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Dimanche 8 octobre 2006 7 08 /10 /Oct /2006 23:18

''Nous gagnerons à partir de nos thématiques. Nous convaincrons avec nos propositions'', a insisté Laurent Fabius.Près de 2000 personnes étaient réunies ce matin, dimanche, dans un gymnase de Pantin plein à craquer, pour entendre le discours de Laurent Fabius.

(JPEG)Des anciens ministres comme Pierre Joxe et de très nombreux élus locaux, jeunes militants et nouveaux adhérents étaient présents (ainsi que votre serviteur).

Plusieurs orateurs se sont succédés à la tribune tout au long de la matinée :  Bertrand Kern, le Maire de Pantin,  Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou, Marc Dolez, Jean-Paul Bachy, Michaël Moglia, Bariza Khiari, Alain Vidalies, Marie-Noëlle Lienemann, Jacques Généreux, Claude Roiron, Claude Bartolone, le député de la circonscription, et pour finir, Laurent Fabius.

C'est devant ces militants enhousiastes scandant à de très nombreuses reprises "Laurent Préisdent !" que Laurent Fabius a une fois de plus livré un discours d'une exceptionnelle intensité qui a galvanisé la foule présente, un discours qui prouve une fois de plus ses grands taleurs d'orateurs qui mettent en valeur sa force de conviction et la pertinence de ses arguments.

«Je suis socialiste et je défendrai le projet socialiste».

"Je suis candidat du projet socialiste, je ne mettrai pas mon drapeau dans ma poche et je veux porter l'espoir de tous ceux qui ont au coeur la même révolte que moi", a t'il déclaré.

"Pour moi, c'est clair, nous gagnerons à partir de nos thématiques, nous convaincrons avec nos propositions, nous gouvernerons avec nos partenaires, c'est-à-dire avec la gauche", a t'il lancé sous les applaudissements  alors que nombre de militants reprochent à ses deux concurents  de trop se démarquer du projet officiel du PS.

a martelé Laurent Fabius. «Nous gagnerons à partir de nos thématiques. Nous convaincrons avec nos propositions», a-t-il insisté, alors que ses amis politiques accusent Ségolène Royal de trop se démarquer du projet officiel du PS.

Candidat du pouvoir d'achat.

Laurent Fabius s'est aussi présenté comme le "candidat du pouvoir d'achat", rappelant son intention de revaloriser le smic, les petits et les moyens salaires.

"C'est d'abord le pouvoir d'achat, la capacité de faire face, pour les dépenses de sa famille et pour les siennes, c'est d'abord une vie digne qui est à la base du socialisme, du social, de la République et du bonheur", a-t-il dit.

«Je suis candidat parce que je n'accepte pas les salaires de misère, les cadences insupportables», «l'écart écrasant des richesses» et parce que «je n'accepte pas qu'on puisse se voir refuser un logement, un emploi, l'entrée dans une boîte de nuit et subir trois contrôles par jour au motif de la consonance de son nom ou de la couleur de sa peau».

Battre la droite avec nos valeurs.

Laurent Fabius a réservé ses attaques au ministre de l'Intérieur et probable futur candidat de l'UMP à la présidentielle,  Nicolas Sarkozy, dont il a dénoncé l'"inefficacité abyssale". "Lui dont la mission constitutionnelle est d'apporter le calme, il contribue à la violence, lui qui cherche à rassurer est un facteur d'inquiétude", a-t-il estimé. Et de fustiger les «expéditions matinales et brutales qui stigmatisent un quartier», «dressent les populations les unes contre les autres» et «finissent par ridiculiser la police», avant de «demander respectueusement au chef de l'Etat» de «rappeler son ministre de l'Intérieur à la fois à l'ordre et au calme».

Il serait «inconvenant que celui qui depuis quatre ans échoue dans sa tâche de maintenir la sécurité puisse se prévaloir aujourd'hui des conséquences de son propre échec pour en tirer un profit!», a-t-il tonné. «Ce n'est pas parce que ça a fonctionné pour l'extrême droite et pour la droite en 2002 que nous sommes prêts à ce que cela marche encore en 2007».

Consacrant l'essentiel d'un discours d'une heure à la politique générale, sans vraiment évoquer les autres candidats socialistes, Laurent Fabius a mis en avant les questions du logement, de la recherche, de l'éducation et de l'Europe.

L’ancien premier ministre a clairement joué la carte de l'expérience, soulignant que "à l'heure du choix, une seule question comptera : lequel, dans votre conviction intime, est le mieux capable, au nom des socialistes, de remplir la fonction» de président de la République ? "

Estimant que "le régime actuel est à bout de souffle", il a également appelé de ses voeux "une République parlementaire nouvelle" et déclaré que s'il était élu, les Français seraient consultés sur cette question en septembre 2007.

L'ancien défenseur du "non" au traité constitutionnel européen a plaidé pour "une Europe différente, sociale, démocratique et environnementale, qui donne sa chance aux Européens et à la France".

Il a également prôné "une nouvelle politique africaine" fondée sur le développement, évoqué la "question grave" de la crise du nucléaire iranien. Sur la situation au Proche-Orient, "question mère de tous les conflits", il a affirmé le droit à l'existence et à la sécurité d'Israël ainsi que la nécessité d'un Etat palestinien "viable et gérable".

(JPEG)Il a également rapidement évoqué la «controverse sur la nation», notion évoquée à plusieurs reprises par Ségolène Royal lors de son discours à Vitrolles, pour rappeler que «la nation, lorsqu'il s'agit de la France, s'identifie à la République». «Il ne faut jamais laisser croire, laisser dire, par je ne sais quelle dérive de la parole ou de la pensée, que la nation pourrait dériver vers le nationalisme», a-t-il prévenu. «Nous sommes des internationalistes», a-t-il rappelé. «Nous aimons notre patrie, nous aimons la République, mais nous ne voulons pas de dérive».

Laurent Fabius a jugé que "tous les candidats ont leur mérite" mais il estime être celui qui a le mieux entendu les électeurs.

"Je tire les leçons de notre expérience, de ce qui a marché et de ce qui n'a pas marché", a-t-il expliqué, faisant allusion à la précédente élection présidentielle et au référendum sur le traité constitutionnel européen du 29 mai 2005.

"Je suis attentif à ce qu'ont dit constamment les Français depuis 2002 dans leur vote et dans leur mobilisation. Ils ont dit en particulier que le libéralisme n'était l'avenir ni de la France, ni de l'Europe, ni de la gauche, ils ont dit que le libre échange devait céder la place au juste échange", dit il.

Par Jean-Laurent Turbet - Publié dans : Parti Socialiste - Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
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