Mardi 28 avril 2009
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C'est une
tradition maintenant bien établie : à l'inititiative du Grand Orient de France, les francs-maçons de toutes obédiences se retrouvent le 1er mai au cimetière parisien du Père Lachaise pour
rendre hommage aux martyrs de la Commune de Paris de 1871.
De très nombreux francs-maçons tombèrent en effet sous les balles des versaillais durant la Semaine Sanglante qui mit fin dans un bain de sang à l'insurrection
parisienne.
La Commune de Paris dura deux mois environ, du 18 mars 1871 jusqu'à la Semaine Sanglante (21 - 28 mai). Cette
insurrection contre le gouvernement issu de l'Assemblée nationale, qui venait d'être élue au suffrage universel, établit une organisation proche de l'autogestion pour gérer la
ville.
Les francs-maçons des loges parisiennes furent très actifs durant cette période. Environ le
quart des élus de la Commune sont Francs-maçons.
Le 2 avril, l'une des premières mesures est la Séparation de l’Eglise et de l’Etat et la suppression du budget des Cultes. Le Frère Raoul Rigault se montre particulièrement actif dans la
laïcisation des services publics, notamment des hôpitaux.
Le Frère Edouard Vaillant reste comme le véritable et éphémère fondateur de l’école laïque, dont il jette les bases par son arrêté du 22 mai, instituant la gratuité, créant les premières
écoles primaires de filles et les collèges professionnels.
Les Frères Adolphe Assi et Benoît Malon proposent des coopératives de production. La solidarité envers les plus démunis trouve tout son sens dans l’interdiction des expulsions pour
loyers impayés et le décret du Frère Jourde daté du 7 mai, permettant aux débiteurs de retirer du Mont de piété les objets de petite valeur, vêtements meubles, outils de travail.
Les exemples sont nombreux de mesures prises durant la Commune qui seront rapidement abolies par l'ordre réactionnnaire de Mac-Mahon qui suivra bientôt... avant d'être reprises bien des années plus
tard par d'autres francs-maçon (l'école laïque par le frère Jules Ferry ou la séparation de l'Eglise et de l'Etat par le frère Emile Combes).
Les frères parisiens souhaitant éviter le bain de sang essaieront de jouer les intermédiaires entre la Commune et Thiers à Versailles. Malheureusement ce sera peine perdue ... Les frères, bannières
de loges sur les barricades seront parmi les derniers défenseurs de Paris.
Ils seront des dizaines à tomber sous les balles versaillaises, exécutés devant le Mur des Fédérés le 28 mai.
Les frères des deux principales obédiences, le Grand Orient et le Suprême Conseil (d'où sera issue la Grande Loge de France en 1894) sont unis : Les frères Jules Vallès
ou Thirifoc par exemple, sont membres de loges du Suprême Conseil.
D'autres
communards comme Jean-Baptiste
Clément (l'auteur du Temps des Cerises), Eugène Pottier (l'auteur de l'Internationale) ou Louise Michel,
adhéreront plus tard à la Franc-Maçonnerie.
Mais il ne faut pas tomber dans la mythologie. L'adhésion massive et majoritaire des loges maçonniques parisiennes ne reflètent pas la réalité de la Franc-Maçonnerie française sur l'ensemble du
territoire.
Le nouveau Grand-Maître du Grand Orient de France en 1871, Léonide Babaud-Laribière, élu la même année Maire d'Angoulême et qui succède au Général Émile Mellinet (Grand-Maître du GODF
de 1865 à 1870) n'est pas sur les barricades... mais aux côtés d'Adolphe Thiers à Versailles avec la très grande majorité du Conseil de l'Ordre du GODF.
Le même Babaud-Laribière, dans une circulaire aux Loges du
Grand Orient de France publiée en 1871 dans le Bulletin Officiel du Grand Orient,qualifie le mouvement communard de "criminelle sédition qui a épouvanté l'univers, en couvrant Paris de
sang et de ruines", et précise "qu'il n'y a aucune solidarité possible entre ses doctrines [du Grand Orient] et celles de la Commune, et que si quelques hommes indignes du nom de
Maçons ont pu tenter de transformer notre bannière pacifique en drapeau de guerre civile, le Grand Orient les répudie comme ayant manqué à leurs devoirs les plus sacrés".
Il n'en reste pas moins que les francs-maçons seront dans les années suivantes à la pointe du combat pour l'amnistie des communards et seront ensuite les piliers de la III République naissante.
Les francs-maçons célèbrent donc moins le 1er mai leur Grand Maître d'alors que leurs idéaux qui triompheront dans les années à venir.
Mais en Franc-Maçonnerie tout n'est-il pas mythe et symbole ?
L'Hommage :
Rendez-vous la vendredi 1er mai à 10 heures à l'entrée principale du Père Lachaise, Bld Ménilmontant, Paris 20ème.
Cérémonie et discours à 11h15 devant le Mur des Fédérés.
Pour aller plus loin :
° L'invitation sur le site du Grand Orient de France.
Par Jean-Laurent Turbet
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Publié dans : Franc-Maçonnerie
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