Mercredi 30 novembre 2005
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a télévision israélienne a annoncé, mardi soir 29 novembre, le prochain ralliement de Shimon Pérès au parti créé par le premier ministre, Ariel Sharon, après son départ du Likoud. M. Pérès, âgé de 82 ans, avait été battu par Amir Péretz lors des élections internes au Parti travailliste, le 9 novembre. Cette défection est devenue plausible depuis le départ du Parti travailliste d'une proche de M. Pérès, Dalia Itzik. Cette dernière a rallié, lundi, le parti de M. Sharon qui s'est finalement choisi le nom de Kadima ("En avant" en hébreu). Le même jour, une proche de M. Sharon, Tzipi Livni, venue comme lui du Likoud, a présenté les grandes lignes du programme de la nouvelle formation, qui envisage notamment le développement économique de la Galilée et du Négev, et des réformes institutionnelles réduisant le poids des partis politiques.
A propos du conflit israélo-palestinien, ce programme reprend les idées exprimées par M. Sharon depuis environ deux ans. Après avoir rappelé "les droits historiques du peuple d'Israël" sur "la totalité d'Israël", il envisage la cession de certaines parties de ce territoire pour la création d'un autre Etat, palestinien, permettant notamment de résoudre la question des réfugiés et garantissant a contrario la pérennité d'"un Etat juif et démocratique". Le programme réaffirme la volonté exprimée à plusieurs reprises par M. Sharon de conserver "les blocs" de colonies existant en Cisjordanie, sans mentionner explicitement le nom des colonies concernées.
Il prévoit la conservation de l'intégralité de Jérusalem, y compris la partie orientale occupée depuis 1967 où les Palestiniens envisagent d'établir la capitale de leur futur Etat. Pour parvenir à cet objectif, le programme s'en tient à la "feuille de route", un plan de paix international qui prévoit la création d'un Etat palestinien en 2005. Le programme envisage un processus par étapes avec "le démantèlement des infrastructures terroristes" palestiniennes, le désarmement et des réformes sécuritaires au sein de l'Autorité palestinienne. L'Etat palestinien envisagé serait également démilitarisé.
PLEINS POUVOIRS
Cette ébauche de programme diplomatique ne permet pas, en revanche, de savoir si M. Sharon a renoncé à la politique unilatérale mise en oeuvre avec le plan de retrait de Gaza, alors que les principaux commentateurs israéliens doutent de la reprise de négociations véritables avec les Palestiniens. De même, il ne permet pas d'estimer quel pourcentage de la Cisjordanie le premier ministre israélien est prêt à rétrocéder aux Palestiniens. Ces idées générales, qui s'inscrivent dans le consensus israélien, diffèrent peu de celles déjà exprimées par M. Péretz, lequel devrait être le principal adversaire de M. Sharon lors des élections législatives anticipées du 28 mars. Elles rendent en l'état possible la reconduction d'une coalition entre M. Sharon et les travaillistes après le scrutin. Selon les résultats actuels fournis par les instituts de sondage israéliens, Kadima pourrait l'emporter sans être pour autant en mesure de gouverner seul.
Au sein de son nouveau parti, M. Sharon devrait disposer en revanche des pleins pouvoirs. La proximité des élections générales rend impossible la mise en place d'une démocratie interne et la désignation d'instances politiques intermédiaires. La définition du programme et la désignation des candidats présentés aux suffrages des Israéliens sous les couleurs de Kadima ne devraient donc dépendre que du premier ministre.
Gilles Paris
LES PREMIERS EFFETS
LES TRANSFUGES.
Deux ex-ministres travaillistes ont rejoint Kadima : Haïm Ramon, ancien ministre sans portefeuille, et Dalia Itzik, ancienne ministre des télécommunications.
SONDAGE.
Selon une enquête d'opinion publiée le 30 novembre par le quotidien israélien Yediot Aharonot, si les élections avaient lieu aujourd'hui Kadima obtiendrait 34 sièges (sur 120) contre 27 aux travaillistes, 11 au parti religieux Shass et 10 au Likoud.
SUCCESSION AU LIKOUD.
Le parti tiendra ses primaires le 19 décembre pour désigner son chef de file. L'élection devrait se jouer entre l'ancien premier ministre Benyamin Nétanyahou, Shaul Mofaz et Sylvan Shalom.
Source : Le Monde Article paru dans l'édition du 01.12.05
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