Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


La Franc-Maçonnerie en Israël.

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 6 Juin 2006, 13:08pm

Catégories : #Franc-Maçonnerie

Vu sur le site Israël Valley :

L’histoire de la franc-Maçonnerie israélienne est d’une grande complexité. En raison, d’abord, de son poids symbolique : le Temple de Jérusalem n’est-il pas la référence absolue?

En raison, ensuite, à partir de 1863, de l’implication des Grandes Loges étrangères dans l’implantation de Loges en terre sainte : Grandes Loges du Canada, du Grand Orient de France, de France, d’Egypte, d’Angleterre, de Turquie, d’Ecosse, Symbolique d’Allemagne…

La fondation, le 23 octobre 1953, de la Grande Loge de l’Etat d’Israël a mis un terme à cette cacophonie maçonnique. L’Obédience israélienne, dite régulière, comporte aujourd’hui plus de 80 Loges pour un peu plus de 2000 frères.

Sa particularité : ses Loges travaillent en hébreu, arabe, espagnol, anglais, français, turque, roumain, allemand et russe. Le panorama maçonnique israélien comporte également le Suprême Conseil du Rite Ecossais ancien et Accepté, le Souverain Chapitre de l’Arche Royale ainsi que celui de la Marque.

Sans oublier deux Loges du Grand Orient de France, une de la Grande Loge de France, une Loge du Droit humain et, depuis peu, une Loge féminine, qui n’entretiennent pas de relations officielles ou officieuses avec la Grande Loge de l’Etat d’Israël.


 

Interview de Marie-Françoise Blanchet, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France

Son Obédience, la première dans le monde, réunit quelques 12000 sœurs, réparties dans 360 Loges environ, dont une bonne vingtaine dans 15 pays étranger. D’autre part, la Grande Loge Féminine de France a suscité la création de Grandes Loges en Espagne, au Portugal, en Belgique, au Venezuela.

Elle est présente, par des Loges créées par ses soins, au Luxembourg, en Hongrie, Pologne, République tchèque, Togo, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, au Québec et en Israël.

Marie-Françoise Blanchet a effectué le déplacement pour montrer l’intérêt qu’elle porte à la progression de cette Loge israélienne. A son programme, entre autres, : une conférence sur le thème ” La Franc-maçonnerie et les femmes ”, ouverte au grand public francophone.

Mati Ben-Avraham : Un Etat des lieux pour commencer…

Marie-Françoise Blanchet : De prime abord, il faut savoir que la Grande Loge Féminine Française (GLFF) est l’une des neuf obédiences réunies au sein de la ” Maçonnerie française ” dont le principe de base est la totale liberté de conscience.

Nous respectons donc les diverses croyances, mais nous n’en exigeons aucune, entendant dépasser les clivages, les exclusives pour privilégier l’art de se construire pour mieux construire la société. La Grande Loge Féminine de France vient de fêter son 60ème anniversaire.

La création remonte au 21 octobre 1945. Il y avait alors 57 sœurs à cette réunion. Nous sommes aujourd’hui 12000 environ. A la fin de la deuxième guerre mondiale subsistaient quatre Loges. Nous en comptons aujourd’hui près de 360. C’est vous dire le chemin parcouru. De plus, notre effort a porté sur l’expansion de la maçonnerie féminine dans différents pays étrangers avec la volonté de créer les conditions menant à la fondation de Grandes Loges indépendantes, ne voulant pas reproduire le modèle colonialiste d’une part, ni maintenir les femmes sous tutelle à la macho! Cela dit, nous avons également mis au point une structure particulière, celle des Loges ” partenaires”, réunies au sein de la Grande Loge Féminine Française International, forte de 17000 sœurs, dispersées dans 25/26 Loges sur 15 pays.

C’est une étape nécessaire qui nous permet d’apporter la méthode, la lumière et les outils sans lesquels il n’y a pas de développement possible. Jérusalem a été, en 2004, la première Loge à bénéficier de ce nouveau statut. Cinq demandes sont en cours d’examen.

MBA : Vous venez de citer Jérusalem. Alors, quelles ambitions nourrissez-vous pour Israël?

Marie-Françoise Blanchet : Une seule ambition : contribuer à l’éclosion d’une franç-maçonnerie féminine dans ce pays, à insérer ces sœurs dans le chantier du monde puisque, en devenant maçonne ou maçon, on s’engage à travailler à l’amélioration de la condition humaine, que ce soit sur les plans matériel, spirituel ou intellectuel.

MBA : Cette Loge israélienne travaille en français. Ce qui limite son champ et d’action et de recrutement, non?

Marie-Françoise Blanchet : Pas du tout. Depuis trente ans, nous avons acquis une solide expérience en la matière. L’introduction de la maçonnerie féminine dans un pays étranger s’opère en deux temps : d’abord la création et le développement d’une Loge francophone, mais bilingue; ensuite, lorsque celle-ci est bien rodée, une équipe procède à la traduction des rituels et règlements pour s’ouvrir sur la langue vernaculaire du pays. C’est ce qui se passera avec cette Loge ” Jérusalem d’azur et de fraternité ” créée en 2004. J’espère que, rapidement, elle lancera une deuxième Loge travaillant en hébreu et, c’est mon souhait, qu’une Loge travaillant en arabe puisse également voir le jour, étant donné que l’arabe est la deuxième langue officielle de l’Etat d’Israël.

MBA : Au plan de la démarche, où se situe la GLFF, à savoir implication ou non dans les affaires de la Cité? J’ai lu quelque part que vous êtes intervenu au Canada, pour contrer un projet d’instauration de tribunaux islamiques.

Marie-Françoise Blanchet : La GLFF n’est pas une obédience qui a pour habitude de manifester dans la rue. Néanmoins, notre déclaration de principes nous engage à œuvrer pour l’amélioration de l’humanité, au respect de l’autre autant que de soi-même. Ceci étant, il va de soi que nous privilégions l’action en faveur de tout ce qui touche à la condition féminine.

Ce n’est pas un secret que les droits des femmes sont bafoués en de nombreux pays, que leur dignité est battue en brèche en beaucoup d’endroits. Donc, nous intervenons publiquement chaque fois que les droits de la femme sont ignorés ou menacés.

Nous sommes intervenues ainsi au Canada. Nous nous sommes jointes aussi à un défilé de protestation, dans les rues de Paris, contre le sort fait aux femmes afghanes alors que le monde s’apitoyait sur la destruction de trois statues par les talibans, au motif d’atteinte au patrimoine de l’humanité. Nous avons estimé que le vrai patrimoine vivant de l’humanité dans cette région étaient ces femmes, niées dans leur personnalité, cloîtrées dans des bâches, qui n’avaient ni le droit de chanter, d’écouter des oiseaux…

Entre le premier et le deuxième tour des présidentielles car il fallait barrer la route à un homme qui prônait ouvertement le racisme et l’exclusion. Nous sommes présentes, tous les ans, au défilé du 8 mars qui marque la journée internationale de la femme.

Et je viens d’adresser une lettre au président de la République, avec copie aux autorités françaises, pour dire notre indignation devant l’organisation du mondial de la prostitution, en marge du mondial de football.

Il s’agit là d’une atteinte majeure à la dignité humaine, celle des femmes traitées en objet sexuel, mais aussi celle des hommes considérés comme des boucs en rut. Un dernier mot : la GLFF est profondément attachée aux valeurs républicaines, celles qui fondent la liberté, l’égalité et la fraternité entre tous les citoyens et qui reposent sur le principe de la laïcité.

Que l’on ne se méprenne pas : la laïcité, à nos yeux, est l’outil qui garantit à tout un chacun la pratique de sa foi, étant admis que la loi est au-dessus de la foi et non l’inverse.

MBA : Un dernier point : la maçonnerie féminine n’est pas reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre qui donne le ton en la matière. Or, vous avez été reçu, en Loge, en Angleterre. Votre sentiment?

Marie-Françoise Blanchet : Je ne répondrais pas sur ce point pour ne pas gêner des choses qui se préparent. Par contre, je dirais ceci. A l’aube de la Franc Maçonnerie, les rédacteurs des Constitutions, Desaguliers et Anderson, ont prononcé cette exclusion : ni esclaves, ni d’hommes immoraux, ni femmes. Terrible, non? Mais, depuis, l’esclavage a été aboli et des descendants d’esclaves ont été admis en maçonnerie. Il en est de même des hommes immoraux. Force est de constater que la levée d’exclusion n’a pas joué en faveur des femmes. Pourquoi? Ceci étant dit, nous n’avons pas besoin de reconnaissance. Nous existons, par nous-mêmes et non pas à travers le regard de l’autre. Le travail que nous avons effectué depuis 60 ans en témoigne. J’ai effectivement rencontré des frères anglais, chez eux, dans des Loges de recherches sur l’histoire maçonnique. Je leur ai tenu ce même langage : pour nous, GLFF, la reconnaissance, on s’en fiche. Je me suis efforcé de leur faire comprendre que nous travaillons avec les mêmes méthodes, les mêmes outils à la poursuite du même objectif. Et qu’il est absurde de vouloir exclure la femme de ce cheminement, au motif que ces outils de construction intellectuelle et morale sont plus adaptés aux hommes qu’aux femmes. D’autant plus absurde qu’un tel point de vue tourne le dos à la réalité quant à la place prise par la femme dans la gestion de la société, mais surtout quant à son rôle dans la transmission des valeurs.

Source : IsraelValley

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents