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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


« De l’Ecosse à l’Ecossisme », de Louis Trébuchet.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 28 Décembre 2013, 01:47am

Catégories : #Chroniques de livres.

JLTTrebuchet1.gifIl est des ouvrages majeurs qui compteront et pour longtemps.

Le travail monumental de Louis Trébuchet intitulé « De l’Ecosse à l’Ecossisme » Fondements historiques et Rite Ancien Accepté Tome 1, volumes 1 & 2, 1475-1743 est incontestablement de ceux-là.

Cet ouvrage nous est présenté en un tome de deux volumes. Le premier volume est l’histoire de ce qui deviendra plus tard le Rite Ecossais Ancien et Accepté depuis les origines. Ici de 1475 à 1743. Ce sont donc les sources traditionnelles de ce rite qui nous sont présentées.

Ce sont 175 pages denses, intenses, précises rigoureuses et qui pourtant se lisent comme un très beau et merveilleux roman historique qui va d’Ecosse en Angleterre en passant par l’Irlande et bien entendu la France !

Histoire, politique, religion : tout nous est parfaitement – et clairement ! – expliqué de cette période à la fois trouble, tragique et compliquée et qui n’est pas la plus connue, ni de l’histoire de France ni de l’histoire de l’Angleterre. Lorsque vous aurez lu ce livre vous saurez tout !

Et le second volume (de 917 pages passionnantes !) nous présente toutes les sources documentaires qui étaient l’histoire comptée dans le 1er volume. Vous pouvez donc vérifier – assertion par assertion – tout ce que Louis Trébuchet avance comme hypothèses ou comme vérité historique. Pas moins de 76 documents historiques intégraux vous sont présentés dont beaucoup pour la première fois. Vous pourrez lire par exemple l’acte de constitution des maçons et des charpentiers d’Edimbourg de 1475, les anciens devoirs de la loge de Melrose de 1581, les statuts Shaw de 1598/99, les minutes de Mary’s Chapel de 1599, l’admission de Robert Poray au camp de Newcastle de 1641, le journal d’Elias Ashmole de 1646, où il fut reçu franc-maçon dans une loge écossaise en territoire anglais, les anciens devoirs du Manuscrit Sloane de 1646 qui ont dû être écrits pour la réception d’Ashmole, les manuscrtits Chetwode Crawley et Dumfries N° 4 (si important pour la REAA !) de 1700, la visite de J-T Désaguliers à Mary’s Chapel en 1721, le manuscrit Graham de 1726, Masonry dissected de Samuel Pritchard de 1730, les premières minutes d’admission de maîtres écossais de 1735, le discours de Ramsay de 1736, le journal de la loge Coustos-Villeroy de 1737, les règlements généraux à l’usage des loges de France de 1743 ou l’article de Jérôme Lalande dans le supplément de l’Encyclopédie en 1777…

Bref une véritable mine documentaire tout à fait indispensable !

D’ailleurs ne nous trompons pas sur la portée essentielle de l’ouvrage de Louis Trébuchet. Fait rarissime, c’est Claude Collin le très Puissant Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France qui préface l’ouvrage. Le Suprême Conseil de France est le gardien et le conservateur du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France.

Voici ce que nous dit Claude Collin dans sa préface (extraits) : « La Franc-Maçonnerie ne constitue pas un création ex nihilo, elle procède d’un tronc commun qui hérite à la fois des traditions du métier, de la philosophie antique, de la liberté de pensée et des grands courants de sagesse de l’humanité. la tradition lui offre l’inspiration des traditions initiatiques de l’Orient associées à l’influence spirituelle de l’ésotérisme judéo chrétien » (…)

« Or pour des raisons historiques prenant en compte des aspects plus profanes, l’histoire de la Franc-maçonnerie connaît depuis le début du 20ème siècle une partition très dommageable entre deux courants des Ancients et des Moderns, nés à la fin du 18ème siècle. Au-delà de cette situation, on est conduit actuellement à constater des déviances rituelles sous la poussée du modernisme ambiant et plus grave, parfois, des dérives de caractère profane au sein des obédiences. C’est pourquoi les francs-maçons authentiques et sincères  tout en manifestant une exigence croissante d’ordre et de respect des valeurs de la tradition régissant l’Ordre Maçonnique s’interrogent sur le devenir de leurs propres obédiences et force est de constater que cette situation se retrouve aussi au sein d’autres courants spirituels traditionnels.

La tradition remonte à la nuit des temps, depuis que l’être humain ayant acquis la conscience de son état, se pose les questions essentielles éternelles concernant son origine, sa place, son rôle au sein de l’universel. La conscience de sa finitude le conduit depuis toujours en direction de sa lumière, et du sens à donner à cet espace éphémère que constitue sa vie. Aussi la Franc-maçonnerie de Rite Ecossais Ancien et Accepté, engage ses adeptes à la recherche constante de la vérité. Par son rattachement à la grande tradition spirituelle de la pensée humaine, elle emprunte et pratique pour ce faire, la voie symbolique héritière des traditions initiatiques dont les contenus ésotériques sont parvenus jusqu’à nous.

Le rituel doit demeurer immuable afin de respecter strictement la Tradition, cependant des modifications souvent déviantes obligent les obédiences à des recherches sur les textes princeps afin de rétablir l’influence initiatique dans son authenticité. Celle-ci est seule de nature à faire pénétrer le profane, par une voie ésotérique conforme à la Tradition, au plus profond de lui-même afin, réalisant sa véritable destinée, d’apporter en harmonie avec lui-même, sa pierre au grand chantier de la Création » (…)

« Ainsi, reprenant une somme de documents fondamentaux ainsi que des textes d’archives, l’auteur de cet ouvrage démontre indubitablement que la maçonnerie sous sa forme qualifiée de spéculative trouve ses origines bien antérieurement à cette maçonnerie des modernes, car greffée sur des voies initiatiques beaucoup plus anciennes. Le métier lui-même, fondement de l’Ordre, s’organise au travers de règles contenues dans les Anciens devoirs et surtout par des codifications qui dès la fin du 16ème siècle conduiront aux premiers rituels de réception au sein des loges, datant de la fin du 17ème siècle ». (…)

«  L’auteur démontre ainsi le rôle primordial joué par l’Ecosse qui s’instaura de fait en conservatoire de la tradition du métier et l’on suit dans cet ouvrage, avec grand intérêt l’introduction dans les loges de ces maçons Acceptés, qui devaient tout comme les opératifs réaliser leur essay, leur chef d’œuvre personnel, afin de gravir les degrés existants. Ces hommes n’arrivaient pas par hasard dans les loges, ils étaient pour la plupart inspirés des traditions ressurgies à l’époque de la Renaissance, leur goût la recherche spirituelle s’accommodant parfaitement de la rigueur morale et de l’obligation de secret des loges opératives. On notera avec intérêt les Frères de la Rose-Croix en possession du mot du maçon. Comment allait se produire ce passage à la loge spéculative ? On ne peut qu’échafauder des hypothèses comme celle de l’emprunt, mais grâce à ce type de recherche, on sent bien que le chaînon manquant ne tardera pas à être découvert. Quoi qu’il en soit ces Acceptés allaient de la sorte apporter un supplément de connaissance ésotérique à l’héritage traditionnel de la spiritualité du métier contenu dans les Anciens Devoirs.

L’histoire s’écrit parfois par une somme d’opinions qui conduisent largement à transgresser la réalité du temps et c’est pourquoi la transcription de documents et témoignages comme les offre cet ouvrage ouvre au maçon écossais l’opportunité de vivre avec émotion une plongée dans le temps qui lui permet de mieux s’approprier ses propres racines. Il était dans ce contexte indispensable de pouvoir relier l’histoire de l’Ordre aux évolutions de l’histoire politique dont les implications religieuses ou spirituelles vont définitivement marquer à la fois les origines mais également la destinée des courants initiatiques qui se sont pérennisés et qui conduisent à la structuration actuelle de la Franc-maçonnerie.

Sans nul doute, les francs-maçons de Rite Ecossais Ancien et Accepté, soucieux de bien comprendre et de s’approprier ce rite universel qui est le leur, pourront par la lecture de cet ouvrage répondre à la question fondamentale de leurs origines ».

C’est bien la maçonnerie des Anciens que Louis Trébuchet nous invite à redécouvrir, à étudier car c’est là que se trouve la source de notre tardtion initiatique.

Rite « écossais », « ancien » et « accepté ». L’ouvrage de Louis Trébuchet nous permet de comprendre clairement l’origine de ces trois termes.

Louis Trébuchet se place dans la lignée de grands historiens et des grands praticiens du Rite Ecossais Ancien et Accepté : Jean-Emile Daruty, Albert Lantoine, Jean-Pierre Bayard, Claude Guérillot, ou Alain Bernheim qu’il faut lire et relire pour comprendre l’histoire de la Maçonnerie, l’histoire et le rôle spécifique du Rite Ecossais Ancien et Accepté et sa portée symbolique et ésotérique.

En France, le Rite Ecossais Ancien et Accepté a su, malgré les péripéties de l’Histoire et la volonté hégémonique d’une obédience bien connue, rester toujours indépendant, maintenir vivante sa spécificité et son rôle majeur de perpétuation d’une franc-maçonnerie traditionnelle, symbolique, ésotérique ayant au cœur la liberté – de penser et d’agir – grâce à la complémentarité harmonieuse entre l’Obédience (la Grande Loge de France) et la Juridiction (le Suprême Conseil de France).

C’est pourquoi nous attendons avec la plus grande impatience la suite de ce livre pour la période 1743-1804 ! Mon cher Louis Trébuchet ta prochaine publication sera la bienvenue !

Et il faut saluer le remarquable travail des éditions UBIK qui ont su nous proposer un ouvrage d’une qualité exceptionnelle.

Ce livre ne doit pas être seulement conseillé : De mon point de vue sa lecture devrait être tout bonnement OBLIGATOIRE pour tous les frères de la Grande Loge de France.

Mais plus largement la lecture du livre de Louis Trébuchet est indispensable pour toutes les franc-maçonnes (je pense évidemment plus particulièrement aux sœurs de la Grande Loge Féminine de France) et à tous les francs-maçons (de la GL-AMF, de la GLNF, du DH, de la GLTSO ou même du GODF) qui pratiquent le rite écossais ancien et accepté au sein de leurs obédiences respectives.

Le livre de Louis Trébuchet méritait cette chronique un peu (trop) longue.

Mais courrez acheter ce livre ou mieux, faites le vous offrir à l’occasion du nouvel an !

Comme vous l’avez compris je vous recommande vivement l’achat et la lecture de ce livre fondamental pour qui veut comprendre quelque chose au Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Jean-Laurent Turbet

 

° Le livre :

TrebuchetEcosse1.jpg« De l’Ecosse à l’Ecossisme ». Fondements historique du Rite Ecossais Ancien Accepté. Tome 1 – Volume 1 et volume 2. 1475-1743.

De Louis Trébuchet.

Editions UBIK. Collection Fondations.

Publié en octobre 2012.

Le premier tome 177 pages.

Le second Tome 917 pages.

Les deux volumes ne peuvent être vendus séparément.

78€

° Le livre sur le site des éditions UBIK.

° Le livre sur Amazon.

 

° Pour aller plus loin :

° Les livres de Louis Trébuchet sur Amazon.

 

° En vidéo :

1) De l’écosse à l’écossisme 1ère Partie :

 

2) De l’écosse à l’écossisme 2ème Partie :

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Commenter cet article

yonnel ghernaouti 29/12/2013 08:46


Une somme remarquable sur le REAA.


A posséder dans toute bibliothèque maçonnique qui se respecte


frat


YG

Jean Claude Dorion 28/12/2013 16:38


Cher Jean Laurent,


C'est avec un réel plaisir que j'ai pris connaissance de ton "long article" sur l'ouvrage monumental de Louis Trébuchet sur l'Ecossisme. Tout ce que tu rappelles est exact et mérite effectivement
une large diffusion. Je n'aurais qu'à ajouter un fait qui te fera peut-être sourire, toi l'Ecossais pur et dur ! Le Rite des Antients n'est-il pas celui de Lawence Dermott, au demeurant
Secrétaire de la Grande Loge d'Angleterre et père du Rite Irlandais, ancêtre du R.E.A.A, que nous pratiquons maintenant au sein de France d'Irlande 884.


Bien à toi,                                                    
                                          Jean Claude Dorion

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