Bloc notes de Jean-Laurent
Patrick Devedjian le dit à qui veut l'entendre.
Comme lots de consolation à sa non nomination au gouvernement il aurait obtenu : 1) la direction de l'UMP, 2) la présidence du Conseil Général des Hauts-de-Seine.
Si pour la direction de l'UMP il semble bien que se soit vrai, il n'en est pas de même pour la présidence du Conseil Général des Hauts-de-Seine.
D'ailleurs, tous les conseillers généraux UMP présents lors de la réunion de groupe qui a suivi la démission de Nicolas Sarkozy le disent : celui-ci n'a pas désigné de dauphin (sous entendu : n'a
pas clairement désigné Devedjian comme celui-ci le prétend).
Plusieurs candidats potentiels avaient émis l'idée d'une candidature comme Philippe Juvin ou Jean-Jacques Guillet. Ils ont renoncé.
Mais Patrick Devedjian a sur sa route une
adversaire de taille. Isabelle Balkany, Vice-présidente chargée des Collèges et première adointe au Maire de Levallois-Perret (son mari Patrick Balkany).
Son atout majeur : La connaissance de la "machine" du Conseil Général et surtout de tous les élus. Devedjian n'est élu que depuis quelques années. Il est encore un néophyte... qui souhaite être
président.
Un atout de plus pour Isabelle Balkany, son dynamisme, reconnu même par ses adversaires. Elle est depuis de nombreuses années vice-présidente. Elle a construit ou rénové des collèges dans
pratiquement toutes les villes du département. Beaucoup lui sont donc redevables...
Elle sait metrre en valeur le rôle des élus : "Les élus savent en outre que je leur ai souvent servi de porte-parole lors des réunions du groupe et que je dis tout haut ce que tout le monde
pense tout bas. Aujourd'hui, l'administration occupe beaucoup d'espace. Avec moi, les élus reprendront toute leur place". Et elle enfonce le clou en se revendiquant comme la présidente des
conseillers généraux : "Ils sont demandeurs d'un président de proximité. Avec moi, ils ne prennent pas le risque, comme avec Patrick Devedjian, d'une gestion solitaire ou
autocratique".
Elle sait également jouer habilement sur le thème très "Ségolénien" du non cumul des mandats : Devedjian député, responsable de l'UMP et président du CG92... ça ferait trop pour un seul homme.
N'est pas Sarko qui veut sous-entend elle.
La bataille sera plus dure que prévue pour le député d'Antony. Surtout que la désignation du candidat de l'UMP - et donc du futur président - devrait se faire à bulletin secret lors d'une réunion
du groupe UMP départemental.
Comment penser qu'Isabelle Balkany ait posé sa candidature sans - sinon le soutien actif - du moins la neutralité bienveillante du Président de la République ? Le couple Balkany est trop proche
du couple Sarkozy (Le maire de Levallois-Perret, ami d'enfance du président était l' invité personnel de celui-ci lors de la cérémonie d'intronisation) pour faire quoi que se soit -
surtout de cette importance - sans en avoir parlé préalablement à l'actuel hôte de l'Elysées.
D'ailleurs, dans une interview au
Parisien de ce matin Isabelle Balkany révèle que "Nicolas (lui a)a confié en privé il y a quelques mois qu'il souhaitait que je
sois présidente du conseil général".
Lui et lui seul pourrait d'ailleurs lui faire renoncer à sa candidature : "Sauf instruction inverse de sa part, j'irai donc jusqu'au bout".
Nous aurons la réponse vraisemblablement à la fin du mois de juin. Il faut que le Conseil soit complet pour élire son président, or il faut élire un conseiller général à Neuilly. Nul doute qu'il
(ou elle) sera élu(e) dès le 10 juin prochain (un second tour apparait improbable à Neuilly).
L'élection du nouveau président (ou de la nouvelle présidente) du Conseil général devrait donc avoir lieu avant la fin juin.
Affaire à suivre...