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Le Blog des Spiritualités

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La Marseillaise hymne maçonnique ? Chant national depuis le 14 juillet 1795.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 14 Juillet 2019, 16:00pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #Histoire, #Révolution, #Rouget, #France, #Patrie, #Musique, #Chant, #Hymne, #National, #HymneNational, #Chanson

La Marseillaise hymne maçonnique ? Chant national depuis le 14 juillet 1795.

La Marseillaise. notre hymne national fait malheureusement parfois polémique aujourd'hui pour ses paroles guerrières. 

Mais connait-on vraiment la genèse de notre hymne national ?

En général, ce qu'on peut en lire, c'est qu'à la demande du Maire de Strasbourg, Rouget de l'Isle (1760-1836), a composé le chant dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre à l'empereur d'Autriche. Elle portait alors le titre de « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ».

La Marseillaise est déclarée chant national le 14 juillet 1795.

Interdite sous l'Empire puis la Restauration, elle est remise à l'honneur après la révolution de 1830 et redevient hymne national sous la IIIe République. Le ministère de l'Éducation nationale conseille d'en pratiquer le chant dans les écoles à partir de 1944, pratique qui est dorénavant obligatoire à l'école primaire (proposition de loi du 19 février 2005, adoptée le 23 avril 2005, modifiant l'article L321-3 du Code de l'éducation). Les Constitutions de 1946 (IVe République) et de 1958 (Ve République) conservent La Marseillaise comme hymne national (article 2 de la Constitution de 1958).

Donc revenons à l'histoire.

Après la déclaration de guerre de la France à l'Empereur d'Autrice, Philippe-Frédéric de Dietrich, maire de Strasbourg demande à Rouget de l'Isle de lui composer un nouvel hymne pour son armée.

Rouget de l'Isle, qui est un jeune capitaine du génie en garnison à Strasbourg depuis 1791.

Le baron Philippe-Frédéric de Dietrich, est un membre éminent  de la Loge de La Candeur, une Loge de la Stricte Observance du Directoire Écossais de Bourgogne. De Dietrich, comme d'autres maçons strasbourgeois, appartient aux Illuminaten et son pseudonyme est Omarius.

Daniel Ligou nous dit à propos de Rouget de l'Isle, dans son Dictionnaire de la Franc-Maçonnerie: "Rouget de Lisle (Claude Joseph), 1760-1836. Le célèbre auteur de La Marseillaise a appartenu à la loge "Les Frères Discrets", Orient de Charleville. Plusieurs membres de sa famille ont appartenu à la loge L’Intimité, Orient de Niort."

Initié, passé au grade de Compagnon puis élevé à la Maîtrise en 1782 en quelques mois, selon les usages de l’époque, le frère Rouget de l’Isle a ensuite probablement visité les loges au gré de ses affectations…

Rouget de l'Isle fréquente le salon du maire de Strasbourg. Il est certain que leur appartenance commune à la Franc-Maçonnerie a créé entre eux des liens particuliers. Outre les militaires, ce salon reçoit aussi les Frères de la Loge de de Dietrich : c'est dire que Rouget de Lisle les côtoie directement durant son séjour de plus d'un an dans la capitale alsacienne. Et l'on voit mal ces Frères ne pas évoquer, au détour de quelques conversations, quelques éléments de leur vie maçonnique.

Les Loges strasbourgeoises ont, à ce moment cependant, cessé de se réunir : Rouget de Lisle ne peut donc plus participer à des activités maçonniques régulières. Mais force est de constater qu'il continue d'évoluer, durant tout son séjour sur les bords du Rhin, dans un milieu maçonnique, ici le strasbourgeois.

C'est bien le maire de Strasbourg qui, quelques jours après la déclaration de guerre, demande le 25 avril 1792 à Rouget de L'isle un chant militaire pour l'armée du Rhin. Particulièrement inspiré, le jeune capitaine le compose - musique et paroles - dans la nuit qui suit, celle du 25 au 26 avril.

Dans un commentaire à cet article, Michel Pélissier fait à juste titre remarquer le rôle fondamental joué dans cette affaire par un autre franc-maçon célèbre le général François Christophe Kellerman, futur vainqueur de la bataille de Valmy (20 septembre 1792).

René REISS, dans son livre intitulé sobrement « Kellermann » (Tallandier Paris 2009) écrit, page 104, que le capitaine Rouget de Lisle est sous les ordres du général Kellerman, qui commande l'armée révolutionnaire à Strasbourg et c'est Kellerman qui a invité le jeune capitaine chez le maire.

REISS cite le billet que Kellerman aurait envoyé à le 20 avril 1792 à son subordonné : « Il y aura soirée place Saint Etienne. Les Dietrich ont la passion de la poésie. Je verrais avec plaisir que, nouveau gradé, vous y fussiez. Ne pourriez-vous pas nous faire la surprise d’un morceau inédit comme vous savez en faire ? » Ainsi donc, le futur vainqueur de Valmy est-il à l’origine du « Chant de guerre de l’armée du Rhin ».

Car c'est bien sous son titre original de "Chant de guerre pour l'armée du Rhin"  qu'il fut chanté pour la première fois le 26 au soir, par Rouget de Lisle dans le salon du maire Dietrich, avec un accompagnement de clavecin joué par Madame Dietrich. (Voir le tableau sur cette page).

Dans les jours suivants, l'épouse du maire arrange un peu les partitions et se charge de les faire parvenir à d'autres personnes en Alsace et à Bâle.

Nous ignorons si madame de Dietrich appartenait à la Franc-Maçonnerie féminine en 1792. Mais elle n'ignore pas l'appartenance de son époux.

Ce qui est néanmoins sûr c'est qu'elle en est membre après 1800. En 1805, la Loge parisienne des Francs-Chevaliers se transporte à Strasbourg pour y tenir une Loge d'adoption le 15 septembre. Sa présidente, en qualité de Grande Maîtresse, est la baronne de Dietrich. Lors de cette tenue, elle a l'honneur d'accueillir l'impératrice Joséphine et d'initier en sa présence ses dames d'honneur.

Décidément, des Francs-Maçons sont toujours présents dans l'entourage immédiat de Rouget de Lisle.

Le père de notre hymne national s'éteint le 26 juin 1836 à Choisy-le-Roy, entouré de la famille Voïard et du général Blein. Le Franc-Maçon Jacques-Philippe Voïard est un des signataires de l'acte de décès.

Pour la postérité, son souvenir a aussi été taillé dans la pierre brute dans sa ville natale de Lons-le-Saunier par un Franc-Maçon de la Loge Alsace-Lorraine, le célèbre statuaire Bartholdi, père de La Liberté éclairant le monde, dite aussi, Statue de la Liberté, qui est actuellement dans le port de New York.

Lorsqu'un autre Franc-Maçon, Eugène Pottier, communard en exil à New York, décide d'écrire son poème intitulé L'Internationale, il le fait sur l'air de ... la Marseillaise. Ce n'est qu'en 1888 que l'Internationale fut mise en musique telle que nous la connaissons aujourd'hui par le musicien lillois Pierre Degeyter.

La synthèse entre La Marseillaise et l'Internationale se trouve dans la belle formule de Jean Jaurès : « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène

Signalons enfin qu'il existe une Marseillaise Maçonnique chantée l’Orient de Toulouse, dans la Respectable Loge  La Sagesse, le jour de la Saint Jean d'Hiver 1792, an premier de la République Française, par le Frère Jouy, affilié à ladite loge, & ex-Maître de la loge Saint-Hubert, à l’Orient du Mans.

Quand on sait à quel point les membres du Front National exècrent les francs-maçons, il est réjouissant de penser qu'en chantant la Marseillaise à la fin de tous leurs meetings, ils chantent en fait un hymne composé par un franc-maçon, commandé par un franc-maçon et joué pour des francs-maçons qui se reconnaissaient comme tels.

Plus sérieusement, il n'y a aucune raison de laisser cet hymne à des personnages comme ceux-là et heureusement depuis quelques années ce sont toutes les françaises et tous les français qui se sont réappropriés leur Hymne National.

Cet hymne qui a accompagné, de part le monde, tous les peuples qui se sont battus pour la Liberté.

Je me souviens encore de François Mitterrand, premier chef d'état à se rendre en Argentine après la chute de la dictature, descendant en voiture la grande avenue de Buenos Aires. Sur tout le long du cortège, les argentins présents en masse chantaient La Marseillaise en français.

C'est pour tout cela que La Marseillaise est grande ! Ne changeons rien!

 

Jean-Laurent Turbet

 

Article publié pour la première fois en juillet 2009. Et réactualisé chaque année.

La Marseillaise chantée par Jessye Norman en 1989 (site de l'Ina)

La Marseillaise par Serge Gainsbourg

La Marseillaise anti-cléricale, écrite par Léo Taxil et chantée par Marc Ogeret.

La Marseillaise hymne maçonnique ? Chant national depuis le 14 juillet 1795.

 

Attention ! Cet article, comme tous les articles du "Bloc-Notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités", (http://www.jlturbet.net/) est écrit en mon nom personnel.

Je ne parle ni au nom d'une association, ni d'un parti, ni d'une loge, ni d'une obédience maçonnique.

Mes propos n'engagent que moi et non pas
l'une ou l'autre de ces associations.

Je ne suis en aucune façon habilité à écrire au nom d'une association, d'un parti, d'une loge, d'une obédience maçonniqueTout ceci pour que cela soit bien clair, qu'il n'y ait aucune ambiguïté de quelque nature que ce soit.

Quelles que soient mes responsabilités - ou non -  présentes ou futures dans une organisation, les propos tenus dans cet article comme dans tous les articles de ce Bloc-Notes, sont exclusivement des opinions personnelles qui n'engagent que moi.

Je rappelle simplement que la liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

Jean-Laurent Turbet

Commenter cet article

Rene Mettey 30/04/2020 20:00

"La Marseillaise est grande ! Ne changeons rien!"
Car aujourd'hui, après le Bartaclan, Nice, etc... plus que jamais "contre nous, de la tyrannie, l'étendard sanglant est levé !".
Et si ces paroles toniques défrisent certains, j'ai proposé autrefois d'avoir des paroles plus pacifiques quand la patrie n'est pas en danger. Après tout, Giscard avait bien ralenti le rythme de la Marseillaise...

Jean-Jacques Zambrowski 17/07/2019 16:43

Cher Jean-Laurent,
Merci pour toutes ces précisions. J'en ajoute une : Kellerman, dont tu soulignes le rôle dans la genèse du Chant de guerre pour les armées du Rhin, fût quelques années plus tard eût quelques années plus tard comme aide de camp un certain Alexandre Auguste de Grasse-Tilly, qui le suivit dan,s les campagnes d'Espagne, d'Italie et de Flandres. C'est au cours de ces expéditions que le Chef d'Escadron de Grasse-Tilly pût diffuser dans ces pays le Rite en 33 degrés qu'il avait rapporté de Charleston et ainsi créer les Suprêmes Conseils de Milan, de Naples et des Deux Siciles, et du Suprême Conseil des Espagnes. Rouget de l'Isle, Kellerman, de Dietrich, ...ah ! ces Francs-Maçons ( et Francs-maçonnes !) de la fin du XVIIIème siècle t du début du XIXème ! Nous leur devons tout !

GB VIOTTI 28/10/2018 06:12

Voici le véritable auteur de la dite marseillaise :

https://www.youtube.com/watch?v=hRDKpNjGcgs&t=0s&list=PLzu_8QP90IU7a3Wqaxx3TqOQXKfQtHNYe&index=19

GB Viotti - tema e variazioni in DO maggiore 1781 (conosciuto anche come Marsigliese)

Interprété par l'Orchestre Camerata Ducale Le violoniste et compositeur piémontais Giovan Battista Viotti a composé ce qui est devenu plus tard l'hymne de la France révolutionnaire. Et, paradoxalement, il était musicien de cour, ami de la reine Marie Antoinette. La découverte a eu lieu lors des travaux de gravure de son opéra omnia. Giovan Battista Viotti, violoniste du piémont à la cour de Marie-Antoinette, a écrit cette chanson en 1781. Rouget de Lisle a repris en 1792 la musique composée dix ans auparavant par Viotti. Le réalisateur Guido Raimonda découvre cela en enregistrant l’œuvre complète de Viotti.

Rene Mettey 30/04/2020 20:05

et l'hymne des Saint-Cyriens "la galette" est sur l'air des Puritains de Bellini...

L Deparis 23/07/2018 09:44

Mon TCF Jean-Laurent, Je ne resiste pas au besoin d'insister sur les paroles de J.E. ci-dessous. En effet, on accuse la marseillaise d'être un chant violent, guerrier et vindicatif, dans l'idée de le substituer par autre chose, comme l'hymne de Beethoven ( UE) beaucoup plus "pacifiste" .
Or notre hymne est bien un hymne d'acte de fraternité ultime, de don de soi, en l'honneur de tous les non-nobles qui sont morts dans les tranchées ( qu'on appelait "Sillons" à l'époque) , ou tout simplement qui sont tombés dans les champs servant de champ de bataille . Qu'un sang impur abreuve nos sillons = Hommage à tous ces français du peuple, non nobles, qui ont donné leur vie pour sauver la patrie. Il y a une telle manipulation sur ce contre-sens, qu'on ne martèlera jamais assez le vrai sens de ces paroles, telles qu'écrites à l'époque.

Rene Mettey 30/04/2020 19:50

"comme l'hymne de Beethoven ( UE) beaucoup plus "pacifiste" ."
En fait l'UE a pris le 4è mouvement de cette symphonie, et pas l'humne, car l'UE n'a pas voulu des paroles... pourquoi ?? Pour éviter de privilégier une langue ??? oui parce qu'à un moment, l'ode de Schiller dit :"soyez inclinés, millions d'hommes, car au-dessus de la voûte étoilée un bon Père doit habiter". rappelons que quelques hommes d'état dont M. Chirac, se sont opposé à toute référence au christianisme dans la définition de l'UE...

Michel Pélissier 15/07/2018 23:40

Mon TCF Jean-Laurent,
Ton explication, qui est exacte, omet le rôle fondamental, dans cette affaire,d'un autre franc-maçon célèbre: Kellerman. René REISS : dans son livre « Kellermann » (Tallandier Paris 2009) écrit, page 104, que le capitaine Rougetr de Lisle est sous les ordres du général Kellerman, qui commande l'armée révolutionnaire à Strasbourg et c'est Kellerman qui a invité le jeune capitaine chez le maire. REISS cite le billet que Kellerman aurait envoyé à le 20 avril 1792 à son subordonné : « Il y aura soirée place Saint Etienne. Les Dietrich ont la passion de la poésie. Je verrais avec plaisir que, nouveau gradé, vous y fussiez. Ne pourriez-vous pas nous faire la surprise d’un morceau inédit comme vous savez en faire ? » Ainsi donc, le futur vainqueur de Valmy est-il à l’origine du « Chant de guerre de l’armée du Rhin ».

Jacques Napieraj 15/07/2015 18:08

En complément historique deppuis le site :
http://www.cathedrale-saint-omer.org/?/Orgue/marseillaise

Allons enfants de la patrie…

L’air de La Marseillaise aurait-il été créé sur l’orgue de St Omer ? Tout un livre a été écrit par Philippe Parès [1], en 1974, qui fait état d’une vieille controverse à ce sujet.

De plus, l’historien Robert Poinard, a réaffirmé que Saint-Omer est à l’origine de l’hymne national français… En critiquant ses paroles guerrières, il ajoute que la musique elle-même n’est pas de Rouget de Lisle, mais un emprunt à une musique d’église !

Avant d’aller tenir garnison à Strasbourg, Rouget de Lisle avait été en poste à Saint-Omer. C’est donc là qu’il avait entendu un Oratorio composé par le Maître de Chapelle de la Cathédrale qui se nommait Grison, sur le texte biblique du Livre d’Esther… Cet oratorio fut joué sur l’orgue et dans la « marche d’Assurérus », on trouve, note pour note, la mélodie de la future « Marseillaise » ! Cet air a dû lui plaire, peut-être l’a-t-il chanté, car il fréquentait les cercles musicaux de Saint-Omer. A Strasbourg, il n’eut qu’à lui adapter d’autres paroles pour qu’il devienne « Chant de guerre pour l’Armée du Rhin » et finisse par être l’Hymne National Français…

Extrait du Guide de la Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer

Notes

[1] Qui est l’auteur de la « Marseillaise », par Philippe Parès
Paris : Minerva, 1974
Notice n° FRBNF34594928
Cote BNF : 8-V-79834

joaben 15/07/2015 12:36

Sacraliser "La Marseillaise" est un acte justement contre républicain.
Le respect à ceux qui se sont sacrifiés pour les libertés implique justement de paratiquer ce pourquoi ils se sont battus : justement la liberté de critiquer les paroles de la Marseillaise.

En matière FM, nous avons en bien plus beau notre hymne fédéral :

"Par ta magie sont unanimes des peuples jadis divisés. Là où ton aile repose,règne la fraternité.
Soyons unis comme des frères,d'un baiser au monde entier.Amis ! bâtissons une ère de paix pour l'Humanité."

Il est à noter que l'hymne britannique cause les mêmes problemes : Beaucoup de FMs refusent de chanter le 2e couplet !
O Lord, our God, arise,
Scatter her enemies,
And make them fall !
Confound their politics,
Frustrate their knavish tricks,
On Thee our hopes we fix,
God save us all !

impartial 14/07/2015 14:55

Curieux d'écrire sur Rouget de Lisle (ou l'Isle) en oubliant de dire qu'il fut un monarchiste constitutionnel, qu'il démissionna de l'armée pour ne pas cautionner la chute de la monarchie après le 10 août 1792 (un serment républicain était exigé des officiers) qu'il réintégra toutefois l'armée (peut-être pour des raisons alimentaires !) peu après, qu'il fut emprisonné sous la Terreur pour ses amitiés avec Dumouriez et des proches de ce dernier comme le général de Valence (qui étaient sans doute maçons ) qui passèrent aux Autrichiens après avoir tenté de faire marcher leurs troupes sur Paris...

Il eut quelques ennuis sous Napoléon (Rouget s'embarqua dans des combines commerciales louches dont il se tira mal et où Joséphine semble avoir été impliquée, d'où la colère de Napoléon qui fit comprendre à Rouget de ne pas reparaître dans son entourage), sous la Restauration , Rouget écrivit un chant intitulé (avec beaucoup d'imagination !) Vive le Roi ! (ou chant du Jura) .
Opportunisme ou sincérité ? En tant que monarchiste constitutionnel, il pouvait considérer que la Restauration était moins loin de son idéal que d'autres régimes précédents (la république jacobine étant de ce point de vue hors concours !)

En tous cas, maçonniquement, pas de reniement chez lui , de nombreux francs-maçons étaient présents dans les cercles dirigeants de la Restauration (chez les monarchistes modérés comme Decazes) .

Citons aussi, dans ces années 1820 , un Chant des Industriels écrit à la demande du socialiste utopique Saint-Simon (les relations Rouget Saint Simon devraient être étudiées)

Votre fin sur le Front national me semble un peu trop facile. On peut s'amuser à raffiner un peu plus le paradoxe :
en effet, peu de temps après Le chant pour l'armée du Rhin, Rouget publia un chant qui eut un certain succès :
le Chant de Roland à Roncevaux , qui comprend ces vers :

Mourons pour la patrie,

C'est le sort le plus beau, le plus digne d'envie

Le chant parle des "fiers mécréants" (les Sarrasins) qui se répandent "dans nos campagnes" ( tiens tiens !) et contre qui vont lutter nos "fiers paladins, preux chevaliers", conduits par Roland et son ami Olivier.

Encore plus fort, Rouget dans sa présentation du Chant, écrit :

" Le chant de Roland a plus de rapport avec les circonstances actuelles qu'on ne le croirait au premier coup d'oeil. Comme ceux d'aujourd'hui, les Français d'alors combattaient pour leurs lois et leur liberté contre les Maures qui après avoir envahi l'Espagne, voulaient soumettre le reste de l'Europe au despotisme. Il n'y a de différence que celle des temps et des costumes".

Alors, le Front national n'est pas si loin de Rouget,, non ?

J.E. 14/07/2015 13:24

La Marseillaise est le symbole du sacrifice et du devoir pour la défense de la liberté, de l'égalité et de la Fraternité. La citation "qu'un sang impur abreuve nos sillons" n'est pas celle de l'agressivité mais celle du don de soi. En effet, à cette époque le sang pur était celui des nobles dit encore le sang bleu, et le sang impur était considéré comme celui du peuple, les non-nobles, ou se considérant comme tels qu'ils soient nobles ou non. C'était le combat entre les valeurs de l'universalisme et une forme de communautarisme social qu'il fallait transcender.
Ceux qui pensent que c'est un chant guerrier, et qui veulent en changer les paroles, n'ont rien compris au sens symbolique de ce chant qui va bien au delà de son apparence guerrière.

JP Bouyer 22/04/2014 16:14

Le lien vers la "Marseillaise maçonnique" est à remplacer par
http://mvmm.org/c/docs/marseill1792.html

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