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Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Bloc notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités

Informations sur les spiritualités, les religions, les croyances, l'ésotérisme, la franc-maçonnerie...


Albert Lantoine, le franc-maçon écossais, l'historien, le poète, le romancier, l'homme exceptionnel...

Publié par Jean-Laurent Turbet sur 18 Février 2018, 08:30am

Catégories : #Franc-Maçonnerie, #Lantoine, #REAA, #GLDF, #DH, #Spiritualité, #Philosophie, #Rite, #Obédience, #Ordre, #Histoire, #Littérature, #Poésie, #Wirth, #Mesureur, #Collaveri

Albert Lantoine, le franc-maçon écossais, l'historien, le poète, le romancier, l'homme exceptionnel...
Albert Lantoine, le franc-maçon écossais, l'historien, le poète, le romancier, l'homme exceptionnel...

Cela fait plus de 10 ans que j'ai publié mon premier article consacré à Albert Lantoine (1869-1949) sur ce bloc-notes. Il y est revenu souvent depuis. Alors de moins en moins de gens se disent "mais qui donc est Albert Lantoine". Quoique ...

Malgré mes efforts et ceux de quelques autres, Albert Lantoine n'est pas encore revenu à la place qui lui convient : la première. 

Trop peu de maçons, et j'allais encore trop peu de maçon appartenant à l'Ordre écossais ne savent exactement qui est Lantoine .

Écrivain au style extraordinaire (c'est un vrai bonheur de le lire - oui Lantoine a du style quand il écrit !), poète, mais aussi historien de la Franc-Maçonnerie (j'utilise souvent en ce qui le concerne l'expression "souvent pillé, jamais cité") de tout premier plan. C'est fou le nombre d'articles "originaux" que j'ai lu dans différentes revues et livres entre les années 1980 à 2010, sous des plumes historiennes sur des thématiques que je retrouvais intactes en prenant connaissance de l'oeuvre de Lantoine. Celle-ci étant peu rééditée, cela permettait le recopiage discret.

Et puis surtout c'est encore l'Histoire passionnante à lire, bien écrite, pas l'Histoire de notaire ou d'apothicaire  dont on nous abreuve trop souvent et qui rend cette discipline si rébarbative à beaucoup... Lantoine c'est encore l'Histoire passion : d'autant plus passionnante qu'elle est d'une rigueur absolue, dans ses sources comme dans ce qui est expliqué !

J'ai donc décidé de mieux vous faire connaître Lantoine en écrivant une biographie succincte qui reprend les éléments essentiels de sa vie.  

J'ai tiré les éléments de cet articles auprès de plusieurs sources. La préface de Claude Gagne à la nouvelle édition de la "Franc-Maçonnerie Écossaise en France" (Dervy 2011). Des éléments fournis par Stéphane Rouxel, le bibliothécaire de la Grande Loge de France. Des éléments généalogiques essentiels fournis par Valéry-Pierre Archassal (probablement le meilleur généalogiste français, avec qui j'avais déjà travaillé pour mon article sur Michel Dumesnil de Gramont). Des éléments trouvé par mes recherches personnelles au fil des ans, jusqu'à la (re) découverte de la tombe de Lantoine, dont personne ne savait plus où elle se trouvait.

Mais surtout grâce à une magistrale notice biographique de 40 pages établie par Philippe Langlet, l'un des meilleurs historiens de la Franc-Maçonnerie, spécialiste de la revue "Le Symbolisme", créée en 1912 par Oswald Wirth, dans laquelle Lantoine va écrire pas moins de 113 articles entre 1913 et 1946.

Cette notice biographique, dont la dernière version date du 28 janvier 2018, imprimée "par nos soins vigilants" par Philippe Langlet, est donnée aux frères de la loge "Albert Lantoine", N°1582 de la Grande Loge de France, qui a été intégrée à la Fédération le vendredi 19 janvier 2018 par le Grand-Maître Philippe Charuel. La loge "Albert Lantoine", dont j'ai l'honneur d'être un membre fondateur, se réuni tous les deuxièmes lundis de chaque mois, de 12 heures 30 à 14 heures 30 en l'Hôtel de la Grande Loge de France à Paris.   

Qu'il soit bien clair que la rigueur historique et l'exactitude des faits sont leurs, et que les éventuelles erreurs, inexactitudes ou imprécisions sont miennes. Mais vous le verrez, il y a beaucoup d'éléments nouveaux par rapport à ce que vous avez pu lire sur Lantoine il y a quelques années.

ALBERT LANTOINE

L'acte de naissance d'Albert Lantoine

Albert Louis Lantoine naît le 31 janvier 1869, à Arras, dans le Pas-de-
Calais, au domicile de ses parents au 19 rue des Agaches et non pas - comme il est dit parfois - dans la maison de Robespierre qui se trouvait au 9 rue de la Gouvernance (aujourd'hui rue Maximilien de Robespierre).

La jeunesse :

Le jeune garçon d’Arras, doué pour les études, gardera un bon souvenir de cette période. Il fait ses humanités au collège d'Arras. Il sera reconnaissant envers les
professeurs qui l’avaient aidé à cultiver ce que l’on appelait alors « les belles lettres ». Il en ressort, pétri de culture classique, de philosophie et de littérature grecques et d’amour de la langue française.

Très rapidement, le jeune Albert publie des vers dans l’Echo des Rosati, périodique d’Arras (Rosati est l’anagramme d’Artois). La société des Rosati avait été fondée en 1778, à Blangy, près d’Arras. Les premiers Rosati donnèrent à leur société le titre de « Société anacréontique des Rosati », du nom d’un poète lyrique grec, Anacréon (VIe siècle avant J.C.) qui mettait à l’honneur la femme, la rose et le vin. Être Rosati devint un grand honneur puisque le cercle était assez fermé. L’entrée dans la société se faisait par une intronisation appelée « le rite du cousin Jacques ».

En 1887, il a 18 ans et il est à Paris où il donne ses premiers poèmes à une curieuse revue où avaient débuté tant de poètes devenus célèbres par la suite, Le Chat Noir.

Le service militaire : 

Albert Lantoine fait son service militaire (4 ans !),  de novembre 1890  à septembre 1894 Il est de la classe 1889, avec le numéro 45 à Maubeuge (on est loin du clair de lune...) dans l'artillerie de forteresse.

Sa fiche matricule le décrit comme brun, les yeux noirs, le nez et le front moyens, le mention rond et le visage ovale, et de 1,72 m de taille. Il est donc plutôt grand pour l'époque.

Lors de son incorporation, il est déclaré « sans profession ».

Il effectuera plusieurs période de réserve (le dernière en mars 1899), mais, par chance, il  est réformé n°2, le 25 août 1914, par la Commission spéciale de la Seine pour « tuberculose pulmonaire ». Maintenu réformé le 23 juin 1915, par le Conseil de Révision de la Seine. Il sera libéré définitivement de toutes obligations militaires le 30 novembre 1918, quoique maintenu à la disposition du ministre de la guerre.

Entre 1889 et 1900, il écrit dans de nombreuses revues dont certaines ont une vie météoritique.Il signe, selon Célestine Leroy, des « articles féroces », dans La Vogue de Gustave Kahn, par exemple, revue du mouvement symboliste. Il a le sens de la formule et en cisèle de percutantes. 

Le romancier poète : 

En 1897, Albert Lantoine publie, en quatorze livraisons dans La Plume, un recueil de récits sur les mœurs artésiennes, Les Mascouillat, qui devient un livre en 1898.

On classe Albert Lantoine dans les écrivains néo-parnassiens, parfois dans les post-symbolistes. Il a aussi été compté parmi les écrivains régionalistes de la première heure, dont le Picard Philéas Lebesgue (1869 – 1958) qui sera, pour Lantoine, un compagnon intellectuel de tous les instants.

Il est alors parmi les grands de son temps, et fréquente les groupes littéraires, un milieu bouillonnant d’idées, de formules magiques, d’idées nouvelles, de créations originales. Il est entraîné dans ce tourbillon.
Il le fait avec toute l’élégance possible, que ce soit par ses écrits, ses discours ou par sa tenue vestimentaire.

 

Car Albert Lantoine est un « artistocrate », et il le sera toujours. La formule est de Gérard Lacaze-Duthiers (1876 – 1958) qui, dans Figures d’Artistocrates, publie un « médaillon » de son ami Albert : "C’est un artistocrate, un vrai, un pur, un de ces hommes sincères dont on peut dire qu’ils ne sont ni vendus ni à vendre. Lacaze-Duthiers ajoute : Cependant cet individualiste comprit vite le néant des étiquettes, l’idiotie des admirations mutuelles et des dénigrements réciproques. L’épithète qui lui convient est celle de « sauvage ». Sauvage, il l’est jusqu’au bout des ongles ; il l’est et il le restera. Heureusement pour lui et pour nous".

Voila un magnifique portrait d'Albert Lantoine qui est en effet épris d’idéal, de beauté, d’harmonie, et il ne supporte pas la veulerie, la compromission, les faux-semblants. Il a le culte de l’élite, la recherche permanente de la perfection, le dédain des bassesses, intellectuelles ou morales ou, bien sûr, maçonniques, plus tard. Cela ne signifie pas, chez lui, le dédain des masses. Albert Lantoine a le culte de l’humanité, il a le sens de l’humanité, celui du partage, et celui de l’effort pour le partage.

Empruntons quelques mots à son ami, le romancier Achille Essebac (1868 – 1936) qui fait à Paris, le 19 novembre 1898, une conférence sur l’auteur Lantoine (qui avait alors 30 ans seulement !) : "Cloîtré dans le souci de son art, étonnant par l’exclusivisme de sa foi, Albert Lantoine est un chartreux de lettres. (...) Au moral, Albert Lantoine a l’abominable maladie de la sincérité. Ayant ce défaut d’avoir des opinions très arrêtées sur beaucoup de choses, il l’aggrave en ne craignant pas de les exprimer audacieusement partout où il entend émettre des idées qui ne sont pas les siennes. S’il s’est fait ainsi des ennemis, ce que je veux ignorer, leur châtiment sera d’être obligés de l’estimer quand même. Et dans ses chroniques littéraires, ne s’occupant que de l’oeuvre et jamais de l’auteur, il lui est arrivé d’être fort sévère pour un écrivain qu’il louait quelques mois après avec véhémence pour une oeuvre nouvelle ; chose fort naturelle assurément, mais extrêmement rare néanmoins, à notre époque où l’amitié inspire presque toute la critique".

Blanche :

Albert se marie avec Blanche Côté (née le 20 juin 1866, à Granby, au Québec), dite Côte-Darly, aquarelliste de profession,  le 31 octobre 1895, à la mairie du 5ème arrondissement de Paris.

Albert Lantoine est alors domicilié au 21 rue de Chabrol et ses parents, présents, habitaient Saint-Laurent Blangy, près d’Arras. En 1899, les Lantoine habitent un appartement dans un immeuble haussmannien, au 45 rue Custine, à Paris 18ème. Albert Lantoine animait, avec Blanche, un salon littéraire, chez eux, rue Custine, les mercredis soirs.

Le 24, rue de Navarin à Paris

Ils aménagent en 1901 au 24 rue de Navarin dans le 9ème arrondissement de Paris (photo ci-contre), qui sera leur adresse définitive. C’est là que Blanche décédera en 1915 et Albert en 1949.

Lorsqu'ils se marient, Albert a 26 ans, et Blanche en a 29. Le couple n’a pas eu de descendance. À cette époque, Albert et Blanche appartiennent à diverses sociétés néo-malthusiennes dont Génération consciente.

C'est par le néo-malthusianisme que les Lantoine découvrent la Franc-Maçonnerie.

La Franc-Maçonnerie :

Blanche et Albert Lantoine vont être reçus Francs-Maçons le même jour, avec 4 autres personnes au sein de la Loge #1 de la Grande Loge Symbolique écossaise, le Droit Humain, constituée à Paris le 4 avril 1893, premier nom de ce qui s’appelle aujourd'hui la Fédération Française de l’Ordre maçonnique mixte international « Le Droit humain » (DH).

Georges Martin, fondateur du Droit Humain

Le compte-rendu des travaux de la Loge #1 (aujourd'hui loge Maria Deraismes) du Droit Humain en date du 8 décembre 1900, indique : "Initiation Soeurs Lantoine, Turksma, Frères Lantoine, Besson, Bara, Lascols".

le problème était que les frères initiés au Droit Humain à l'époque n'était reconnus nulle part ailleurs (ni au Grand Orient de France ni à la Grande Loge de France) et ne pouvaient donc voyager. 

Le Droit Humain pratique le Rite Ecossais Ancien et Accepté comme la Grande Loge de France.

C'est donc au sein de Loge La Jérusalem écossaise #99 à l'Orient de Paris qu'Albert Lantoine est admis le 24 mai 1901. Il passe Compagnon et est  élevé au grade de Maître le même jour, le juillet 1901.

En fait il se retrouve pratiquement avec les mêmes frères (moins les sœurs...) que dans sa loge du DH. En effet, La Jérusalem écossaise #99 vient de la Grande Loge Symbolique Écossaise, et c’est aussi la Loge de Georges Martin (1844 – 1916), fondateur du Droit Humain. Georges Martin restera membre de sa loge de la Grande Loge de France jusqu'à sa mort.

Albert Lantoine sera Vénérable Maître de sa Loge deux ans plus tard en 1903.

Sa première présence à une Tenue de Grande Loge date du 5 novembre 1906, sous la présidence de Gustave Mesureur. Il y retrouve aussi Oswald Wirth, Albert Platel et l’avocat André Lévy-Oulmann (1875 – 1955 Vénérable Maître de La Nouvelle Jérusalem, et ancien membre de la GLSE). Albert Lantoine y fait une intervention remarquée à propos des Loges d’Adoption. Il se déclare favorable à leur création, puisque la question est à l’ordre du jour, même s’il y voit une mise sous tutelle de la femme, chose inadmissible, ajoute-t-il. Les douze articles de la
Constitution des Loges d’Adoption seront donc annexée au Procès-Verbal de la Tenue de Grande Loge du 5 novembre 1906. Néanmoins, Albert Lantoine est  opposé à la Maçonnerie d’Adoption, et favorable à la Maçonnerie mixte (il est en cela proche du DH).

Albert Lantoine deviendra d'ailleurs - autant qu’il lui en sera possible - un membre assidu de la Loge Marie-Bonnevial #4 du droit Humain (Paris), où travaille son épouse Blanche. Bien entendu, il la soutiendra lors de sa création de la Grande Loge Mixte, scission du Droit Humain, puisqu’il en sera lui aussi l’un des fondateurs. Blanche Lantoine en sera rapidement Grande Secrétaire Générale, le titre de Grand Maître étant aboli.

Le Bibliothécaire de la Grande Loge de France :

Albert Lantoine est présent au Conseil fédéral le 4 mars 1907. Il y retrouve Oswald
Wirth. Il y sera presque toujours présent ensuite, lors de ses mandats successifs. Le 20 janvier 1908, le Conseil fédéral le nomme à la Commission des frères chargés d’organiser une Bibliothèque et un Musée maçonnique. Ce sera l'une des grandes œuvres de sa vie ! 

Le 17 février 1908, Albert Lantoine présente le Rapport final sur la Bibliothèque et demande que l’on désigne un emplacement pour l’installer. Le 15 juin 1908, il demande une subvention de 200 francs pour installer la Bibliothèque dans la « salle du petit Comité ». Ce sera accordé. 

Le compte-rendu du 21 décembre 1908 le mentionne d’ailleurs « Le Frère Lantoine, bibliothécaire ». Le 11 septembre 1911, à la suite du rapport sur la situation de la Bibliothèque, le Conseil fédéral décide que le poste de bibliothécaire ne constitue pas un Office du Conseil fédéral et qu’il y a lieu de maintenir le F. Lantoine dans ses fonctions.

Albert Lantoine sera donc Grand Bibliothécaire de la Grande Loge de France pendant 31 ans de 1908 à 1939. L'oeuvre d'une vie.

Albert Lantoine est inscrit comme Bibliothécaire lors du recensement de 1936 car il est à cette période là Grand Bibliothécaire de la Grande Loge de France

 

Le Portique :

La deuxième grande oeuvre de sa vie c'est la création de la loge Le Portique #427 de la Grande Loge de France dont il est le fondateur et l’animateur principal, loge à laquelle il consacrera sa vie.

La demande de constitution de cette Loge est lue lors du Conseil fédéral du 20 juin 1910 ; elle sera acceptée. Elle est installée le mardi 12 juillet suivant. Le Grand Maître Gustave Mesureur l’installe lui-même. Dans La Lumière Maçonnique n° 7 de juillet-août 1910, son ami Oswald Wirth raconte cette installation (à laquelle, bien entendu, il assistait).

La loge le Portique

"Sous le titre distinctif Le Portique, une nouvelle Loge a été inaugurée au local maçonnique, 42, rue Rochechouart, le 12 juillet dernier. […] Avant de remettre le premier maillet au F. Albert Lantoine, membre du Cons. Féd., vén. du nouvel Atelier, le TRF. Mesureur a prononcé une courte allocution qui a été extrêmement goûtée. […] Le F. Lantoine prenant alors le premier maillet a répondu par un discours où l’élégance de la forme le disputait à la profondeur et à l’originalité de la pensée.

« Le Portique ! Ce titre veut exprimer que les questions philosophiques provoqueront notre intelligence.
C’est ainsi – je pus m’en rendre compte au cours de conversations avec plusieurs de nos FF. – qu’il fut généralement entendu. D’érudits hellénistes – de ce que le « Portique » synthétisa la doctrine des Stoïciens (dont les paradoxes s'alliaient si peu au caractère hellénique fait de pondération et de mesure) – craignaient qu’on ne nous attribuât la prétention d’être, par dessus les âges, les disciples de Chrysippe et de Zénon. (...)
« Nous aussi, nous fermerons la porte aux bruits de l’Agora, nous entrerons dans ce temple, selon le mot du Cynique, « avec des âmes neuves », nous laisserons dehors nos chagrins, et nos joies aussi, et les rancunes que déposent en nous quotidiennement le labeur nécessaire, les coudoiements de la rue et la lecture des feuilles publiques. (...)
« En ce moment, la vie politique prend une place trop grande dans les préoccupations journalières, nous voulons considérer les choses au seul point de vue philosophique et critique – avec calme, avec douceur – et disons le mot : avec sérénité, car, serviteurs très humbles de l’Idée et de notre titre, nous savons que c’est la sérénité de la pensée hellène, inscrite aux frises du Parthénon comme dans les dialogues de Socrate, qui, plus 
que l’hellénisme des guerriers, a fait les âmes nobles et l’Hellade immortelle. »

Le règlement particulier dit que la loge travaille "A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers" (ce qui à l'époque n'était pas commun !) et dans cette loge les frères maîtres porteront le Tablier (ce qui était rarissime !).

Le Portique sera l'une des loges qui participeront au réveil spirituel de l'Ordre.

Après les horreurs de la Première Guerre Mondiale, les frères prononcent en 1919 la mise en sommeil de l'atelier. Pour peu de temps.

Le réveil du Portique se fera le 20 janvier 1922, après une Tenue préparatoire le 30 décembre 1921, où Albert Lantoine est désigné comme Vénérable Maître provisoire. Francis Baumal lui succède en 1923. Albert Lantoine reprendra pourtant le premier maillet en 1934.

Au cours de cette période, tout en continuant d’écrire, il consacre l’essentiel de ses activités à cette Loge.

Albert Lantoine par Gallien

Il y fera venir nombre de personnes de qualité, dont nous ne citerons que le peintre Pierre-Antoine Gallien (1896 – 1963) qui tracera son portrait et celui des autres frères pour l’admirable livre d’art À l’ombre du Portique.

Le 20 janvier 1922, parmi les refondateurs, on trouve notamment Francis Baumal, André Lebey (1877 – 1938) et Albert Fua, membres de la première équipe, issus, comme Lantoine, de La Jérusalem écossaise, et auxquels s’ajoutent quelques nouveaux membres, dont l’avocat Jacques Maréchal, ou Michel Dumesnil, membre de la loge  Cosmos (et qui n’est pas encore « de Gramont »).

Albert Lantoine sera Député de sa Loge en 1925-26, puis en 1933-35 ; 1er Surveillant en 1933 ; Couvreur en 1935 ; Archiviste en 1936 ; Secrétaire-adjoint et Député-adjoint en 1940.

En 1922 Le Portique organise un Concours littéraire et maçonnique, le Prix du Portique : Désireuse d’encourager les travaux susceptibles de faire mieux connaître notre Institution, [le Portique] a décidé d’accorder un prix de 500 francs (qui pourra être partagé) à la meilleure étude de langue française intéressant la symbolique de la Franc-Maçonnerie française (étude sur les rituels anciens et modernes — glose sur les grades symboliques du 1er au 3e degré — bibliographie des ouvrages traitant des symboles — documents particuliers, etc., etc.).

Cela correspond bien à la personnalité d’Albert Lantoine : connaissance des rituels, histoire, littérature et symbolisme. En 1928, Oswald Wirth qualifiera d’ailleurs Le Portique de « Loge littéraire », en évoquant son Prix.

Puis vient la troisième oeuvre majeure de la vie de Lantoine : ses livres maçonniques importants.

Le livre Hiram couronné d’épine écrit par Albert Lantoine est publié en 1926 chez Émile Nourry qui suscite quelques vagues au sein du Droit Humain ce qui ne l'empêche pas d'enfoncer le clou en récidivant en 1928, en publiant Hiram au jardin des oliviers, paru chez Gloton, avec un portrait de lui réalisé par Gallien, dans une collection dirigée par Édouard E. Plantagenet (1892 – 1943).

L'Histoire de la Franc-Maçonnerie-Française. 3 tomes indispensables :

Puis, ce seront ses 3 volumes essentiels de l’Histoire de la franc-maçonnerie française, parus chez Nourry. Pour écrire ces trois volumes, A. Lantoine a eu accès, en particulier, aux archives du Suprême Conseil de France.

Le tome 1, sous-titré La Franc-Maçonnerie chez elle, paraît en 1925, avec des bois de l’illustrateur et graveur Antonio Galbez. Le tome 3, Le Rite Écossais Ancien et Accepté, paraît en 1930. Ce livre a été republié récemment aux éditions Dervy (photo ci-contre) Le tome 2, La franc-maçonnerie dans l’État, paraît le dernier, en 1935, avec des gravures bichromes de Pierre Lycan.

Ce sont des livres majeurs qu'il convient d'avoir lu si l'on souhaite connaître l'Histoire de la Franc-Maçonnerie.

Albert Lantoine publie à cette époque de très nombreux articles dans le Bulletin de la Grande Loge, dans le Bulletin des Hauts Grades ou dans le Symbolisme.

Le Suprême Conseil de France :

Albert Lantoine est reçu au 18ème degré le 17 décembre 1901, au sein du Chapitre Les Fidèles Écossais #72, Paris. Il était Maître depuis le 12 juillet. C’est encore l’époque où l’on passait directement de la Maîtrise au grade de Rose-Croix, de la Loge au Chapitre.

Il avait souvent émis son opinion peu favorable aux hauts grades, qu’il partageait avec Oswald Wirth… et Gustave Mesureur. Puis il est reçu au 30ème degré, dans l’Aréopage Lutetia #309, Paris, le 28 mai 1926, et il sera couronné au 33ème degré le même jour.

Il sera coopté au Suprême Conseil de France l’année suivante, en même temps qu’Oswald Wirth. Albert Lantoine avait d’ailleurs conditionné sa cooptation à celle de Wirth qui ne refusa pas, par amitié pour lui.
En 1921, Albert Lantoine et Oswald Wirth sont chargés de rédiger les rituels des Loges de Perfection, contenant le 4ème degré ainsi que les 12ème, 13ème et 14ème degrés, qu’on ne pratiquaient pas alors. À partir de cette époque, en effet, on crée des Loges de Perfection (souvent appelées « Parvis »), et l’on reçoit, d’abord, les candidats au 4ème degré.

La Lettre au Souverain Pontife :

La Lettre au Souverain Pontife avec une dédicace à François Collaveri

En 1937, sort sa Lettre au Souverain pontife aux Éditions du Symbolisme, avec préface d’Oswald Wirth. Lantoine y demande de faire cesser la campagne d’hostilités existant entre l’Église (romaine) et la Maçonnerie.

Il souhaite un rapprochement entre les forces spirituelles - la Franc-Maçonnerie Écossaise et l'Eglise Catholique - face aux forces matérialistes de mort (Communisme Stalinien en Union Soviétique, Fascisme Mussolinien en Italie, Nazisme Hitlérien en Allemagne).

Ce livre fait un tollé tant dans les milieux catholiques, qu'auprès des francs-maçons pour qui l'Eglise Catholique est l'ennemie de toujours.

Le Grand Maître de la Grande Loge de France, Michel Dumesnil de Gramont - qui en tant que Grand Maître est tout de même un peu le garant de ce que pensent la grande majorité des frères (ne serait-ce que pour être réélu...), devant les remous importants venus des frères "ultra-laïques" de la Grande Loge (et ils sont très nombreux...) tente de "recadrer" le frère Lantoine en publiant La Maçonnerie et l'Église catholique : Suivi du texte intégral de l'encyclique de Léon XIII "Humanum genus ", (préface d'Emmanuel Arié / Paris : Éditions Egix , 1939) afin de faire plaisir aux frères scandalisés par l'idée du  rapprochement - souhaité par Lantoine - entre la Maçonnerie écossaise et l'église catholique.

Albert Lantoine écrira pourtant qu’il a reçu des lettres enthousiastes de francs-maçons fidèles à la tradition de tolérance de leur Ordre, et des encouragements, voire des félicitations de certains dignitaires, et non des moindres, de l’Église catholique

La Guerre et l'Occupation :

Période terrible pour Lantoine qui va perdre ce qu'il a de plus cher au monde : sa bibliothèque et les manuscrits des livres qu'il était en train d'écrire.

Dès le 6 juillet 1940 il reçoit la "visite" de 5 officiers allemands. Des scellés sont posés. Sa bibliothèque est saisie dès le 24 février 1941. On lui prend son manuscrit sur la duchesse de Lamballe prêt à être publié.

Au cours de cette période, Albert Lantoine est convoqué square Rapp, à l’ancien siège de la Société théosophique devenu la Direction du Service des Sociétés Secrètes, créé durant l’été 1941. Henry Coston (1910 – 2001) et ses collaborateurs sont, eux, installés rue Puteaux, dans les locaux de la GLDF, où ils dépouillent les archives administratives que les Kommandos Rosenberg n’ont pas saisis et emportées en Allemagne.

Le commissaire spécial Georges Moerschel, agent français de la Gestapo, qui y dirige le Service spécial des associations dissoutes, lui réclame alors son manuscrit sur Lafayette auquel Lantoine travaille depuis longtemps. Il voit en B. Faÿ l’instigateur de la demande.

Rappelons tout de même que Moerschel n'est pas un tendre loin de là, qu'il est  en relation permanente avec le capitaine SS Henri Chamberlin dit Laffont, lui-même placé sous l'autorité de Jean Marquès Rivière, le scénariste du film Forces Occultes. Georges Moerschel (qui sera condamné aux travaux forcés à perpétuité le 22 mai 1947) était également en lien avec l'universitaire Bernard Faÿ, antimaçon forcené. Les archives retrouvées à la Libération dans ce lieu sinistre qu'était le square Rapp, ont d'ailleurs révélé que soixante mille personnes avaient été fichées. Six mille personnes ont été inquiétées pour appartenance à une loge. Cinq cent quarante neuf ont été fusillées. Quatre ont été décapitées à la hache et neuf cent quatre-vingt-neuf ont été déportées dans les camps de la mort. 

Lantoine n'avait pas affaire à des enfants de cœur...

La confiscation de son manuscrit sur Lafayette, dont il avait commencé à dactylographier deux chapitres, et auquel il tenait particulièrement, sera pour lui un « pillage » qu’il ressentira très mal et dont il parlera jusqu’à ses derniers jours. D’après Serge Hutin, Bernard Faÿ avait dirigé personnellement le pillage de la bibliothèque d’Albert Lantoine par les Allemands.

Lantoine est littéralement effondré de ces vols caractérisés.

Après la défaite allemande, une partie de ses livres, comme ceux qui appartenaient à Wirth, seront retrouvés au château de Slawa, en Pologne, résidence de Heinrich Himmler. Tout ne lui sera pas restitué : 72 livres en 1948 (il est encore vivant), 262 volumes en 1949 et 227 en 1950 (il est décédé).

La Libération et le non retour en loge :

Albert Lantoine est moralement atteint par ces spoliations. Il est malade et sa santé décline. Mais de plus il est littéralement ruiné, sans le sou. Il a 75 ans en 1944.

Comme nous l'avons vu il a eu à subir de multiples interrogatoires par les services de la Gestapo et des spoliations éhontées. Bref, il est clairement une victime de l'Occupation.

Compte-tenu à la fois de son passé et de tout ce qu'il avait fait pour l'Ordre, on aurait pu penser que Lantoine serait accueilli à bras ouverts à la Grande Loge de France libérée.

Il n'en a rien été. Lantoine a été traité comme "tout le monde", c'est à dire comme un suspect... lui qui avait tout perdu pendant la guerre...

Envoyé par le comité d'épuration de la Grande Loge de France, Maurice Arnaud (jeune Vénérable Maître de la Loge Les Libérateurs #392) vient pour interroger Lantoine et lui demander s’il avait « collaboré », avant de pouvoir faire par écrit une demande de réintégration.

Ce jeune Frère, mut par l'ardeur du néophyte est à tout le moins très ignorant de l’action maçonnique antérieure et des écrits de celui qu’il vient enquêter.

Albert Lantoine dont le sang ne fait qu'un tour - avec le bon caractère qu'on lui connaît ! -  saisit alors ce jeune Frère par le col et le met à la porte.

Le cas de Lantoine est passé sous silence, lors du rapport sur ledit Comité, lu le 17 septembre, premier jour du Convent de 1945.

Albert Lantoine refusera de revenir, révolté par ce manque de considération, et cessera toute activité dans l’obédience et la juridiction, ce qui n’empêcha pas des membres du Portique de le visiter. Un fort caractère, à n’en point douter. Sa contribution de 1946 dans Le Symbolisme révèle son état d’esprit de l’époque, en termes choisis.

Quel manque de considération pour celui qui avait tant apporté à l'Ordre et qui n'avait plus rien. Au lieu de le secourir on l'humilie...

Vers la fin :

Albert Lantoine épouse Marie Marguerite Appoline Dessubré  le 9 février 1945 à la Mairie du 10ème arrondissement de Paris. Il avait 76 ans, elle 70. Ni elle ni lui n'avaient eu d'enfants précédemment.

Son épouse,  Marguerite Lantoine est née aux Herbiers en Vendée le 11 mai 1875 et est décédée à son domicile, 106, rue Lafayette 75010 Paris le 12 avril 1967 à 91 ans.

Les époux Lantoine vivaient chacun chez eux et n'avaient pas de domicile commun.

Marguerite Lantoine, qui avait appartenu dans sa jeunesse à la même obédience (et surement à la même loge) - la Grande Loge Mixte de France - que Blanche, la première épouse de d'Albert, tenait une librairie le Bibliomane au 2, avenue Trudaine, dans le 9ème arrondissement de Paris, non loin du domicile de Lantoine.

C'est là qu'Albert Lantoine passe le plus clair de ses jours. Malade et ruiné, il a honte de vivre "aux crochets" de sa femme : il met donc un point d'honneur à venir travailler tous les jours à la librairie et participer ainsi aux revenus du ménages en conseillant les clients, notamment les maçons.

Claude Gagne se souvient bien de Mme Lantoine dans sa librairie, que Jules Boucher (1902-1955) lui avait fait connaître en 1954 alors qu'il était jeune apprenti de la loge La Grande Triade #693 de la Grande Loge de France.

Lantoine est malade et ruiné : Marius Lepage, qui a repris la direction de la revue Le Symbolisme après la guerre, dans un grand élan de fraternité, sollicite du Grand Orient de France, dont il est encore membre, un secours qui soulagerait Lantoine. En novembre, le Grand Orient et le Grand Collège des Rites s’associent pour lui verser une somme fort honorable, ce dont s’acquittera un autre frère du GODF, Joannis Corneloup. Le GODF donnera une autre aide une seconde fois.

Acte de décès d'Albert Lantoine

Albert Lantoine meurt chez lui au 24 rue Navarin le 7 mars 1949, entouré de trois frères : Pierre-Antoine Gallien, le peintre et frère du Portique, Etienne Gout (1908-1990), historien, également frère du Portique (qui deviendra membre actif du Suprême Conseil de France en 1971) et François Collaveri (1900-1989, membre de la loge Jean Jaurès #469 et membre actif du Suprême Conseil de France en 1951).

Albert Lantoine sur son lit de mort par Pierre-Antoine Gallien. Dessin dédicacé à François Collaveri.

Gallien dessine Lantoine sur son lit de mort, le 9 mars, et dédicace son dessin à François Collaveri.

Il aura des obsèques simples (de 4ème classe) sans fleurs ni couronnes ni discours mais Mais "ses nombreux amis qui étaient là témoignaient des sentiments d’affection et d’admiration qu’il avait su inspirer", dit Corneloup.

Le Convent de la Grande Loge de France, qui s’est tenu du 15 au 18 septembre 1949 et était présidé par le Grand Maître Georges Chadirat, n’a pas dit un mot de la mort d’Albert Lantoine. Celui-ci fait partie des statistiques : il est parmi les 292 FF. passé à l’Orient Éternel entre septembre 1944 et septembre 1949.

Le temps de l'oubli commence... A tel point que lorsque Maurice Levy s'est posé la question de savoir où était enterré Lantoine il y a environ 5 à 6 ans, personne ne s'en souvenait plus. Lantoine avait disparu des radars... et des souvenirs des frères...

Où l'on retrouve la sépulture d'Albert Lantoine :
 
J'ai donc repris la quête (l'enquête!) après l'allumage des feux de la Loge Albert Lantoine, pour savoir où avait bien pu être enterré Lantoine.
 
Grâce à l'aimable complicité (et au grand talent) de Pierre Valery Archassal nous avons pu répondre à cette question.
 
Le registre où il est indiqué que le corps d'Albert lantoine est amené au cimetière de Pantin.
Pierre Valéry a retrouvé le document indiquant que le corps de Lantoine avait été amené au cimetière de Pantin, où devait donc se trouver sa sépulture.
 
J'avoue que je n'y croyais pas trop lorsque, le lendemain j'appelais le cimetière parisien de Pantin. Lantoine est mort en 1949... Avec un concession trentenaire, la tombe ne devait plus exister depuis longtemps....
 
La personne décroche toute de suite. "Bonjour Monsieur, avez-vous une tombe au nom d'Albert Lantoine ?". Réponse immédiate - juste le temps de regarder sur l'écran de l'ordinateur : "Oui".
 
Deux heures après j'étais devant la tombe de Lantoine. Et bien sûr j'ai appelé Philippe Langlet, Claude Gagne et Pierre Valéry Archassal.
 
Un moment d'émotion je l'avoue... Je pense avoir été le premier à me recueillir devant la tombe de Lantoine depuis fort longtemps, peut-être depuis 1949...
 
La tombe d'Albert Lantoine se trouve donc au cimetière parisien de Pantin, division 17, ligne 1, tombe 2 (en fait tombe N°4, deux lignes ayant été ajoutées par la suite).
 
Le N° de la concession est 304 TR 1949.
 
La tombe d'Albert Lantoine au cimetière parisien de Pantin
 Albert Lantoine est le seul à être enterré dans le caveau.
 
La concession, forclose depuis 1979, est donc maintenant la propriété de la Ville de Paris.
 
C'est un véritable miracle qu'elle soit encore là. La Mairie de Paris est prévenue et toutes les démarches sont faites pour qu'Albert Lantoine soit reconnu comme une personnalité du cimetière et que sa tombe soit conservée. Ad vitam aerternam. Elles ont toutes les chances d'aboutir. 
 
Conclusion (toujours provisoire) :
 
Je suis franc-maçon. Du Rite Écossais. Je précise ce détail important.
C’est comme franc-maçon que je vous écris, et en mon nom seul. La Puissance à laquelle j’appartiens n’inflige pas de devoir officiel à ses serviteurs, mettant au contraire son honneur à respecter leur liberté de pensée.
Ce n’est donc pas — j’insiste encore sur ce point — en qualité de membre du Suprême Conseil de France que je vous adresse cette lettre, mais sous ma personnelle responsabilité.
 
Albert Lantoine, 1937
Lettre au Souverain Pontife
 
Tant que l'oeuvre d'Albert Lantoine continuera à inspirer et à nourrir des générations de Francs-Maçons et particulièrement des générations de francs-maçons écossais de la Grande Loge de France, car - au fond - c'est à eux que Lantoine a consacré sa vie, alors il sera vivant.
 
Mon frère, si tes pas te dirigent un jour vers le cimetière de Pantin, va saluer Albert Lantoine. Si tu entres à la Bibliothèque de la Grande Loge de France, pense à Albert Lantoine. Si tu te souviens si bien de l'Histoire de l'Ordre, du Rite Écossais Ancien et Accepté, de l'Obédience et de la Juridiction, saches que c'est en très grande partie grâce au travail d'Albert Lantoine.
 
J'espère que le 31 janvier 2019 nous célébrerons comme il se doit, dignement, les 150 ans de la naissance de Lantoine avec tous ceux qui pensent que faire vivre sa mémoire, sa vie et son oeuvre est important.
 
Jean-Laurent Turbet
RL "Albert Lantoine" N°1582
Grande Loge de France

 

Attention ! Cet article, comme tous les articles du "Bloc-Notes de Jean-Laurent sur les Spiritualités", (http://www.jlturbet.net/) est écrit en mon nom personnel.

Je ne parle ni au nom d'une association, ni d'un parti, ni d'une loge, ni d'une obédience maçonnique.

Mes propos n'engagent que moi et non pas
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Je ne suis en aucune façon habilité à écrire au nom d'une association, d'un parti, d'une loge, d'une obédience maçonniqueTout ceci pour que cela soit bien clair, qu'il n'y ait aucune ambiguïté de quelque nature que ce soit.

Quelles que soient mes responsabilités - ou non -  présentes ou futures dans une organisation, les propos tenus dans cet article comme dans tous les articles de ce Bloc-Notes, sont exclusivement des opinions personnelles qui n'engagent que moi.

Je rappelle simplement que la liberté d’expression est en France un droit Constitutionnel, quelle que soit notre appartenance à une association de quelque nature que ce soit.

Dans son article 10, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose que : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. »

Dans l'article 11, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen pose aussi que : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Ces deux articles ont valeur constitutionnelle car le préambule de la Constitution de la Ve République renvoie à la Déclaration de 1789.

La Constitution et les Lois de la République Française s'appliquent sur l'ensemble du territoire national et s'imposent à tout règlement associatif particulier qui restreindrait cette liberté fondamentale et Constitutionnelle de quelque façon que ce soit.

Jean-Laurent Turbet

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