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Samedi 23 juin 2007 6 23 /06 /Juin /2007 00:12

royal6.jpg Ségolène Royal vient de déclarer que le Smic à 1500 euros bruts dans 5 ans était une proposition de Laurent Fabius inscrite dans le projet socialiste, qu'elle avait été "obligée" de reprendre dans son pacte présidentiel et qui n'était pas "crédible".

Idem pour les 35 heures.

Il est vrai que c'était les rares propositions, de gauche, défendues du bout des lèvres par l'ex candidate.

Pour Ségolène Royal tout est toujours de la faute des autres. Elle, elle promet "de nouvelles victoires".

Des victoires comme le premier tour de la présidentielle où le score de S Royal était très en dessous de celui qu'on pouvait espérer d'un candidat socialiste ?

Des victoires comme le second tour de la présidentielle qui est le plus mauvais score atteint par un candidat socialiste lorsqu'il est a second tour de l'élection?

Heureusement que le Parti Socialiste a repris les choses en main entre les deux tours des législatives pour éviter la catastrophe annoncée. Merci surtout à Laurent Fabius. Son attaque sur la TVA sociale face à Borloo le soir du premier tour a sauvé la tête de plus de 70 députés socialistes.

C'est un paramètre qui a échappé à Mme Royal trop occupée à mettre en scène sa séparation pour que les fuites en soient annoncées au soir du second tour. Comme part hasard. Comme si elle ne supportait pas de ne pas être la vedette d'un soir.

Le Parti Socialiste, en se battant sur des valeurs de gauche, peut très bien se passer de Mme Royal pour gagner, ou tout du moins, en ce qui concerne le second tour des législatives, pour limiter la casse.

Ségolène Royal le sait bien. Elle craint aussi l'érosion des militants à 20€ qui lui ont massivement (et naïvement?) apporté leurs suffrages lors de la désignation interne au PS. Ils sont déjà 30%, selon les chiffres officiels, à ne pas avoir repris leurs cartes au tarif normal (eh oui c'est plus cher).

Elle veut donc brûler les feux et les étapes. En essayant de poursuivre la ringardisation de ses rivaux. En faisant des déclarations iconoclastes pour qu'on parle d'elle. En déclarant "probable" sa candidature en 2012 ... alors que personne ne lui demande rien !!

Elle tentera enfin, en bonne stratège maoïste, de jouer "la base" du Parti contre ses cadres et ses dirigeants qu'lle va tenter une fois de plus de diaboliser.

Par contre, jamais une once d'autocritique chez Ségolène Royal dont l'ego démesuré interdit toute introspection objective. Tout est toujours la faute des autres, et même si elle a commis des erreurs c'est la faute des autres.

Jamais une interrogation sur la stratégie, jamais un interrogation sur le fond. Elle joue à 120% la politique média.

Rien sur ses discours absconditus qu'elle répète telle une litanie : "Ordre Juste", "Démocratie participative", "gagnant gagnant".

Ses pauvres supporters  et surtout les autres socialistes ont été obligés de ramer comme des fous pendant la campagne pour justifier et expliquer a posteriori les envolées de Mme Royal et ses concepts hasardeux.

Oui, il faut que le PS réfléchisse sur lui-même, sur son avenir. Sur ce qu'il a à proposer à la gauche et à la France.

On peut appeler ça "rénovation" ou "refondation". Mais se ne sont que des mots creux tant qu'on ne nous dit pas ce qu'on met dedans.

Est-ce qu'on veut un PS "social-démocrate" ? "Social-libéral" ? Jusqu'où iront nous vers la droitisation idéologique du Parti ?

Sarkozy a très bien compris qu'il ne pouvait gagner qu'à droite. Il a donc droitisé son projet et lui a rendu ainsi sa cohérence. La pseudo ouverture, on le voit bien, n'est qu'un leurre. On a vraissemblablement aujourd'hui le gouvernement le plus à droite, mais aussi le plus mauvais et avec le moins de compétences de la Vème République.

Côté niveau des ministres, le président a bien choisit : personne ne pourra lui faire de l'ombre ! Il tient entre ses main la totalité et la réalité du pouvoir.

Si Sarkozy a gagné à droite... le PS ne pourra que gagner à gauche. Avec des forces renouvellées et avec des hommes et des femmes qui tiennent vraiment la route. Pas avec des gadgets.

La question du futur candidat viendra en son temps. Le travail idéologique (attention ce n'est pas un gros mot!) devra se faire avant. Et le candidat qui sera désigné devra avoir été étroitement impliqué, comme l'ensemble de son équipe, à cette réflexion. Il ne pourra pas, après coup dire qu'il avait été "obligé" de défendre des mesures "pas crédibles".

Les atermoiements de l'ex candidate et sa stratégie purement personnelle ne doivent pas empêcher ce trvail essentiel d'être mené.

Par Jean-Laurent Turbet - Publié dans : Parti Socialiste - Voir les 1 commentaires - Ecrire un commentaire
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