Bloc notes de Jean-Laurent

Dans le cadre de la préparation du Congrès de Reims du Parti Socialiste, je vous propose la lecture d'un article de Jean-Michel Normand, paru dans "Le Monde" de ce jour. Il traite de la place des amis de Laurent Fabius dans cette phase préparatoire.

Voici cet article :

Les fabiusiens, des "faiseurs de roi" autant mal aimés que convoités.

Leur retour sur le devant de la scène socialiste est remarqué. Controversé, aussi. Les amis de Laurent Fabius, quelque peu marginalisés depuis la crise née du référendum sur la Constitution européenne de 2005 - ils avaient milité pour le non alors que le PS s'était majoritairement prononcé pour le oui - se sont imposés comme des acteurs centraux de la préparation du congrès socialiste de Reims, en novembre. Soutenue par la fédération du Pas-de-Calais, une majorité moins nette de la fédération du Nord et certains strauss-kahniens, Martine Aubry, décidée à "dépasser les clivages anciens" pour jeter les bases d'une candidature à la tête du parti, ne peut négliger l'appui d'un courant qui pèse, selon les pointages, environ 15 % des voix. Or, ce rapprochement constitue aussi son principal handicap.

Le ressentiment à l'égard des fabiusiens reste, en effet, une donnée constante de la vie interne du PS. Pierre Mauroy, qui se dit "vraiment en colère", a prévenu la maire de Lille qu'il n'est "pas possible de réaliser (une) alliance avec les fabiusiens, ou en tout cas pas au début". Pierre Moscovici, lui aussi en lice pour incarner une troisième voie face aux deux "présidentiables", Bertrand Delanoë et Ségolène Royal, voit dans les amis de M. Fabius des "passagers clandestins". Jospiniste historique, qui a ferraillé contre les fabiusiens depuis le congrès de Rennes de 1990, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, ne fera rien qui puisse les remettre en selle.

Les partisans de M. Fabius crient à "l'ostracisme". "Ou bien il s'agit d'un délit de sale gueule, ou alors il faut expliquer les raisons politiques qui font de nous un repoussoir", s'indigne Claude Bartolone, numéro deux d'un courant qui, ces derniers temps, s'efforce de montrer patte blanche.

"DIVISIONS PASSÉES"

A La Rochelle, M. Fabius, qui a regretté que "certains cherchent à instrumentaliser des divisions passées", a tenu à participer à l'atelier consacré à l'Europe. Son message : le débat institutionnel est forclos, reste le contenu de la construction européenne sur lequel tous les socialistes sont d'accord. Ce recentrage aiguise les appétits de la gauche du parti, prête à accueillir les déçus du fabiusisme.

Si l'on cherche à enfermer les amis de Laurent Fabius dans un statut de mal-aimés, "c'est parce qu'ils sont les faiseurs de roi", assure M. Bartolone. Pour l'heure, Mme Aubry n'a pas encore trouvé les moyens de sortir du dilemme fabiusien : renoncer à une alliance qui la porte mais dont l'élargissement se heurte à un veto ou rejoindre une plus vaste coalition sans avoir la garantie de pouvoir guigner le poste de premier secrétaire..

Jean-Michel Normand
Article paru dans l'édition du 04.09.08

Source :
Le Monde


Pour aller plus loin
:

° Le site de Laurent Fabius
° Le site de Reconstruire à Gauche
Mer 3 sep 2008 1 commentaire
Et pendant ce temps là, à l'UMP ils se marrent ... en alexandrins :
http://delanoe-illusionniste.hautetfort.com/
Et nous on fait quoi ?
A part noter ce qu'ils disent dans notre petit calepin pour leur ressortir dans 3 ans ?
yoman - le 08/09/2008 à 08h27