Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Paul McCartney, seul et en majesté

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 12 Septembre 2005, 23:00pm

Catégories : #Musique

 
Le chanteur anglais publie «Chaos and Creation in the Backyard», son vingtième album depuis la séparation des Beatles. Par Bertrand Dicale [13 septembre 2005]

Paul McCartney sort le plus convaincant, le plus riche, le plus séduisant de ses albums post-Beatles.

Dix-neuf fois déjà, Paul McCartney a sorti un nouvel album. Dix-neuf fois depuis ce jour du printemps 1970 où il annonça que les Beatles s'étaient séparés. Et dix-neuf fois, on a comparé – est-il mieux, est-il toujours le même, est-il infidèle ?

Chaos and Creation in the Backyard, qui sort cette semaine (chez EMI), est le vingtième disque de la carrière solo de McCartney. Et, au jeu de la comparaison, ce disque est peut-être le plus convaincant, le plus riche, le plus séduisant. Un piano à la Lady Madonna dans Fine Line, la chanson d'ouverture, une guitare légère et douce à la Blackbirds dans Jenny Wren, une mélodie à la For No One dans English Tea, une coda à la Golden Slumbers dans Anyway... Nostalgie ? Paul McCartney a sans doute dépassé ce stade, et depuis longtemps.

En juin 2004, on avait pu voir au Stade de France un Macca se repaissant du songbook enchanté des Beatles, de Got to Get You into my Life, deuxième chanson du concert, jusqu'à l'enchaînement final de Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band et The End. Communion parfaite, retrouvailles soyeuses et le fantasme accompli d'un «grand» concert des Beatles, puisque le groupe, à l'époque de ses tournées (jusqu'en 1966) ne jouait guère plus d'une quinzaine de chansons sur une sono d'une affreuse médiocrité. Avec un confort que n'avaient jamais connu les Beatles et une énergie démentant son âge, McCartney était troublant de fraîcheur, de générosité, d'aisance. Et il donnait l'impression d'avoir ramassé le temps, aboli une partie de l'histoire en chantant sa moitié du répertoire des Beatles. Une sorte de révisionnisme absous par le plaisir...

Est-ce la conséquence de cette tournée ou le même symptôme de bonne santé ? Toujours est-il qu'il semble aujourd'hui que le poids de ses jeunes années soit à la fois plus léger et plus présent chez McCartney : il assume pleinement ses tics d'écriture (les fameuses mélodies «descendantes» que les Beatles imposèrent à la culture pop mondiale), son bagage harmonique (l'enseignement initial de George Martin, approfondi avec sérieux depuis quarante ans), sa voix aux aigus limités mais toujours très droits...

Quatre ans après Driving Rain, album qui n'a guère marqué les mémoires, ce retour de Paul McCartney ne manque pas de noblesse, de grandeur et, pour tout dire, d'un talent qui s'était quelque peu dilué ces dernières années. On retrouve évidemment un peu des Beatles, mais aussi des chansons d'une efficacité qui fait penser aux années 70 de Macca (neuf singles et sept albums classés n° 1 des classements de ventes aux Etats-Unis dans les douze années suivant la séparation).

C'est paradoxalement en abandonnant une part des commandes de son album que McCartney s'est trouvé aussi clairement tel qu'en lui-même : George Martin, le génial producteur des albums des Beatles (79 ans depuis le 3 janvier), lui a recommandé de faire appel à Nigel Godrich, producteur de Radiohead ou de Beck. Dès les premières séances de travail, Godrich le confronte à un constat embarrassant : depuis les Beatles, McCartney n'a pas toujours été bien entouré musicalement. Personne n'a jamais considéré les Wings comme de grands musiciens et, chaque fois qu'il a fait appel à une «pointure» des studios, celle-ci a aussitôt été tétanisée par la légende. Or il compte parmi les quelques musiciens de rock capables de jouer d'à peu près tous les instruments (c'est lui, par exemple, qui remplace Ringo Starr à la batterie dans Back in the USSR). Alors, pour la première fois depuis McCartney, son premier album solo, en 1970, il va jouer de presque tous les instruments sur Chaos and Creation in the Backyard. Et le choix des instruments n'est pas non plus innocent : la basse Hofner qui doit toute sa gloire à la beatlesmania, la batterie Ludwig de jadis, la guitare Epiphone Casino de l'album Revolver... Et peu importe la maladresse des percussions vaguement latines dans Certain Softness...

Le chanteur ne cache guère que le travail sur l'album n'a pas été de tout repos, notamment parce que Nigel Godrich lui a régulièrement fait retravailler ses chansons avant l'enregistrement – une attitude que sir Paul a dû peu connaître depuis trente-cinq ans qu'il navigue en solo. Une chanson comme How Kind of You, avec sa mélodie disjointe qui fait penser à certains titres peu aboutis des Wings, y gagne une ampleur (piano, bugle, guitares, percussions...) qui rehausse un texte volontiers dramatique : «I thought my faith had gone/ I thought there couldn't be/ A someone who was there, for me» («Je pensais avoir perdu la foi, qu'il ne pouvait plus y avoir quelqu'un, pour moi»).

A 63 ans, Paul McCartney ne chante pas la sagesse détachée de l'âge mûr, mais au contraire des mélancolies et des blessures qu'il ne cherche nullement à cacher. Il évoque de façon plus ou moins directe le poids des deuils et des séparations, des désillusions et de la solitude, tant il est flagrant qu'il est définitivement marqué par les morts de John Lennon, de George Harrison ou de Linda, son épouse pendant vingt-neuf ans. Qu'on ne s'éton-ne pas, dès lors, que la pochette du disque de Chaos and Creation in the Backyard (littéralement : «chaos et création dans la cour de derrière») soit une photo de lui jouant de la guitare dans le jardin de sa mère, en 1962...

Source : Le Figaro :
http://www.lefigaro.fr/culture/20050913.FIG0263.html?074606

McCartney, la sève et le son
 
Trente-cinq ans après les Beatles, le troubadour universel sort lundi son album de la maturité juvénile.

Par Eric DAHAN

Paul McCartney, CD, «Chaos and Creation in the Backyard» (Emi).

Le soleil poudroie sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré, mais rien ne signale à l'intérieur de l'hôtel Bristol la présence de Paul McCartney. Il est à Paris, en ce début juillet, pour quelques heures, avant de commencer à répéter sa nouvelle tournée mondiale qui commencera le 16 septembre à Miami ; mais aucun garde du corps ne surveille ascenseur et issues, comme ce sera le cas au mois d'août au Four Seasons de Toronto, où les Stones donneront leur marathon promotionnel international.

Courtois. Sir Paul McCartney est grave mais détendu, en chemise blanche sur pantalon noir, courtois avec les techniciens des plateaux télé qui s'affairent (1)... Son nouvel album n'est pourtant pas un disque de plus, ni dans sa carrière ni dans le marché actuel. Il y a trente-cinq ans, il précipitait la fin inévitable de son groupe, les Beatles, et se lançait, disait-il alors, «un sacré défi». Laquelle de ses «futures chansons pourrait bien rivaliser en impact» avec Yesterday ou Let It Be ? Et comment renoncer à de tels classiques sur scène ? Une règle qu'il ne tiendra pas dix ans, étoffant dès les années 70 les concerts de ses Wings de l'inévitable Yesterday, puis les shows en solo des années 1990 et 2000 d'une quinzaine de tubes des Fab Four.

On peut relativiser l'excellence de Ram ou de Band on the Run, parmi ses premiers envois post-Beatles ; être insensible à la versatilité stylistique de tel Arrow Through Me, retour de politesse à Stevie Wonder qui déclara son amour des Beatles en composant Something out of the Blue dans les années 60, mais on ne saurait nier qu'en quarante ans Paul McCartney a livré plus de hits planétaires (My Love, Goodnight Tonight, Silly Love Songs...) que John Lennon, Ringo Starr et George Harrison réunis. Récemment, Driving Rain marquait son retour au sommet ; Chaos and Creation in the Backyard, qui sort lundi, pourrait être son chef-d'oeuvre, par la richesse thématique, le raffinement, le ton, d'une rare intimité, et surtout la rencontre si juste des mots et des sons.

Pour le réaliser, Paul McCartney a «d'abord fait appel à George Martin». Mais ce dernier, paisiblement retiré des studios, lui a suggéré Nigel Goodrich, responsable du son de Radiohead. Bien qu'âgé d'une trentaine d'années de moins, Goodrich n'en a pas moins assumé le rôle et notamment imposé à plusieurs reprises à McCartney de retourner chez lui réviser sa copie, durant les deux ans où ont pris place les différentes séances d'enregistrement. Pour concentrer l'expression, il lui a demandé de jouer lui-même guitares, pianos, basse, batterie, «et même de mon vieux bugle», avant de convoquer les instruments d'orchestre pour la touche finale. Façon de reconduire l'exercice auquel McCartney se livra sur ses McCartney I et McCartney II.

Si l'on veut les juger et admettre que la composition obéit à des règles, et que c'est le respect de celles-ci qui peut produire l'émotion musicale, force est de reconnaître que les plus ambitieuses (Anyway) comme les plus simples (Follow Me) chansons de Chaos and Creation in the Backyard sont aussi abouties et naturellement éloquentes que les réussites légendaires des Beatles.

Candeur. Que Paul McCartney semble s'adresser aux politiques («il y a une certaine marge entre l'imprudence et le courage» sont les premiers mots de l'album), encore secrètement à sa femme Linda, emportée par un cancer (le spirite How Kind of You avec son refrain modal), ou qu'il philosophe cryptiquement sur «notre vulnérabilité face aux accidents» (comme celui qui faucha la jambe de sa nouvelle épouse : At the Mercy), il ne se départ jamais de ce mélange de candeur et de profondeur qui fait depuis Michelle sa grâce de baladin universel.

Le mélodiste et harmoniste hors pair prouve, lui, sa science, dans une gamme allant du pimpant sixties (Fine Line, Too Much Rain, Promise to You Girl) à la mélancolie la plus hantée (Riding to Vanity Fair ou le solo de bugle quasi klezmer sur Jenny Wren ­ «du nom d'une héroïne de Dickens, jeune fille un peu magique qui ne voit que le bon côté dans tout», précise-t-il). L'album passe également par l'anglicité d'un autre âge (English Tea) qui fit le prix idiomatique d'un Penny Lane, ou le calypso éthéré qui berça la jeunesse de ses parents (A Certain Softness ­ «composé comme ça, sur une petite croisière en Grèce avec des amis»).

Dans ce volume gorgé de sève lyrique, McCartney le survivant majeur se souvient aussi de Hey Jude, de Harrison (Friends to Go), de You Never Give Me Your Money (l'épique This Never Happened Before), des Beach Boys et des Byrds. Autant dire de tout ce qui pour d'autres serait immédiatement castrateur et qui, pour lui, s'apparente au point de départ de l'invention perpétuelle. Ce qui, à 64 ans, est le signe d'une vitalité aussi fascinante que communicative.

(1) Il enregistre pour France 2 l'émission Traffic Music qui sera diffusée le 6 octobre.

Source : Libération :
http://www.liberation.fr/page.php?Article=322626

McCartney goes deep, divinely
 
He had fellow Beatles on his mind as he wrote

By Steve Morse, Globe Staff September 13, 2005

Paul McCartney doesn't keep score. He has no clue that his new album, ''Chaos and Creation in the Backyard," in stores today, is his 20th studio record since his Beatles days.

''I just kind of do it. I don't count," McCartney says. ''Other people get into it, but I'm not a stats man."

What he is, this time around, is a multi-instrumentalist -- and a reflective one at that. The new album, produced by Nigel Godrich (who has worked with Radiohead and Beck), features McCartney playing up to 10 instruments on a single song. While a few tunes have a chirpy pop bounce, there is a relative lack of the ''silly love songs" (as McCartney referred to them years ago) he's been known to pen. The album's bittersweet tone is, in part, Godrich's doing.

''I might have gone toward my natural optimism if he wasn't there," says McCartney, who opted to work with the producer after a recommendation from Beatles producer George Martin.

The results are extremely gratifying, as McCartney digs deeper than he has in years, peering, at times, into the darkness. On ''At the Mercy," McCartney wistfully confesses, ''I guess you'd rather see me grow into a better man than the one you know." The experimental ''Riding to Vanity Fair" is a quasi bossa nova blending toy glockenspiel and strings, with McCartney dreamily singing, ''I was open to friendship but you didn't seem to have any to spare while you were riding to Vanity Fair."

''I wasn't talking to anyone particular there, but about lots of people I had met during my life," he explains. ''When I first brought that song in, it was a different beast altogether. It was faster and more staccato. It didn't have as good a melody and the words weren't as good. We halved the tempo, and it was very much a collaboration between myself and Nigel."

McCartney, who headlines the TD Banknorth Garden on Sept. 26 and 27, intended to use his touring band on the album, but Godrich asked him to make it more personal by playing most instruments himself.

''I could see the direction he wanted to go," McCartney says. ''And he knew how to layer things. He'd say, 'I just need a certain color here.' And I'd say, 'What, an organ or something?' Then he'd say, 'No, have you got a flugelhorn?' And I'm thinking, 'Oh my God, what is he on?' But sure, I got the flugelhorn out and we oiled it up and got the valves working and I would maybe just play a single note on it for the song. So the more you hear the album, the more you can hear little colors like that, little subtle touches."

The song ''Friends to Go" was inspired by George Harrison. ''On that one I very much referred to George, so much so that I almost felt that George was writing it. There was a certain melody and chord changes that for some reason reminded me of George. . . . And lyrically, too. Listen to it and imagine George's voice singing, 'I've been sliding down a slippery slope / I've been climbing up a slowly burning rope but the flame is getting low.' I could see George having written that."

Harrison isn't the only late Beatle who's influenced the album, McCartney says.

''I do refer in my mind to John [Lennon]," he says. ''If your parents passed away, you might still think, 'Well, what would my dad think of this?' Or, 'What would my mom have thought?' In my case, because I write, the natural person I would refer to in my mind would be John. . . . I don't do it all of the time, but often I can be just thinking about a song and go back to how John and I would have dealt with it."

For his tour, which begins Friday, McCartney has lined up two corporate sponsors to defray production costs: Fidelity Investments and Lexus.

''The difficulty for me is getting involved with a good sponsor that I can be proud of," McCartney says. ''We don't really know [Fidelity] over in England, but my promoter for the tour said they're really great. . . . It has to be something that I believe in." As for Lexus, he says, ''I'm getting involved with their new hybrid [car] . . . and I was told that all of Lexus's cars are going to be hybrids in the next 10 years."

McCartney is 63 and has toured more in the past few years than he has for a couple of decades. He says that it's partly because he loves his band -- and that he has again fallen in love with his work. Expect no farewell tour yet.

''Are you kidding? I'm not giving this up," he says. ''They're going to have to pull me out screaming. People say to me, 'Why do you do it? You've written enough songs.' But I say, 'I know I have, but it's my hobby and I'm lucky enough to get to do my job as a hobby.' "

Source : Boston Globe
http://www.boston.com/ae/music/cd_reviews/
articles/2005/09/13/mccartney_goes_deep_divinely/

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents