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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

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SARKOZY CHARGE KLARSFELD D’UNE MISSION SUR LE « DEVOIR DE MEMOIRE »

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 27 Décembre 2005, 01:20am

Catégories : #Société

En tant que président de l’UMP, Nicolas Sarkozy a demandé à Arno Klarsfeld de mener  un « travail approfondi sur la loi, l’Histoire et le devoir de mémoire ». Selon Le Monde, la loi de février 2005 sur les bienfaits de la colonisation n’en finit pas d’exaspérer et de diviser les historiens. Pour ce quotidien, la nomination  du  fils de Serge et Beate Klarsfeld  comme chargé de mission a deux objectifs.

C’est un  «geste, dirigé cette fois en direction de la communauté juive… », mais aussi  un « dispositif … opérationnel au moindre ‘’faux pas’’ de la mission Debré. ». Le président de l’assemblée nationale s’était  en effet, vu confier  une mission, le 9 décembre, par le président de la République « pour évaluer  l’action du parlement dans les domaines de la mémoire et de l’histoire ».
 
Arno Klarsfeld, interrogé  dans les mêmes colonnes du Monde, rappelle le rôle positif de la loi Gayssot qui a « offert des recours spécifiques à ceux dont on vilipendait le chagrin…quand, dans les années 1980, les manuels scolaires rédigés par des historiens agrégés ne mentionnaient jamais que les trois quarts des juifs de France avaient été arrêtés par la police française et non par la Gestapo ». L’avocat juge également « nécessaire » « la loi sur le génocide arménien… » contesté par la Turquie « alors même qu’elle veut entrer dans l’Europe. »
 
 
Source : CRIF
 

 


Arno Klarsfeld : "Le législateur doit tenir compte de ceux qui souffrent"
LE MONDE | 24.12.05 |

e président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, vous a demandé de mener un "travail approfondi sur la loi, l'histoire et le devoir de mémoire". Comment vos travaux vont-ils s'articuler avec ceux de la mission présidée par Jean-Loui Debré ?

 

Arno Klarsfeld : Je ne sais pas à quoi aboutira la mission que vous évoquez. On m'a proposé quelque chose d'intéressant, je l'ai accepté.

Comment sortir de la polémique créée par l'article 4 de la loi du 23 février, qui reconnaît "le rôle positif de la présence française outre-Mer" ?

On est en présence de mémoires antagonistes, celle d'anciens colonisés devenus français et celle des rapatriés. On pourrait modifier cet article en indiquant que "les programmes scolaires reconnaissent les méfaits de la colonisation ainsi que ses aspects positifs".

Etes-vous d'accord avec le président de la République, qui a déclaré que "ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire" ?

Si ce n'est pas au législateur de rédiger l'histoire, c'est à lui de fixer des bornes morales. Et la morale, on ne peut la prendre ailleurs que dans l'histoire. Le président de la République célèbre bien le 14-Juillet, le 8-Mai et le 11-Novembre...

Dix-neuf historiens ont réclamé l'abrogation de différents textes législatifs, dont la loi Gayssot. Que vous inspire cette démarche ?

Je suis un peu choqué par leur déclaration, qui traduit une volonté de ces historiens de vouloir confisquer l'Histoire. Le législateur doit tenir compte de ceux qui souffrent. La loi Gayssot a offert des recours spécifiques à ceux dont on vilipendait le chagrin. Et cette loi n'empêche pas les historiens de travailler.

Il faut se souvenir que, dans les années 1980, les manuels scolaires rédigés par des historiens agrégés ne mentionnaient jamais que les trois quarts des juifs de France avaient été arrêtés par la police française, et non par la Gestapo. Quant à la loi sur le génocide arménien, elle était nécessaire, car la Turquie le conteste alors même qu'elle veut entrer dans l'Europe.

N'y a-t-il pas un risque d'engrenage ?

Personne ne va demander de loi au nom des Albigeois ou de ceux qui ont été tués par Gengis Khan ! J'ajoute qu'aucune loi n'est éternelle. Quand aura disparu le dernier enfant de déportés, la loi Gayssot tombera en désuétude ou pourra être abrogée.

La France connaît-elle une "tendance irrépressible à la repentance systématique", comme l'a laissé entendre M. Sarkozy ?

On ne peut pas noircir volontairement chaque page de l'histoire de France ni renverser toutes les statues de ses grands hommes, d'autant que nous sommes le résultat de cette histoire et que nous en profitons. La repentance ne peut être qu'individuelle, car on ne peut pas considérer les peuples comme collectivement responsables.


Propos recueillis par J.-B. de M.
Article paru dans l'édition du 25.12.05
Source : Le Monde

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