Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


La Pière en allemand du Pape à Auschwitz

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 29 Mai 2006, 11:07am

Catégories : #Religions

Voici un extrait de l'article du Figaro retraçant la visite sur Pape à Auschwitz. Vous trouverez également plus bas quelques réactions de la presse allemande à ce voyage.

 

Près d'un million de fidèles ont assisté à la messe célébrée à Cracovie par le Souverain Pontife.  

Le pape Benoît XVI a franchi seul dimanche la porte surmontée de l'inscription «Arbeit macht frei» (Le travail rend libre).BENOÎT XVI avait le «devoir de vérité», en tant que «fils du peuple allemand», de se rendre dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau et d'y prier devant le mémorial. Hier, Joseph Ratzinger, qui fut enrôlé de force dans les Jeunesses hitlériennes comme beaucoup d'autres adolescents allemands, a passé seul la grille du camp surmontée des paroles tristement célèbres «Arbeit macht frei» («Le travail rend libre»). Conscient des différentes mémoires qui s'opposent encore à Auschwitz, il a aussi fait référence aux milliers d'autres victimes «qui, avec le peuple juif, ont le plus souffert» du nazisme : Polonais, Roms, Soviétiques, mais aussi Allemands.
Bien que pour un «chrétien, un pape qui vient d'Allemagne», il soit «presque impossible» de prendre la parole dans ce lieu de silence, il a voulu y lancer «un cri» pour tous ceux qui «souffrent pour l'amour de Dieu, pour l'amour de la vérité». «Pourquoi Dieu s'est-il caché ? Comment a-t-il pu tolérer ce triomphe du mal ?», s'est-il interrogé alors que le silence de Pie XII durant la Seconde Guerre mondiale demeure une question brûlante. Pour Benoît XVI, cela invite à demander pardon pour que la tragédie ne se reproduise pas. Il a ainsi estimé qu'en «anéantissant» le peuple juif, le IIIe Reich voulait arracher «les racines sur lesquelles se fonde le christianisme».
Benoît XVI a finalement souhaité que ce lieu de mémoire indique «les voies à suivre et celles à ne pas prendre». Ainsi, il a appelé à refuser «l'égoïsme», la peur de l'autre, «l'indifférence» et «l'opportunisme», dans un monde «où semblent émerger à nouveau dans le coeur des hommes toutes les forces obscures». L'abus du «nom de Dieu pour justifier une violence aveugle contre des personnes innocentes», le «cynisme qui ne connaît pas Dieu et tourne en ridicule la foi» en sont les conséquences, a-t-il expliqué devant trente-deux survivants de l'holocauste, des représentants juifs et le cardinal Jean-Marie Lustiger, dont la mère est morte dans le camp.
Près d'un million de fidèles
Le Pape a alors prononcé les seules paroles de son voyage dans sa langue maternelle, celle aussi des gardiens SS des camps, pour une invocation à la paix. Durant quatre jours, il n'avait eu recours qu'au polonais, à l'italien et au latin. Il se rendait pour la première fois en tant que pape à Auschwitz. Il y était déjà venu en 1979 avec Jean-Paul II et en 1980 pour appeler, avec d'autres évêques allemands, à la réconciliation. Benoît XVI a évoqué les Allemands qui ont péri à Auschwitz.
Donnant en exemple la philosophe Edith Stein, devenue religieuse catholique, morte dans le camp «allemand-nazi» comme «chrétienne et juive», il a remercié ces Allemands qui, par leur mort, ont démontré que, malgré «l'intimidation» et «la force de la terreur», tout un peuple n'était pas «soumis au pouvoir du mal». Ils sont «comme une lumière dans une nuit obscure», a-t-il affirmé.
Mais le Pape a provoqué un début de polémique en insistant plus sur la responsabilité des dirigeants nazis que sur celle du peuple. Selon lui, «un groupe de criminels» a «abusé» du peuple allemand pour s'en servir «comme instrument de leur soif de destruction et de domination».
Le grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, a réagi dès hier soir. «La visite a été un moment historique, avec un discours grand au début et à la fin, mais problématique dans son contenu», a déclaré le grand rabbin. «Le problème est le suivant : une sorte d'accent est mise sur le problème de l'absence de Dieu et non pas sur le silence de l'homme et sur ses responsabilités», a ajouté M. Di Segni. «Je ne suis nullement convaincu par l'interprétation concernant le peuple allemand, comme s'il était lui-même victime et non pas du côté des persécuteurs», a-t-il conclu.
Ainsi s'est achevée la visite triomphale de Benoît XVI en Pologne. Près d'un million de fidèles sont venus l'acclamer, hier, lors de sa messe au parc de Blonia de Cracovie. Ils étaient 600 000 jeunes lors de la veillée de prières samedi, 300 000 au sanctuaire marial de Czestochowa, le coeur de la Pologne catholique, 300 000 lors de sa première messe à Varsovie.
Visiblement heureux de constater que les Polonais étaient «solides» dans leur foi, il les a envoyés en mission dans une Europe laïcisée. «Je vous demande de rester les fidèles gardiens de l'héritage chrétien et de le transmettre aux générations futures», a-t-il lancé avant de rentrer à Rome.
Par Hervé Yannou

Benoît XVI en Pologne dans la presse allemande


BILD ZEITUNG

"Un pape allemand, le fragile Benoît XVI, qui pénètre dans l'usine de la mort d'Auschwitz, sous le slogan cynique des nazis 'le travail rend libre': c'est un moment inoubliable dans l'histoire de l'humanité".
"Nous ne devons pas oublier où conduit le règne de la force, et nous devons tout faire pour la paix et la réconciliation, c'est aussi cela que le pape a voulu nous dire."

BERLINER ZEITUNG

"Dieu dort, le pape voyage". "Auschwitz doit être une torture pour tout pape qui se considère comme le représentant du Christ".

TAGESSPIEGEL

"Le pape a assumé la responsabilité allemande pour les crimes qui sont liés au nom d'Auschwitz".
"Benoît XVI a été celui qui brise la glace entre les Allemands et les Polonais". "C'est une contribution à ne pas sous-estimer à l'amélioration des difficiles relations germano-polonaises".

DRESDNER NEUESTE NACHRICHTEN

"Les réactions montrent que de tels gestes ne sont pas évidents de la part d'un pape, allemand de surcroît. Le Vatican a toujours du mal à s'exprimer sur son silence face à la terreur nazie, et beaucoup ont attendu hier une excuse".

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents