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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


GLDF : Discours du Grand Maître Georges Marcou lors du Convent de septembre 1981.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 13 Juillet 2016, 19:15pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #Histoire, #GLDF, #Marcou

GLDF : Discours du Grand Maître Georges Marcou lors du Convent de septembre 1981.

Toujours dans l'idée de mieux faire connaitre l'histoire de la Grande Loge de France, je vous ppropose de lire la déclaration du Grand Maître Georges Marcou, qui vient d'être élu.

 

Georges Marcou avait déjà été Grand Maître de 1977 à 1978.

 

Puis Michel de Just a été Grand Maitre trois ans, de 1978 à 1981.

 

Georges Marcou sera Grand Maître deux ans, de 1981 à 1983. Henri Tort Nouguès lui succédera pendant deux ans.

 

Georges Marcou a été un grand résistant. Engagé volontaire le 1er mars 1941 dans le réseau C.N.D. Castille des Forces Françaises Combattantes 1ère D.E.I. sous le matricule 33.178, il est arrêté à Bordeaux le 10 juin 1942. Déporté à Mauthausen en mars 1943, après 9 mois de détention à Fresnes, il sera libéré le 27 avril 1945. Né le 16 février 1923, il passse à l'Orient Eternel le 15 avril 2013, dans sa 91ème année.

 

Un exemple pour tous les frères de la Grande Loge de France. Un immense maçon, un homme d'exception.

 

 

Message du Grand Maître

 

Le Convent de la Grande Loge de France vient de se terminer. Les Maîtres Maçons, députés des différentes Loges de France et d'Outre-Mer, ont élu, cette année, comme Grand Maître, M. Georges Marcou qui avait déjà occupé cette charge en 1977. M. Marcou, nous tenons à le rappeler, a été déporté au camp de Mauthausen.

 

Aujourd'hui, au nom des Francs-Maçons de la Grande Loge de France, le Grand Maître Georges Marcou s'adresse à vous.

 

*  *

 

Oui, comme il vient de vous être dit, le Convent de la Grande Loge de France, c'est-à-dire l'Assemblée générale de l'Obédience, qui a un pouvoir législatif, vient de me désigner comme Grand Maître.

 

Auparavant, s'étaient déroulées les élections des députés appelés à siéger au Conseil Fédéral, l'organisme exécutif de l'Obé­dience, permettant ainsi à l'Assemblée de désigner les Grands Officiers qui, tout au long de l'exercice, me prêteront leur concours dans la gestion de la Grande Loge de France.

 

De plus, ces Maîtres Maçons, députés de leur Loge respec­tive, ont examiné et discuté, en commissions, des questions que le Conseil Fédéral, comme il est d'usage, propose chaque année à leur étude et à leur réflexion ; car, s'il est vrai que nous ne devons pas permettre aux rumeurs et aux tumultes de la cité de venir troubler nos travaux et la méditation qui prend source dans nos Temples, il n'en est pas moins vrai qu'il n'y a pas rupture entre notre comportement dans la vie civile et celui que nous avons dans la Loge.

 

Les Francs Maçons de toutes les époques ont été avant tout des hommes conscients de leurs devoirs dans la construction du devenir des hommes. Ils l'ont montré plus particulièrement dans les périodes difficiles parce qu'ils ont toujours eu le souci, dans la Loge, de précéder l'évolution sociale. Ils ont été en avance sur leur temps, dessinant les premiers les lignes de réalisations humanistes qui, bien au-delà de leurs propres préoccupations, ont permis le progrès de l'humanité.

 

Ils ont médité sur leur condition d'homme, et ils ont su éga­lement peser les valeurs traditionnelles, réfléchir à l'évolution nécessaire de l'ordre social, définir une morale pour leur temps, préciser et développer les disciplines civiques.

 

Les Francs-Maçons de la Grande Loge de France, c'est vrai, attachent aux systèmes de valeurs que représentent les règles morales, une grande importance ; c'est ainsi que, cette année, sous le titre général « L'homme et ses racines biologiques, tra­ditionnelles et spirituelles », les Francs-Maçons de la Grande Loge de France se sont d'abord penchés sur le problème que pouvait poser à l'homme du XXe siècle le développement consi­dérable des Sciences de la Vie.

 

En effet, la révolution biologique, qu'a entraînée le dévelop­pement de la génétique, et par là-même, la puissance de l'homme, pose aujourd'hui un problème fondamental.

 

Nous avons voulu favoriser, par notre question, la prise de conscience de ce grave problème et, sinon apporter une solution, prévenir du moins certains dangers et marquer certaines limites que l'on ne saurait franchir sans mettre en jeu l'intégrité de la personne humaine.

 

Nous avons aussi étudié dans nos commissions le problème des racines traditionnelles et spirituelles de l'homme. Là, si vous le permettez, je voudrais vous donner mon sentiment. En effet, si la plante ne peut vivre sans racine, l'homme, être vivant, mais aussi être culturel et spirituel, ne peut vivre à son tour sans un enracinement culturel et spirituel.

 

Et lorsque nous parlons de racines culturelles, nous ne vou­lons pas entendre par là ses connaissances théoriques et livresques mais ses manières de sentir, de penser, de croire, ses manières de vivre et d'être, qui sont le fruit des coutumes et de la tradition et qui témoignent de la vie d'une civilisation.

 

Or, l’homme d'aujourd'hui, si ce n'est celui d'hier, ne peut vivre, ne peut être, sans un passé et un héritage culturel et spirituel.

 

Lorsqu’il oublie, lorsqu'il perd sa mémoire, il devient un « voyageur sans bagage », et, parce qu'il a oublié son passé, il ne peut assumer son présent et préparer son avenir.

 

Or, ce qui est vrai de l'individu l'est aussi d'une société, d'une civilisation. Celles qui perdent leur mémoire culturelle, celles qui oublient, qui méconnaissent, ou même renient, les valeurs essen­tielles qui les soutiennent, sont déjà des civilisations mortes.

 

Ajoutons même que toute société, toute culture en perte de mémoire, est nécessairement aussi en perte d'espérance et sans doute en perte d'espérance parce qu'en perte de mémoire.

 

Par notre question, nous avons voulu susciter et éveiller chez tous nos Frères de la Grande Loge de France, une interrogation et une réflexion qui, aujourd’hui plus que jamais, nous semblent indispensables au salut de nos contemporains et à la sauvegarde de notre civilisation. Pour ma part, si vous me permettez de faire appel à ma propre expérience, lorsque dans ma vie d'homme j'ai été confronté à des événements dramatiques, j'ai éprouvé le besoin de cet enracinement :

 

Retrouver cette vieille maison de mon enfance, redécouvrir les chemins creux qui mènent aux vignes, surprendre quelques merles, faute de grives, occupés qu'ils étaient avec quelques baies de genévrier ou quelques mûres du roncier, monter jusqu'au moulin qui a, maintenant, définitivement perdu ses ailes, humer le vent, retrouver la force et la sécurité nécessaires à mes entreprises, comme je retrouve dans la Loge-Mère, près de mes Frères, et mes forces, et mes racines, et mes raisons de croire et d'entreprendre.

 

Il ne le semble pas ! Aussi, gardons notre foi et notre espoir.

 

Le Grand Maître qui vous parle peut vous dire aujourd'hui que la Grande Loge de France incarne en ce mois de septembre 1981, une maçonnerie jeune et dynamique. Nos Frères n'ont jamais peut-être été aussi conscients de leurs possibilités et de leurs devoirs.

 

Nous pensons, nous, Francs-Maçons de la Grande Loge de France, qu'il faut que nous persévérions dans notre tâche et que, pour construire le Temple de l'Humanité, c'est-à-dire construire un monde de Liberté, d'Egalité et de Fraternité, où chaque homme se sente l'un des maillons d'une merveilleuse Chaîne d'Amour, il faut d'abord faire le serment de sauvegarder aujourd'hui, comme nous l'avons fait hier, l'homme et ses droits fondamentaux, de même qu'il faut savoir retrouver les valeurs communes de notre civilisation, ses racines traditionnelles et spirituelles ; les sau­vegarder, oui, et pourquoi pas, dans ce monde moderne qui semble les méconnaître et les avoir oubliées, les redécouvrir et les réinventer.

 

Tels sont nos préoccupations et nos espoirs.

 

La Franc-Maçonnerie a toujours été une école de réflexion qui conduit naturellement à l'action et en fait une véritable école de vie.

 

Jamais cette définition n'a été aussi justifiée.

 

Ce n'est pas la première fois que l'homme est confronté aux exigences de son temps ; aussi, il ne faut pas dramatiser.

 

Les Francs-Maçons de la Grande Loge de France travaillent dans leurs Loges pour que leurs responsabilités essentielles d'hommes libres soient engagées en faveur de I'ETRE, c'est-à-dire de l'ETRE dans ses limites.

 

Hommes de « plein champ de la vie », notre vocation de Francs-Maçons est de défricher l'inconnu et de conforter l'acquis pour trouver un équilibre harmonieux d'où se dégagera la force créatrice qui permettra de déceler, d'analyser, les nouvelles pers­pectives qui existent dans tout homme et que la méthode maçonnique tend à mettre en évidence, et tout cela pour que nos Loges restent cette communauté d'espérance où l'espoir de chacun est disponible pour les autres.

 

Il n'y a pas d'homme qui n'éprouve ce besoin.

 

Il n'y a pas d'homme qui, s'il veut être sincère, ne doive reconnaître qu'il serait déchiré, mutilé, sans la source de son passé et de sa mémoire, comme il n'y a pas de civilisation qui puisse se perpétuer sans tradition, et cela est vrai de notre civilisation comme de toutes les autres.

 

Et cela est vrai aussi de notre institution maçonnique, comme de toutes les institutions, et notre Constitution parle d'or lors­qu'elle dit : « La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique tradi­tionnel fondé sur la Fraternité ».

 

Cependant ajoutons, afin qu'il n'y ait pas de malentendu, que respecter la tradition ne signifie pas passéisme et conservatisme. 

 

La tradition, c'est ce que nous recueillons du passé pour enser le présent, et préparer l'avenir. 

 

La tradition est vivante, elle est active elle est pour nous non pas la négation du progrès mais son affirmation.

 

La Constitution de la Grande Loge de France dit en outre : « La Franc-Maçonnerie a pour but le perfectionnement de l'huma­nité », celle-ci étant entendue à travers les individus comme à travers l'être collectif qui la représente.

 

On dit trop facilement que les Francs-Maçons se désinté­ressent des problèmes de la grande cité des hommes.

 

La Franc-Maçonnerie est un ordre universel.

 

Chaque soir, dans tous les pays du monde, Francs-Maçons protégés par la loi ou Francs-Maçons condamnés au travail dans l'ombre, nos Frères posent les problèmes de leur génération avec la même lucidité, avec la même franchise.

 

Oui mais, nous dira-t-on, le spectacle qu'aujourd'hui nous offre le monde ne doit-il pas nous désespérer et nous faire douter de la réussite de notre OEuvre ?

 

Restons lucides devant les malheurs immenses de notre temps ; le monde d'hier était-il meilleur que le monde d'aujour­d'hui ?

 

Demain est déjà là ; il n'y a plus de temps à perdre si nous voulons bâtir pour nos Frères, les hommes, un monde de joie, de fraternité et de bonheur.

 

 

Georges MARCOU.

SEPTEMBRE 1981

L'original de l'article dans PVI N°43.

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La Grande Loge de France, héritière de la Grande Loge de France de 1728 et refondée sous sa forme actuelle en 1894 est une obédience maçonnique masculine qui regroupe 34 000 frères répartis en 885 loges réparties sur le territoire national (hexagone et DOM, TOM ...) et même à l'étranger.

 

Les frères de la Grande Loge de France pratiquent le Rite Ecossais Ancien et Accepté, rite maçonnique le plus répandu de par le monde.

 

La Grande Loge de France peut se reconnaître en trois mots :

 

HUMANISME - SPIRITUALITE - TRADITION

 

Les frères de la Grande Loge de France pensent que la Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la fraternité.

 

Si vous souhaitez contacter la Grande Loge de France cliquez ICI

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