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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Franc-Maçonnerie Magazine N°22 : au cœur des rites maçonniques

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 27 Février 2013, 13:15pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie

FMM22.jpgLe N° 22 de (l’excellent) Franc-Maçonnerie Magazine vient de sortir dans les kiosques.

Le thème central de ce numéro : les rites maçonniques. Nous y reviendrons.

Ce numéro s’ouvre par une interview de Catherine Jeannin-Naltet, la Grande-Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. Catherine Jeannin-Naltet s’inscrire « dans la continuité des précédentes Grandes Maîtresses. La Grande Loge Féminine de France est un ordre initiatique, qui n’impose aucun dogme, mais qui respecte toutes les religions. Nos valeurs sont celles de la liberté, de la tolérance et du respect de l’autre ». Elle indique également que l’obédience poursuit son développement avec 9 nouvelles loges créées.

Sur le choix de travailler en monogenre elle souligne : « Il est fondamental, au sein de la maçonnerie, d’avoir et de maintenir cette possibilité de choix, mixité ou non mixité. Par ailleurs, nous prenons grand soin lors des enquêtes préalables à l’initiation de bien sonder la personne sur sa volonté de ne travailler qu’avec des femmes. Et puis il faut souligner que nous ne sommes pas repliées sur non-mêmes, nous travaillons avec toutes les obédiences ».

Jean-Moïse Braitberg nous propose ensuite un dossier sur la Franc-Maçonnerie dans les Dom-Tom. Entre esprit colonial et universalisme. Dossier extrêmement détaillé sur l’état de la Franc-Maçonnerie dans les différentes iles : Martinique, Guadeloupe, Réunion, Nouvelle-Calédonie ainsi qu’en Guyane. Un indépendantiste martiniquais, le frère Camille Chauvet du Grand Orient de France est interrogé.

Mais bien d’autres également qui rendent compte de la diversité des hommes et des cultures et de l’histoire très riche et très ancienne de la Franc-Maçonnerie dans les îles.

La maçonnerie dans les îles ressent fortement la domination centralisatrice des obédiences qui tendent à nier les particularismes locaux au nom des grands principes comme l’universalité et la laïcité. « Prenons garde cependant que à ce qu’au revers de ces médailles la négation des particularismes au nom de l’universalisme n’écrive en lettre de feu un avenir incertain » conclut J-M Braitberg.

Vient ensuite le plat de résistance de ce numéro, « au cœur des rites maçonniques. La Genèse. Le mythe fondateur » par Pierre Mollier, collaborateur régulier de la revue, grand spécialiste des rites maçonniques et directeur de la bibliothèque, des archives et du musée du Grand Orient de France.

Comme il le note judicieusement « quelle que soit l’ « étiquette », qu’ils s’appellent Rite Français, Ecossais, Emulation, York, Egyptien… tous les rites maçonniques pour les trois premiers grades dérivent soit du Rite des Modernes – celui de la Grande Loge de 1717 – soit du Rite des Anciens, celui de la Grande Loge des Anciens apparue en 1751 mais probablement d’origine antérieure et irlandaise ».

Lorsqu’on parle de rites les noms sont souvent trompeurs. Le rite dit français est certainement celui qui est le plus proche du rite des modernes de Londres de 1717. Le rite écossais rectifié est un rite issu des modernes et donc « français ». Le rite écossais ancien et accepté est celui qui doit certainement le plus au génie français : après être né et avoir grandi  en France au sein de « Mères loges écossaises », il va s’exporter dans les îles (et notamment à Saint-Domingue) avec Etienne Morin à partir de 1762, sous le nom d’ordre du Royal Secret (dit aussi rite de Perfection) et revenir en France en 1804 après avoir été  définitivement hiérarchisé et ordonné en Amérique en 1801. « Il apporte aussi en France des usages maçonniques jusque-là tout à fait inconnus. En effet, si les réfugiés de Saint-Domingue qui en sont les promoteurs int associé cette échelle « écossaise » classique, trois grades symboliques fortement marqués par le Rite des Anciens qu’ils avaient découvert et pratiqué sur la côte Est du Nouveau Monde. A l’origine, les grades symboliques du REAA se rattachent donc à la famille des Anciens ».

Si je puis me permettre une remarque personnelle : C’est bien pour cela que je trouve que les frères qui travaillent au Rite Ecossais Ancien et Accepté n’étudient pas assez (voir jamais) des textes fondamentaux pour la compréhension des trois premiers degrés : Les trois coups distincts qui est une divulgation de 1760 et Ahiman Razon de Laurence Dermott écrit en 1751 et publié en 1756, qui était le texte de référence de la Grande Loge des Anciens.

Enfin, après avoir fait le panorama de l’histoire des rites, Pierre Mollier conclut : « Dès le XVIIIème siècle la franc-maçonnerie est diverse et offre plusieurs voies. Depuis presque trois siècles, chaque maçon trouve la sienne selon ses aspirations et sa sensibilité. Mais un impératif leur est commun : étudier et comprendre les outils symboliques qu’ils utilisent, aux premiers rangs desquels… le Rite ».

Irène Mainguy traite ensuite d’un sujet épineux : Théorie et pratique dans son cheminement maçonnique. « L’initiation bien comprise ne demande pas à disserter sur le sexe des anges mais d’accéder à une authentique vie spirituelle, ce qui n’exonère pas de remplir consciemment toutes ses obligations familiale et sociales ».

Alain Pozarnik, ancien Grand Maître de la Grande Loge de France et auteur bien connu de livres traitant de la spiritualité et de la symbolique maçonnique traite ici des « vraies et fausses transmissions initiatiques de la Tradition ». Il insiste sur l’oralité de la transmission initiatique. Qui se fait d’homme à homme : « La fraternité d’un sage initié consiste à aider un autre homme à prendre conscience de son avenir possible. Son intervention peut être dure ou aimable suivant le besoin de l’Apprenti mais elle n’est jamais méchante ou humiliante ». Enfin conclut-il : « Comme les découvertes de la connaissance initiatique ne sont pas transmissibles par stockage d’un homme à un autre de la génération suivante, cette science ne peut pas se perfectionner plus qu’elle ne l’est déjà. Elle ne peut qu’être préservée et transmise à ceux qui éprouvent le besoin de se perfectionner eux-mêmes ».

Vous retrouverez également dans ce numéro un article d’Henri Pena-Ruiz et la toujours truculente rubrique humour de l’ami Jacques Ravenne. Le désormais célèbre Jean Acacio devra emmener l’un de ses frères chez le psy…

Bref, un nouveau numéro de Franc-Maçonnerie Magazine, comme d’habitude fort intéressant et instructif, qu’il revient de se procurer sans plus tarder !

 

Jean-Laurent Turbet

 

° Sommaire détaillé du N°22 :

 

° Interview :

- Catherine Jeannin-Naltet, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France (GLFF) par Hélène Cuny

° Société :

- « La Franc-Maçonnerie dans les DOM-TOM, Esprit colonial et universalisme », par Jean-Moïse Braitberg

° Dossier :

- « Au cœur des rites maçonniques : La génèse, le mythe fondateur » par Pierre Mollier.

° Tradition :

- Point de vue : « Pourquoi j’ai quitté la FM »,  par Magali Aimé.

- Symbole : « Quand théorie et pratique se font face » par Irène Mainguy

- Cabinet de Réflexion : « Vraies et fausse transmissions initiatiques de la Tradition » par Alain Pozarnik.

- Archives : « Code Maçonnique des Loges Réunies et rectifiées de France (1779) », par Pierre Invernizzi.

- Spiritualité et Philosophie : « De Socrate à Platon : la Philosophie dans la Cité », par Henri Pena-Ruiz.

° Culture :

- Découverte : « Cahors et ses vins « radicaux »

– C’était il y a 200 ans 1813.

- Confidences : « Peintures maçonniques ou peintre…. francs-maçons » par Dominique Morillon.    

- Humour : « Jean Acacio au pays des Francs-Macs, Bienvenue chez le psy », par Jacques Ravenne.

 

° Pour aller plus loin :

° Le site de Franc-Maçonnerie Magazine.

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