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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Mon intervention au colloque de Theolib du 21 mars 2009

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 26 Mars 2009, 15:56pm

Catégories : #Protestantisme

Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention lors du Colloque intitulé « Libre pensée et protestantisme libéral, autour de Ferdinand Buisson & de Charles Wagner », qui a eu lieu le samedi 21 mars 2009 à Paris.

La revue Theolib prévoit la publication des 4 interventions qui ont eu lieu lors de ce colloque.


Intervention :


« Libre pensée ou pensée libre : les exemples du protestantisme et de la Franc-Maçonnerie». Par Jean-Laurent Turbet.



« Demandez et l'on vous donnera;

 cherchez et vous trouverez; frappez et l'on vous ouvrira.

Car quiconque demande reçoit; qui cherche trouve;

 et à qui frappe on ouvrira

Bonne Nouvelle selon Matthieu 7:7 - 7:8


En 1949, depuis la prison de Clairvaux où il était incarcéré pour collaboration avec l'occupant nazi, l'ancien directeur de « L'Action Française », Charles Maurras, attribuait dans son livre  «Pour un jeune Français», le déclin de notre pays à l'«Anti-France», qu'il définissait comme «les quatre États confédérés des Protestants, Juifs, Francs-maçons et métèques». De plus, pour lui les trois premiers, Protestants, Juifs et Francs-maçons étaient tous des «étrangers internes».


Avouons d'emblée qu'une telle haine a pu entraîner, entre ceux-ci et ceux là, une sorte de sympathie mutuelle, sinon une certaine solidarité des réprouvés.


Mais revenons quelques années en arrière car j'ai choisi de prendre comme point de départ de cet exposé le livre « Libre Pensée et Protestantisme Libéral », de Ferdinand Buisson et Charles Wagner publié en 1903.


Quelle est donc la Genèse de ce livre ? Des lecteurs du journal « Le Protestant » ont écrit nombreux pour s'offusquer de la présence de Ferdinand Buisson lors de manifestations de la Libre Pensée en 1902 à Paris. Celui-ci répond par quatre lettres, trop longues pour être publiées dans ce journal, et le Pasteur Charles Wagner lui répond à son tour. C'est donc un livre à deux voix.


Quelques mots de contexte pour comprendre : Nous sommes en 1903 et Ferdinand Buisson est député Radical de la Seine depuis les élections générales d'avril - mai  1902 (il sera député jusqu'en 1914, puis de 1919 à 1924). Le Bloc des gauches a en effet remporté une nette victoire grâce aux désistements, avec 370 sièges (dont 220 radicaux) contre 220 aux droites divisées.


Il soutient le gouvernement d'Emile Combes qui comprend des radicaux, des indépendants (qui ont soutenu Waldeck Rousseau plutôt que Jules Méline) et est soutenu par les socialistes de Jaurès.


Il faut savoir qu'en 1903 à gauche il n'existe qu'un parti organisé le Parti Républicain, Radical et radical socialiste (dit Parti Radical). Il a été créé lors de son 1er congrès qui s'est tenu du 21 au 23 juin 1901 à Paris et réunit 279 parlementaires, 476 comités,  255 journaux.


Pour la seule et unique fois de l'histoire, 155 loges maçonniques en tant que telles sont adhérentes-fondatrices d'un parti politique. Son premier président est Gustave Mesureur  qui sera Grand Maître de la Grande Loge de France à 3 reprises : de 1903 à 1910, de 1911 à 1913 et de 1924 à l'année de sa mort en 1925.


Les socialistes quand à eux sont divisés :


- avec d'un côté le Parti socialiste Français qui regroupe lui même depuis 1901 les "indépendants" (Jaurès), les broussistes (la Fédération des Travailleurs Sociaux, FTS), les allemanistes : le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (PSOR) fondé en 1890 par Jean Allemane, un ouvrier typographe.

Aux élections de 1902, ils obtiennent 37 élus.


- et de l'autre le Parti socialiste de France, le PSDF qui regroupe lui même depuis 1901 les partisans de Jules Guesde, les partisans d' Edouard Vaillant, les blanquistes.

Aux élections de 1902 ils n'obtiennent que 14 élus.


C'est au Congrès du Globe (23-25 avril 1905) que les divers partis socialistes fusionnent pour former le Parti Socialiste  SFIO (seconde Internationale créée à Paris en 1889).


Enfin dernier élément de contexte, il faut se souvenir que la III république est encore jeune et fragile. L'amendement Wallon (« Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est élu pour sept ans. Il est rééligible. ») est voté le 30 janvier 1875 par 353 voix contre 352.)


Elle vient de connaître deux crises terribles qui ont durablement et profondément coupé le pays en deux.


- La crise du Boulangisme :


Le 27 janvier 1889 Boulanger obtient 244 000 voix contre 160 000 à son adversaire. Boulanger célèbre la victoire au café Durand, place de la Madeleine en présence de 50 000 personnes. Certains interpellent Boulanger pour prendre l'Élysée. Boulanger ne le fait pas, ses supporters sont déçus et les craintes de ses adversaires attisées, désormais ces derniers s'attelleront à le discréditer. Boulanger se suicide deux ans et demi plus tard d'un coup de revolver sur la tombe de sa maîtresse au cimetière d'Ixelles le 30 septembre 1891.


- L'affaire Dreyfus :


Cette affaire a bouleversé la société française pendant douze ans, de 1894 à 1906.

J'accuse...! est le titre d'un article rédigé par Émile Zola lors de l'affaire Dreyfus et publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898 sous forme d'une lettre ouverte au Président de la République Félix Faure. Zola s'est appuyé en partie sur un dossier écrit en 1896 par l'écrivain Bernard Lazare.


Le décret de grâce de Dreyfus est signé par Waldeck-Rousseau le 19 septembre 1899 et il est libéré le 21 septembre 1899.


Il faut attendre le 12 juillet 1906 pour que la Cour de cassation, toutes chambres réunies, annule sans renvoi le jugement rendu à Rennes en 1899 et prononce « l'arrêt de réhabilitation du capitaine Dreyfus ».


Le gouvernement dirigé par Emile Combes s'inscrit dans la continuité de celui de Waldeck-Rousseau, avec six radicaux sur onze membres, les autres étant des modérés. La coalition du Bloc des gauches est néanmoins fragile, les socialistes dénoncent le conservatisme de Combes et les modérés critiquent son anticléricalisme.


Combes, médecin, ancien séminariste, franc-maçon devenu l'incarnation de l'anticléricalisme radical, forme un gouvernement, qui bénéficie d'une réelle stabilité, puisqu'il ne démissionne que le 18 janvier 1905.


Son programme est simple : éliminer les congrégations, libérer l'homme de ses chaînes spirituelles avant de le libérer de ses chaînes matérielles. L'intérieur et les cultes sont placés sous sa responsabilité directe. Enfin, Combes a été le rapporteur de la loi sur les associations à la Chambre Haute. Il compte bien l'appliquer dans toute sa rigueur.


Le combisme se présente comme un anticléricalisme de combat, qui vise à parachever l'œuvre entreprise par Jules Ferry (lui-même franc-maçon) et à enlever définitivement à l'Église toute influence sur l'éducation des petits Français.


Cet anticléricalisme vise d'abord les congrégations enseignantes, dans la continuité de la loi sur les associations de 1901, qui interdit les associations confessionnelles. Dès l'été 1902, le gouvernement Combes fait fermer des écoles non autorisées de congrégation : au total, plus de 3000 écoles sont ainsi touchées. A l'automne 1902, 74 évêques signent une pétition contre les fermetures d'écoles congréganistes, mais le gouvernement suspend le traitement. Au printemps 1903, il fait rejeter par la Chambre toutes les demandes d'autorisation déposées par les congrégations. Enfin, la loi du 7 juillet 1904 interdit tout enseignement aux congrégations, même autorisées, et elles doivent fermer leurs écoles dans un délai de dix ans. Dans les années qui suivent, un certain nombre d'écoles sont donc fermées, mais le rythme se ralentit assez vite et de nombreuses écoles survivent en se laïcisant. En fait, l'enseignement religieux ne va perdre qu'un tiers de ses élèves dans le primaire et un quart dans le secondaire (il reprendra son essor après la Première Guerre mondiale).


Depuis le programme de Belleville de Gambetta (1869), la séparation de l'Église et de l'État constitue l'un des objectifs essentiels des radicaux. La rupture avec Rome a rendu cette séparation inévitable, et c'est le député Aristide Briand, qui attache son nom à la loi de séparation. Promulguée le 9 décembre 1905, la loi est applicable un an plus tard.


Elle stipule notamment :


Article 1.
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes (...)


Article 2.
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.



Elle est acceptée par les protestants et les juifs et ne provoque aucune réaction violente des catholiques. Mais ses derniers se rebellent l'année suivante, lorsque les agents de l'État pénètrent dans les églises pour procéder à l'inventaire des objets d'arts : beaucoup y voient une profanation des lieux sacrés.


La publication de l'encyclique de Pie X, Vehementer nos (11 février 1906) condamne la séparation, ce qui attise la révolte. La séparation coûte cher à l'Église, qui perd le financement de l'État ainsi qu'une partie de son patrimoine. D'autres part, cet appauvrissement accélère le déclin des vocations, car les traitements sont considérablement abaissés (le nombre des ordinations de prêtres catholiques diminuera de plus de la moitié entre 1906 et 1914).


C'est donc dans une France coupée en deux que s'insère le débat entre Ferdinand Buisson et Charles Wagner


D'un côté la droite, l'extrême droite, les monarchistes (légitimistes et orléanistes), les bonapartistes, anti dreyfusards de tous poils, tous soutenus par la hiérarchie de l'Eglise catholique apostolique et romaine qui tient à défendre becs et ongles ses avantages exorbitants et la main mise qu'elle a sur les consciences via son quasi monopole sur l'éducation des enfants.


De l'autre les radicaux, les socialistes, les libres penseurs, les dreyfusards, les francs-maçons, une écrasante majorité des protestants et des juifs qui savent tous ce qu'ils doivent à la République et qui veulent l'améliorer.


Et l'heure n'est pas aux compromis. Et c'est bien là que naît le débat entre les deux hommes.


Pour Ferdinand Buisson :


« Le cléricalisme ne se mesure pas à l'étendue plus ou moins restreinte de la prison où il enferme l'esprit humain, il consiste à l'emprisonner » (p43).


« On dit que le protestantisme aboutit à la libre pensée. Non, il est déjà la libre pensée. Du moins il peut l'être, il l'est virtuellement » (p18).


« Il reste, pour différencier le protestantisme libéral du libre-penseur, la foi en Dieu » (p31).


«  Vous pouvez être libres penseurs et religieux : les deux mots ne se contredisent que pour des oreilles catholiques » (p57).


« N'oublions pas que nous sommes d'un pays et d'une race qui ne connaissent la religion que sous la forme séculaire d'un incomparable instrument de servitude spirituelle » (p80).


«  Le protestantisme n'a jamais été pour moi un instrument d'oppression, même en ces années d'enfance et d'adolescence où j'ai reçu, comme tut le monde, le enseignements traditionnels » « C'est au contraire le principe protestant qui a stimulé ma conscience et ma réflexion » (P84).


« Ce serait à la fois une erreur historique et une ingratitude de renier le souvenir et l'exemple de ceux qui ont commencé notre émancipation » « Il n'y a qu'une manière de leur ressembler, c'est de continuer à marcher » (p85).


« Il n'y a qu'un but à poursuivre, qu'un devoir à remplir : améliorer l'homme et par là, la société » (p87).


Pour Charles Wagner :


« Tous les libres croyants se rattachent à cette longue et glorieuse tradition, également éloignée de la tyrannie sacerdotale et de l'esprit anti-religieux. C'est elle qui fait la force de la Réforme » (p96).


« Le rationalisme est une réduction de l'immense univers de l'âme et de ses richesses à une province unique où règne une logique simpliste » « C'est une exagération de la théorie aux dépens de la vie » (p98).


« Le protestantisme libéral est une tendance qui non seulement applique à la religion la méthode de libre et personnelle recherche, mais qui demande à ses adeptes de se conquérir, par la réflexion et l'étude, des convictions individuelles, de soumettre leurs croyances à l'épreuve perpétuelle de leur consciences et de leurs lumières nouvelles » (p113).


« Les gens qui sautent par la fenêtre n'arrivent en général pas sur le sol dans le même état que ceux qui sont descendus par l'escalier » (p132).


«  Ces délégués venus un peu de partout forment une anti-église avec des anti-dogmes. Ils sont le décalque et l'ombre de ce qu'ils prétendent combattre » (p144).


« Le sacerdoce universel est la destruction de toute caste sacerdotale » (p159)



« Depuis quand est-ce qu'il suffit de ne croire en rien pour devenir intrépide ? » (p170).



Pour résumé schématiquement et de façon provocatrice, pour Buisson il faut pour les protestants libéraux choisir leur camps et ça ne peut être que celui des libres penseurs contre les cléricaux réactionnaires. Pour Charles Wagner il convient de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain et ne pas mêler sa voix aux anciens catholiques qui découvrent l'anticléricalisme avec une ardeur de néophytes alors que c'est le combat commun des protestants depuis 1517.


Alors pensée libre ou libre pensée ?


Essayons maintenant de voir l'autre volet de cet exposé, celui qui concerne la Franc-Maçonnerie.


Comme nous l'avons vu, le protestantisme et la franc-maçonnerie mènent en ces années des combats communs contre le cléricalisme, contre la réaction, pour la République.


Mais d'où vient cette institution ?


La Franc-Maçonnerie moderne dite "spéculative" naît officiellement le 24 juin 1717, lorsque 4 loges maçonniques de Londres s'unissent pour former la Grande Loge de Londres.


Cette Grande Loge de Londres change soudainement de stature en 1719 avec l'élection à la Grande Maîtrise de Jean-Théophile Désaguliers.


Secrétaire et disciple d'Isaac Newton, membre lui-même de la Royal Society, c'est un scientifique de renom. Il va se servir de la Franc-Maçonnerie, de ces symboles et de ses rites pour en faire "le centre d'Union" de ceux qui sans elle ne se seraient jamais rencontrés.


Désaguliers, pasteur de l'Eglise de la cour (l'église anglicane), souhaite rassembler dans un lieu discret tous les esprits libres acquis aux idées nouvelles, scientifiques, philosophiques, sociales, et qui se placent sous l'égide de la Raison.

Si, en 1717 les 4 loges de Londres qui se réunissent ne sont, certes, plus composées de maçons "opératifs", mais de gens de conditions modestes (petits boutiquiers, artisans...) qui souhaitent mettre en commun leur common box, en gros leur caisse de secours mutuel, après 1719, les aristocrates et les esprits éclairés (écrivains, savants, pasteurs) entrent en masse dans les loges.

Jean-Théophile Désaguliers est un farouche partisan de la jeune monarchie hanovrienne et protestante (En 1714, l'électeur de Hanovre devient roi sous le titre de George Ier de Grande-Bretagne. Il est le premier souverain anglais de la dynastie des Hanovre.)


La Grande Loge de Londres sera, à partir de ce moment l'un des soutiens les plus importants de la monarchie. Plusieurs membres éminents de la famille royale seront d'ailleurs grands maîtres ou grands officiers de la future Grande Loge Unie d' Angleterre (née en 1814 de la Grande Loge des Ancients et de la Grande Loge des Moderns).

Union de tous les hommes... mais déjà de tous les courants issus de la Réforme.


Il demande à un pasteur presbytérien (en France on dirait calviniste) James Anderson, généalogiste de profession, de compiler les anciens devoirs des Maçons Opératifs. Cela donnera les Constitutions d'Anderson, livre de référence des toutes les obédiences maçonniques. En fait, une création pour donner une légitimité et une antériorité à la jeune Grande Loge de Londres.


James Anderson est un écossais. L'Ecosse est le berceau du presbytérianisme qui a connu la prédication de John Knox (1513-1572), disciple de Jean Calvin (1509-1564). Knox a été le grand Réformateur de ce pays. L'Ecosse a également reçut en dépôt la tradition maçonnique originelle et l'habitude d'initier des gentlemen qui n'étaient pas professionnellement maçons.

Pourtant certaines voix au sein de la très austère église presbytérienne écossaise s'étaient élevées contre la réforme des statuts du métier par William Shaw en 1598. William Shaw, bien qu'il ait d'éminentes fonctions à la cour, était resté catholique. Les disciples de Knox pensaient que la liturgie catholique - bannie des Temples protestants après la Réforme - pouvait ressurgir dans le rituélisme maçonnique.


La Franc-Maçonnerie moderne n'est donc pas une association issue du compagnonnage, une survivance de l'Ordre du Temple, des bâtisseurs  romains ou égyptiens, d'occultistes ou de mystiques... Cela relève du mythe - qui peut être important sur le plan symbolique - mais pas de l'histoire.


Elle a un projet politique : Unir dans une même fraternité les esprits éclairés du temps, sous l'égide de la Raison et en finir avec les querelles religieuses qui ont ensanglanté l'Europe depuis deux siècles.


La Franc-Maçonnerie qui se développe en France à partir de 1725 est d'essence aristocratique et catholique. Elle réuni néanmoins les esprits éclairés du temps. L'un des premiers français initiés connus est le Marquis de Montesquieu. On trouve des savants comme Lalande, des écrivains comme Beaumarchais, Choderlos de LaclosVoltaire. Elle attire aussi des aristocrates avides de réformes comme La Fayette qui ira en Amérique faire la guerre d'Indépendance aux côtés de ses frères Washington et Benjamin Franklin. Le Grand Maître du Grand Orient de France est Philippe d'Orléans, cousin du roi. ou


L'un des premiers textes ayant eu une influence est le  Discours du Chevalier de Ramsay en 1736 qui dit :

 

« Les hommes ne sont pas distingués essentiellement par la différence des langues qu'ils parlent, des habits qu'ils portent, ni des coins de cette fourmilière qu'ils occupent. Le monde entier n'est qu'une grande république, dont chaque nation est une famille, et chaque particulier un enfant. ».


La deuxième « révolution » est l'élection des Vénérables Maîtres des Loges par les francs-maçons eux-mêmes alors que les Vénérables étaient auparavant - à l'image des colonels avec leurs régiments - propriétaires de leur loge.


En ce qui concerne les relations entre franc-maçons et protestants au milieu du 18ème siècle, n'oublions pas que le protestantisme est officiellement interdit. C'est un temps de grande intolérance religieuse dominé par le cléricalisme catholique : Par exemple, le  Le 1er juillet 1766, le Chevalier de la Barre est décapité pour n'avoir pas enlevé son chapeau au passage d'une procession... Et souvenons aussi de l'Affaire Calas...

Les huguenots qui se cachent trouvent naturellement refuge au sein des loges, le seul endroit où ils peuvent s'exprimer à ciel (et à coeur) ouvert.

La franc-maçonnerie attire de nombreux esprits éclairés, et particulièrement les protestants persécutés, qui peuvent y conserver leur identité et leurs valeurs, et se rencontrent dans un lieu de sociabilité et de réflexion. Par souci de sécurité pour cette minorité interdite, les loges françaises ne mentionnent pas sur leurs listes l'appartenance confessionnelle.

Avant l'édit de Tolérance de 1787, on constate une forte proportion de protestants dans les loges de Marseille, Bordeaux, Sedan, Strasbourg, Nantes, La Rochelle, Caen.

Dans les loges de Nîmes, les protestants sont majoritaires.

Pendant la Révolution, qui redonne enfin citoyenneté et liberté aux protestants, nombreux sont les députés protestants francs-maçons. : 7 pasteurs francs-maçons (sur 16 pasteurs) à la Constituante, 2 pasteurs francs-maçons (sur 15 pasteurs) à la Législative, 7 pasteurs francs-maçons (sur 29 pasteurs) à la Convention.

Citons les pasteurs Antoine Court de Gébelin, Jean-Paul Rabaut-Saint Etienne, et son frère Rabaut-Pommier, Jeanbon Saint André ;


Des députés ont les deux qualités comme  Boissy d'Anglas et certains ne sont pas les moins virulents à l'image de l'ami du Peuple, Jean-Paul Marat.

Sous l'Empire, à partir de la signature des articles organiques de 1802, les protestants et les francs-maçons sont reconnus par l'État.

On on compte alors pas moins de 3000 protestants maçons.

Citons Benjamin Constant, Guizot dans sa jeunesse, François de Jaucourt, pair de France et membre du Consistoire de l'Église Réformée de Paris pendant toute la première moitié du siècle...

Après un léger déclin sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, la franc-maçonnerie reprend son importance sous l'empire libéral : elle attire de nombreux protestants pour la réflexion sur les problèmes sociaux, la question de l'enseignement, plus tard le renforcement de l'Etat républicain. Citons ici, Eugène Réveillaud, Henry Pyt.


La Franc-Maçonnerie évolue en effet à partir des années 1830, puis après 1848 et enfin après la Commune de 1871 : Ses adeptes deviennent les fers de lance de la III République, d'aucun diront le fer de lance de la république, son socle, sa colonne vertébrale.


C'est même un pasteur Frédéric Desmons, l'un des chefs de file des protestants libéraux, qui en lors du Convent de 1877 du Grand Orient de France fait voter  l'abrogation de l'invocation obligée au Grand Architecte de l'Univers. Nous reviendrons sur ce concept plus loin.


Desmons a été initié en 1861. Il quittera le pastorat en 1887 pour devenir député. Il sera également sénateur du Gard.


Il faut rappeler pour comprendre le conflit qui oppose francs-maçons et catholiques, que le Vatican a condamné très tôt la franc-maçonnerie, sans même vraiment la connaître...


Par la bulle pontificale In eminenti apostolatus specula émise le 28 avril 1738 par Clément XII (1730-1740)  s'inaugure une longue liste de condamnations papales contre la Franc-Maçonnerie.


Après Vatican II et l'abrogation du canon 23-35 qui condamnait la Franc-Maçonnerie un période de relative tolérance semblait s'ouvrir.


En 1983, le Cardinal Ratzinger, alors préfet de la Sacré Congrégation pour la Doctrine de la Foi (ex Inquisition), remettait les choses en place  en délivrant une


DÉCLARATION SUR L'INCOMPATIBILITÉ ENTRE L'APPARTENANCE À L'ÉGLISE ET LA FRANC-MAÇONNERIE


"On a demandé si le jugement de l'Eglise sur les associations maçonniques était changé, étant donné que dans le nouveau Code de droit canonique il n'en est pas fait mention expresse, comme dans le Code antérieur.


Cette Congrégation est en mesure de répondre qu'une telle circonstance est due au critère adopté dans la rédaction, qui a été suivi aussi pour d'autres associations également passées sous silence parce qu'elles sont inclues dans des catégories plus larges.


Le jugement négatif de l'Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé
, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Eglise, et l'inscription à ces associations reste interdite par l'Eglise.
Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.


Les autorités ecclésiastiques locales n'ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé
ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981 (cf. AAS 73, 1981, p. 240-241: DC 1981, n° 1805, p. 349. Voir aussi la déclaration de l'épiscopat allemand du 12 mai 1980, DC 1981, n° 1807, p. 444-448).


Le Souverain Pontife
Jean-Paul II, dans l'audience accordée au cardinal préfet soussigné, a approuvé cette déclaration, qui avait été délibérée en réunion ordinaire de la Congrégation, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le 26 novembre 1983
Joseph, card. RATZINGER, Préfet
+ Fr. Jérôme Hamer, O.P
"


Ma plus grande persécution des francs-maçons aura lieu en France lors de la Seconde Guerre Mondiale.

Pour le Maréchal Pétain en effet, « un Juif n'est jamais responsable de ses origines, un franc-maçon l'est toujours de son choix » et son combat antimaçonnique est une vraie obsession personnelle. 


Dès le 13 août 1940 (et donc avant même le statut des juifs), une loi de Vichy dissout les « sociétés secrètes » et, quelques jours plus tard, sont déclarées nulles les associations dites de la Grande Loge de France, et du Grand Orient en métropole et dans l'empire.

Les Francs-Maçons sont pourchassés et livrés à la vindicte populaire avec des listes de noms publiés dans les journaux collaborationnistes. Ils sont souvent chassés de leur emploi s'ils sont fonctionnaires ou chargés d'une mission publiques. 

Après la Guerre, le procès du Service des sociétés secrètes s'ouvre le 25 novembre 1946 devant la cour d'assises de la Seine.

La franc-maçonnerie peut faire alors le bilan de la Guerre et compter ses victimes : 170 000 suspects recensés, plus de 60 000 francs-maçons fichés, 6 000 maçons inquiétés, 989 déportés, 540 fusillés ou morts en déportation. Ceci ne tient pas compte des Francs-Maçons morts pour également d'autres raisons : soit parce qu'ils étaient juifs, soit pour fait de Résistance.

Après la Libération la Franc-Maçonnerie, moribonde, renaît petit à petit de ses cendres...


Mais il nous faut à ce stade préciser quelque peu les choses.


La Franc-Maçonnerie, comme le protestantisme n'est ni monolithique ni uniforme.


En France, pour faire simple il existe 3 conceptions de la Franc-maçonnerie qui se réfèrent pourtant toutes aux


Constitutions d'Anderson  de 1723 :


Art 1 : de Dieu et de la Religion


Un Maçon est obligé, par sa Condition, d'obéir à la Loi morale; et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irréligieux.


Mais bien qu'aux Temps anciens les Maçons fussent tenus en tout Pays d'appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu'elle fût, on estime cependant, main­tenant, plus convenable de ne leur imposer que cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d'accord, et de les laisser libres de leurs Opinions particulières: c'est‑à‑dire, être des Hommes bons et loyaux, ou Hommes d'Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations et Croyances qui puissent les distinguer.


Ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d'Union et le Moyen de promouvoir la véritable Amitié entre des Personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées.



Schématiquement, ces trois formes sont :


1) Une Franc-Maçonnerie théiste qui oblige à la croyance en une divinité révélée, qui assimile le Grand Architecte de l'Univers à Dieu. Elle est représentée en France par la Grande Loge nationale Française, seule obédience reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre.


2) Une Franc-Maçonnerie adogmatique, laïque, qui s'intéresse à la politique et aux questions de sociétés. Elle est représentée notamment par le Grand Orient de France.


3) Une Franc-Maçonnerie traditionnelle spiritualiste qui est en quelque sorte une troisième voie : Elle est représentée notamment par la Grande Loge de France.


Constitution du Grand Orient de France : Art 1


La Franc-Maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale et la pratique de la solidarité ; elle travaille à l'amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l'humanité.


Elle a pour principe la tolérance mutuelle, le respect des autres et de soi-même, la liberté absolue de conscience.


Considérant les conceptions métaphysiques comme du domaine exclusif de l'appréciation individuelle de ses membres, elle se refuse à toute affirmation dogmatique. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité.


Constitution de la Grande Loge de France : Art 1


La Franc-Maçonnerie est un ordre initiatique traditionnel et universel fondé sur la Fraternité.


Elle constitue une alliance d'hommes libres et de bonnes mœurs, de toutes races, de toutes nationalités et de toutes croyances.


La Franc-Maçonnerie a pour but le perfectionnement de l'Humanité.


A cet effet, les Francs-Maçons travaillent à l'amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien- être matériel.


Dans la recherche constante de la vérité et de la justice les Francs- Maçons n'acceptent aucune entrave et ne s'assignent aucune limite.

En ce qui concerne cette dernière sa déclaration de Principe précise :


Déclaration de Principe de la Grande Loge de France :


-I- La Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l'Univers


- II - Conformément aux traditions de l'Ordre, trois Grandes Lumières sont placées sur l'autel des Loges : l'Equerre, le Compas et un Livre de la Loi Sacrée. Les Obligations des Maçons sont prêtées sur ces trois Lumières.


- III - La Grande Loge de France proclame son indéfectible fidélité et son total dévouement à la Patrie.


- IV - La Grande Loge de France et ses Loges ne s'immiscent dans aucune controverse touchant à des questions politiques ou confessionnelles.

Pour l'instruction des Frères, des exposés sur ces questions, suivis d'échanges de vues, sont autorisés. Toutefois, les débats sur ces sujets, ne doivent jamais donner lieu à un vote, ni à l'adoption de résolutions, lesquels seraient susceptibles de contraindre les opinions ou les sentiments de certains Frères.



Après leur initiation, qui ne leur confère aucun pouvoir particulier mais qui est le signe du commencement de leur parcours de recherche, les Francs-Maçons travaillent avec des outils et des symboles, avec une méthode et une règle qui leur permettent de mieux se connaître et de mieux connaître le monde.


Certains travaillent à la Gloire du GADLU, d'autres pas. « A Dieu seul la Gloire » sonne comme une résonance familière aux oreilles protestantes.


A la GLDF, le GADLU est conçu comme un principe créateur et organisateur du chaos initial. Sa définition est laissée à l'interprétation des Frères. On peut l'appeler « Big Bang », « Principe créateur », « Dieu ».


Platon déjà dans le Timée fait coïncider l'idée de Dieu à celui d'Architecte comme après lui les philosophes stoïciens.


D'ailleurs pour reprendre un boutade de Raymond Ruyer, la différence entre le théiste est l'athée n'est elle pas de se demander s'il faut continuer d'appeler Dieu « Dieu », ou bien lui donner un autre nom...


Et pour bien préciser les chose, il faut être clair : la Franc-Maçonnerie n'a jamais été, n'est pas et ne sera pas une religion.


Elle propose une spiritualité laïque, recherche la concorde, la fraternité et œuvre pour une amélioration de l'homme et de l'humanité. On dit communément qu'elle est une école de pensée libre.


La Franc-maçonnerie n'est pas un ordre contemplatif, mais au contraire ouvert sur le monde.


Pour ne prendre que quelques exemples récents, sans remonter à tous les combats des siècles derniers :


- On se souvient de l'engament du docteur Pierre Simon, créateur du Planning familial (si menacé aujourd'hui), ancien Grand Maître de la Grande Loge de France en faveur de la contraception et de l'interruption volontaire de grossesse et du rôle majeur qu'il jouât auprès de Simone Veil pour l'élaboration de la Loi et son adoption au Parlement.


- On connaît de combat du Sénateur Caillavet, membre éminent du Grand Orient de France pour le droit à mourir dans la dignité.


- Celui de l'ensemble de la FM mais plus particulièrement du Grand Orient de France pour la défense de la Laïcité après le stupéfiant discours du chanoine de Latran et parallèlement président de notre République concernant le rôle éminent du prêtre par rapport à celui de l'instituteur.


- Celui des sœurs de la Grande Loge Féminine de France pour le droit de femmes, l'égalité et la laïcité.


- Celui de la Grande Loge de France concernant les lois bioéthiques avec le docteur Gilbert Schulsinger.


Je pourrais bien entendu continuer la liste ...



Conclusion :


A une époque marquée par les crises (sociales, économiques, spirituelles) et les doutes, la quête de sens redevient un impérieux besoin pour nombre de nos concitoyens.


Est-ce un hasard si plus de 2000 personnes se sont pressées le week-end dernier à la Mutualité au colloque de la Grande Loge de France intitulé « Donner du Sens à sa vie ». Je ne le crois pas.


Dans un monde injuste et dangereux, face au retour en force des extrémismes, des communautarismes, des dogmatismes, des sectarismes, beaucoup sont en recherche d'une fraternité renouvelée et ouverte.


Sur le plan religieux je comprends les questions et les réticences de nombreux protestants quand à la poursuite du processus oecuménique avec une église catholique qui penche toujours plus depuis vingt ans du côté de son aile la plus rétrograde, dogmatique et réactionnaire (derniers événements en date : évêques intégristes, excommunication de la mère de le jeune fille violée, les déclarations du pape sur le port du préservation qui aggrave le problème du SIDA).


Nous pensons toujours que l'enseignement, le savoir, la connaissance, sont les priorités premières pour l'émancipation. On se souvient avec émotion de Jules Ferry le franc-maçon appelant Ferdinand Buisson le protestant pour diriger pendant plus de 15 ans l'Enseignement primaire !


Entre ceux qui croient en Dieu et ceux qui n'y croient pas l'essentiel n'est il pas de puiser au creuset de nos valeurs communes avec notre engagement pour plus de justice, plus de valeur, plus de libertés, plus de solidarité, en remettant l'Homme au centre.


Comme l'écrivait le pasteur Charles Wagner :


« Jésus ne pensait-il pas que le père vivait et parlait en lui ? Dieu de l'Homme ! Quoi ce serait une idée d'arriéré ? Mais où est donc Dieu si ce n'est dans l'homme ? » (p122).


Entre libres penseurs, protestants, francs-maçons (et ceux qui sont un peu tout ça à la fois...) n'est-il pas temps de renouer les fils d'un dialogue trop longtemps interrompu ?


Enfin je conclurai avec cette belle parole de la 1ère lettre de Jean :


 « Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? » (Chapitre 4 verset 20).


Pour aller plus loin :

° Le site de Theolib.

° Colloque « Libre pensée et protestantisme libéral, autour de Ferdinand Buisson & de Charles Wagner », sur ce site.


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Jean-Noël Cuénod 29/03/2009 00:23

Trés Cher Laurent,"Si ton Frère te flatte, crains qu'il ne te corrompe". Le respect de cette règle me contraint à la sobriété dans la gratitude. Disons qu'en lisant ton intervention, j'ai bu du petit lait. A défaut d'eau bénite. Et j'ai reçu un large salaire.Quelques remarques au vol. Bien qu'appartenant à l'Eglise protestante de Genève, celle créée par Calvin comme tu le sais, j'éprouve de la répugnance à nommer "calviniste" cette branche de la Réforme; c'est pourquoi j'aime bien la dénomination écossaise d' "Eglise presbytérienne". Tout d'abord, Calvin fuyait comme la peste tout culte de la personnalité. Calvin n'était pas calviniste! Ensuite, même de son temps, ses idées ont été discutées et disputées dans le camp protestant. Notamment, par ce cher Sébastien Castellion qui, à propos de la condamnation à mort de Michel Servet, a prononcé, contre son coreligionnaire Calvin, cette phrase qui garde une perpétuelle actualité: "Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine. C'est tuer un homme". Castellion est d'ailleurs un peu notre père spirituel, à nous autres, protestants libéraux.Ensuite, tu dis fort justement que la Franc-Maçonnerie n'est pas une religion. Certes, elle ne constitue en aucun cas une INSTITUTION religieuse ou une CONFESSION. Mais, à mon sens, en Maçonnerie, nous faisons du "religieux" au sens véritable de ce mot qui comporte la notion de "relier" et de "respecter". Nous nous relions aux Frères dans l'immanence. Et nous nous relions au Grand Architecte dans la transcendence. Je sais que je suis assez mal compris en France lorsque je défends ce point de vue, tant le mot "religion" a été dévoyé par l'autocratisme de l'Eglise romaine qui a régné si longtemps dans ce pays. Mais il faut surmonter cette peur du mot "religieux". La Maçonnerie créée un espace et un temps autres. Les créant, il établit un lieu sacré. Cela ne signifie pas que le Maçon perde sa liberté absolue de conscience. Au contraire, ce sacré sans dogme lui donne de l'épaisseur et du sens.Bien à toi Très Cher Jean-LaurentJean-Noël Cuénod

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