Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Qui est Claude Baty, le futur président de la Fédération Protestante de France ?

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 28 Mars 2007, 20:40pm

Catégories : #Protestantisme

Qui est Claude Baty, qui devrait être élu président de la Fédération protestante de France (FPF) à l'issue de son assemblée générale ce week-end à Paris ?

C'est la question que pose le magazine Réforme cette semaine dans un article intitulé : "Claude Baty, l'homme de l'extrême centre".

Claude Baty est en effet bien moins connu que son célèbre prédecesseur, le pasteur Jean-Arnold de Clermont.

Voici tout d'abord une courte biographie en quelques dates :
le 24 octobre 1947.
1983 à 1999 : « numéro un » des Eglises évangéliques libres.
1976 à 1986 : pasteur à Orthez.
Depuis 1986 : pasteur de l'Eglise évangélique libre de Paris-Alésia.
1997 : président de l'Alliance biblique française et membre du Conseil de la FPF.

Claude Baty est titulaire d?une maîtrise en théologie de la faculté libre de théologie de Vaux-sur-Seine. Marié et père de deux enfants.

Voici le portrait d?un homme au centre de l?échiquier protestant dans un aricle de Bernadette Sauvaget :

Sauf surprise - très improbable -, Claude Baty devrait être élu samedi dixième président de la Fédération protestante de France (FPF), le deuxième à ne pas appartenir au sérail luthéro-réformé français après Edouard Grüner qui présida, de 1905 à 1927, aux destinées de l'instance de la rue de Clichy. Une petite révolution culturelle, donc, qui n'est pas sans poser des défis ! Mais qui n'est pas copernicienne pour autant! Comme Edouard Grüner, Claude Baty s'inscrit dans la lignée «libriste», un bon compromis qui le rend luthéro-réformé compatible.

Le «librisme» du futur président de la FPF: «C'est une tradition familiale», explique Bernard Coyault, secrétaire général de l'Alliance biblique française, l'un de ses collaborateurs. La famille Baty - «très engagée dans la foi» - fréquentait le temple de Matha, en Charente-Maritime, un fief libriste. Les parents de Claude Baty y étaient agriculteurs. La ferme familiale - achetée par le grand-père qui travailla d'abord dans l?automobile - a depuis été vendue. Claude Baty le Charentais aime aussi les Cévennes, la terre de sa belle-famille. De quoi séduire là les tenants de l'identité camisarde?

Quoi qu'il en soit, il reste fortement marqué par ses origines libristes. «Il est libristissime», appuie le théologien baptiste Louis Schweitzer. Un homme de «l'extrême centre», en quelque sorte, sur l'échiquier protestant. Cet «évangélique» historique, si l'on peut dire, fut à la tête de l'Union des Eglises évangéliques libres (UEEL) pendant plus de quinze ans et a été celui qui a oeuvré pour son retour au sein de la Fédération protestante. Un travail qui a contribué à façonner l'image de marque de Claude Baty dans les milieux luthéro-réformés.

Un pragmatique qui « n'aime pas perdre »

S'il s'inscrit dans l'héritage réformé dans sa version très «calvinienne» (exempte, donc, des influences de la théologie libérale), s'il est soucieux de l'autorité des Ecritures qu'il lit, comme il sied dans les milieux évangéliques, de façon orthodoxe, Claude Baty est particulièrement réfractaire aux effusions charismatiques. «C'est un homme très intérieur qui aime plutôt prier dans le secret de sa chambre», explique Pierre Lacoste, président de la commission synodale de l'Union des Eglises évangéliques libres.

Porté à la tête de la FPF grâce à l'appui incontournable de l'Eglise réformée de France (ERF), Claude Baty a, malgré tout, du terrain à reconquérir auprès des pentecôtistes. Dans ces milieux, certaines des déclarations du futur numéro un du protestantisme français ont heurté, en particulier lors de la visite, en août dernier, de l'évangéliste américain Thomas Osborn.

Il en est conscient, probablement. Car Claude Baty est un pragmatique. «Il ne passe pas son temps à refaire le monde, ni à couper les cheveux en quatre. Il a les pieds sur terre, estime Christian Bonnet, secrétaire général du Defap, service protestant de mission. Il ne se prend pas pour quelqu'un d'important et ne court pas après les responsabilités. En fait, il manifeste une grande humilité.» Cet homme du consensus, cependant, «n'aime pas perdre», souligne Pierre Lacoste, et est capable de défendre ses convictions jusqu'au bout. Membre du conseil de la faculté libre de théologie de Vaux-sur-Seine (Yvelines), il plaida à l'époque pour son retour à Paris. Devant l'opposition à ce projet, Claude Baty claqua la porte du conseil.

D'une extrême réserve, le futur président de la Fédération protestante de France demeure finalement une personnalité assez énigmatique. L'homme parle peu, se livre peu, cultive une certaine distance. «Son côté laconique peut effectivement mettre mal à l'aise», reconnaît Christian Bonnet. «En fait, il est très pudique», souligne pour sa part Jocelyne Le Bivic, l'une de ses paroissiennes à l'église libre de Paris-Alésia, dans le XIVe arrondissement de la capitale. «C'est pour cela que l'on croit parfois qu'il est froid.» Pourtant, le futur président de la FPF a la réputation d'être fidèle. A ses amis, à ses engagements.

« Garde rapprochée »

Son parcours de pasteur, il l'a commencé, au milieu des années 70, en Afrique, à Brazzaville, au Congo. Depuis, il a gardé un intérêt marqué pour ce pays, a participé à la plate-forme mise en place par la FPF, «Ensemble pour le Congo». Très aimé de ses paroissiens, cet homme secret sait susciter des amitiés fortes. Autour de lui, il y a, dit-on parfois, une « garde rapprochée ». Parmi eux : Pierre Lacoste, le «très fidèle» et l'héritier qui a pris sa suite à la tête des Eglises libres, ou encore Mireille Boissonnat, l'une de ses paroissiennes, qui s'occupe du journal de l?UEEL. Sans effet superflu, Claude Baty est aussi connu pour être un excellent prédicateur. «Il opère de plus en plus le lien entre l'Ancien et le Nouveau Testament, raconte Jocelyne Le Bivic. Ainsi, lorsque je l'ai entendu prêcher sur l'épisode de la multiplication des pains, il évoquait aussi le psaume 23 : - L'Eternel est mon Berger. Je ne manquerai de rien. Il me fait reposer dans de verts pâturages. - Il a un style sobre et arrive toujours à tirer des enseignements percutants.» Ses textes bibliques préférés ? Ses proches hésitent un peu avant de reconnaître ne pas trop savoir. «Il a un attrait particulier pour l'évangile de Jean», avance cependant Jocelyne Le Bivic. Pierre Lacoste, lui, mentionne l'épître aux Romains de Paul. «Il a une très bonne plume. Je lui ai conseillé d'écrire des cantiques. Mais il n'a pas encore eu le temps», poursuit Jocelyne Le Bivic.

Ce talent, Claude Baty l'exerce dans le journal de son Eglise, Pour la vérité. «Il y écrit des billets que je trouve toujours intelligents et percutants», souligne de son côté Louis Schweitzer. L'homme est aussi élégant. Mais sobrement. «Son apparence ne lui est pas indifférente», poursuit Pierre Lacoste. Claude Baty porte volontiers le chapeau. «Cela lui donne un petit côté mitterrandien», s'amuse l'un de ses proches. Plutôt austère d'apparence, le futur président de la FPF met là sa note d'originalité.

L'art d'être grand-père

Homme à responsabilité au coeur de la planète protestante, Claude Baty, marié à Elisabeth et père de deux enfants, se bat pour préserver - malgré tout - sa vie privée. Avec amour, il cultive depuis ces dernières années l'art d'être grand-père. Il a appris ce «métier» avec son premier petit-fils, Théo, à qui il demeure très lié. «En 2000, j'étais en Afrique du Sud avec lui, se souvient Christian Bonnet. Il ne parlait que de Théo, courait les magasins pour lui acheter un cadeau. Puis il a eu d'autres petits-enfants. Pour tous, il s'efforce d'être un grand-père attentionné. »

Très intéressé par la culture, Claude Baty a, selon ses proches, une prédilection pour le cinéma. «Il m'a souvent signalé des films à voir qui, spontanément, n'auraient pas retenu mon attention», constate Bernard Coyault. Un cinéma d'auteur, plutôt. Quand on l'interroge sur ses goûts cinématographiques, le futur président de la FPF cite pêle-mêle Costa Gavras, Wim Wenders ou Ingmar Bergman. Surtout Ingmar Bergman, d'ailleurs. Depuis quelques années, il a volontairement renoncé à la télévision. Tombée en panne, elle n'a pas été réparée. «Finalement, cela me fait gagner du temps», dit-il. «Ce choix révèle, en fait, sa volonté de ne pas se laisser formater», estime Bernard Coyault.

Quel président de la FPF fera-t-il ? Plus homme d'organisation et d'appareil qu'intellectuel ou politique, Claude Baty, malgré son abord réservé, n'est pas un travailleur solitaire. Ceux qui ont collaboré avec lui l'attestent. Il délègue volontiers, s'appuie sur des collaborateurs choisis. «Il m'a beaucoup fait confiance, explique Christian Bonnet. Ce n'est pas quelqu'un à téléphoner toutes les cinq minutes. Je n'ai pas senti un président qui voulait tout contrôler, tout en sachant qu'il était toujours présent.»

«Il a un aspect très ecclésial. C'est un homme de communion et il va travailler à mettre les gens ensemble», plaide, pour sa part, Bernard Coyault. Candidat du compromis donc, le futur président de la FPF a un obstacle à surmonter : celui des relations extérieures. Même s'il dispose d'un réel humour - parfois caustique - et d'un talent certain pour la parole, Claude Baty n'est pas pour l'instant un communicant, comme le réclament de plus en plus les us (et les errements ?) de notre époque. «Ce sera sûrement un président très observé en raison de son origine évangélique, souligne Pierre Lacoste. Mais Claude Baty sera quelqu'un de libre. Il n'est pas influençable.»

Repères

Les Eglises évangéliques libres

En 2007, les Eglises évangéliques libres, dont est issu Claude Baty, comptent aujourd?hui environ 2 300 membres professants et 2 000 sympathisants. Elles disposent de 44 pasteurs en exercice. Rameau du calvinisme français, l'Union des Eglises évangéliques libres (UEEL) est officiellement née en 1849. En fait, cette division s'est faite sur la question du Concordat et du financement par l'Etat des cultes - les tenants de l'indépendance financière se retrouvant donc dans le courant « libriste ». Les « libristes » ont participé, au tournant du XIXe et XXe siècle, à la création de la Fédération protestante de France. Pour des motifs théologico-politiques, les Eglises libres quittèrent, dans les années 60, l'instance représentative du protestantisme français. Sous l'influence de Claude Baty, elles l'ont réintégrée en 1996.


 

 

Comment vote l'assemblée générale de la Fédération protestante ?

 Se tenant chaque année, l'assemblée générale de la Fédération protestante de France (FPF) a, en 2007, un relief particulier.

Elle est appelée à renouveler entièrement son Conseil et se choisir, de cette manière, un nouveau président. Comme le prévoient les statuts de l'association 1901 «FPF», ce processus a lieu tous les quatre ans. En octobre dernier, le Conseil sortant a décidé de proposer le pasteur libriste Claude Baty pour succéder à Jean-Arnold de Clermont, à la tête, depuis 1999, de la principale instance représentative du protestantisme français.

L'assemblée générale est constituée de 96 délégués, 72 représentant les Eglises et 24 les Ciom (communautés, institutions, oeuvres et mouvements). L'Eglise réformée de France (ERF) dispose de 16 mandats, l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine (ECAAL, luthériens d'Alsace) en a 11. Les baptistes comptent, eux, cinq délégués, les réformés d'Alsace (ERAL) quatre, tout comme les luthériens de la région parisienne et de Montbéliard (EELF). Les autres membres de la FPF se partagent les mandats restants de délégués, de trois à un selon leur importance.

Samedi, l'assemblée générale élira le nouveau Conseil qui passe, en 2007, de 21 à 25 membres pour élargir sa représentativité après l'arrivée, ces dernières années, d'Eglises issues principalement de la mouvance évangélique. Devraient y faire leur entrée : Jean-Daniel Roques, Oliviers Brès, Anne-Marie Boyer, Laurence Belling, Victoria Kamondji, Jean Weber, Ruth Wolff et Florian Rochat.

En fin de journée, le nouveau Conseil se réunira à huis clos pour procéder à l'élection du bureau et du président. Les statuts prévoient deux vice-présidents, dont l'un doit obligatoirement être un laïc. Un culte d'installation est prévu le lendemain matin à 10 h 30 au temple du Foyer de l'Ame, dans le XIe arrondissement de Paris. Dans la foulée, le nouveau président devrait tenir son premier point presse.

Par ailleurs, l'assemblée générale devra également se prononcer sur l'entrée au sein de la FPF de trois nouveaux membres : la Fraternité des Veilleurs, Horizons France (un mouvement missionnaire d'origine galloise) et l'Eglise protestante malgache (FPMA).
B. S. 
 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents