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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

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Nouvelle atteinte scandaleuse à la laïcité. Une statue de Jean-Paul II érigée sur fonds publics.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 11 Décembre 2006, 01:22am

Catégories : #Laïcité

Le maire UMP de Ploërmel dans le Morbihan a inauguré une statue géante de Jean Paul II, objet de polémiques depuis plusieurs mois.

La cérémonie, qui a rassemblé un millier de personnes, s'est déroulée sans incident en présence, outre du maire Paul Ancelin, de l'évêque de Vannes et du député UMP Hervé de Charette.

Que l'on comprenne bien mon propos. L'église catholique ou même des croyants ont parfaitement le droit d'ériger des statues en hommage à qui ils veulent. Ce n'est pas la question aujourd'hui.

Qu'un maire érige une statue d'un pape sur fonds publics, quelques soient ses éventuels mérites, en est une autre.

Le monument, installé sur une place de cette commune de 9.000 habitants baptisée Jean Paul II, comprend une arche surmontée d'une croix et mesure près de neuf mètres de haut.

En septembre 2005, la majorité municipale avait voté un budget prévisionnel de 100.000 euros pour financer le socle et l'arche de la statue. Selon le maire,Paul Ancelin, 8.000 euros ont été dépensés pour le socle de béton et de granit du monument.

En septembre dernier, la municipalité a adopté un budget de 30.000 euros pour financer l'accueil des Russes venus livrer la statue et les festivités accompagnant son inauguration.

Les actions en référé déposées jusqu'à présent par les membres du collectif  anti-statue n'ont malheureusement pas été retenues

Contestée par les défenseurs de la laïcité, cette statue, érigée sur une place publique, est un "don" de l'artiste russe et président de l'académie des Beaux-Arts de Russie, Zurab Tsereteli, personnalité dont la fortune a des origines douteuses, selon certains spécialistes de la Russie.

Devenu quasiment un artiste "officiel", Tsereteli est un proche de Vladimir Poutine, et l'a coulé dans le bronze en tenue de... judoka. Cependant, son meilleur ami et protecteur reste le maire de Moscou, Youri Loujkov, qui a largement ouvert à son chouchou les espaces publics. La capitale russe regorge ainsi de ses oeuvres colossales, suscitant la rage ou la risée des milieux culturels et de quantité d'artistes moins en cour. Avant de semer un bestiaire de bronze dans les jardins du Manège, qui bordent le Kremlin, Tsereteli a réalisé son coup de maître en 1997 en faisant bâtir une île artificielle sur la Moskowa pour y ériger un monument de 96 mètres de haut à la gloire de Pierre le Grand.

Aujourd'hui richissime, grâce à l'héritage échu à son épouse - constitué notamment d'un somptueux appartement à Paris -, Tsereteli possède à Moscou deux musées et une galerie où des milliers de ses toiles voisinent avec celles d'artistes contemporains. Dans son luxueux hôtel particulier, il tient table ouverte - cinquante couverts - pour la jet-set moscovite et les personnalités de passage.

"Ce cadeau a été fait à la commune en raison de l'amitié que cet artiste me porte. C'est aussi un cadeau de la Russie à la France qui a eu l'accord de Vladimir Poutine", a assuré quelque temps avant l'inauguration Paul Ancelin.

Paul Ancelin a expliqué son choix de Jean Paul II dans sa commande à son "ami" Zurab Tsurateli par le souhait de "rendre hommage à un homme d'ouverture et à un géant de l'histoire".

Samedi, une place au nom de l'artiste russe a été inaugurée par le maire à Ploërmel.

Pendant l'inauguration, le "collectif contre la statue", qui a déposé un recours devant le tribunal administratif en s'appuyant sur la loi de 1905 de séparation de l'église et de l'état, a organisé un rassemblement dans une commune voisine.

"Trop c'est trop. Dans cette affaire, il y a plusieurs infractions caractérisées. Non seulement, la loi interdit l'édification d'emblèmes religieux dans l'espace public mais aussi leur financement par des fonds publics", a expliqué Gilles Kerouedan, porte-parole du collectif.

"Le pourquoi et le comment de ce cadeau sont aussi troublants. Le maire a parlé de service rendu. On se demande de quoi il s'agit", a t-il ajouté.

Le 18 novembre, une manifestation organisée pour la "défense des valeurs républicaines" avait réuni plusieurs centaines d'opposants, et quelques militants laïcs ont scandé : " A bas la calotte !" Plus sérieusement, Maïté Brochard, libraire à Ploërmel et catholique, s'indigne : " Quand des gens censés faire respecter la loi la bafouent, on n'est plus loin d'une république bananière !"

On ne peut tolérer que les lois les plus élémentaires de la République puissent continuer à être ainsi bafouées. Non, Nicolas Sarkozy n'est - heureusement - pas encore président de la République, et il n'a donc pas encore fait voter la loi qu'il promet pour rendre possible le financement des lieux de cultes par les collectivités locales.

Certains souhaitent visiblement agir par anticipation. Rappellons que jusqu'à maintenant la République française est laïque et qu'aux termes de la loi de 1905 elle ne reconnait ni ne subventionne aucun culte.

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