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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Interview de Claude Baty, nouveau président de la fédération protestante de France.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 6 Avril 2007, 23:04pm

Catégories : #Protestantisme

L'hebdomadiare Réforme a posé quelques questions à Claude Baty, le nouveau président de la Fédération Protestante de France.

C'est sa première interview conséquente depuis son élection, le weed-end dernier. Il prendra ses fonctions officiellement en juillet.

Claude Baty est né le 24 octobre 1947 à Matha en Charente-Maritime. Il est marié depuis 1970 avec Élisabeth, et père de Matthieu né en 1972 et de Julie née en 1977. Il est aussi grand-père de cinq petits garçons âgés de 7 à 2 ans.
Etudiant à la Faculté libre de théologie de Vaux-sur-Seine dans les Yvelines, dont il ressort titulaire d’une maîtrise en théologie en 1971. Il enchaîne avec un Certificat d’études bibliques à l’Institut catholique de Paris. C'est un spécialiste des études bibliques.

« Cette fonction n’est pas une affaire personnelle »

Ce pasteur de l’Union des Eglises évangéliques libres prendra la présidence de la Fédération protestante de France (FPF) le 1er juillet prochain.

Les propos de Claude Baty ont été recueillis par Bernadette SAUVAGET.

Comment envisagez-vous votre rôle de président de la FPF ?
Il y a des choses claires à mes yeux. Je ne fais pas de cette fonction une affaire personnelle. J’ai toujours travaillé en équipe ; ce qui veut dire que je vais travailler le plus étroitement possible avec le bureau et le Conseil. Bien évidemment, je continuerai à avoir des rapports privilégiés avec des personnes de confiance qui pourront me donner des conseils avisés. Je pense pouvoir envisager mon travail sans trop de crainte et de façon paisible, car les membres du bureau sont des personnes de grande valeur et les membres du Conseil, que je connais pratiquement tous, sont engagés et compétents. A cela il faut ajouter une équipe très motivée et efficace à la rue de Clichy.

La présidence de la FPF a une double casquette : assurer la visibilité du protestantisme et orchestrer le travail et l’unité à l’interne. Y a-t-il un aspect que vous souhaitez privilégier ?
Les deux volets sont, en fait, indissociables. Dans un poste comme celui-là, il ne s’agit pas de faire d’abord ce qui plaît. En simplifiant, on peut dire qu’il y a deux pôles, la représentation, la visibilité, la parole publique… et puis le travail dans la Fédération pour que cette parole publique soit vraiment le reflet de ce qui se vit à l’intérieur. Dans ses recommandations au Conseil, la dernière assemblée générale a d’ailleurs souligné la nécessité d’accentuer le dialogue théologique entre les membres de la Fédération.

Comment envisagez-vous de faire cohabiter les différentes tendances du protestantisme ?
Je vais essayer d’utiliser mon expérience. Je vais prendre un exemple que je connais bien. A l’Alliance biblique française, il y a tout le monde : catholiques, orthodoxes, protestants (luthéro-réformés, évangéliques et pentecôtistes…). Cela fonctionne car nous avons un but commun. Les personnes présentes se connaissent et se font confiance, sans être d’accord sur tout. Dans la Fédération, j’imagine un fonctionnement semblable. Si nous en restions aux stéréotypes sur les luthéro-réformés ou les pentecôtistes, nous pourrions nous dire que cette mosaïque va faire un drôle de tableau. Mais dans la mesure où les personnes se rencontrent et se parlent, elles s’aperçoivent qu’elles ont beaucoup en commun. Ce qui nous rassemble – comme protestants – est beaucoup plus important que ce qui nous différencie. Tous les membres de la FPF se réfèrent à leur foi en Christ. C’est fondateur et fondamental. Autour de ce centre, il y a plusieurs sphères ou cercles de collaborations possibles…

Les questions éthiques peuvent être motif de division, notamment celles qui touchent à l’homosexualité. Faut-il ouvrir un débat à la FPF sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels ?
La FPF a déjà fait des déclarations sur ce sujet. Nous ne partons pas de rien. Le travail déjà réalisé est important, même s’il est perfectible… Faut-il à tout prix en parler ? Je ne sais pas ce que va décider le bureau de la FPF. C’est manifestement un sujet difficile, une boîte de Pandore... Mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait des opinions opposées sur tout. Sur la question de la famille, il y a un accord global, me semble-t-il, entre les Eglises protestantes. Il y a aussi une approche commune sur l’accueil des personnes homosexuelles. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la FPF qui va légiférer sur le mariage ou l’adoption… Jusqu’à maintenant, aucune Eglise, à ma connaissance, ne soutient le mariage homosexuel. Une différence est clairement établie entre couple hétérosexuel et couple homosexuel.

Les relations œcuméniques constituent-elles, selon vous, une priorité ?
Cela me paraît évident. Nous vivons dans une société qualifiée de « postmoderne » où le statut du religieux a complètement changé. Bientôt, les gens de la rue ne connaîtront même plus le catholicisme mais auront toujours besoin de « religieux ». Les chrétiens doivent être capables de travailler ensemble, tout simplement pour être témoins aussi ensemble du Christ. Comme le montre le dernier numéro de la revue Esprit,le christianisme au niveau mondial est aussi en train de changer. Contrairement à ce que nous pensions, ce n’est pas l’islam qui progresse le plus mais le christianisme. Cela se joue dans les pays du Sud. Le centre du christianisme ne sera bientôt plus Rome ou Genève mais plutôt Kinshasa. Ce qui amènera inévitablement de nouvelles expressions de la piété. Mais cela ne se fera pas sans un nouvel enracinement. Nous ne pouvons plus parler comme si rien n’avait changé. Dans ce sens, l’œcuménisme est nécessaire et indispensable.

Certains courants évangéliques ont fait de l’évangélisation des musulmans leur priorité. Comment envisagez-vous vous-même les relations avec le monde musulman ?
C’est une question compliquée. Nous ne pouvons, là non plus, réfléchir en termes de catégories. On dira facilement que les évangéliques sont antimusulmans alors que d’autres sont davantage dans le dialogue interreligieux. Mais les évangéliques connaissent bien les musulmans parce qu’ils sont avec eux, sur le terrain. Les musulmans eux-mêmes veulent convertir les autres. Donc, ils se comprennent… Il faut retrouver un peu de simplicité et affirmer un certain nombre de choses. Chacun a droit à la liberté de conscience, chacun a le droit d’exprimer sa foi et de la vivre et chacun a aussi le droit de changer de confession, en France comme ailleurs. Mais tout cela doit se faire paisiblement et il faut arriver à parler clairement…

Des liens historiques existent entre le protestantisme et le judaïsme français. Depuis une dizaine d’années, les relations sont plus tendues. Y a-t-il, selon vous, un travail à faire ?
Là aussi, le dossier est compliqué. Il y a, en fait, beaucoup de susceptibilités. Il ne me semble pas que le protestantisme ait changé à l’égard du judaïsme. Traditionnellement, il y a eu une identification entre le protestantisme et le judaïsme. Israël, c’est le petit peuple persécuté et c’est nous aussi… Cette symbiose est actuellement accentuée dans des milieux évangéliques par un sionisme prononcé. Il y a donc un amour d’Israël évident de la part du protestantisme. Mais, pour certains protestants, si l’on aime Israël, on a aussi le devoir de critiquer la politique du gouvernement à l’égard des Palestiniens. Cela implique, sans doute, qu’il faut accentuer les relations entre responsables juifs et la Fédération. Un certain nombre de choses ont été entreprises mais il faudra les renforcer…


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