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Leur retour sur le devant de la scène socialiste est remarqué. Controversé, aussi. Les amis de Laurent Fabius, quelque peu
marginalisés depuis la crise née du référendum sur la Constitution européenne de 2005 - ils avaient milité pour le non alors que le PS s'était majoritairement prononcé pour le oui - se sont imposés
comme des acteurs centraux de la préparation du congrès socialiste de Reims, en novembre. Soutenue par la fédération du Pas-de-Calais, une majorité moins nette de la fédération du Nord et certains
strauss-kahniens, Martine Aubry, décidée à "dépasser les clivages anciens" pour jeter les bases d'une candidature à la tête du parti, ne peut négliger l'appui d'un courant qui pèse, selon les
pointages, environ 15 % des voix. Or, ce rapprochement constitue aussi son principal handicap.
Le ressentiment à l'égard des
fabiusiens reste, en effet, une donnée constante de la vie interne du PS. Pierre Mauroy, qui se dit "vraiment en colère", a prévenu la maire de Lille qu'il n'est "pas possible de réaliser (une)
alliance avec les fabiusiens, ou en tout cas pas au début". Pierre Moscovici, lui aussi en lice pour incarner une troisième voie face aux deux "présidentiables", Bertrand Delanoë et Ségolène Royal,
voit dans les amis de M. Fabius des "passagers clandestins". Jospiniste historique, qui a ferraillé contre les fabiusiens depuis le congrès de Rennes de 1990, le maire de Paris, Bertrand Delanoë,
ne fera rien qui puisse les remettre en selle.
A La Rochelle, M. Fabius, qui a
regretté que "certains cherchent à instrumentaliser des divisions passées", a tenu à participer à l'atelier consacré à l'Europe. Son message : le débat institutionnel est forclos, reste le contenu
de la construction européenne sur lequel tous les socialistes sont d'accord. Ce recentrage aiguise les appétits de la gauche du parti, prête à accueillir les déçus du fabiusisme.
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