Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le Blog des Spiritualités

Le Blog des Spiritualités

Gnose, Esotérisme, Franc-maçonnerie, Hermétisme, Illuminisme, Initiation, Kabbale, Martinisme, Occultisme, Religions, Rose-Croix, Spiritualités, Symbolisme, Théosophie, et toutes ces sortes de choses...


Outreau : les "regrets" du procureur général

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 30 Novembre 2005, 18:27pm

Catégories : #Société, #Justice, #Outreau

Yves Bot a exprimé ses "regrets" aux six accusés, une démarche exceptionnelle. Auparavant, l'avocat général avait requis l'acquittement général.

 

  Franck Lavier (2è à gauche) (Ap)
Franck Lavier (2è à gauche) (Ap) 

 

L e procureur général de la cour d'appel de Paris, Yves Bot, a exprimé mercredi 30 novembre ses "regrets" aux accusés dans l'affaire de pédophilie d'Outreau et confirmé la demande d'acquittement général en leur faveur, une démarche tout à fait exceptionnelle.
"Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus", a déclaré le procureur général, l'un des plus hauts magistrats du parquet en France, parlant de la "catastrophe" judiciaire de cette affaire.
Evoquant les "dysfonctionnements de l'institution judiciaire", il a déclaré qu'il n'était "pas question de ne pas examiner les responsabilités individuelles" dans cette affaire.
Cependant, a-t-il ajouté, "il n'est pas possible de poser comme a priori que tout cela est la faute de 2-3 personnes", a-t-il averti alors que le juge d'instruction Fabrice Burgaud a régulièrement été mis en cause par la défense.
"C'est au scanner qu'il va falloir passer ce dossier, il y a eu trop de cloisonnements, trop d'institutions qui sont intervenues".
"Outreau a fait naître le doute sur la justice, il va donc falloir transformer ce doute à nouveau en une confiance (...). La justice doit être désormais transparente".

Acquittement général requis

Avant le procureur général, l'avocat général Yves Jannier, avait requis l'acquittement des 6 accusés.
"Je ne suis pas là pour faire condamner des innocents", a déclaré Yves Jannier pour qui cette affaire est un "mille-feuille de petits errements, de mauvais fonctionnements et d'inattentions".
Il a rappelé qu'en juillet 2002, la police, dans ses conclusions d'enquête, exprimait "plus de doutes que de certitudes". "Personne n'aura assez de sens critique pour arrêter la machine, pour tout remettre à plat", a-t-il regretté.
"Les personnes qui auront à s'occuper de cette affaire, magistrats, policiers, journalistes seront empreints du poids" de l'affaire Dutroux, autre affaire de pédophilie en Belgique, a-t-il estimé.
Pour lui, les enfants "ils ont menti forcément". Et il a évoqué les accusations de viol par trois hommes en même temps formulées par l'une des fillettes, qui est toujours vierge.

Effondrement du dossier

Ces réquisitions d'acquittement sont la suite logique de l'effondrement des charges de l'accusation pendant le procès en appel.
Du coup, les avocats de la défense ont annoncé qu'ils ne plaideraient pas.
"La défense unanime a décidé de renoncer à plaider, a annoncé Me Jean-Louis Pelletier, avocat de l'abbé Dominique Wiel, mais, a-t-il ajouté, nous allons respecter une minute de silence à la mémoire de François Mourmand qui s'est suicidé alors qu'il était en détention provisoire". A la suite de cette décision, le verdict devrait être prononcé dès jeudi.
Près de quatre semaines de débats ont confirmé la faillite de l'instruction menée par le juge Fabrice Burgaud mais aussi celle des services sociaux et des experts judiciaires.
Si ces réquisitions sont suivies par la cour d'assises dont le verdict pourrait intervenir vendredi, cette affaire constituera l'un des plus gros fiascos judiciaires de l'après-guerre par le nombre d'acquittés: 13 sur un total de 17 accusés.
Les six accusés rejugés ont toujours proclamé leur innocence. Ils ont effectué jusqu'à plus de trois ans de détention provisoire.

Des faits acquis

Toutefois, les avocats des enfants présumés victimes, lors de leurs plaidoiries, ont continué à mettre en cause trois des six accusés rejugés par la cour d'assises de Paris.
Me Marc Pantaloni, intervenant au nom de Michel, fils de l'huissier Alain Marécaux (condamné en première instance à 18 mois avec sursis pour des attouchements qu'il a toujours niés), a estimé que "ces faits méritaient d'être sanctionnés car ils sont acquis". L’avocat a rappelé que Michel, lors de son audition à huis clos, n'était "pas revenu sur la matérialité des faits", qu’il avait qualifiés de "bizarres", et avait évoqué "un malentendu". "S'il y a un malentendu, c'est que les faits sont acquis", a lancé l'avocat aux jurés. "Pour votre fils, c'était bizarre, pour vous c'était un jeu, il eut mieux valu l'inverse".
"On ne construit pas une relation durable avec son fils sur le mensonge (...). Il est encore temps de reconnaître. Vous serez aussi la victime de cette procédure et probablement et durablement en paix avec vous-même", a conclu l'avocat.

"Le risque serait d'être totalement incrédule"

L’avocat Didier Leick, qui représente pour sa part Stéphanie, la fille aînée des Lavier, a refusé que sa cliente passe pour "une petite menteuse".
Il a retenu contre le beau-frère de la fillette l’épisode de la toilette, au cours duquel Franck Lavier aurait senti le sexe de l'enfant pour s'assurer qu'elle s'était bien lavée.
Condamné en première instance à 6 ans de prison pour viols et agressions sexuelles, Frank Lavier nie avoir eu un tel comportement, que l'avocat qualifie s’"agression sexuelle".
Me Leick a également relayé les accusations de deux des fils Delay contre Thierry Dausque, condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis pour agressions sexuelles.
Les avocats ont mis en avant qu'ils ne voyaient pas pourquoi "la parole de l'enfant ne serait audible que lorsqu'elle innocente". Si dans cette affaire "nous avons été crédules, le risque aujourd'hui serait d'être totalement incrédule", a averti Me Pantaloni.

Source : Le Nouvel Observateur

Commenter cet article

Archives

Articles récents