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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Jean-Michel Dardour, nouveau Président du Collège Maçonnique

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 16 Mai 2019, 15:34pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #Dardour, #CollègeMaçonnique, #Académie, #Université, #AM, #UM, #Philosophie, #Conférences

Jean-Michel Dardour, nouveau Président du Collège Maçonnique

Interview de Jean-Michel Dardour
nouveau Président du « Collège Maçonnique »,
qui réunit l’
Académie Maçonnique et l’Université Maçonnique.

 

Jean-Michel DARDOUR est le nouveau Président élu le 16 mars 2019 de l’ »Académie Maçonnique », l’association, qui pour poursuivre son développement, a été renommée « Le Collège Maçonnique » et s’est dotée d’une nouvelle organisation. Il prend la suite de Jean-Bernard Lévy  qui devient Président Honoraire.

Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore voici quelques informations pour savoir qui est Jean-Michel Dardour : Ancien 1er Grand-Maître adjoint de la Grande Loge de France, il a été le co-fondateur et le  1er Président du think-tank maçonnique « Franc-Maçonnerie et Société » (FMS). Animateur de l’émission « Divers aspects de la pensée contemporaine » sur France Culture consacrée à la GLDF entre 2013 et 2016, il a été par ailleurs l’organisateur de plusieurs colloques sous deux Grands-Maîtres différents. Il est membre fondateur de 2 loges de la Grande Loge de France, « Kairos » N°1494 et « Albert Lantoine » N°1582

 

Jean-Michel DARDOUR a bien voulu – en exclusivité sur ce bloc-notes - répondre à quelques unes de mes questions.

JLT  -  Tout d’abord mon cher Jean-Michel, pouvez vous nous rappeler quelles sont les activités du Collège Maçonnique ?

JMD – C’est une association qui regroupe en fait trois entités, fondées par une petite équipe de frères et sœurs, emmenés par deux de nos éminents frères, le regretté Michaël Segall et notre ami Jean-Bernard Levy, qui devient Président Honoraire :

- Tout d’abord, L’Académie Maçonnique qui regroupe des frères et sœurs ayant au moins le 3ème degré. L’Académie, qui n’est ni une commission obédientielle, ni une loge de recherche, a pour but de mettre en valeur toute la richesse du Rite Ecossais Ancien et Accepté, la philosophie profonde de ce rite, le plus utilisé dans le monde. Cette association est ouverte à tous les maçons et toutes les maçonnes ayant atteint le grade de maître, de toutes obédiences, en leur proposant des travaux originaux sur leur rite et qui propose des conférences sur des sujets symboliques, philosophiques, historiques etc… Des actes de ces conférences sont publiés sous formes de « Mémoires »

L’Académie Maçonnique a été créée à Paris, mais sous l’impulsion de Jean-Bernard Lévy nous avons créé des Académies dans les régions. La dernière en date est celle de Lille que nous avons inaugurée le 4 mai. Mais nous avons déjà des Académies à Marseille, Nice, Toulouse, Montpellier, Lyon. Et bientôt en Alsace, et en Auvergne.

- Ensuite L’Université Maçonnique qui existe depuis 2014 propose des conférences ouvertes aux sœurs et frères dès le 1er degré. En général ce sont deux conférences sur des thèmes divers. Un profane apporte son expertise ou son savoir et un maçon apporte le regard maçonnique sur le sujet traité. Ces conférences sont filmées et disponibles aux adhérents via notre site internet.

De nombreuses personnalités sont venues plancher devant un public de plus en plus nombreux : Roger-Pol Droit, Alexandre Adler, André Comte-Sponville, Michel Maffesoli, Françoise Bonardel, Franck Ferrand, Grichka Bogdanoff, Gérald Bronner, Philippe Bilger, Armand Abecassis, Vincent Cespedes et beaucoup d’autres…

- Enfin, nous assistons trois Loges de la Grande Loge de France pour l’élaboration des programmes des Tenues d’été qui ont lieu tous les mardis soirs à 20 heures en juillet et en août. Trois sont des conférences publiques ouvertes à toutes et à tous. La dernière de ces conférences publiques est traditionnellement le discours de rentrée du Grand Maître de la Grande Loge de France, le dernier mardi du mois d’août.

Une référence plus que trentenaire, c’est là que j’y ai vu pour la première fois l’impressionnant TCF Michael Segall alors que j’étais un jeune apprenti, sur la colonne du Nord, il y a 23 ans !

JLT : Vous avez décidé de créer un nom générique, Le Collège Maçonnique, pour rassembler les trois entités. Pour quelle raison ?

JMD : Il nous fallait un nom générique d’association qui regroupe les trois sans privilégier l’un ou l’autre, et permette à chacun de se développer harmonieusement. Chaque entité garde son nom bien connu des membres, « Académie », « Université », et se regroupe sous le chapeau du « Collège » qui reste uniquement administratif.

JLT : Que propose le Collège Maçonnique ?

JMD : Tout en gardant l’esprit de ses fondateurs charismatiques, esprit qui visait à une indépendance dans le respect de toutes les obédiences, il s’agit proposer à toutes les sœurs et à tous les frères de toutes les obédiences, la possibilité de se cultiver, d’approfondir les références historiques, philosophiques, sociologiques, contenues dans les rituels, sans jamais interférer avec l’initiatique, qui reste du domaine exclusif de la loge.

Car, bien évidemment, il ne s'agit nullement de faire concurrence aux loges qui sont le cœur battant de la transmission initiatique, ni aux surveillants chargés de l'instruction des apprentis et compagnons. L’Académie et l'Université s'inscrivent bien en compléments culturels de construction ou de révision de bases historiques, sociologiques et philosophiques.

JLT :  Quelle est – si je puis-dire – la philosophie générale de votre action en tant que président du Collège maçonnique ? 

JMD : La spiritualité ce n’est pas la philosophie. La philosophie se fait avec des mots, des discours des raisonnements. La spiritualité sa fait avec du silence et des expériences, elle ne relève pas de la spéculation mais de la contemplation, de la méditation. La philosophie ne tient pas lieu de spéculation et inversement. C’est pourquoi nous pensons qu’il ne faut s’amputer ni de l’une ni de l’autre et nous invitons nos membres à philosopher à côté de leur vie spirituelle.

Mais il me semble que le contexte dans lequel évolue notre société nous oblige à quelque chose d’autre.

Les passions tristes dont parlait Spinoza, les vents mauvais, la violence, la haine même qui se manifeste maintenant toutes les semaines vont nous obliger, comme disait le grand entraîneur Aimé Jacquet, à muscler notre jeu, nous les humanistes !

Allons-nous continuer à nous contenter de nos magnifiques tenues dans le cocon de l’espace sacré, pendant qu’une fraternité des ronds-points, une fraternité des crédules, remplacerait une introuvable fraternité des valeurs et de la connaissance ?

Une juxtaposition d’individus, un fleuve des égoïsmes est en train de prendre la place que nous ne savons pas incarner.

Car nous sommes au cœur d’une épidémie de crédulité ! Internet devait nous apporter une démocratie de la connaissance, les réseaux sociaux apportent l’empire de la crédulité et de la conspiration.

Il me semble que cette ambiance délétère nous oblige, nous, chercheurs de vérité à une véritable mobilisation culturelle, intellectuelle, et spirituelle.

Notre difficulté à expliquer aux profanes notre culture de la fraternité (sans rien révéler de nos secrets) nous amène à une situation très paradoxale : le profane pense que nous faisons partie des élites décriées, il tague nos temples ou même les saccage, alors qu’en réalité il y a bien longtemps que nous n’avons plus aucune influence sur le cours des événements politiques.

Les obédiences n’ont jamais été autant divisées et la fraternité si vulnérable face aux fondamentalistes de tous ordres.

C’est la raison pour laquelle je pense que nous ne pouvons pas laisser le champ libre aux errances anti-humanistes.

Nous avons le devoir, et tous nos rituels nous l’indiquent constamment comme un impératif catégorique, de porter au dehors l’œuvre commencée dans le temple, de faire en sorte que cette transformation personnelle à laquelle conduit le travail en loge conduise à une transformation de la société dans laquelle nous vivons, que cette spiritualité qui nous éclaire, que ces forces de l’esprit devraient nous permettre de transmettre ces valeurs, d’avoir une foi et une espérance dans l’avenir, et de combattre sans relâche pour la dignité humaine.

Comme le rappelait fort justement Henri Tort-Nouguès, ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France, en 1984 : « Aujourd'hui comme hier, le franc-maçon n'appartient pas à un ordre qui se veut uniquement et seulement contemplatif mais qu'il veut être un homme d'action, un bâtisseur, et dans le cadre de la cité et de la société où il vit un homme responsable qui s'efforce de traduire son idéal dans ses actes ».

JLT : Cela demande en effet l’impérieuse nécessité de se perfectionner 

JMD : C’est aussi la raison pour laquelle il est fondamental de nous cultiver et de nous former afin de faire passer les bons messages non seulement au sein de nos loges, mais aussi à l’extérieur.

Plus que jamais, les frères et les sœurs du Collège Maçonnique vont s’atteler à tenter de rassembler le plus possible de membres pour constituer une grande force de connaissance, et tenter de donner plus de lucidité et moins d’illusions, d’être des facilitateurs de fraternité, des créateurs de signification.   Il y a beaucoup de travail pour lutter contre les vieux démons bien connus des français, l’égalitarisme et le ressentiment.

Comme si nous étions peut-être les derniers héritiers d’une certaine façon de comprendre la vie, et pour nous préparer à devenir peut-être des résistants à la société de la crédulité et de l’ignorance.

JLT :  Cela demande aussi beaucoup d’énergie et de mobilisation ! 

JMD : C’est pourquoi le Collège Maçonnique ce n’est pas qu’une seule personne.

J’ai la chance d’être entouré et secondé par un conseil d’administration et de nombreux bénévoles, à Paris et en province qui ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts pour faire vivre le Collège Maçonnique. Qu’ils en soient ici très vivement remerciés !

J’ajoute que le Collège Maçonnique ne vit que par les cotisations de ses adhérents, sans aucune subvention extérieure. Nous sommes attachés à l’aspect très modique de la cotisation : 20 Euros par an seulement, pour que le plus grand nombre puisse y accéder. C’est pourquoi j’invite nos sœurs et nos frères à devenir membres du Collège Maçonnique pour pouvoir assister à ses différentes manifestations !

JLT : Quelques mots de conclusion mon cher Jean-Michel ?

JMD : En conclusion, je souhaite que nous nous posions cette question : « Comment se comporter dignement en héritiers de nos glorieux aînés des Lumières ? »

J’ai bien peur que ces lumières ne soient aujourd’hui éteintes si je reprends la définition qu’en faisait Emmanuel Kant dans son petit ouvrage : « Qu’est-ce que les Lumières ? »

« Les Lumières c’est la sortie de l’homme de son incapacité à se servir de son entendement dans la direction d’autrui, son manque de décision et de courage de se servir de son propre entendement dans la direction d’autrui. »

 Eh bien je crois que nous n’y sommes plus aujourd’hui.

Aujourd’hui c’est individualisme forcené, égalitarisme virulent, matérialisme libéral, radicalisations religieuses, mythe du progrès, communautarisme, racisme, antisémitisme, sexisme, pseudo démocratie, appétit du bonheur à tout prix, etc.

Nous sommes très loin de la théorie du Solidarisme  de notre TCF Léon Bourgeois, Prix Nobel de la paix en 1920, homme d’Etat injustement oublié, dont la théorie mort-née n’a jamais été remise à l’ordre du jour. Pourtant c’est de cela dont nous avons besoin plus que jamais aujourd’hui.

Notre méthode, notre volonté, notre expérience, notre spiritualité à la fois empreinte de modestie et d’ambition non déréglée, devraient avoir leur mot à dire aujourd’hui, dans la puissance et l’audace d’une pensée originale et enfin fraternelle.

JLT : « Merci beaucoup mon cher Jean-Michel et longue vie au Collège Maçonnique ! »

 

Le site internet du Collège Maçonnique : www.collegemaconnique.fr/

Prochaine session de l’Université le 25 mai à 10h au 8 Rue Puteaux avec Pascal Picq et Michel Hannoun (venez nombreux ! )

Pour contacter Jean-Michel Dardour : jmdardour@orange.fr

 

 

 

Attention ! Cet article, comme tous les articles du "Bloc-Notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités", (http://www.jlturbet.net/) est écrit en mon nom personnel.

Je ne parle ni au nom d'une association, ni d'un parti, ni d'une loge, ni d'une obédience maçonnique.

Mes propos n'engagent que moi et non pas
l'une ou l'autre de ces associations.

Je ne suis en aucune façon habilité à écrire au nom d'une association, d'un parti, d'une loge, d'une obédience maçonniqueTout ceci pour que cela soit bien clair, qu'il n'y ait aucune ambiguïté de quelque nature que ce soit.

Quelles que soient mes responsabilités - ou non -  présentes ou futures dans une organisation, les propos tenus dans cet article comme dans tous les articles de ce Bloc-Notes, sont exclusivement des opinions personnelles qui n'engagent que moi.

Je rappelle simplement que la liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

Jean-Laurent Turbet

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LIONEL MAINE 16/05/2019 16:49

C'est un excellent choix. Toutes mes félicitations.

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