Vendredi 20 juillet 2007
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C'est en effet l'un des articles surprenant du numéro 108 d'Historia Thématique consacré aux "Société secrêtes" qui vient de paraître.
Quels liens peuvent-ils exister entre deux organisations si dissemblables que la Franc-Maçonnerie et le Ku
Klux Klan?
Je vous conseille tout d'abord la lecture de l' article sur le Ku Klux Klan sur le
site d'Historia.
Voici maintenant l'article intitulé : "Des origines maçonniques?"
Des esprits curieux ont voulu reconnaître, dans la triple répétition du K de Ku Klux Klan, le terme de Kadosh affirmé trois fois, comme la formule «Saint, Saint, Saint» attribuée
au Seigneur des Armées dans le rite chrétien hérité du judaïsme ; en l'occurrence, il s'agit ici d'un haut grade de chevalerie du rite maçonnique écossais, signifiant «le Saint», en hébreu
(note de JLT : Il s'agit du 30ème grade du Rite Ecossais Ancien & Accepté). Cette hypothèse, soutenue par aucun document, est fort douteuse.
D'autres ont voulu mettre en
évidence le rôle du plus célèbre maçon de son temps, Albert Pike, (1808-1891, il était Souverain Grand Commandeur du
rite écossais ancien et accepté, dont il a réécrit les rituels en 1859) dans la fondation de l'Empire invisible.
La thèse apparaît en 1905 lorsque les éditions Neale, de New York et Washington, publient Ku Klux Klan, un ouvrage rappelant les origines, la croissance et la dislocation du
mouvement.
Dans l'introduction, l'historien Walter L. Fleming, explique qu'il a obtenu «ses informations sur le Ku Klux Klan par d'anciens membres de l'Ordre, par des amis et des
parents», et en particulier par l'un des six fondateurs connus, le major Crowe, lui-même maçon.
Il déclare que «le général Albert Pike qui était à un rang élevé dans l'ordre maçonnique, était l'officier de justice principal du Klan». En qualité de patron de sociétés secrètes sudistes
et président du barreau du Tennessee, Pike aurait été le grand stratège de la «justice» du Klan.
Selon
Fleming, c'est à Nashville (Tennessee) que Pike et d'autres généraux confédérés se seraient rencontrés en 1867 pour former un KKK terroriste, étendant le projet qu'ils avaient débuté, deux ans
auparavant, à Pulaski. Ce qui semble confirmé par l'éditorial du 16 avril 1868, écrit par Pike dans le Daily Appeal de Memphis, dont il est propriétaire : «Nous voudrions réunir tout
homme blanc du Sud qui est opposé au suffrage noir, dans un grand Ordre de la Fraternité sudiste, avec une organisation complète, active, vigoureuse dans laquelle quelques-uns exécuteraient la
volonté de tous, et dont l'existence même devrait être cachée à tous sauf à ses membres.»
Toujours selon Fleming, à la place d'honneur des membres bien connus du Klan, se trouvent le général John C. Brown, maître
maçon de la loge de Pulaski, et le colonel Joseph Fussell, de Columbia, grand maître des maçons du Tennessee. Pour d'autres historiens, il semblerait qu'à l'époque de la réunion de
Pulaski, Pike était en Arkansas.
Quoi qu'il en soit, le livre fait un tabac parmi les confédérés et lance la carrière de Fleming comme le doyen des historiens sudistes. La National Cyclopedia of American Biography
présente son livre comme «un compte rendu, faisant autorité, de cette organisation». Quant au Dictionary of American Biography, il déclare que «Fleming a examiné la guerre civile et la
reconstruction dans le Sud plus à fond que quiconque. Ses travaux sont caractérisés par l'objectivité académique.»
Le livre de Suzanne Lawrence Davis, paru en 1924, et traduit en français par L'Authentique Histoire du Ku Klux Klan, 1865-1877, suit la
piste ouverte par Fleming. Dans son livre The Tragic Era, Claude Bowers décrit, lui, le Klan comme une association de patriotes sudistes défendant leur façon de vivre
contre les nordistes et les Noirs. Bowers, qui a servi de nombreuses années comme ambassadeur des Etats-Unis en Espagne et au Chili, décrit lui aussi Albert Pike comme l'un des fondateurs
distingués du Klan.
Il convient de rappeler que, conformément à une tradition datant à ses origines, la franc-maçonnerie américaine n'admet pas les hommes de couleur.
Du coup, les Noirs ont constitué une obédience, fondée à Boston en 1791 par l'un d'eux, un affranchi de la Barbade, le frère Prince Hall. Cette obédience a essaimé dans l'ensemble des
Etats-Unis, ainsi qu'au Canada, à Hawaii, aux Bahamas et au Liberia mais, depuis les années 1970, ses effectifs sont en baisse : «On peut craindre qu'il ne s'agisse là d'une marque de désaffection
à l'égard de l'ordre maçonnique consécutive à la ségrégation de moins en moins adéquate pratiquée par les grandes loges américaines», écrit Paul Naudon, dans Histoire générale
de la franc-maçonnerie (Office du Livre, 1981, mise à jour en 1987 actuellement indisponible).
Quoi qu'il en soit de Pike et des fondateurs du premier Klan, on sait aujourd'hui que de nombreux francs-maçons ont joué un rôle éminent dans l'histoire du deuxième Klan, comme Simmons, adhérant à diverses sociétés maçonniques,
et Evans, titulaire du 32e degré
maçonnique.
Les plus de ce bloc-notes :
Je vous conseille vivement la lecture de "Noirs & Franc-Maçons" de Cécile Révauger où il est longuement question de Pike, du Klan et des loges noires
américaines.
NOIRS ET FRANCS-MACONS. de Cécile
Révauger.
Editions EDIMAF, publié en 2003.
ISBN : 2847210407
Prix public 19€, prix à partir de ce site 18,05€.
Il est indisponible sur le site de la FNAC mais vous pouvez vous le procurer facilement à partir de ce site en cliquant sur le titre.
Par Jean-Laurent Turbet
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Publié dans : Franc-Maçonnerie
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