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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


RPMF : Des réponses aux rumeurs qui font peur !

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 15 Février 2013, 18:20pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #GLDF, #CMF

gadlu3.jpgLa recomposition du paysage maçonnique français (RPMF), qui est en train de se faire sous nos yeux, appelle des questions tout à fait légitimes, mais – il faut bien le dire aussi – notamment au sein de la blogosphère, des commentaires farfelus, des rumeurs, des idées fausses, bref, une peur infondée qu’il semble bien que l’on soit en train d’organiser.

Qu’en est-il vraiment ? Le processus est en effet à la fois simple et complexe, ce qui nécessite quelques réflexions, non pas pour dénigrer ou pour tenter d’enrailler ce processus – comme cela se fait trop souvent, mais pour tenter de comprendre.

Tout d’abord nous parlons de recomposition du paysage maçonnique français. Ce qui veut bien dire que ce paysage existe. Dans sa richesse et dans sa diversité. Avec son Histoire, avec ses histoires aussi.

Ce qui a modifié considérablement ce paysage maçonnique français ce sont les trois ans de crise interne à la Grande Loge Nationale Française (GLNF), seule obédience qui était reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre (GLUA) depuis 1913, ainsi que par les grandes loges européennes et américaines. Cette crise a abouti au retrait de reconnaissance de ces obédiences, et de la GLUA en particulier, le 12 septembre 2012.

Sans attendre, cinq Grandes Loges européennes, dans une déclarationsignée à Bâle le 10 juin 2012, demandaient à la Grande Loge de France d’être l’obédience française organisatrice du retour de la France dans la Fraternité Maçonnique Universelle.

La Grande Loge de France prit alors les contacts nécessaires avec quatre autres obédiences françaises (GLTSO, LNF, GL-AMF, GLIF) pour organiser un projet de confédération des grandes loges régulières françaises. Projet décrit dans une déclaration des cinq Grandes Loges Françaises du 18 décembre 2012. Le 31 janvier 2013, la cinq obédiences publiaient un communiqué par lequel elles informaient de la création de tenues communesentre elles.

- De la régularité :

Pourquoi la GLDF a-t-elle été choisie par la cinq Grandes Loges européennes ? Tout simplement car elle travaille depuis sa création ou presque, avec les critères de Régularité de la Franc-Maçonnerie traditionnelle Universelle.

Et les autres obédiences qui formeront cette confédération travaillent également, lors de leurs tenues initiatiques, avec cette même Règle.

bibleetlumieres.jpgC’est bien pour cela que les cinq obédiences françaises, sous la direction de la GLDF, ont choisi de s’assembler. Au-delà des rites pratiqués, les critères de régularité sont communs à toutes ces obédiences. Et ils sont communs également pour toutes les autres Grandes Loges dites « régulières » (car elles travaillent avec la même Règle) dans le monde.

Ces principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie régulière dans le monde sont :

- L’invocation du Grand Architecte de l’Univers.

- La présence en Loge des trois Grandes Lumières : le Volume de la Loi Sacrée exposé et ouvert avec l’Equerre et le Compas.

- La souveraineté exclusive des Grandes Loges sur les grades symboliques et leur indépendance de toute structure maçonnique de Hauts Grades,

- La non-mixité dans leurs travaux rituels.

- L’interdiction de discussions politiques ou religieuses.

- Le caractère progressif et spirituel de la démarche initiatique.

Voilà ce qui rassemble les cinq Grandes Loges et les Grandes Loges dites « Régulières » dans le monde. Ce sont ces règles communes.

D’autres obédiences maçonniques françaises se disent également régulières, à l’exemple du Grand Orient de France qui se présente - depuis la Grande-Maîtrise d’Alain Bauer qui a fait rajouter le terme - comme une « Puissance Maçonnique Souveraine Régulière ». Le Grand Orient de France doit bien avoir une Règle… ce n’est juste pas la même que celle des obédiences traditionnelles au sens des obligations énoncées ci-dessus.

Se reconnaître réguliers c’est simplement reconnaître une Règle commune : Les cinq obédiences françaises (GLDF, GLTSO, LNF, GL-AMF, GLIF) ont la même Règle que les cinq Grandes Loges européennes et disons le tout de suite, que la Grande Loge Unie d’Angleterre, que la Grande Loge d’Ecosse et que les Grandes Loges américaines. Elles sont donc Régulières en ce sens.

D’autres obédiences maçonniques françaises peuvent avoir d’autres règles (ou pas de règle) c’est leur droit le plus strict. Elles ne pourront simplement pas rejoindre la Confédération des Grandes Loges Traditionnelles et Régulières françaises.

- Sur le Grand Architecte de l’Univers :

Là encore on peut lire tout et n’importe quoi. Pour la Grande Loge de France, le Grand Architecte de l’Univers est un principe créateur. C’est un symbole essentiel de la Franc-Maçonnerie.

« Les francs-maçons de la Grande Loge de France, dans leurs tenues rituelles, ouvrent et ferment leurs travaux à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers. L'idée de Grand Architecte est essentielle et fondamentale dans la philosophie maçonnique », c'est-à-dire dans la vision, la conception globale que la franc-maçonnerie veut donner de l'univers. On a même pu dire qu'elle en constituait la clé de voûte » disait Henri Tort-Nougues, alors Grand Maître de la Grande Loge de France, lors d’une conférence publique en 1984.

Henri Tort-Nougues poursuit : « Mais plus encore, l'athée refusera certainement cette idée d'un Architecte identifié à la divinité. Ici, on pourrait se souvenir de cette boutade de Raymond Ruyer, qui, dans une remarque pleine de sens, nous dit que la discussion entre l'athée et le théiste consiste, le plus souvent à se demander s'il faut continuer d'appeler Dieu «Dieu» ou lui donner un autre nom. Et un ancien Grand Maître de la Grande Loge de France, notre Frère Antonio Coen, pouvait légitimement se demander «N'y a-t-il pas plusieurs manières d'être dogmatique ? Affirmer l'existence de l'indémontrable ou nier cette existence ? N'en est-il pas de Dieu comme de tout idéal ? Qui prétend le nier l'affirme et qui prétend le concevoir l'a déjà perdu» ».

Et il conclut - pour ce qui reste vrai en 2013 à la Grande Loge de France, comme cela l’était en 1984 : « La franc-maçonnerie écossaise, les francs-maçons de la Grande Loge de France, s'ils affirment et postulent l'existence d'un Principe créateur ou d'un Etre Suprême, se refusent à définir, à déterminer son contenu, son essence, sa «quiddité», pour employer le langage de la scolastique.

La Grande Loge de France laisse le soin et la liberté à chaque conscience de l'interpréter à la conscience de chaque maçon selon sa propre complexion, selon sa foi ou sa philosophie propre.

La Grande Loge de France s'interdit encore plus de subordonner l'idée de Grand Architecte de l'Univers à une révélation particulière, que ce soit celle de Moïse ou celle de Jésus, car la franc-maçonnerie, par principe, par définition, se situe en dehors de toute révélation. Disons pour être plus clair : la Franc-Maçonnerie n’est pas une religion. Ajoutons que cela ne veut pas dire qu'elle la rejette, encore moins qu'elle la combat, mais elle estime que la révélation concerne la conscience individuelle de chaque franc-maçon ».

symbols.jpgEt je vois écris sur certains sites que si la Confédération voit le jour, si elle devient reconnue par les Grandes Loges Régulières européennes, les frères de la Grande Loge de France se retrouveraient dans l’obligation de croire en Dieu et en sa volonté révélée.

Ceux qui disent cela, ne connaissent vraiment rien à l’évolution de la Maçonnerie Régulière dans le monde depuis 30 ans.

En ce qui concerne la Grande Loge Unie d’Angleterre, l’article deux de ses Basic Principles (principes de base – sa règle) disait – en 1929 – : « 2. Que la croyance en le Grand Architecte de l'Univers et en Sa volonté révélée soient une condition essentielle de l'admission des membres ».

Or ce Basic Principle a justement été modifié en 1989 et le nouvel article 3, toujours en vigueur aujourd’hui, de la Grande Loge Unie d’Angleterre stipule que : « 3. Les Francs-Maçons placés sous sa juridiction doivent croire en un Être Suprême ».

Contrairement à la vulgate véhiculée parfois avec de bien mauvaises intentions, c’est bien la Grande Loge Unie d’Angleterre qui a fait évoluer ses positions concernant le GADLU sur celles défendues depuis toujours par la Grande Loge de France.

Ceux qui observent honnêtement le monde maçonnique ne peuvent que constater que « l’Etre Suprême » dont parle depuis 1989 la GLUA et l’expression du Grand-Maître de la Grande Loge de France en 1984 « les francs-maçons de la Grande Loge de France, s'ils affirment et postulent l'existence d'un Principe créateur ou d'un Etre Suprême, se refusent à définir, à déterminer son contenu » sont non seulement convergentes mais particulièrement compatibles.

Et cela ne date pas de la déclaration de Bâle de 2012. D’ailleurs les Grandes Loges européennes ont « constaté » la Régularité de la GLDF, elle était donc préexistante à la déclaration.

Les frères de la Grande Loge de France sont donc libres d’interpréter le symbole du GADLU, l’Etre Suprême, comme ils l’entendent. Si un frère dit que pour lui le GADLU est Dieu (à l’instar de Michel Singer par exemple), il est donc faux de dire qu’il l’est pour l’obédience tout entière comme le fait notre frère Gérard Contremoulin du GODF, sur son site. L’opinion d’un seul n’est pas l’opinion de tous. La Grande Loge de France laisse et laissera chacun libre d’interpréter ce symbole fondateur et essentiel de la Franc-Maçonnerie comme il l’entend.

Au sein de la Confédération, chaque obédience sera libre d’affirmer ce qu’elle veut en ce qui concerne le GADLU. Il faut simplement que ce soit compatible avec le 3ème Basic Principle du la GLUA (qui est un principe de base de toute la FM Régulière). Pour la Grande Loge de France ça l’est… et depuis de nombreuses années, avant même que ce ne le soit à la GLUA !

Evidemment, plus que pour les frères de la GLTSO, LNF, GL-AMF ou GLIF, la pression est mise sur les frères de la Grande Loge de France pour les faire douter du processus engagé. On l’a vu avec la Régularité. On l’a vu avec le GADLU.

D’autres contrevérités sont encore répandues.

- On nous dit que si la Confédération se fait il n’y aura plus de liens entre les obédiences de la Confédération et les autres obédiences maçonniques françaises.

FMJuifChretien.jpgLà encore il faut rétablir quelques vérités. Il est vrai que la GLNF, se drapant dans sa « régularité » et la « reconnaissance » anglaise, avait frappé d’ostracisme toutes les autres obédiences françaises. Aucune autre obédience n’était reconnue par elle comme maçonnique. C’était là une interprétation extensive – et, il faut le dire, abusive – des concepts de régularité et de reconnaissance. La régularité des travaux maçonniques s’apprécie en effet du premier au dernier coup de maillet lors de tenues symboliques rituelles.

La Grande Loge de France, la Grande Loge Traditionnelle Opéra et la Loge Nationale Française ont d’ores et déjà annoncé leur participation es qualité au colloque sur la Fraternité organisé le samedi 2 mars 2013 à Paris par la Fédération Française du Droit Humain.

De même, Marc Henry a annoncé que la Grande Loge de France, avec la Grande Loge Féminine de France et la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra organisera un grand Colloque public intitulé « L’Europe, et demain ? ». Ce colloque  aura lieu le 6 avril 2013 au Palais Brongniart à Paris.

Plutôt que des « tenues blanches fermées » (orateur non-maçon, public maçon), la Grande Loge de France a toujours préféré organiser des réunions publiques ouvertes. Que ce soient les conférences Condorcet-Brossolette ou les conférences enjeux et perspectives par exemple, sur des sujets maçonniques ou de société. Les Grands-Maîtres successifs ont donnés régulièrement des conférences publiques.

Ces conférences nécessitent c’est vrai moins de décorum (dignitaires en décors à l’Orient lors des TBF, responsables « en civil » sur les colonnes lors des conférences) mais sont tout aussi utiles pour faire connaître nos valeurs, nos idéaux et notre méthode. Les frères et sœurs de toutes obédiences sont les bienvenu(e)s lors de ces conférences.

Il est évident que, Confédération ou pas, les colloques continueront à être organisés dans l’avenir, avec des Grandes Loges non-membres de la Confédération. La Grande Loge de France, le Droit Humain et la Grande Loge Féminine de France sont unis à jamais par leur histoire commune, leurs naissances et par le rite écossais ancien et accepté. Rien ne pourra défaire ces liens séculaires.

Les réunions publiques, colloques, conférences, groupes de travail, think tanks seront non seulement toujours possibles, mais serons développés.

S’il est rituellement recommandé aux frères « d’achever en dehors l’œuvre commencée dans le temple » cela veut bien dire qu’il y a à la fois le Temple et le dehors du Temple où l’œuvre doit être achevée. Mais les deux ne se confondent pas. Les obédiences régulières et traditionnelles recommandent d’ailleurs fortement à leurs membres de s’engager dans la vie de la cité comme de la Nation, d’être des citoyens actifs et éclairés et d’agir par l’exemple. Que ce soit dans les milieux associatifs, syndicaux ou politiques.

 

Femme-mac.jpgPar ailleurs, dire ou écrire, comme nous l’avons vu souvent, que les frères de la Grande Loge de France ne reconnaissent pas l’initiation des femmes est de la diffamation pure et simple. Alors qu’officiellement, en 2006 c’est la Grande Loge de France qui a donné à la GLFF la patente du REAA. Comment pourrait-on dire alors que les sœurs ne travaillent pas de façon régulière… ? Puisqu’elles le font avec les rituels de la GLDF… Il ne faut pas confondre Régularité, reconnaissance et droit de visite…

Marc Henry a rappelé à plusieurs reprises que ce qui compte c’est bien la phrase « mes frères me reconnaissent comme tel ». Les frères et sœurs sont bien sûr reconnus comme tels par la Grande Loge de France. D’ailleurs les loges de la GLDF peuvent organiser des « cérémonies de réception des frères et sœurs des obédiences amies ».

Une cérémonie de réception des frères et sœurs des obédiences amies sera d’ailleurs organisée très prochainement, le 26 février 2013 , par la Loge « Victor Hugo » N°1331, qui célèbre à cette occasion son 10ème  anniversaire et dont le vénérable maître est Jean-Marie Doumbé, ancien second Grand-Maître adjoint de la GLDF. Le conférencier de cette cérémonie sera le Grand Maître de la Grande Loge de France, Marc Henry qui traitera « Victor Hugo et l’Europe ».

Ces cérémonies pourront continuer à avoir lieu également, confédération ou pas.

Marc Henry, a même confirmé, lors de la conférence de presse des cinq obédiences régulières françaises, que la Grande Loge de France continuera de recevoir les frères de toutes les obédiences, « pour autant qu’ils pratiquent notre rite, qu’ils acceptent de travailler à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, sur les trois grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie (volume de la Loi Sacrée qui est la Bible, compas et équerre), et qu’ils passent avec succès l’examen du Tuilage ».

 

europefm.jpgLa Confédération en projet offre surtout une possibilité importante d’ouverture pour la maçonnerie française au niveau européen et international.

La Franc-Maçonnerie française est en effet très hexagonale et souvent trop repliée sur elle-même. Seul la Fédération Internationale Le Droit Humain a une réelle et importante activité à l’étranger.

La question qui se pose est en effet la suivante. Comment agir et promouvoir nos idées et nos valeurs en Europe et dans le monde en étant coupés de 80% de la Franc-Maçonnerie européenne et de 90% de la Franc-Maçonnerie mondiale ? Cette confédération pourrait être un pont essentiel entre les maçonneries étrangères et la maçonnerie française qui serait ainsi mieux connue hors de nos frontières.

 

Il est vrai que le projet de confédération a surgit et se bâtit alors que personne ne l’attendait ou ne l’avait anticipé vraiment. Sauf ceux qui l’ont imaginé.

Jusqu’à il y a trois ans les choses étaient simples en France. Comme disait André Malraux au Général de Gaulle, « entre les communistes et nous il n’y a rien ». Certains pensaient alors qu’entre la Maçonnerie du Grand Orient de France et la Maçonnerie de la Grande Loge Nationale Française il n’y aurait plus – à terme – pour les autres obédiences qu’à se rallier à l’une ou l’autre des deux conceptions. Des esprits taquins disaient "il y en a un qui épluche les oignons et l'autre qui pleure, mais fondamentalement ils sont d'accord sur le partage du territoire maçonnique".

C’était simple mais rien ne s’est passé comme prévu.

D’abord parce que la Grande Loge de France a continué à bien se porter en développant et proposant sa vision spirituelle, symbolique et initiatique de la Franc-Maçonnerie. Les autres obédiences écossaises, le Droit Humain et la Grande Loge Féminine de France ont continué aussi leur développement spécifique. Le Droit Humain avec sa légitimité et son expérience historique d’une maçonnerie mixte exigeante et la Grande Loge Féminine attachée au symbolisme comme aux questions touchant la lutte des femmes et l’amélioration de la société.

Et parce que le Grand Orient de France a changé de nature en devenant une obédience mixte et parce que la Grande Loge Nationale Française a explosé en vol et s’est effondrée dans le contexte chaotique que chacun connaît.

Et parce que les autres obédiences, GLMF, GLMU, Oitar, GLISRU, GLCS, ne sont peut-être plus aussi facilement maniables car elles ont au fil du temps créé leur propre identité.

Il revient donc à la Confédération des cinq obédiences régulières françaises de « recoller les morceaux », de réunir ce qui est épars après l’explosion de la GLNF et de redonner un nouveau souffle à la maçonnerie symbolique et traditionnelle et, pour tout dire… universelle.

Le cap est clair. Il est fort probable qu’il soit tenu si les convents des cinq obédiences françaises le décident. Et si les frères peuvent se faire une opinion sereinement, loin des rumeurs et de la désinformation qui ne manqueront pas de se faire jour.

En conclusion, comme l’écrivait le très regretté Bruno Etienne (membre du Grand Orient de France), dans la préface du livre de Jean-Luc Maxence « Jung est l’avenir de la Franc-Maçonnerie » : « Et c’est là la grande leçon que nous pouvons tirer de Jung : En quoi la Franc-Maçonnerie est-elle universelle, c’est-à-dire se rattache à l’entière humanité dont parlait Montaigne ? Non pas par ses prises de positions sociales, politiques et contingentes, comme Jung nous permet de le comprendre, mais parce qu’elle est une société traditionnelle initiatique qui utilise des symboles, qu’elle pratique des rites ou des rituels et qu’elle est fondée sur des mythes ou récits fondateurs. » (p10).

Jean-Laurent Turbet

 

° Pour aller plus loin :

° RPMF : Tenues communes pour les frères des cinq Obédiences Régulières françaises, sur ce site.

° RPMF : Conférence de presse de Marc Henry et des Grands-Maîtres des obédiences régulières françaises, sur ce site.

° Marc Henry (GLDF) : « La Confédération aura une direction à 5 têtes. », sur le site La Lumière de François Koch.

° La Grande Loge Indépendante de France est consacrée, sur ce site.

° GLTSO : le Grand-Maître Jean Dubar parle de la recomposition du paysage maçonnique français, sur ce site.

° RPMF : La Confédération des Grandes Loges Traditionnelles Régulières est en marche, sur ce site.

° Déclaration des cinq Grandes Loges Françaises du 18 décembre 2012, sur ce site.

° GLNF : Le texte de la GLUA qui enlève la reconnaissance (explications), sur ce site.

° GLNF : La reconnaissance anglaise, c’est fini, sur ce site.

° La Grande Loge de France confirme que les négociations sont engagées avec les 5 Grandes Loges européennes, sur ce site.

° La GLDF répond officiellement aux 5 obédiences européennes, sur ce site.

° La déclaration de Bâle du 10 juin 2012, sur ce site.

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Bordes 14/10/2013 20:36


Cher Jean-Laurent


J'aime beaucoup tes articles bien construits et documentés, pondérés, sans animosité comme cela doit être quand on s’adresse à des FM de quelque obédience qu’ils soient, qu’ils pratiquent ou non
le REAA. J’apprends évidemment beaucoup de choses sur ton blog dont tu as l’honnêteté de dire qu’il exprime ton opinion.


De manière tout aussi pondérée et sans esprit polémique, je voudrais te poser quelques questions au sujet du Basic Principle, Être Suprême ou
Principe Créateur, car je n'ai pas décelé dans ton article quoi que ce soit qui aurait pu me dispenser de les poser.


Par définition, un Être a l'Existence. Un Être Suprême est donc un Existant au-dessus duquel il ne peut y avoir quelque chose de plus grand, sans quoi il ne serait pas Suprême et s’il n’avait pas
l’Être, il n’existerait pas. Ça rappelle un peu la preuve ontologique de saint Anselme...


Or si j'ai bien compris, chaque F en accord avec le Basic Principle de la GLUA et avec le principe de la GLDF peut néanmoins interpréter à sa guise
le concept en question (soit Dieu, soit le GADLU, soit la nature, soit autre chose).


Si j'ai bien compris aussi, la maçonnerie dite régulière (soumise à regula) refuse (mais
peut-elle faire autrement puisqu’il est inconnaissable) de définir et de déterminer le contenu de cet Être Suprême, mais impose quand même à ses
membres de croire qu'il est Être, Suprême et Créateur. Mais Être, Suprême et Créateur ne sont-ils pas trois critères majeurs qui le définissent ? Ces trois critères ne définissent-ils pas à
eux seuls les attributs de la divinité ?


D’autres questions me viennent aussi à l’esprit :


1) S'il est Suprême, peut-il en même temps être protéiforme (Dieu, le GADLU, la Nature, un Principe, etc....) ? N'y a-t-il pas dans toutes les différentes conceptions de cet Être une gradation,
des nuances qui aux yeux des FF ne représentent évidemment pas la même chose. Dans ce cas, n'y a-t-il pas parmi ces conceptions à la carte, des Êtres plus Suprêmes que d'autres ? N’y en a-t-il
pas un qui rend impossible la Suprématie des autres ? Car peut-on mettre en balance Dieu et un architecte, si bon soit-il ? Pour les FF qui croient en Dieu, le GADLU ne peut être l’Être
Suprême....


2) Si cet Être est un Principe Créateur, qu'a-t-il créé ? L'Homme ? Je rappelle que par
définition, un principe EST à l’origine première d'une chose, à ses débuts absolus. Donc, avant cet Être Suprême, il n’y avait obligatoirement
rien.


Dans ce cas, comment les FF qui croient en ce principe conçoivent-ils les théories créationnistes ? Comment la Franc-Maçonnerie peut-elle intellectuellement s’arranger avec ces concepts si elle veut en assumer les implications, les
corollaires ?


Quand je vais visiter mes amis de la GLDF, je n’ai aucun problème pour vivre leur rituel. J’espère
d’ailleurs qu’ils continueront à me recevoir. Le concept du GADLU ne me gêne donc pas en lui-même, mais sur le plan philosophique, ce concept ne tient pas la route en Franc-Maçonnerie, il se
heurte sans cesse et inéluctablement à des obstacles conceptuels que les FF s’efforcent de ne pas voir.


Voilà mon cher Jean-Laurent les questions que je voulais te soumettre, en toute
fraternité.


Richard Bordes

Geomaillon 15/06/2013 22:23


Quelques difficulté néanmoins  :


- Sur le site de la GLUA : "All Freemasons are
expected to have a religious belief" http://www.ugle.org.uk/what-is-freemasonry/frequently-asked-questions


Je crois donc que ton interprétation mon tcf sur la position anglaise est un peu au delà de la réalité 


- La déclaration de bâle :


Les cinq Grandes Loges considèrent donc qu'une chance historique est venue pour cette Grande Loge de concrétiser cette aspiration en assumant tous les choix que cela implique, à savoir en
particulier : 


- de continuer à œuvrer dans le respect des principes fondamentaux de la Franc-maçonnerie régulière ; 


- de rompre sans ambiguïté avec les Obédiences non régulières; 


- d’observer les us et coutumes internationaux en vigueur entre une Grande Loge et un Suprême Conseil. 


Alors je sais qu'en maçonnerie on peut parfois utiliser de chemins tortueux mais là je m'interroge sur la solution qui va être trouvé sur cette dernière question. A moins bien sûr que les
anglais acceptent l'idée que la confédération ne reconnaisse pas le GODF le DH et la GLFF etc., mais ses composantes oui ? Suspense


Bon vent quand même pour cette nouvelle "meta-obédience" !


 

Alain 16/02/2013 14:04


BAF Jean-Laurent,


Je me permets quelques précisions et rappels :


-Tu écris : " seul la Fédération Internationale Le Droit Humain..."Il n'existe pas de Fédération Internationale. L'appellation juste est OMMI Le Droit Humain (Ordre Mixte International "Le Droit Humain") telle que spécifiée dans les statuts et
créé par ses fondateurs. L'OMMI comprend de multiples Fédérations Nationales de part le monde.


-Petits rappels historiques qui semblent nécessaires : naissance de la FM mixte en 1893 (Maria Deraismes-Georges Martin)-Création de l'Ob GLDF en
1894 soit un an plus tard.


Si la GLDF a effectivement transmis rituels et favorisé la création de la GLFF, il n'en n'est pas de même pour la mixité et le DH où hommes et femmes ensemble, ont bataillé dur pour combler un
vide maçonnique voici plus de 100 ans.


De même que devient la signature par la GLDF du Protocole de Reykjavik?  Il semble que la GLUA ne soit pas favorable à une telle reconaissance. Faut-il pour autant renier tout le passé?


Nous savons tous que chacun écrit l'Histoire comme bon lui semble en fonction des situations du moment... Mais la Fraternité ne requiert-elle pas une honnêteté Historique? Peut-être ces lacunes
sont-elles dues à une méconnaissance de nos origines? Savoir d'où l'on vient...tu connais la suite du proverbe MBA Frère.


AF


Alain


 


 



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