Mardi 13 janvier 2009
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Oma Bongo, le chef de l'état gabonais, a été initié en France, à
Angoulême. C'est ce que révèle le quotidien La Charente Libre.
C'est le 9 octobre 1965 que celui qui s'appelait encore Albert-Bertrand Bongo est admis à "voir la Lumière" au sein d'une loge du
Grand Orient de France dans le temple de la place Jean Faure à Angoulême.
Il vient de Libreville et est alors un haut fonctionnaire gabonais totalement inconnu en Europe, directeur de cabinet du président de la jeune république du Gabon, Léon MBA. Il fut ensuite vice-président et bras-droit de Léon Mba, avant de lui succéder après sa mort en
1967
Commencera alors le rêgne, il faut le dire sans partage, de Bongo sur le Gabon.
Car le jeune trentenaire va rapidement prendre du galon. Il va changer de prénom en
même temps que de religion (de catholique il devient musulman) et deviendra Omar Bongo. La conversion "pétrolière" de Bongo à l'Islam en 1973 est en effet dû à l'entrée du Gabon dans le club
fermé des producteurs de pétrole, en grande majorité musulmans.
Musulman ou franc-maçon, décidément, Omar ne perd jamais son sens des affaires.
C'est à l'initiative d'un Angoumoisin, Pierre Bussac, lui-même franc-maçon, très introduit à l'époque dans les hautes sphères de l'Etat français et en particulier dans
l'administration coloniale que Bongo devient franc-maçon.
Pierre Bussac a côtoyé tous les chefs d'Etat et noué des contacts avec les élites du continent noir. Dans les années 60, la franc-maçonnerie avait déjà fait souche dans tous les grands pays
africains. Mais pas au Gabon. C'est donc lui qui a proposé au jeune Bongo d'être initié à Angoulême.
Dans sa maison de la rue Montmoreau, à Angoulême, où il vit toujours, Pierre Bussac, figure
de la gauche locale, confirme l'anecdote à La Charente
Libre. Et ajoute même que Bongo ne fut pas le seul Gabonais
initié à son initiative. D'autres Africains profanes sont aussi devenus maçons à en Charente dont un futur président du Sénat, un futur ministre de l'Education nationale et un ministre de
l'Agriculture.
La franc-maçonnerie gabonaise, aujourd'hui très puissante, a donc trouvé son point
d'ancrage en Charente. De retour au Gabon, Bongo - qui n'a plus jamais remis les pieds place Jean-Faure - a créé une obédience proprement locale.
En effet, très rapidement Bongo quitte le Grand Orient de France pour rejoindre la Grande Loge Nationale Française qui a su tisser en Afrique un puissant réseau relationnel mêlant élites
politique, économique et financière...
C'est sous l'égide de la GLNF que Bongo créer sa propre obédience maçonnique, la Grande Loge du Gabon. Comme il sait si bien le faire en politique, Bongo a maintenant une obédience maçonnique qui
lui est dévouée et qu'il dirige d'une main de fer. Son modèle est plus la Franc-Maçonnerie impériale de Napoléon Bonaparte que celle que nous connaissons en France
aujourd'hui.
Il existe de nos jours au Gabon la Grande Loge du Gabon, dans l'orbite de la GNLF, la Grande Loge Symbolique du Gabon, dans la mouvance de
la Grande Loge de France et aussi un Grand Rite équatorial gabonais
(GRE), fusion des loges du GODF et le la GLDF d'avant l'Indépendance.
Note complémentaire du 19 juin 2009
:
Le passage à l'Orient Eternel du frère Omar Bongo est annoncé
officiellement le 8 juin 2009 par le Premier ministre gabonais Jean Eyéghé Ndong. Il est inhumé le 18 juin 2009 à Franceville, capitale du Haut-Ogooué.
Pour aller plus loin :
° "Comment les francs-maçons tiennent l'Afrique", enquête de l'Express, sur ce site.
° Omar Bongo, sur Wikipedia.
° L'article
de la Charente Libre.
° "Omar Bongo, le frère
charento-africain", l'Express du 4/02/2009
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