifs). Ne pouvant le croire il organise un rencontre avec Charles Riandey. 

Lisons avec quels termes Riandey rend compte de cette "confrontation" et combien il est heureux de la "petite leçon" qu'il donne aux "israélites". C'est Riandey qui parle :

« A l’une de ces tenues s’était égaré un jour un membre de la Loge « Union et Bienfaisance », un israélite qui avait obtenu le changement de son vrai nom par décret. Son vrai nom était bien sûr difficile à porter : Juda. Il était devenu, sans beaucoup d’imagination : Bernard.

Bernard avait été admis à « Union et Bienfaisance et il affichait à mon égard une estime qui me déplaisait parce que je la jugeais outrancière ».

« A ce rendez-vous Bernard exposa, devant les autres, l’objet de la visite, me priant de dire si oui ou non j’étais antisémite. J’expliquai qu’étant Maçon et considérant, par conséquent, toutes les races humaines avec un même sentiment, je n’étais pas antisémite, mais que j’étais antiprosémite.

Faisant appel à l’Histoire, j’exposai qu’une cinquantaine d’années auparavant il n’y avait pas, ou à peu près pas d’israélites en Maçonnerie et qu’au début du siècle la France subit le choc de l’affaire Dreyfus; que la Maçonnerie prit position à l’occasion de cette affaire, non pas parce que Dreyfus était juif, mais parce qu’en la personne de Dreyfus un déni de justice avait été commis; que les efforts de la Maçonnerie, joints à ceux d’autres organisations comme la Ligue des Droits de l’Homme et aux campagnes d’une partie de la presse avaient abouti à la révision du procès et à la réhabilitation du condamné ; que les israélites avaient alors tourné leurs regards vers la Maçonnerie en laquelle ils ont vu, frappés comme ils l’étaient d’un ostracisme par une large portion de l’opinion publique française, un outil de défense qui avait fait ses preuves ; qu’ils y étaient venus en nombre croissant jusqu’à l’envahir au point qu’on ne l’appelait plus la Maçonnerie mais la JudéoMaçonnerie; que c’était une erreur de leur part, car, si une nouvelle affaire Dreyfus éclatait, la Maçonnerie ne pourrait plus mener l’action efficace passée parce qu’on dirait que les juifs se défendent eux-mêmes. En bref je dis que j’étais adversaire d’une mainmise sur la Franc-Maçonnerie par les juifs - c’était ce que j’appelais être antiprosémite - comme je le serais d’une tentative de même espèce par les protestants ou par les catholiques et qu’il était déjà assez déplorable que la Maçonnerie se fût liée, trente années auparavant, avec le parti radical et qu’elle soit, à l’époque où nous étions, en voie de se lier au parti socialiste ».

« Après cette petite leçon, mes interlocuteurs de « La Montagne » se tinrent cois. Je ne comptais alors qu’une bonne douzaine d’années d’appartenance à l’Ordre, mais mon orientation était fixée déjà ne varietur ».

Oh oui, son orientation ne changera pas : Riandey déteste les juifs, la République, la Démocratie, les Radicaux et les Socialistes. Et ils les détestera tous jusqu'à la fin de sa vie. En cela il lui faut reconnaître une certaine constance.

Aujourd'hui les antisémites disent : "Je ne suis pas antisémite, je suis antisioniste". Riandey avait inventé un mot qui veut dire la même chose : Antiprosémite....

Mais revenons au mois de janvier 1942 et sa visite au square Rapp. Il met en annexe de son livre la  déclaration qu'il laisse. Notons que Riandey entre et sort comme il veut du square Rapp. Pour d'autres maçons - dont Wirth et lantoine ... - ça ne s'est pas passé de la même manière.

Là encore lisons Riandey, c'est édifiant :

ANNEXE N° 1
NOTE sur mon activité maçonnique (de Charles Riandey)
(établie à la demande du Service des Associations secrètes à la préfecture de Police (square Rapp)

J’ai appartenu pendant vingt-trois ans à la Franc-Maçonnerie de Rite Ecossais. J’ai été élevé, au cours des treize premières années, du 1er degré au 33e, sans avoir jamais sollicité une seule promotion. J’ai occupé les postes les plus divers, sans jamais avoir fait acte de candidature, depuis celui de couvreur en Loge bleue jusqu’à celui de Chancelier-adjoint du Suprême Conseil de France.

J’ai été, de 1925 à 1931, Secrétaire général de la Grande Loge de France.

J’ai appartenu à cinq Loges bleues, à deux Loges de perfection, à deux chapitres, à deux aréopages. Dans tous ces ateliers j’ai tenu à peu près tous les offices.

J’ai connu tous les rouages, participé à toutes les activités du Rite Ecossais en France pendant les vingt dernières années.
J’ai représenté la Grande Loge de France à l’Association maçonnique internationale. J’ai été chargé de plusieurs délégations ou missions à l’étranger, notamment en Suisse, en Allemagne, en Belgique et en Hollande.

Jamais, pas une seule fois, je n’ai constaté une entreprise, une tentative, une velléité qui fût en contravention avec la loi française, jamais une seule qui permît de qualifier le Rite Ecossais d’association secrète. Rien de blâmable qu’on eût l’intention de dissimuler.

Pour obéir à sa tradition initiatique, à son symbolisme, la Maçonnerie gardait à ses cérémonies, à ses rites, le caractère, l’apparence du mystère. Cependant toutes les délibérations de ses convents (je parle du Rite Ecossais, le seul que je connaisse) ont été publiées et toutes ces publications ont été remises au Dépôt légal, conformément à la loi.

Le Rite Ecossais a eu sans doute bien des défauts, a commis certainement bien des erreurs, comme toutes les institutions humaines sans exception. Je ne me suis pas privé de les critiquer, durement, plus durement que n’a pu le faire aucun de ses adversaires. Jamais je n’en ai été empêché. Il a été pour moi, comme pour tous ceux qui ont su comprendre ses méthodes, une forte école, la plus forte que j’aie connue, de foi dans la vie, de pensée et de caractère. J’ai vis-à-vis de lui une immense dette de reconnaissance. Il a fait de moi un homme, au sens plein comme au sens noble du mot. Il m’a permis, il m’a facilité un libre et total épanouissement de ma personnalité. Il m’y a incité. Il a affermi en moi le sens de mes responsabilités sociales et ma conscience professionnelle.

Je n’ai jamais subi aucune pression ; je n’ai jamais bénéficié d’aucune faveur. Ma situation administrative, je la dois exclusivement à mon travail et aux concours que j’ai passés.

Ce disant, je n’entends pas défendre l’Ordre Ecossais. Je rends hommage à la vérité que ses enseignements profonds m’ont appris à servir en toutes circonstances.

Pendant tout le temps que j’ai appartenu à la Maçonnerie écossaise, j’ai lutté sans trêve dans son sein pour qu’elle ne sortît pas des voies que lui assignaient son caractère initial et ses traditions, afin qu’elle pût continuer d’être, pour tous ceux de sens droit qui en étaient dignes, une école d’hommes ; pour qu’elle pût exercer, par leur intermédiaire, une action bienfaisante sur la société, une action de rapprochement des hommes et des institutions ; j’ai combattu l’anticléricalisme imbécile, fratricide, car j’ai toujours pensé que la vague de matérialisme déferlant sur le monde était aussi menaçante pour l’Eglise que pour la Franc-Maçonnerie, toutes deux dépositaires des principes de notre civilisation, lesquels tiennent essentiellement dans l’élévation des esprits et des âmes et dans leur liberté.

J’ai toujours cherché à exalter catholiques et Francs-Maçons vers un renouveau, un rajeunissement de leur fonds commun spirituel, afin que notre civilisation ne mourût pas d’inanition et que la France pût tenir dans le monde la place et le rôle que lui assigne son génie propre. Je m’honore de m’être trouvé en communion sur ce point avec bon nombre de gens d’Eglise et de laïques.

J’ai combattu, avec beaucoup d’autres, au prix de pénibles épreuves, l’envahissement de la Maçonnerie par les juifs, non pas par antisémitisme primaire, mais parce que la Maçonnerie, ouverte à tous les hommes de bonne volonté, quelles que fussent leurs opinions ou leurs croyances, ne devait devenir le champ d’expériences ou le champ d’action d’aucune secte, d’aucune confession, d’aucun parti, d’aucun particularisme.

Je me suis opposé inlassablement, et pas toujours en vain, à toute partie liée de la Maçonnerie et de la politique, parce que la Maçonnerie n’était pas faite pour cela et que c’était trahir sa mission que de la mêler à des bagarres de partisans dans lesquelles elle ne pouvait que déchoir et succomber.

Mes efforts dans ces divers domaines n’ont certes pas produit tous les résultats que j’en espérais. Ils m’ont toutefois permis de découvrir des hommes de réelle qualité et de grande valeur, animés de vaillance et de foi, auxquels me lie une solide amitié, dont les esprits sont ouverts aux novations indispensables et qui, depuis, se sont donnés, avec ardeur, à l’œuvre de reconstruction.

Au surplus, les documents et travaux saisis chez moi, si l’on veut bien en prendre connaissance, apporteront le témoignage nécessaire à ce que j’expose, et en particulier le travail inachevé, interrompu par la guerre, sur les réformes à introduire dans la doctrine, dans les méthodes et dans l’action de la Franc-Maçonnerie écossaise; en particulier aussi les "Principes d’une Révolution française" que j’ai rédigés en 1933 et 1934 pour les Nouvelles Equipes et qui ne sont rien moins que les principes mêmes d’une véritable révolution nationale.

Enfin, les attestations reçues quant à mon comportement dans la vie sociale, plus spécialement dans mes fonctions de Secrétaire général de la mairie du 12e et de Délégué du Secours national pour le 12e arrondissement, prouveront qu’il ne s’agissait pas là seulement pour moi d’une attitude d’esprit, mais bien d’une réalité vivante et que, sur la base de cette formation et de ces principes, j’ai travaillé et je travaille dans ma sphère, de toutes mes énergies, au relèvement de la France, dans un ordre renouvelé, et en fonction des nécessités générales de notre époque.


Paris, le 29 janvier 1942.
Charles Riandey

 

Quelle belle profession de foi Maréchaliste, collaborationniste et en faveur d'un Ordre Nouveau, celui de la Révolution Nationale, de Pétain, Laval, Déat, Doriot et de tous les autres...

"Principes d’une Révolution française" que j’ai rédigés en 1933 et 1934 pour les Nouvelles Equipes et qui ne sont rien moins que les principes mêmes d’une véritable révolution nationale" Charles Riandey

Vous voyez bien le caractère odieux de ce texte. Insupportable.

La différence entre :

"J’ai toujours cherché à exalter catholiques et Francs-Maçons vers un renouveau, un rajeunissement de leur fonds commun spirituel, afin que notre civilisation ne mourût pas d’inanition "

et

"J’ai combattu, avec beaucoup d’autres, au prix de pénibles épreuves, l’envahissement de la Maçonnerie par les juifs, non pas par antisémitisme primaire...".

Oui Riandey n'est pas un antisémite primaire mais bien un antisémite secondaire ! Et c'est encore pire !

"Combattre l'envahissement de la maçonnerie par les juifs" : mais quels mots terribles !

Surtout pour un franc-maçon de Rite Ecossais Ancien et Accepté où l'on sait l'importance de la référence au judaïsme et spécifiquement pour le REAA la composition du 1er Suprême Conseil de Charleston avec un nombre important de juifs (4 sur 9). En cela comme en tout Riandey est paradoxal... Je pense vraiment qu'il n'avait rien compris à la spiritualité du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ni sur la forme, ni sur le font.

D'ailleurs dans ses "Confessions d'un Grand Commandeur", Riandey ne cite jamais, pas une seule fois Adolphe Isaac Crémieux qui symbolise à lui seul tout ce qu'il abhorre : Un Républicain, grand intellectuel, un homme politique brillant, Radical, figure incontestable qui va prononcé l'éloge funèbre de son ami l'abbé Grégoire...  Crémieux est non seulement juif mais il est la voix du judaïsme français durant 50 ans. Il est même Président de l'Alliance Israélite Universelle. Et cet homme exceptionnel là, Adolphe Crémieux est Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, organisateur du Convent de Lausanne de 1875 qui va mettre en avant l'obligation de croire en un "Principe Créateur", interprétable par tous.

Petit détail encore : Riandey indique être le délégué du Secours National pour le 12ème arrondissement de Paris.  Un décret, en date du 23 juillet 1940, attribue à l’organisme le produit de la liquidation des biens des Français déchus de leur nationalité. Le décret du 4 octobre 1940, lendemain de la promulgation du premier statut des Juifs, place le Secours national sous la haute autorité du maréchal Pétain. Le Secours National, puissant instrument de propagande, prend une importance croissante au fil des années de la collaboration. Il a le monopole des appels publics à la générosité, et bénéficie de subventions de l’État et des collectivités locales. Le produit de la loterie nationale lui est attribué à partir d’octobre 1940.

Il agit aussi sous le nom d'« Entraide d'hiver du Maréchal » (l'Allemagne nazie avait à partir de 1933 le « Winterhilfswerk »; les Pays-Bas occupés eurent le « WinterHulp »).

En 1944, après la Libération, il devient l’Entraide française qui disparaîtra en 1949.

Alors on aurait pu penser que Riandey "jouait double jeu" ou qu'il "disait ce que les services antimaçonniques voulaient entendre".

Malheureusement cette version ne colle pas avec des événements qui se sont passés une année plus tard, en 1943, mais dont Riandey ne parle pas dans ses mémoires. Et pour cause ! Ce que Riandey a fait est accablant, honteux. Inadmissible. Intolérable.

Dans le dos du Souverain Grand Commandeur René Raymond, il va entamer des négociations à distance avec Pierre Laval - par l'entremise du Révérend Père-Berteloot - pour la création d'une maçonnerie catholique et Maréchaliste - et donc enfin débarrassée des juifs - , compatible avec le régime de Vichy. Il va se faire aider en cela par Marcel Cauwel qui - repentant - donnera des éléments de preuves tangibles de ces tractations honteuses et déshonorantes avec l'ennemi à Joannis Corneloup qui les publiera dans son livre "Histoire et cause d'un échec", publié aux Éditions maçonniques de France en janvier 1976.

Le 19 mars 1943, cet odieux personnage qu'est Riandey écrit au père Bertheloot en pensant à une éventuelle défaite de l'Allemagne (qui apparaissait probable après la défaite allemande à la bataille de Stalingrad 17 juillet 1942 au 2 février 1943)  : "il faut évidemment prévoir une période troublée car les profiteurs et les juifs reprendront du poil de la bête".

Les lettres de Cauwel et de Riandey sont tout bonnement accablantes...

Riandey va - comme beaucoup - "faire de la Résistance" fin 1943 quand il sentira que le vent tourne....

 

Extraits de "Esotérisme, gnoses & imaginaire symbolique: mélanges offerts à Antoine Faivre", publié en 2001 chez Peeters (Belgique).

Comme nous le voyons ces lettres sont accablantes et même pire que cela...

Et Riandey s'y révèle non seulement un traître à l'Ordre qu'il est censé servir - l'Ordre Ecossais - puisqu'il propose même de "le fondre" dans l'église catholique (d'en faire un ordre religieux catholique?) au mépris de ses frères protestants, orthodoxes, juifs, musulmans, agnostiques dont il n'a que faire.

D'ailleurs Riandey n'a que faire de rien sauf de lui-même.

Nous voyons que Riandey est un menteur : Comment ose-t'il écrire que les principes de l'église catholique sont "conformes d'ailleurs à ceux élaborés par le Grand Convent Ecossais de Lausanne en 1875, qui a affirmé la croyance en Dieu et en l'immortalité de l'âme" ? Alors que - comme nous l'avons vu plus haut, c'est exactement le contraire de ce qui est dit à Lausanne !

Mais il va toujours plus loin dans l'ignominie (si cela était encore possible) dans son livre écrit, je le rappelle, en 1966. Car, pour lui,  si les maçons sont persécutés pendant la Guerre par les collabos de Vichy et par allemands c'est de la faute... des francs-maçons eux-mêmes (et pas de leurs bourreaux nazis et vichystes)  .

Là-encore lisons Riandey : "Malheureusement, quatre années allaient s’écouler pendant lesquelles un voile d’oubli s’étendrait sur ces œuvres commencées, où les Loges seraient fermées et les Maçons dispersés, où les temples mêmes seraient profanés, beaucoup plus qu’ils ne l’avaient été par les Maçons eux-mêmes, où la Maçonnerie aurait à payer le prix de ses erreurs et déviations passées, car elle allait être traitée comme une vulgaire association marginale de formations politiques honnies, alors que si elle avait été ce qu’elle aurait dû être, une institution visant à la seule élévation spirituelle de ses adeptes, elle n’aurait peut-être pas eu à souffrir, à travers ses membres, les humiliations, vexations et tracas qui allaient être infligés à ces derniers."

Bien sûr que si la Maçonnerie avait été ce que lui voulait qu'elle soit : Catholique, réactionnaire, antidémocratique, vichyste et collabo, elle n'aurait "peut-être pas" souffert (mais même ça c'est pas sûr).

Le Maréchal Pétain, encore plus antimaçon qu'antisémite (c'est peu dire !) interdit à Pierre Laval d'aller plus loin avec ces francs-maçons honnis. Et les négociations s'arrêtèrent là, mais pas du fait de Riandey...

Il n'y a que certains maçons qui pensent que l'extrême-droite au pouvoir fait le tri entre "les bons maçons" et les "mauvais maçons", mais ça ce n'est que de l'utopie. L'extrême-droite les persécute tous sans distinction. Et Riandey l'apprendra à ses dépends. Mais trop tard. Et surtout, il ne reniera jamais ses idées "antiprosémites", ni tout simplement antisémites, anti républicaines et anti démocratiques.

Il poursuit en minimisant toujours la répression antimaçonnique de Vichy : "Les poursuites exercées contre les Maçons par les services antimaçonniques ne prirent jamais la forme de violences contre les personnes. Nul ne fut ni exécuté ni emprisonné. Les services n’allèrent pas au-delà de la privation de situation appliquée à des fonctionnaires civils ou de police et à des militaires." Ce qui est faux !

L'attitude honteuse de Riandey ne peut faire oublier que la Grande Loge de France fut bien l'obédience majeure de la Résistance avec des frères comme Pierre Brossolette (qui se suicide dans les locaux de la Gestapo à Paris pour ne pas livrer ses camarades) , Félix Eboué (qui donne son premier territoire à la France Libre, le Tchad, puis l'Afrique Equatoriale Française), Michel Dumesnil de Gramont (Grand Maître de la Grande Loge de France, Résistant membre du réseau Libération Sud avec Lucie et Raymond Aubrac ou Emmanuel d'Astier de la Vigerie, membre de l'Assemblée d'Alger, qui obtint en 1943 du Général de Gaulle le décret rétablissant la Franc-Maçonnerie dans ses droits), José Roig (républicain espagnol, fusillé en 1941, membre du réseau Patriam Recuperare), Georges Chadirat (futur Grand Maître de la GLDF, résistant), Edouard Gamas (Chef de réseau de résistance à Bordeaux, déporté), François Collaveri (Résistant, qui met les archives de la GLDF à l'abri) et des centaines d'autres !

Charles Riandey, sentant le vent tourner, s'engage tardivement dans la Résistance. Il est arrêté par la Gestapo le 14 juin 1944 et déporté le 21 août à Buchenwald.. Il rentre en France en avril 1945.

Il reprend son poste de secrétaire général de la mairie du 18ème arrondissement de Paris.

Le 10 novembre suivant, lui qui déteste tant les socialistes, devient chef de cabinet du ministre - socialiste -  André Le Troquer pendant deux ans, à l'Intérieur puis à la Défense. C'est à se demander si à l'époque on vérifiait sérieusement les CV...

Et puis Riandey n'est pas à un paradoxe près... Surtout lorsque cela sert ses intérêts particuliers et pécuniers et flatte son ego toujours aussi démesuré... Il est drôle de penser que le poste professionnel le plus important qu'il n'a jamais eu de sa vie est d'être le collaborateur d'un ministre socialiste... Compte-tenu de ses opinions toujours réaffirmées... 

Il dit (de façon amusante pour nous qui connaissons le personnage et ses mensonges) avoir refusé plusieurs postes de Préfet (qu'évidemment personne ne lui a jamais proposé...) pour devenir... Directeur du service logement de la Préfecture de Paris le 1er janvier 1947. . Evidemment entre Préfet et chef du service logement on choisi le deuxième...

Le 30 septembre 1951, il prend sa retraite et sera désormais appointé par les Laboratoires Roger Bellon dont le propriétaire - et frère - Roger Bellon (1905-1974) avait été déporté avec lui à Buchenwald.

Lisons Riandey raconter l'histoire : "J’estimai avoir donné assez de moi à l’administration et, ayant atteint un nombre d’annuités tel que j’avais droit à une pension de retraite maximale, je prêtai l’oreille aux propositions que me fit mon ami Roger Bellon de le seconder au laboratoire qui porte son nom".

Lui qui écrit partout ne s'être jamais servi de la Maçonnerie dans sa carrière... ne s'est servi que d'elle !

"Spiritualiste" et "antimatérialiste", mais avaricieux, Il n'est soi-disant aucunement attaché aux choses matérielles mais un sou et un sou ! Et nous voyons bien que - lorsque c'est pour lui - il sait compter !

Oui il est ébloui par la majesté du Rite Ecossais aux USA : " Cette « House of the Temple » est un édifice grandiose aux proportions telles qu’il est comparable en importance à la Madeleine à Paris. On accède au corps principal, des quatre côtés de celui-ci, par des marches en pierre, larges. Dans les marches de la façade, sur la XVle rue N.W. sont incrustées des lettres en bronze énonçant que l’édifice est consacré au Rite Ecossais Ancien et Accepté. C’est magistral et impressionnant.
La première salle dans laquelle on entre est de vastes dimensions en longueur, en largeur et surtout en hauteur. D’énormes colonnes en marbre y sont dressées qui montent jusqu’au plafond à une quinzaine de mètres du sol. Le cabinet du Grand Commandeur est majestueux. Le Secrétariat est installé dans plusieurs pièces également très spacieuses et pourvues du maté riel de bureau et des classeurs les plus modernes
".

Ebloui par les paillettes des grandes cérémonies maçonniques américaines - où il est reçu avec sa femme - il consacre des pages à les décrire et à nous dire combien il les apprécie. Bref, le chef du service logement de la Préfecture n'est pas insensible au bling-bling.

"La veille de l’ouverture de la session, il y eut un grand dîner d’environ huit cents couverts servi dans un restaurant du port de pêche de Providence situé à une trentaine de miles de Boston. Les convives étaient répartis par douzaines autour de tables rondes. Je fus placé, ainsi que ma femme, à la table présidée par Bushnell, en compagnie de madame Bushnell, de Luther Smith et madame, de Hofman et de Félix Lenhart. Bittard enrageait qu’on lui eût préféré Lenhart et d’être relégué à une autre table. Mais Lenhart a, depuis tant d’années, agi de telle façon, à travers tous les Etats-Unis, qu’il est aimé et considéré partout comme un ami sûr et droit".

Fidèle à lui-même, Riandey ne peut s'empêcher de lancer une vacherie au frère Henri Bittard...

Le représentant des laboratoires Roger Bellon n'hésitera jamais non plus à vanter les qualités des produits de la firme pour laquelle il travaille auprès de ses frères américains...

Il essaie en France de rendre la pareille et organise - aux frais des frères français - de somptueuses réceptions à la gloire.... de Charles Riandey...

Pour terminer ce portrait, il convient de dire qu'en 1965 - après une crise majeure qui coûtera entre 800 et 1000 frères à la Grande Loge de France - il sera démis de ses fonctions de Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France par ses pairs du Suprême Conseil.

Il se fera ré initier franc-maçon par le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), obédience maçonnique qu'il rejoint, et fonde le "Suprême Conseil pour la France" avec une patente du Suprême Conseil de Hollande.

C'est par cette "trahison" que Riandey est entré dans l'histoire de la Franc-Maçonnerie. Sinon il ne resterait rien de lui tellement le personnage est peu attirant. Il pense avoir du panache et ce n'est que de l'arrogance. Décidément il a bien peu de chose pour lui...

Vaniteux, arrogant, prétentieux, égotique, envieux, méprisant, médisant, menteur, antisémite (pardon ; "antiprosémite" - sic), intéressé, cupide, radin (enfin, pardon bis : généreux avec l'argent des autres), reniant ses serments, ses frères, sa Grande Loge et son Suprême Conseil, bafouant une à une toutes les valeurs prônées en vrai par le Rite Ecossais Ancien et Accepté, tel est le véritable portrait de Charles Riandey. Et les efforts de Raoul L Mattei et de quelques thuriféraires n'y pourront rien changer.

Je ne voudrais pas qu'en parlant trop longtemps de cet épisode malheureux et douloureux de 1965, on pense que je voudrais aujourd'hui "dire du mal" de la GLNF qui est une obédience éminemment respectable où je compte de très nombreux amis. Idem en ce qui concerne l'Alliance et le Suprême Conseil pour la France de 2021. Pas d'anachronisme.

Et pour ceux qui voudraient connaître la véritable histoire de la Grande Loge de France, du Suprême Conseil de France et du Rite Ecossais Ancien et Accepté, plutôt que les "Confessions" de Riandey, je vous recommande vivement la lecture de la "Confession" de Claude Collin, dans son livre intitulé "Origine et Gouvernance du Rite Ecossais Ancien et Accepté par un Grand Commandeur" paru il y a peu aux éditions "Le Mercure Dauphinois" dont je vous parlerai plus en détail dans un article à venir sur le Blog des Spiritualités.

Ce livre est préfacé par Jacques Rozen, actuel Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, qui a succédé à Claude Collin en 2018.

Jean-Laurent Turbet

 

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Quelles que soient mes responsabilités - ou non -  présentes ou futures dans une organisation, les propos tenus dans cet article comme dans tous les articles de ce Blog, sont exclusivement des opinions personnelles qui n'engagent que moi.

Je rappelle simplement que la liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dispose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

« Jurez-vous, de plus, d’obéir fidèlement aux chefs de notre Ordre, en ce qu’ils vous commanderont de conforme et non contraire à nos lois ? » (Extrait du Serment prêté par chaque franc-maçon lors de son initiation).

Jean-Laurent Turbet

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