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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Ne pas transiger sur la liberté d’expression, ni sur le droit à la critique humoristique des religions

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 3 Février 2006, 14:19pm

Catégories : #Opinions

Vu sur le site de Respublica. La chronique d'Evariste dans le n° 148 du 3 février 2006
(Site: http://www.gaucherepublicaine.org 
Courriel: respublica@gaucherepublicaine.org)


Ce qui se passe depuis qu’un journal danois, Jyllands-Posten, a pris la décision de publier plusieurs caricatures de Mahomet, reprises par un journal norvégien, Magazinet, pouvait déjà, dans un pays européen, paraître invraisemblable. Dans les quelques jours qui ont suivi, une manifestation de protestations devant le siège du journal avait vu plusieurs milliers de religieux musulmans crier leur colère contre la revue satyrique.
Aujourd’hui, l’affaire a pris une autre dimension, après des manifestations hostiles reprises dans les pays fortement influencés par l’islam politique.
Certains produits danois ont été boycottés, et des drapeaux brûlés. On parle même de faire appel à l’Onu.
Excédés par toute cette agitation et ces menaces, des sites divers ont repris, en France et dans le monde entier, les dessins incriminés. Le quotidien « France Soir » a pris la décision de publier, ce mercredi, un journal intitulé en page une : « Oui, on a le droit de caricaturer Dieu ».
Cela a mis le feu aux poudres.
Devant les protestations de Dalil Boubakeur et de la Fédération Nationale des Musulmans de France (FNMF), la direction de France Soir, titre par ailleurs en grande difficulté, a décidé de licencier le directeur de la publication, mais de garder le rédacteur en chef. Son patron, d’autre part, a présenté ses excuses à la communauté musulmane, mais la rédaction assume ses choix.
Nous devons prendre la mesure de la gravité de ce qui est en train de se passer. A travers l’exemple danois, et celui de France Soir, c’est bien la liberté de critiquer, rationnellement ou humoristiquement, une religion, en l’occurrence l’islam, qui est remise en cause non par les musulmans dans leur ensemble, mais par les éléments les plus réactionnaires de cette religion.
Les fous d’Allah vont donc être encouragés à accentuer leurs pressions contre la liberté d’expression.
Après les fatwas lancés contre Salman Rushdie en 1989, puis contre l’écrivain bengalaise Taslima Nasreen, suivies de l’assassinat du cinéaste hollandais Theo Van Gogh, puis des menaces qui pèsent contre la députés hollandaise d’origine somalienne Aayan Hirsi Ali, nous sommes en train d’assister à une gigantesque volonté d’intimider toutes celles et tous ceux qui revendiquent, dans le monde, le droit de ne pas croire, et qui osent attaquer sur le fonds l’application obscurantiste de textes religieux. Bien évidemment, si les fondamentalistes musulmans sont à la pointe de ce combat, toutes les concessions et les reculs démocratiques qu’ils arracheront à la société civile seront appréciées par les autres Eglises.
Nous ne ferons jamais partie de ceux qui pensent que la religion se combat par la force. Nous ne sommes pas des nostalgiques de l’athéisme d’Etat, et des sociétés qu’il a engendrées.
Mais nous défendrons toujours avec force le droit à la critique rationnelle, scientifique ou humoristique des religions, ce que d’autres appellent le droit au blasphème.
Nous ne voulons pas voire en France ce qui s’est passé en Grande-Bretagne, en décembre 2004, quand un millier de sikhs a détruit un théâtre parce que la pièce qui y était jouée était jugée insultante par les dignitaires religieux de cette communauté.
Nous ne voulons plus voir en France ces spectacles d’intégristes catholiques faisant la prière devant les cinémas pour empêcher les citoyens d’aller voir un film sur la « Tentation du Christ ».
De même, nous espérons ne plus voir ces manifestations de début 2004, où des jeunes filles voilées, solidement encadrés par les barbus et certains militants de gauche et d’extrême gauche, criaient leur haine de la laïcité en défendant le droit du voile à l’école, présentant les laïques comme des racistes liberticides, nostalgiques du colonialisme.
Le nombre ridicule de manifestants avait surtout montré que majoritairement, les jeunes hommes et les jeunes femmes issues de différentes immigrations post-coloniales ne se considèrent pas comme des « indigènes », ni comme des citoyens musulmans, mais veulent être des Français à part entière, libres de croire ou de ne pas croire, et profitant des acquis de la laïcité.

Nous devons, d’autre part, regarder le poids de l’islam politique dans ces intimidations. Nous avons choisi, à Respublica, de dénoncer régulièrement, depuis la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école, toute la nature de l’offensive des intégristes islamistes contre la République.
Nous avons, sans aucune concession, démontrer les relais dont dispose les islamistes au sein de la gauche et de l’extrême gauche. Ainsi, égale à elle-même, la direction du Mrap a déjà protesté aux côtés des islamistes contre les dessins, au nom bien sur de son combat contre l’islamophobie, qui lui a servi à défendre à leurs côtés le droit à porter le voile à l’école publique. Nous, nous continuons d’affirmer que cette offensive est le relais de l’offensive libérale, et qu’elle entend substituer à la solidarité républicaine la charité des religions.

Nous ne nous laisserons donc pas davantage intimider que l’ensemble de ceux qui ont, courageusement, pris la décision de refuser de céder aux menaces, en publiant les dessins.
La France, par son histoire, est regardée avec envie par tous ceux qui dans le monde, luttent pour leur liberté.
Homa Arjomand, féministe canadienne d’origine iranienne, qui a gagné la bataille contre les tribunaux religieux, Zazi Sadou, féministe algérienne, Taslima Nasreen et bien d’autres, nous ont expliqué, lors de multiples réunions, avec des mots magnifiques combien les femmes et les hommes des pays où les citoyens luttent pour leurs libertés regardaient avec envie et espoir ce qui se passait en France, et nous demandaient de tenir bons.
C’est en pensant à toutes ces personnes, dans le monde, privées du simple droit de rire d’un dessin, que nous vous donnons les moyens de voir ces dessins, sans porter par ailleurs le moindre jugement sur leur qualité.

 

 

Pour toute réaction, pour tous ceux qui veulent participer au rassemblement des laïques et des républicains de gauche, contacter: evariste@gaucherepublicaine.org

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