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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Lucie Aubrac est morte.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 15 Mars 2007, 09:54am

Catégories : #Histoire

C'est le coeur serré que nous avons appris ce matin la mort de Lucie Aubrac. Elle s'est éteinte hier à 94 ans après une hospitalisation de deux mois et demi à l'hôpital suisse de Paris (Issy les Moulineaux).

Femme d'un courage exceptionnel, dotée d'un caractère bien trempé comme d'une bonté légendaire, elle fut une figure majeure de la Résistance au nazisme et au collaborationisme vychissois et milicien.

Vaccinée contre le nazisme, l'antisémitisme et le racisme après un voyage à Berlin en 1936 lors de Jeux Olympiques, elle fut une résistante de la première heure au sein du réseaux Libération-Sud qu'elle contribue à fonder avec son mari et d'autres camarades.

Lucie et Raymond AubracElle restera célèbre dans nos mémoires pour avoir fait libérer son mari, Raymond Aubrac, (à qui nous pensons très fort aujourd'hui) après que celui-ci se soit fait arrêter à Caluire en même temps que Jean Moulin.

Après ses exploits exceptionnels, Lucie Aubrac (qui est agrégée d'Histoire) retourne, comme les véritables héros, à l'anonymat et reprend un poste de professeur d'Histoire. Elle restera professeur jusqu'à sa retraite.

Elle fut une militante infatigable de la mémoire de la Résistance. Après sa retraite elle multiplia les conférences dans les écoles, collèges, lycées pour maintenir vivante la flamme des martyrs de la Liberté. Elle participat un temps auxinstances dirigeantes du Mouvement de la paix et fut de tous les combats pour les Droits de l'Homme, notamment pendant la guerre d'Algérie. Elle poursuit son engagement militant, pour Amnesty international, puis dans les rangs du Réseau Femmes pour la parité et s'était récemment mobilisée pour les sans-papiers.

Lucie Aubrac était aussi engagée dans le combat contre l'antisémitisme. Elle avait notamment signé une pétition en 2002, "Les citoyens contre la banalisation de l'antisémitisme" face à la récurrence des agressions qui touchaient, en France, des personnes, des écoles, ou des lieux de cultes juifs. La pétition exprimait le trouble devant la banalisation de pareils événements, reprochant à la presse et aux représentants de l'Etat de n'avoir pas pris la mesure de la situation.

C'était une femme engagée, une femme de gauche, de la vraie gauche, de la gauche du coeur et de l'action.

En 1997, le réalisateur Claude Berri lui avait rendu hommage avec son film "Lucie Aubrac", (tiré de son livre "Ils partiront dans l'ivresse"),dans lequel elle était incarnée par Carole Bouquet.

C'est un phare de notre conscience qui s'est éteint hier, mais une Lumière forte qui continue de briller pour nous.

Merci Lucie pour ce que vous êtes, ce que vous avez fait et ce que vous représentez. Vous resterez à jamais gravée dans nos mémoires.


La réaction de Jean Lacouture :

A-T-ON LE DROIT de se sentir fier d’avoir été proche de certains êtres d’exception quand on n’a pas pris sa part des risques qui leur ont valu le respect de leurs contemporains ? On peut en tout cas témoigner, rappeler par exemple que l’héroïsme ne voue pas à l’isolement. Que celle qui sut arracher à Klaus Barbie son mari Raymond Aubrac tombé aux mains de la Gestapo en même temps que Jean Moulin, son chef de file, était l’être le plus généreusement ouvert aux autres, le plus porté à communiquer, à expliquer, à transmettre.

Ceux qui ont connu Lucie Aubrac peuvent témoigner que ce qu’elle avait accompli face à l’occupant nazi ne lui importait que dans la mesure où l’ancien professeur d’histoire qu’elle était y voyait la matière d’un enseignement, d’une constante communication avec la jeunesse. D’écoles en collèges et en universités, elle allait, indifférente à l’âge, à la fatigue, dans un grand sourire sous les cheveux blancs, apprendre aux plus jeunes qu’il n’est de défaite que dans la résignation, et d’impossible que ce qu’on n’a pas tenté de surmonter. Elle détestait le mot d’"héroïne", pour peu qu’on lui appliquât. Alors on dira que celle qui vient de nous quitter fut un maître de vie.
J. L.

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