Bloc notes de Jean-Laurent
L'Eglise Réformée de Lyon a refusé de signer la déclaration des responsables religieux de Lyon contre le mariage homosexuel.
La question du mariage homosexuel lui semble être une question trop importante pour être prise en otage dans un débat préélectoral.
L'Eglise Evangélique luthérienne de France et l'Eglise Réformée de France sont engagées ensemble dans une réflexion nationale sur la famille «Parole, parentalité, espérance, quels repères pour les familles ?» qui devrait aboutir au terme d'un débat synodal du 17 au 20 mai 2007.
Dans ce cadre, signer une déclaration publique contre le mariage homosexuel serait contradictoire aux règles de débats internes des Eglises.
Elle n'a pas voulu joindre sa voix à ceux qui utilisent cette période avec opportunisme pour contraindre des candidats à prendre des engagements sans qu'un débat de société ait eu lieu dans le respect des règles démocratiques.
Vu sur le site de La Croix :
A Lyon, les religions s'opposent au mariage homosexuel
Une déclaration commune de responsables religieux de la région lyonnaise, signée le 6 février (à l'exception de l'Église réformée), entend nourrir le débat sur l'homosexualité
Les termes sont forts : « Il y a mensonge à prétendre qu’il est indifférent, pour un enfant, de grandir ou non avec un père et une mère. » Sans être inédits, ils sont sans précédent car signés sous la forme d’une « déclaration commune » par presque tous les responsables religieux de la région lyonnaise à l’exception de l’Église réformée de France (ERF).
Pour les neuf responsables religieux signataires, il s’agit de s’opposer publiquement au mariage homosexuel et à l’adoption d’enfant par un couple homosexuel, dans la perspective des débats de la campagne présidentielle. C’est bien ce qui gêne l’ERF locale, qui refuse de se joindre à cette démarche commune. Le pasteur Guillaume de Clermont explique que cette question est « trop importante pour être prise en otage dans un débat préélectoral ».
Il ajoute que l’Église réformée de Lyon ne veut pas appuyer «ceux qui utilisent cette période avec opportunisme pour contraindre des candidats à prendre des engagements sans qu’un débat de société ait eu lieu dans le respect des règles démocratiques». Il précise enfin que son Église et l’Église luthérienne lyonnaise sont en cours de réflexion à ce sujet et que la conclusion n’est pas encore aboutie. Le pasteur luthérien local, Jean-Frédéric Patrzynski, a pourtant signé la déclaration commune.![]()
"Tout le monde était d'accord avec cette idée"
Aucun des évêques catholiques de Lyon n’était joignable hier (pour cause de session à Lille – lire La Croix d’hier). Mais la genèse de cette déclaration publique remonte en fait à la création du « G9 », réunion des responsables de la région lyonnaise qui, de temps à autre, sur un rythme au minimum annuel, se rassemblent pour réfléchir à des préoccupations communes. C’est le 14 novembre dernier, lors d’une réunion régulière de ce G9, que l’idée d’une déclaration sur ce thème de l’homosexualité a pris forme, finalisée le 24 janvier.
Recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane assure que «tout le monde était d’accord avec cette idée à laquelle chacun a apporté sa contribution lors de la rédaction». Pour lui, l’enjeu est très clair : «Nous ne regroupons pas simplement des fidèles, mais des citoyens et des électeurs. Notre démarche consiste donc à faire entendre la voix des religions dans ce débat de société. Comme religions, nous appartenons à la société civile et nous ne voulons pas nous laisser marginaliser sur ces grandes questions. Nous voulons simplement exprimer publiquement ce que les religions pensent de ce débat sur le mariage homosexuel.»
Certes, c'est un débat important, mais qui a toute sa place en période électorale. Si les socialistes sont élus, le débat n'aura pas lieu et ils autoriseront le mariage homosexuel, car ils auront la majorité à l'assemblée nationale.
C'est pourquoi il est légitime de poser la question maintenant et d'interpeler les responsables politiques pour leur demander dans quel sens ils se prononceront quand le débat sera posé.
Bien sûr, les socialistes n'en parlent pas trop pour ne pas choquer une opinion publique très opposée à l'adoption d'enfants par des couples gay, alors que cette mesure figure bien dans leur programme. Alors, parlons-en !
ÉLECTIONS

Personne ne sait que le fonctionnement des religions ou confessions qui ont signé l'appel en question ne les rend pas représentatifs au même titre. La Croix a donc titré "les religions contre l'homosexualité"
Mais le pasteur (luthérien) est dans un système épiscopalien ; sans discuter sa liberté d'expression personnelle, pour représenter l'EELF, il aurait dû s'autoriser de son conseil presbytéral et de son inspecteur écclésiastique (Madame Robert, de Paris, sauf erreur). En outre, comme vous le dîtes, le dialogue démocratique luthéro-réformé dans son instance CPL est plus représentatif.
L'évêque est dans un système épiscoplien aussi mais plus autoritaire. Comme c'est lui l'autorité, sa représentativité ne pose aucun problème.
Le rabbin est dans un système congrégationnaliste. Son employeur est le conseil d'administration qui gère la synagogue. S'il est dans un courant orthodoxe, c'est lui l'autorité et c'est pour cela que la synagogue le paie.
L'imam est dans le même système que le rabbin.
On comprend par là que le texte de condamnation était une manoeuvre politique. L'evêque Barbarin montrait qu'il était capable de monter une opération inter-religieuse même avec "des" protestants. Et il trouvait le seul qui ne se pose pas de question et fonce bille en tête.
Dans la mesure où nos contemporains imaginent que toutes les religions sont taillées sur le modèle de l'Eglise romaine, ils ont compris que les protestants (pris en blocs) professent la même exclusion que les catholiques et que M. JF Patrynzski est "représentatif" au même titre que l'évêque.
Les communiqués rectificatifs n'ont pas été repris par la grande presse. C'est dommage en ce qui concerne un courant théologique qui s'est signalé par des prises de positions sociétales courageuses depuis la laïcité jusqu'à la contraception.